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 Le Louhom - La légende

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Charlie
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MessageSujet: Le Louhom - La légende   Jeu 15 Nov - 3:32

Chapitre I : Naissance d'un monstre



Je vais vous conter l'histoire d'une créature inconnue dans la plupart des mondes. Une histoire qui s'est passée il y a très, très longtemps, lorsque les hommes vivaient tous encore sur la Terre. A cette époque les hommes avaient déjà une technologie tres avancée et leur but étaient de faire disparaitre tous créatures pouvant leurs être hostiles. Les Loups-Garou entre autres étaient visés; ces créatures qui pouvaient changer de formes vivaient essentiellement en groupe dans les forêts chaudes et humides, malgré leur préférence pour le froid sec des forêts nordiques. Mais elles en avaient toutes étaient chassées.

A ce moment du récit, le vieux Neglan, confortablement instalé au coin de la cheminée, une couverture sur les genoux et sa pipe aux bords des levres, regarda autour de lui pour voir l'interet sucité par son récit. L'auberge était presque vide. Les gens craignaient encore de sortir la nuit; les brigands étaient nombreux et l'auberge se situait dans une rue obscure. Mais presque toutes les personnes présentes l'écoutaient avec plus ou moins d'attention. Il continua:
Les hommes, craignant leur intelligence tres développée, ne trouvèrent rien de mieux que de détruire toutes les forêts où ces bêtes se cachaient. Les Loups-Garou devinrent donc de plus en plus agressifs. Ils dévastaient, pillaient, brulaient tous les villages bordant leurs caches. Se sachant perdus ils cherchaient à se venger le plus possible avant de disparaitre. Car ces créatures ne pouvaient que rarement se reproduire: seulement lorsque la lune est pleine et rousse, comme ce soir!
Lors des attaques contre les villages, les Loups-Garou en profitaient pour se repaitre du sang de leur victime, ce sang qui leur donnait tant d'énergie, de force et puissance. Mais ce n'était pas suffisant... La fin de ces monstres approchait.

Les Loups-Garou avaient beau chercher un moyen de se sauver, ils n'en trouvèrent pas; les hommes étaient décidement trop nombreux...
Un soir où les étoiles étaient cachées par les nuages, lors de l'attaque d'un pauvre village régulierement pillé, l'un de ces monstres fit ce qu'aucun autre avant lui n'avait osé faire: il viola une humaine. Malgré le dégout que cela lui inspirait et surtout son instinct qui le poussait à tuer immédiatement la femme pour boire son sang, il pris du plaisir à torturer cette femelle... une jeune fille encore vierge, mais cela il ne le savait pas ! Son forfait accompli, le Loup-Garou assoma la vierge et s'en fut prendre part aux massacres.
Mais soudain, un vent fort se mit à souffler, les nuages s'écartèrent, le ciel s'éclaircit. Tous les assaillants levèrent les yeux vers la lune... elle était rousse et bien ronde. Abandonnant là les villageois en detresse, les monstres regagnèrent la forêt en hâte afin de rejoindre leurs compagnes et de profiter des bonnes dispositions de l'astre celeste; mais en s'enfuyant plusieurs furent tués, parmis lesquels le violeur. Ainsi, aucun Loup-Garou ne sut jamais ce qui s'était passé ce soir là...

La pauvre demoiselle se réveilla toute engourdie, la tête bourdonnante. Lorsqu'elle y porta sa main, elle s'apercut que du sang séché collait à ses cheveux. Ce ne pouvait etre que le sien, personne de blessé ne se trouvant à proximité. Peu à peu, elle se rappela l'horrible soirée qu'elle venait de vivre. Comprennant toute l'horreur de ce qu'elle avait subie, elle pensa d'abord à le dire à ses amies, mais celles-ci se moqueraient, voire la chasserait.
Peut-etre devrait elle mettre fin à ses jours? Elle aimait trop la vie pour y mettre fin d'elle même. Elle décida de conserver son secret pour elle.
Priant pour que le viol ne laisse pas de trace, elle attendit l'aube, seule dans son coin, repliée sur elle même. Au petit matin, elle se releva et rentra chez elle...

Poussant doucement la porte, Dalia s'apercut qu'il regnait une atmosphère étrange, inhabituelle. Des mouches bourdonnaient dans tous les coins, et particulièrement sur un tas derriere la table, comme si elles s'acharnaient sur un morceau de viande tout juste découpé. Dans l'air flottait une odeur de sang et d'urine. Les meubles étaient tous renversés... Faisant le tour de la table, la pauvre fille découvrit un amas de vêtements au milieu d'une flaque de sang et de chaire: un corps étripé et un autre, dessous, dépecé, la chaire à vif...
Tombant à genoux, Dalia s'empara de la tête de sa mere, la posa sur ses genoux, la vue embrouillée par les larmes. Elle ne tenta pas de chasser les insectes, de plus en plus nombreux. Elle n'essaya pas, non plus, de protéger les corps sans vie de ses parents. Non ! Dalia ne pensait plus. Elle pleurait. Elle gémissait. Elle se lamentait. Mais penser, elle ne le pouvait plus: sa raison l'avait quittait à l'instant même où elle comprit que ses parents étaient morts dans d'horribles souffrances.

La pauvre fille fut prise en charge par une vieille femme vivant à l'écart du village. Longtemps considérée comme une folle, une sorciere ou pire, la vieille fut prise de pitié en voyant Dalia errer dans les ruelles, les cheveux défaits, les vêtements souillés, pieds nus, l'air agard. Désormais elle s'occuperait d'elle et si possible, avec l'aide des plantes, elle la guérirait...

Quelques jours plus tard, une armée de mercenaires arriva dans la région. Leur mission était de s'aventurer en forêt pour y débusquer les Loups-Garou. Les monstres ne purent résister très longtemps; et trois mois plus tard, le dernier Loups-Garou fut transformé en descente de lit ou empaillé, on ne sait plus trop.

Pendant ce temps, le ventre de Dalia s'arrondissait sous les yeux surpris, puis ébahis de Charybde, la vieille femme. °Voilà ce que c'est d'être généreuse. On accueille une personne et une deuxieme vient s'incruster sans permission°, s'amusait elle à dire à Dalia, alors celle-ci conservait son air absent.
Plus le terme approchait et plus la vieille femme s'occupait de Dalia, la forçant à rester couchée, l'arrosant, l'éventant pour qu'elle ne souffre point de la chaleur de plus en plus forte.

Lorsque vint le jour de la naissance, le temps été plus chaud que jamais. Les premieres contractions commencèrent dès le lever du soleil. Cela dura toute la journée. La pauvre Dalia souffrait le martyre, mais l'enfant ne semblait pas décidé à sortir rapidement. Le soir s'approchait. La lune apparut dans le ciel. Mais d'enfant, toujours pas!!"

Le vieil homme s'arreta un instant. Le suspens valait d'être marqué. Il s'étonna de ne pas entendre de remarque stupide sur la naissance... Peut être avait il réussi à captiver tout l'auditoire? Il décida de ne pas les faire trop attendre.

Enfin, alors que le soleil disparaissait à l'horizon, l'enfant naquit. Quelle ne fut pas la surprise de la vieille Charybde: elle s'attendait à voir un enfant humain, mais ce qu'elle tenait dans les main n'y ressemblait qu'en partie. En effet, si le torse et les 4 membres semblaient être ceux d'un petit d'homme, la tête entière et le dos étaient ceux d'un... loup. L'enfant portait même une toute petite queue. Son pelage était gris-blanc.
Mais la vieille femme n'avait pas finit de s'exclamer qu'un râle se fit entendre à coté d'elle. Déposant le nouveau-né, elle s'approcha de la mère... Malgré tout ses soins, Dalia mourut une heure après avoir mis au monde un petit monstre.

Alors que le vieux conteur marquait une nouvelle pose pour se décrasser la gorge, une voix monta à nouveau de l'assemblée.

" Encore heureux qu'elle soit morte. Elle aurait dû se suicider pour garder un semblant d'honneur plutôt que de vouloir porter une horreur pareille.

Le croyance populaire et la haine de tous envers les loups-garou ne fit qu'appuyer les propos de l'homme, et un murmure d'assentiment se mis à parcourir la foule. Cette intervention avait momentanée interromput le charme de l'histoire, mais tous y prêtèrent une grande attention quand le vieux conteur reprit la parole.
Suspendu à ses lèvres, les gens attendaient de savoir quel serait le sort de la petite créature. Méritait-elle de vivre pour son humanité ou de mourir pour sa partie animale ?
Le vieil homme fut cependant un peu surpris par cette intervention haineuse. Les Loups-Garou faisaient partie du passé maintenant... du moins le croyait-il.


"Sachez jeune homme que, quoi qu'ait pu vouloir Dalia avant sa folie, la perte de la raison n'a pas permis à cette demoiselle de songer plus d'une fois au suicide. De plus, tous les peuples n'ont pas le même honneur!!

Quoi qu'il en soit, le nouveau-né était vivant et en bonne santé et la vieille Charybde ne pensa pas un seul instant à le supprimer. Pourtant cela aurait fort bien pu lui amener des ennuis: car la pauvre Dalia avait un fillancé, un jeune homme, pas tres courageux, qui l'avait abandonné en apprenant sa folie. Mais depuis quelques jours, plus personne ne voyaient Dalia se promenait avec son ventre bien rond. Aussi décida-t-il d'aller voir ce qu'il en était. Sa fillancée avait eu une grossesse, et, même s'il n'en était pas la cause, il pensa que l'enfant était un peu le sien. Il se dirigea donc vers la demeure de la vieille sorcière, plus par curiosité qu'autre chose.
Le voyant arrivé de loin, Charybde cacha l'enfant dans un seau. Elle craignait qu'un homme le vit et cherche à le tuer. Elle raconta donc au jeune homme que l'enfant avait péri avec la mère. Le jeune homme l'accusa d'avoir tué Dalia et son enfant. Puis, la vieille femme lui répondant de partir au lieu de raconter des âneries, il la frappa, défoulant sa rage, sa tristesse et sa haine.

...

Charybde se reveilla lorsque la nuit tombait. Encore tout étourdie, elle se précipita vers le seau pour voir si l'enfant était toujours là. Ce dernier, parfaitement calme, la regardait de ses yeux dorés. Pensant soudain qu'elle ne lui avait toujours pas donné de nom, la vieille décida de l'appeler Horreus ; autant qu'il s'habitue vite à être pris pour un monstre.


Dernière édition par le Mer 21 Nov - 2:49, édité 3 fois
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MessageSujet: Re: Le Louhom - La légende   Jeu 15 Nov - 3:49

Chapitre II : Jeunesse cachée




La jeunesse du Louhom, se passa de façon relativement normal; je veux dire qu'il n'eut pas trop de problème car la vieille Charybde prenait soin de ne jamais s'approcher avec lui d'un village. Plusieurs fois ils changerent d'endroit. La première fois, Horreus n'avait pas encore un an.
Un matin, tres tôt, lorsque la vieille femme cueillait quelques plantes médicinales, elle vit arriver au village des soldats semblables à ceux qui étaient venus exterminer les Loups-Garou. Rentrant vite en sa demeure, elle cacha l'enfant puis se dirigea vers le village pour savoir ce qu'il en était. Mais à l'entrée du village se trouvait une barriere de barbelés derriere laquelle se tenaient plusieurs mercenaires. Ceux-ci refuserent de lui expliquer les raisons de leur venue et la chasserent. L'un d'eux, plus agréable, lui conseilla de quitter la région au plus vite. L'arrivée de ces hommes lui paraissant assez suspecte, elle décida de suivre ce conseil.

Partant s'installer dans un village voisin, elle apprit, quelques mois plus tard, que le village et tous ces habitants avaient été brulés. Les autoritées soupsonnaient des villageois d'avoir aider et abriter des Loups-Garou pour garder un équilibre écologique. Tous furent accusés d'être au minimum complices, et le village fut anihilé...

Alors que le vieux conteur baissait la voix, une autre, étrangement familière, s'éleva de l'assemblée.
" Peuh, cette vieille peau était aussi folle que la mère de ce monstre. Elle aurait dû faire ce que la mère n'a pas pu, elle aurait dû tuer cette abomination. C'est à cause de ce monstre que le village à été rasé, il porte malheur à tout ce qui vit."
Un dégout total se ressentait nettement dans cette voix et chaque mots étaient presque craché à la figure du viel homme.
A ces dernières paroles, un murmure d'assentiment parcouru le groupe. Il était de notoriété publique qu'avoir une bête immonde près d'un village signifiait un grand malheur pour celui ci. Aussi bien à cause des meurtres qu'il pouvait et allait commettre, mais aussi à cause des maladies qu'il peut véhiculer et des chasseurs de monstre qui ne ménagent pas les villageois.

Le vieux Neglan vit qu'il ne s'était pas bien fait comprendre... ou bien l'avait il fait volontairement? Il repondit donc, face à ces murmures qui s'élevaient:
"Que vous parliez d'un monstre passe encore, mais le Louhom n'est pas un Loup-Garou. Sa part d'humanité est plus grande que celle d'un simple Loup-Garou. Et pour cela il a été aimé et respecté par la vieille Charybde!
Mais laissez moi continuer mon histoire et écoutez la suite, peut etre comprendrez vous pourquoi cette créature est devenue ce qu'elle est devenue."

Le conteur repris son souffle, avant de continuer:
"Horreus apprit rapidement à marcher à 4 pattes. Les loups comprennent vite comment faire; mais Horreus était un peu gené par ses membres qui, vous vous en souvenez, étaient des membres humains. Lorsque Charybde essayait de le mettre debout, il retombait systematiquement à 4 pattes. Jusqu'à l'age de trois ans, il ne sut pas marcher comme un humain, mais seulement comme un loup.
Ses deux natures apporterent bien d'autres problèmes encore. Le Louhom avait une tête de loup. Malgré le fait que sa machoire soit moins grande que celle d'un loup normal et lui confèrait un faciès presque humain, il ne pouvait se nourrir que de viande. Ce qui, évidemment, causait beaucoup de soucis à la brave Charybde. Car elle devait régulierement retourner au village le plus proche pour y acheter de la nourriture aux chasseurs, Horreus ayant un gros appétit.

Malgré ces inconvénients la vieille femme réussit à élever le bâtard comme un enfant humain, lui apprenant à parler, à penser, à jouer comme n'importe quel autre enfant humain. Parfois elle en venait même à oublier que ce visage légèrement velu, aux yeux dorés, était celui d'un mosntre. Si la pilosité du visage restait discrète, le dos et surtout cette étrange petite queue touffue en bas du dos de l'enfant lui rappelait sans cesse l'origine de celui-ci.
Pourtant le petit Horreus ne semblait pas se préoccuper de tout cela. C'est tout juste s'il demandait parfois pourquoi ils vivaient seuls, à l'écart des hommes. Comme s'il sentait le danger.


Un jour, alors qu'elle essayait de faire baisser le prix d'un jambon dans un tout petit village, la vieille femme vit apparaitre un homme d'une taille immense, dont les jambes ressemblaient à deux troncs d'arbres, le torse à un rocher et les poings à deux énormes massues. Il était suivi d'un dizaine d'hommes. Tous étaient vétus du même uniforme que ceux qui avaient exterminé les Loups-Garou et brûlé le village natal du Louhom...
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MessageSujet: Re: Le Louhom - La légende   Jeu 15 Nov - 4:00

Chapitre III : La fuite




Le plus grand, qui semblait etre le chef, s'approcha de Charybde et lui demanda:
_Pourrai-je savoir pour qui vous achetez toute cette viande ? Il semblerai que ce ne soit pas la 1ere fois !!
Sa voix caverneuse surpris la vieille femme au moins autant que la dureté du ton. Reflechissant aussi vite que le permettait ça vieille cervelle, elle essaya de ruser:
_Excusez moi, mais j'ai l'impression de vous avoir déjà vu par ici. Vous venez souvent ? Je pourrai peut etre vous inviter pour...
_Suffit !! Je veux savoir à qui est destinée cette viande !
_J'allais justement vous repondre que vous pourriez vous aussi profiter de cette viande. Car je suis une intermédiaire entre certaines peuplades du fond de la jungle qui preferent éviter le contact avec les villages. Je sers de négociateur à ces gens.
_Et je devrai vous croire ? Nous allons vous suivre chez vous et vérifier tout ça. Allez, on y va... Et n'essayez pas de ruser. Execution !
La vieille femme n'avait d'autre choix qu'executer les ordres. Sa sortie du village, encadrée par les mercenaires, fut tres remarquée. Tellement que la pauvre femme se demanda si elle pourrait un jour revenir ici, en esperant qu'elle soit encore vivante le soir même.

En approchant de la clairiere où se trouvait sa cabane, Charybde se demandait si encore une fois Horreus aurait désobéi. Souvent, lorsqu'elle revenait du village, elle le trouvait en train de jouer devant la porte, alors qu'elle voulait qu'il reste caché non loin jusqu'à son retour. Car cette fois, s'il désobéissait, elle n'aurait d'autre choix que de feindre l'étonnement, afin de peut etre sauver sa vie...
_Alors, c'est encore loin ? lui demanda le géant, interrompant ses pensées.
_Nous en avons pour quelques kilometres encore. Je ne tiens pas à vous faire passer par les marais, car vos hommes pourraient s'y enfoncer et y rester, et surtout parce que Horreus est sensé s'y cacher, pensa-t-elle. Comment vai-je faire pour sauver la vie de cet enfant ? Et s'ils le voient, ils le tueront; je suis sûre qu'ils sont venus pour ça.

Le petit groupe arrivant enfin à la clairiere, Charybde sentit son coeur s'arreter en voyant la porte ouverte.
_Messieurs, je crains qu'il ne soit inutile que vous fouilliez ma maison. Les personnes qui viennent récuperer les viandes arrivent généralement au milieu de la nuit, parfois fort tard. Vous devriez peut etre revenir ce soir pour constater que je ne mens pas.
_Tais vieille folle ! Tu vas rester où tu es pendant que nous "enquetons" chez toi! Carlo, tu la surveille. Si elle tente de s'enfuir ou d'entrer dans son taudis, tu l'abats. Si elle te parles, tu l'abats. Si tu as l'impression qu'elle communique avec quelqu'un dans la forêt, tu l'abats et tu cherches l'intrus. C'est clair ? Les autres au boulot ! Retournez moi cette ruine, je veux des preuves de son mensonge.
Les 9 soldats restants se dirigèrent vers la cabane de bois et de terre, qui constituait la demeure de Charybde et du petit Louhom. La vieille femme s'assit, ses jambes n'étant plus capables de la porter tellement elles tremblaient. Essayant de rester digne, elle suivit des yeux les mercenaires inspectant la cabane.

Tout les spectateurs étaient suspendus aux levres du viel homme qui continuait a conter son histoire d'un ton qui refletait les emotions qu'il eprouvait. La nuit avait recouvert depuis longtemps la vallée de son voile et certains clients cuvaient déjà leurs bieres sur les tables en bois de la taverne. Les serveuses et même le patron de l'etablissement s'étaient vite joint au groupe, arretant de servir les derniers comsomateurs, suscitant les grognements de ceux ci, vite reprimés par les regards couroucés de l'auditoire.
Le vieux conteur debitait ses paroles en s'interrompant quelques fois pour laisser le doute planer dans les esprits reveurs des spectateurs. L'homme connaissait tellement bien cete histoire et la racontait avec tant de details qu'on eut put croire qu'il avait été temoin des faits.
Même si les antagonismes envers les loups étaient forts dans la region, on voyait dans les yeux de certaines personnes la crainte de voir Horreus être decouvert par les soldats et pendu à un crochet comme il était de coutume en ces terres...


Le bruit sortant de la cabane n'était pas fait pour rassurer la vieille femme. Les chocs furent fatals pour les quelques meubles qu'elle possédait. Leur contenu fut piétiné, retourné, cassé ou déchiré. Le lit fut retourné et brisé, le matelat éventré. Même le toit fut "inspecté" : les mercenaires y donnèrent de grands coups de manche à balai. Le toit étant fait de chaume, des trous apparurent rapidement. Après cette "inspection", seuls les murs restaient à leur place, bien que l'un d'eux se soit fissuré de façon inquietante. Le géant, que ses hommes appelaient "colonel", rejoignit Charybde et son garde du corps.

_Nous n'avons rien trouvé pour l'instant, si ce n'est des os qui nous prouvent que la viande est consommée ici. Je vais retourné au village avec quelques hommes, mais je reviendrai ce soir pour constater vos dires. En attendant je vous laisse sous la surveillance de Carlo et de deux autres hommes. Ne tentez pas de leur faussez compagnie !!
Il donnat ensuite ses instructions à ses hommes, puis s'en retourna au village.

Charybde se releva à grand peine et lorsqu'elle entra dans sa cabane, elle s'ecroula. Elle ne put même pas s'asseoir, la seule chaise étant brisé. Cependant, elle constata que les soldats n'avaient pas trouvé de traces l'existence de Horreus. Cela lui rendit son courage.
Elle demanda alors à ses gardiens si elle pouvait aller chercher quelques herbes dans la forêt pour accompagner la viande et preparer quelques remedes qu'elle livraient également aux peuplades des forêts. Devant le refus qui lui fut opposé, elle insista tellement que l'un d'eux, un dénommé Youri, l'accompagna dans les bois.
La vieille femme se dirigea aussitôt vers les marais. Non pour rejoindre Simius, mais pour perdre son gardien. Car dans les marais, que Charybde connaisait suffisament bien, se trouvaient des sables mouvants où elle esperait faire tomber Youri.

La voix du jeune homme devenue familière après chaque arret du conteur s'éleva à nouveau. Certains commencaient à adhérer à ses idées alors que d'autres le regardèrent presque méchamment pour ses interventions répétées.
"Voilà que maintenant, cette vieille femme serait prête à échanger la vie d'un homme protégeant les citoyens contre celle d'un monstre ? Elle aurait dûe bruler sur un bucher telle la sorcière qu'elle est !"
Le jeune homme renifla ensuite bruyament pour montrer son dégout.
"Ce loup a eu une chance incroyable, il n'aurait même pas dû voir le jour."

Cette derniere remarque énerva fortement le vieux conteur, qui se leva pour répondre:
"Ne croyez vous pas que si cet être a eu autant de "chance", comme vous dites, c'est parce qu'il avait un rôle à jouer dans l'Histoire ? Plutôt que de critiquer sans cesse ce que vous ne voulez pas comprendre, ne serait il pas preferable de découvrir ce qui vous semble étranger?
Quoi qu'il en soit, cette histoire appartenant au passé, vos remarques désobligeantes sont inutiles!"

Puis il s'assit et continua l'histoire, alors que le jeune homme furieux de s'etre vu ainsi rabroué, devint cramoisi sous le coup de la colère. Il lutta de manière tout à fait visible pour ne pas exploser et alla s'assoire dans un coin les bras croisés comme un enfant en train de bouder. Quelques spectateurs lui jetèrent des regards amusés puis revinrent au conteur, alors qu'il continuait son histoire.
Malgré la colère et le sang qui lui martelait les tempes, le jeune homme assis dans son coin, tendit l'oreille pour écouter la suite, sa haine des Loup-garous poussant sa curiosité.

"En parvenant dans les marais, Charybde vit que Youri répugnait à y avancer. Ce qu'elle ne pouvez savoir c'est que Youri était tombé dans des sables mouvants à l'age de 6 ans et que depuis, bien qu'il le cacha à ses supérieurs, il éprouvait une peure bleue dès qu'il voyait un marais. Après quelques minutes, le jeune soldat accepta de la laisser s'aventurer seule dans le marais. S'il voyait Charybde partir trop loin, il l'abatterait. La vieille femme se réjouit de cette occasion inespérée. Elle éviterait ainsi de faire mourir ce jeune homme dans d'atroces souffrances.
Elle tourna pendant plus d'une demi-heure dans le marais, ramassant de ci, de là des herbes et autres plantes. Puis lorsqu'elle commença à revenir vers Youri, elle chuta... Le mercenaire, la voyant mal à cause des plantes, prit peur. La vieille femme lui dit qu'elle s'enfoncait dans la vase; elle lui demanda de venir la sortir de là. Youri hesita... s'avança... puis recula... réessaya... Finalement, il lui dit qu'il allait chercher de l'aide en lui conseillant de ne pas bouger. Charybde le supplia de rester, jouant son rôle à la perfection. Dès que le soldat fur parti la vieille femme s'enfuit chercher Horreus, en esperant le trouver rapidement pour fuir avant la nuit.

Un peu plus tard, elle entendit des cris, puis un coup de feu. Youri avait payé sa faute!!

La vieille femme cherchait desesperement Horres depuis plus d'une heure lorsqu'elle decouvrit enfin des traces de pas sur le sol. A sa grande surprise, les traces finissaient dans un des endroits les plus boueux du marais. Craignant que le petit être se soit noyé, la vieille femme attrapa une branche et commenca à fouiller la vase. Elle crut plusieurs fois toucher un corps, mais à chaque fois elle ramenait, à grande peine, des morceaux de bois... Jusqu'à ce qu'elle entende, caché dans les buissons, un petit rire. Se retournant avec stupeur, elle vit Horreus, confortablement allongé sur un tapis de mousse. Celui-ci venait de lui jouer un bon tour dont il était coutumier. Mais sans attendre davantage, Charybde le prit par la main et l'emmena.

La fuite qui s'ensuivit fut longue ... tres longue.
La vieille femme finit par s'ecrouler d'abattement, sans savoir où ils étaient. Elle n'était plus en mesure de reflechir et Horreus dormait sur son épaule depuis déjà longtemps.

...

Charybde se reveilla en sursaut. Des cailloux et des branches lui faisaient mal tout le long du corps. Elle sentit quelque chose de rapeux et humide sur sa joue. Comme une langue de...
_Horreus ! ça suffit. Laisse moi s'il te plait.
Elle se releva lentement, observant ce qui les entourait. Ils se trouvaient au milieu de la forêt. Le bruit d'un ruisseau se faisait entendre, un peu plus loin. Des oiseaux chantaient très haut, à la cime des arbres. Soudain tout lui revint en mémoire : la brute, la maison dévastée, la crainte, la fuite dans les marais puis dans la forêt ...
Bien reveillée, elle se leva et aussitôt, prenant Horreus par la main, elle repartit. Il fallait se dépecher. Plusieurs fois ils durent se cacher pour éviter de rencontrer quelqu'un. Evitant même de voir de qui il s'agissait, ils repartaient, s'enfonçant encore plus profond dans les bois. La fuite continua encore trois jours. Ils se nourrissaient de fruits sauvages, de racines et d'herbes aromatiques. Simius déperissait à vue d'oeil. Il lui fallait manger de la viande...
Finalement ils atteignirent un village en ruine surgit de nulle part, alors qu'ils ne s'y attendaient plus. Là, Charybde vit seulement deux vieillards cultivant un petit bout de jardin. Ils semblaient vivre dans la maison la plus à l'écart du village. Les autres maisons semblaient innocupées. La vieille femme décida de tenter sa chance.
Dès le premier contact Charybde sut qu'elle pourrait vivre ici. Les deux vieillards vivaient loin des méfaits de la civilisation et n'étaient donc pas au courant de l'épuration des non-humains. Ils proposèrent de relever une des maisons tombant en ruine pour y abriter les deux nouveaux venus. Ce qui fut fait.
Pendant ce temps Charybde s'arrangea rapidement pour poser quelques pieges autour du village afin de nourrir convenablement le petit Horreus. La vieile femme fut également surprise de constater que les deux vieillards ne furent nullement effrayés devant l'enfant. Les légendes que l'on racontait dans leurs enfances faisaient états de chimeres en tout genre. Charybde ne leur ayant pas dit l'origine de Horreus, ils ne s'inquietèrent pas et jugèrent mal poli de poser des questions. Ils se mirent donc à aimer l'enfant comme celui qu'ils n'avaient pu avoir.
Le Louhom put donc continuer à grandir en sécurité, aimé par trois personnes en même temps. Un record qui dura toutes sa vie.
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MessageSujet: Re: Le Louhom - La légende   Jeu 15 Nov - 4:24

Chapitre IV : L'instinct de mort



Les deux vieillards, extremement cultivés, apprirent à Horreus plusieurs langues et l'histoire de l'humanité, des religions, des peuples. Ils lui apprirent à lire et à ecrire, les mathématiques et les sciences de la nature. Ils essayerent également de lui apprendre à chanter, mais déciderent vite de ne pas continuer plus longtemps. Peu à peu, Horreus devint un enfant parfaitement éduqués, mieux que beaucoup de petits hommes.
Il apprit également à s'occuper de la terre pour en recolter les fruits de son labeur. La chasse l'attirait également. Mais la vieille Charybde, craignant que ses instincts de Loup-Garou ne ressurgissent, trouvait toujours quelque chose pour détourner son attention. Jusqu'au jour où..."

A ce moment là, le conteur décida de marquer une pause. Il estimait bon de faire patienter un peu son auditoire qui semblait être de plus en plus attentif. Mais il se méfiait de certaines personnes qui devaient surement être pretes à l'interrompre encore une fois. Il but une gorgée de biere, et continua son récit, estimant que la pause avait assez duré.

"Ce jour là, la vieille Charybde trouva Horreus penché sur un objet. S'approchant, elle remarqua que ce qu'elle prenait pour un jouet n'était autre que le cadavre d'un oiseau. Celui-ci était éventré, dégoulinant de sang, les vicères étalées sur plusieurs metres. Le sang brillait au soleil. L'odeur, de plus en plus forte, la prit à la gorge. Elle fit craquer une branche. A ce bruit, Horreus tourna la tête brusquement...
Ses babines étaient rouges de sang, des morceaux de viande accrochés entre ses crocs. La langue qu'il sortit était rouge de sang frais. Et ses yeux... ses yeux habituellement dorés étaient rouge sang, brillant d'un éclat de haine et de plaisir mélangé. La vieille Charybde fit un pas en arriere, étonnée et effrayée à la fois.

Le jeune homme assis dans son coin, se dressa subitement comme s'il s'était assis sur une épine. Il portait aux lèvres un sourire mauvais et brandit son poing devant lui.
"Vous voyez, vous voyez ce que je vous disais. Depuis le début vous considérez cette créature comme un enfant, mais c'est un monstre ! Et ce vieil homme qui l'a défendu tout à l'heure, le condamne de sa propre bouche."
Il toisa toute l'assemblée, se redressant au maximum pour montrer à tous son expression triomphante et la haine qui suintait de tout les pores de sa peau.
Le vieil homme se leva à son tour, défiant du regard ce jeune homme plein de vie.
"Décidement vous ne comprenez point. Tout d'abord je n'ai à aucun moment défendu ou condamner le Louhom. Je vous ai demandé de comprendre et d'écouter et ensuite, j'ai raconté une scene qui vous a fait bondir. Evidemment que Horreus a un coté Loup-Garou, mais il a également un coté humain. Et c'est cela que vous refusez de comprendre. Condamnez vous donc tout ce qui est différent ? Tout ce que vous ne pouvez comprendre ?"
Le conteur s'enflammait au fil de ses paroles. Le ton montait. Soudain il réalisa qu'il avait traversé les rangs pour se rapprocher de son interlocuteur. Il comprit que cette fois il était aller loin.
"Excusez-moi! Excusez-moi tous! Je me suis un peu emporté. Je suis sorti de mon rôle. Je vais me calmer et après nous reprendrons cette histoire."
Puis le vieil homme se retourna pour revenir à sa place. C'était la premiere fois qu'il s'emportait de la sorte. Mais il faut dire que ce jeune homme l'avait bien cherché...

Alors que le vieux conteur s'approchait en élevant la voix, le jeune homme redressa le menton et le défia du regard. Finalement, alors que le vieil homme retournait à sa place, une voix haineuse désormais parfaitement connue dans toute l'auberge s'éleva.
"Si je juge ce qui est différent ? Ce que je ne comprends pas ?"
Le jeune homme eu un petit rire, comme si la situation lui semblait parfaitement ironique.
"Mais n'est ce pas vous qui ne comprenez pas ? Vous revenez sans cesse au coté humain des Loup-Garous, comme si cela suffisait à pardonner tout les meurtres et les atocités qu'il nous ont fait subir. Ce ne sont pas des hommes ! Vous le confirmez vous même. Mais ces créatures ne sont pas non plus des loups, que sont elles alors exactement ? Le savez vous ? Elles sont nées alors qu'elles n'auraient pas dûes, c'est notre devoir aussi bien que notre droit envers cette terre, pour tout ce qui nous est cher, de les exterminer !"
Le jeune homme brandissait à nouveau son poing devant lui et toute l'assistance put ressentir le conflit d'émotions qui le tiraillait. Colère, haine et ..... tristesse.
Mais ce qui les suprit d'autant plus, c'est que ce jeune homme tenait un discours similaire à celui des chasseurs de Loup-Garous.

Neglan se rassit calmement. Puis regardant le jeune homme droit dans les yeux, lui dit:
"Jeune homme, je ne vous connais pas et je ne vous en veux pas. Mais essayez de comprendre que mon rôle n'est pas de juger. Je raconte et c'est tout. Je ne pardonne pas les meurtres que peut commettre une créature, je les raconte, je les explique, j'essaie de vous les faire comprendre. Et jusqu'à présent le Louhom n'a commis aucun meurtre. Quant à sa nature mi-humaine, mi-animale, c'est une question tres épineuse et je laisse chacun d'entre vous penser ce qu'il veut. Je veux juste dire que c'est Charybde, et non moi, qui aime Horreus pour sa part d'humanité.
Une derniere precision: les Loups-Garou sont des êtres qui sont apparus il y a trop longtemps pour que l'on soit sûrs de leurs origines. Je ne dirai donc pas ce que j'en pense, encore une fois. Maintenant, si cela ne vous dérange pas, je vais continuer mon histoire.

....
....

Je disais donc que la vieille Charybde fit un pas en arriere, étonnée et effrayée à la fois... Elle voyait tout son rêve s'ecrouler. Elle qui pensait pouvoir éviter les instincts meurtriers de Horreus réalisa son erreur. Pendant ce temps Horreus changea d'expression. Il prit un air un peu honteux. Puis, d'un coup, il se leva et s'enfuit, emportant la carcasse de l'oiseau; un loup n'abandonne jamais sa proie à un autre. Charybde rentra ensuite au village, triste et désemparée, ne sachant quoi penser. Elle ne pensait pas revoir Horreus un jour.
Pourtant le soir, Horreus rentra à son tour. Il ne gardait aucune trace de sa chasse. Les deux vieillards, qui n'étaient pas au courant, lui firent des remontrances pour avoir été absent toute la journée. Il répondit qu'il s'était perdu en forêt. Lorsqu'il vit Charybde, ni l'un, ni l'autre osa parler. Mais depuis ce jour, leur rapports en furent profondement changé. Ils ne se parlaient que tres rarement, afin de maintenir les vieillards dans l'illusion.

Le temps s'écoulait tranquillement dans cette région quasi déserte, et les 4 personnes qui y vivaient étaient proches du bonheur. La tranquilité du coin et la coupure du monde aidaient à vivre serainement. Entre Horreus et Charybde, l'humeur n'était pas toujours au beau fixe, mais avec le temps la situation s'améliorait et la vieille femme se disait que l'effroi qu'elle avait connu ne se reproduirait peut être jamais.
Mais un soir d'hiver, alors qu'il pleuvait depuis 8 jours sans interruption, le vieillard, approchant les 100 ans, fut pris de tremblements. La fievre le dévorait. Charybde accourut à son chevet, mais elle ne put rien faire. En deux heures, le vieil homme passa de vie à trépas. Sa femme resta aux cotés du défunt toute la journée du lendemain, refusant toute nourriture.
Pendant ce temps Horreus creusait une tombe avec difficulté tant le sol était impregné d'eau. Lorsqu'enfin le trou fut assez profond ils y porterent le cadavre. Au moment où Horreus le posait en terre, la femme du défunt se jeta brutalement sur lui, lui arrachant le corps qui tomba dans la fosse et l'accusant d'etre la cause de ce malheur. Elle l'insultait, le traitait de créature démoniaque, d'assassin, de porte-malheur et de tous les noms lui passant par la tête. Horreus, tout d'abord abasourdi, réagit en la bousculant. La pauvre femme fut projetée dans la tombe avec son mari et s'y brisa le cou net.

Le silence qui suivit paru durer une éternité... Le Louhom regardait les deux morts, bouche bée. Charybde regardait Horreus. La pluie tombait de plus en plus forte, comme si le ciel pleurait cette minute. De la forêt ne venait aucun bruit...

Le silence fut total dans la salle. L'atmosphere ressemblait à celle contée par le vieil homme. Celui-ci regarda rapidement autour de lui. Il ne vit que regards attentifs et brillants, avides et impatients...

Horreus réussi à briser ce silence étourdissant en bafouillant des mots d'excuse :
_Je... je ne voulais pas... Je ne l'ai pas fait exprès... Charybde ! Je te le jure... je ne voulais pas lui faire du mal... Pardon ! Je suis tellement désolé ...
....
Levant les yeux, Horreus croisa le regard de la vieille femme. Il comprit qu'elle ne lui pardonnerait jamais. Il vit dans ces yeux tant de haine et de dégout qu'il recula, puis s'enfuit en forêt. Il ne pouvait pas supporter ce regard. Il ne pouvait plus supporter de vivre avec un tel reproche vivant face à lui...
Sa course en forêt dura longtemps, jusqu'à ce qu'il arrive à un fleuve inconnu. Il s'était perdu. Lui qui connaissait si bien la forêt s'était perdu. Il s'assit au bord de l'eau et resta là... assis... vidé... abasourdi... jusqu'au lendemain matin. La faim le ramena à la réalité. Dorénavant, il allait devoir vivre seul. Et commencer par chasser pour se nourrir. Il n'avait que 15 ans et déjà il se retrouvait seul au monde. Exclu et detesté par les hommes, prédateur pour les animaux. Où était sa place?...
Le Louhom est vraiment né à cet instant précis !! Horreus le comprit et décida d'agir en conséquence.

Sa chasse fut rapide. Il retrouva avec plaisir le goût du sang. Maintenant il était libre ! Libre de faire ce qu'il voulait ! Libre de chasser ! Libre de manger de la viande crue ! Libre de boire du sang !! Il pouvait enfin devenir lui même...
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MessageSujet: Re: Le Louhom - La légende   Jeu 15 Nov - 4:32

Chapitre V : Trahison



Au bout de trois semaines de liberté Horreus décida de revenir au village. Il ne savait pas ce qu'il y ferait, mais il voulait au moins s'expliquer avec Charybde. Car en devenant libre il avait perdu l'amour de sa nourrice. Il voulait tout faire pour que la vieille femme lui pardonne et le comprenne. Il prit donc le chemin du retour. Malgré quelques difficultés pour retrouver son chemin, il parcourut la distance en deux jours, s'arretant régulierement pour reflechir à ce qu'il ferait et dirait lorsqu'il serait devant Charybde. Il avait déjà pensé à tout ce qu'il ferait lorsqu'il arriva tout prêt du village en ruine. Mais là Horreus sentit que quelque chose n'allait pas. De nombreuse odeurs s'élevaient dans l'air. Et un bruit continu filtrait à travers les feuillages. Des voix résonnait dans la clairière. Des moteurs tournait. Le sol vibrait d'être piétiné par autant de pieds. Se cachant aux abords du village, Simius put observer ce qui s'y passait. Quelle ne fut pas sa stupeur lorsqu'il vit que tout ce remue-menage était le fait de soldats. Ces soldats dont Charybde lui avait maintes fois parlé, en le prevenant que le jour où il les verrait il devrait fuir. Mais Simius ne pensa pas à fuir. A aucun moment.
Il se demandait surtout comment ils avaient eu l'idée de venir ici. Dans le ciel tournait un hélicoptère. Des hommes descendaient du matériel des camions et le transportait dans les cabanes en ruine. D'autres travaillaient à remettre en état provisoire les cabanes. Mais là où il y avait le plus de mouvement c'était autour de la masure où le Louhom avait vécu ses plus belles années.
Un homme immense, de forte carrure et aux allures de chef parlait avec Charybde. Une troisième personne assistait à l'entretien: un homme encore jeune, le cheveux ras et noir, l'oeil inquisiteur. Il était vêtu de gris sombre de la tête au pied. Simius tendit l'oreille pour entendre ce qu'il disait.

_...Voilà, je vous ai dit tout ce que je savais sur lui, disait la voix de Charybde. Ce monstre! Quand je pense que je l'ai aimé et protégé. Si je l'avais sous la main, croyez moi, je le tuerai. Mais j'avais besoin d'aide et c'est pour ça que je vous ai appelé. A mon âge, on ne peut plus tout faire...
_Oui, je comprends! Mais êtes vous sûre de nous avoir tout dit. Vos renseignements sont de premiere importance. N'avez vous rien d'autres à nous reveler? Quelque chose qui vous semble de peu d'importance, mais qui pourrait nous aider. Vous n'avez rien oublié?
_Non, je vous assure. Tout ce que je sais, je vous l'ai dit. Plus vite vous l'attraperez, plus vite il cessera de nuire.
_Oui, vous avez bien raison! Mais êtes vous certaine que votre mémoire ne vous fait pas défaut? Un tout petit indice?
_Non! Non! Vous pouvez être certains que je n'ai rien oublié. Je n'oublierai pas de sitôt, après tout le mal qu'il a fait. J'aurai dû le tué lorsque j'en avais la possibilité...
_Ca c'est sûr! Mais tout le monde fait des erreurs... Bon! Je vous remercie de votre précieuse colaboration. Vous nous avez bien aidé.
_C'est avec grand plaisir colonel et je...
_Adieu madame!
_Au revoir colonel! Peut être pourrai-je vous revoir un jour? Pour vous aider sur une autre affaire...
_... Permettez moi d'en douter!
Le colosse s'éloigna un peu, accompagné de l'homme en gris, qui n'avait pas ouvert la bouche pendant tout l'entretient. Quelques soldats attendaient visiblement que la discussion s'acheve. En s'approchant d'eux, le colonel leur murmura du bout des levres:
_Tuez la!

La premiere réaction de Horreus fut de sourire. Cette vieille sorcière allait payer sa trahison... Puis, réalisant ce que Charybde représentait à ses yeux, il eut du remord. Cette femme l'avait mis au monde, elle l'avait lavé, nourrit, hébergé, élevé, aimé... Personne au monde ne l'avait autant aimé. Sa haine était à l'égal de l'amour qu'elle avait eu pour lui. Elle avait aimé un monstre, une erreure de la nature. Elle l'avait aidé à naitre. Elle voulait aussi "l'aider" à mourir!!
Puis Horreus se dit qu'elle payait le juste prix. Il ne pouvait rien pour elle.
Les soldats s'emparèrent de Charybde et la trainèrent contre un arbre. Comprenant ce qui lui arrivait, elle se débattit, cria, hurla, invectivant et maudissant le colonel... Les soldats eurent du mal à l'attacher tellement elle remuait. Le colonel, en retrait, la regardait en coin, l'air indifférent. Puis la vieille femme se mit à gémir, suppliant qu'on la détache, qu'on la laisse vivre. Elle qui avait voulu les aider dans leur chasse, elle était condamnée à être fusillée. Quelle récompense!
_Cette putain n'a que ce qu'elle mérite! Et encore, si nous n'étions pas perdu dans cette jungle, elle aurait compris ce que mentir peut impliquer. Pour la premiere fois Horreus entendit la voix de l'homme en gris. Cette voix était mélodieuse, charmante mais, cela se sentait très peu, emplie de fiel et de venin.
_Elle a été bien surprise lorsque mes hommes l'ont emmenées...
_Vos hommes, colonel Bersung? Depuis quand ces soldats sont-ils vos hommes?
_Excusez moi, je me suis mal exprimé...
La salve qui retentit coupa nette leur conversation.

Les dernières paroles du vieil homme furent suivies d'un lourd silence. On avait presque entendu les coups de feu et tout le monde attendait la suite de l'histoire.
Mais le vieux conteur prenait son temps afin de ménager ses effets....


Dernière édition par le Mer 21 Nov - 16:52, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Le Louhom - La légende   Jeu 15 Nov - 4:39

Chapitre VI : La traque




La forêt s'était tue lorsque retentit la salve. Les soldats avaient interrompu leurs activités. Toutes les conversations s'étaient arretées. Horreus lui même avait arreté de respirer. Le silence dura une bonne minute. Tous sentirent qu'un crime venaient d'être commis. Le premier à rompre le silence fut l'homme en gris:
_Remettez ces hommes au travail colonel! Ils ne sont pas là pour savourer une si petite victoire.
_A vos ordres, monsieur! Mais... non, excusez moi. J'allais parler trop vite.
L'homme en gris le regarda, puis se détourna, méprisant.
Horreus comprit que plus rien ne le retenait ici, et surtout qu'il n'apprendrait plus rien aujourd'hui. Il se retira donc dans la forêt, se demandant ce qu'il allait bien pouvoir faire maintenant qu'il était seul au monde.
C'est à peine s'il réalisait que c'était lui l'objet de la chasse. Mais il le comprit vite quand soudain, un soldat se dressa devant lui... Le Louhom vit le soldat levé son fusil vers lui en appelant de l'aide. Son sang ne fit qu'un tour! Il se jetta sur le soldat, poussant le fusil. Le coup parti, assourdissant. Horreus, un instant surpris de ce bruit si fort, jetta un regard de haine au soldat étalé au sol. Celui-ci lut sa propre mort dans ces yeux dorés qui viraient au rouge sang. Se retournant il essaya de fuir, d'abord à quattre pattes, puis en se relevant, mais il trébucha, s'étalant de nouveau...
Au moment où il se retournait pour voir où se trouvait le monstre, il vit une gueule béante, surmontée de deux yeux rouges...

Le cri qui déchira l'air fut entendu tres nettement au village... Lorsque, cinq minutes après, des soldats trouverent enfin le corps, il baignait dans une mare de sang que la terre absorbait déjà. Le cou déchiquetté, le visage ravagé, le ventre transpercé laissaient couler le liquide rougeâtre. Partout des marques de crocs...

Le camp fut rapidement levé. Le Louhom n'étant pas loin, ce n'était pas le moment de trainer. Les ordres fusaient. Dans un apparent désordre les soldats chargaient ce qu'ils étaient en train de décharger quelques instants auparavent.
Mais Horreus était déjà loin. A peine avait il tué son agresseur qu'il était parti comme une fleche, ne laissant que peu de trace de son passage. Lorsqu'il s'arreta enfin, il réalisa ce qu'il venait de faire. C'était là la deuxième mort qu'il donnait. Puis il se rappela le goût du sang, du sang humain. Ce goût si fort, bien meilleur que du sang animal. Il comprit alors pourquoi ses ancetres, les Loups-Garous, étaient si nocifs pour les Humains. Une fois que l'on a gouté du sang d'homme, on ne vit que pour en boire à nouveau.
Horreus s'approcha d'un ruisseau et se penchant au dessus de l'onde il se vit tel qu'il était... Il vit une tête de loup, les yeux brillants, injectés de sang, haineux. La langue pendante était rouge, dégoulinante. Des morceaux de chaire humaine étaient coincés entre les crocs. Les babines rouge écarlates tachaient sur son léger poil blanc. Il voulu se nettoyer le visage avec sa main... une main humaine!! Une main semblable à celles qui le repoussaient, cherchant à survivre.
Ni homme, ni loup! Et non plus, Loup-Garou! Quel monstre était-il?
Il eut honte. Il n'était qu'un monstre, une erreure de la nature, un être déchu de tous ses droits. Et pour cela, il décida de se venger des hommes qui le rejetaient. A partir de ce jour, il décida de tueri tous les hommes qui croiseraient son chemin. Ce sera son but, sa vie, sa joie. Il n'était qu'une bête et décida de l'être entierement...

La chasse dura un peu plus d'un mois. Mais jamais le Louhom ne fut attrapé. Plusieurs fois ils le virent, mais à une distance éloignée. Il les promenait dans le labyrinthe végétal qu'était la forêt équatoriale. Les soldats se fatiguaient de poursuivre sans relache un être insaisissable qui, depuis, semblait s'amuser à les tuer un à un. Car les disparitions étaient nombreuses. Parfois le corps du disparu était retrouvé le lendemain, déchiqueté et vidé de son sang, de ses entrailles et de son coeur. D'autres disparus ne réaparaissaient jamais, mais l'un d'eux fut revu quelques mois plus tard dans un petit village en parfaite santé.
Ces disparitions intervenaient surtout le soir, lorsqu'il faisait nuit et que les soldats ne distinguaient plus les différentes ombres. Des lunettes infrarouges furent distribuées aux hommes de gardes; mais le champ de vision restreint et leur poids restaient des désavantages face à l'agilité et à la vision nocturne du "monstre".

Au bout d'un mois, l'homme en gris, commissaire-inspecteur, décida de rentrer. Le visage défait, de plus en plus irrité, il assura le colonel Bersung que son rapport ferait du bruit. La sortie de la forêt fut encore plus difficile que la chasse elle même. Les hommes étaient de moins en moins nombreux, les désertions augmentaient de façon inquiétante.
Lorsqu'enfin le groupe de survivants arriva aux abords du premier village, il ne restait plus qu'une trentaine d'hommes sur la centaine entrée dans la forêt un mois plus tôt. Tous les soldats furent soumis au silence et dès que la troupe rejoignit une base militaire ils furent séparés et internés dans des cellules sur ordre du commissaire-inspecteur.
La première chasse au Louhom fut un fiasco complet!
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MessageSujet: Re: Le Louhom - La légende   Jeu 15 Nov - 4:48

Chapitre VII : Contre-attaque




Horreus, qui avait pris plaisir à être chassé et jamais attrapé décida de continuer le "jeu". Mais maintenant, il serait le chasseur. Il jouerai au chat et à la souris, surtout avec ce colonel qui semblait si déçu de ne pas l'avoir attrapé. Celui-ci il ne le tuerait pas tout de suite. Il était important qu'il survive même. Pas comme l'homme en gris... celui-ci n'était que mépris pour tout ce qui l'entourait et risquait d'être dangereux. A la première occasion, il le supprimerai. Il suivit les soldats de jour en jour, jusqu'à leur arrivée à cette base militaire. Là, il ne pouvait savoir ce qui se tramait, mais décida de semer la panique dans les villages alentour...
En trois nuit, il dévastat les villages et fit une quinzaine de victimes. Toutes furent retrouvées.

Le bruit se répandit vite qu'un monstre rôdait. Les villageois avertirent les responsables du camp militaire qui décidèrent d'organiser une nouvelle chasse. Mais l'homme en gris s'y opposa.Il sentait venir le piège. Il contacta les dirigeants du gouvernement central et leur decrivit la situation. Mais ceux-ci ne réalisèrent pas ce qui se passait et ordonnèrent d'organiser une battue. Ils promirent d'envoyer des renforts. La chasse fut donc relancée. Le colonel Bersung en prit le commandement, animé par sa haine et son envie de revanche. Le commissaire-inspecteur décida, lui, de rester au campement. Il était prévu que tous les soldats rentrent le soir même.
Durant tout l'après-midi, des coups de feu furent perceptibles depuis le camp, mais le soir venu, les rares coups de feu semblaient de plus en plus lointains. Soudain, une dizaine de soldats arrivèrent, essoufflés, le visage inquiet, regardant sans cesse derriere eux. Il fallut attendre qu'ils reprennent leur souffle avant d'écouter leur récit.
Lorsqu'enfin ils purent parler, leurs paroles finirent de terrifier ceux qui les entouraient: Ils étaient envoyés par le colonel Bersung pour dire que la troupe ne rentrerai pas ce soir, car la proie était tres proche. Mais en cours de route, ils avaient été assaillis par un monstre qui les avaient dispersés... une dizaine réussirent à se regrouper et à filer, mais les dix autres n'eurent pas cette chance. Cependant, les survivants decrivaient cette vision de l'enfer: un monstre mesurant de 2 metres à 2 metres 50 selon les témoignages, une tête de loup avec des crocs saillants mesurant bien 15 centimetres chacun, des yeux rouges brillants lançant des eclairs, ses mains larges comme des battoirs possédaient d'énormes griffes et les balles semblaient le traverser sans rien lui faire.
L'homme en gris tenta de les faire taire, mais en vain. Personne ne l'écoutait donner des ordres. Tous étaient captivés par le récit des survivants. Et dans leurs têtes à tous, il n'y avait aucun doute que ce monstre viendrait leur rendre visite cette nuit! Mais que pouvait on contre un tel démon ?

En prévision de la visite du Louhom, chaque homme voulut fuir le camp, se refugier ailleurs. Mais le commissaire-inspecteur ordonna de doubler la garde et de punir tous ceux qui tenteraient de fuir. Son autorité venant des plus hautes instances, on finit par lui obéir, mais non sans murmurer contre lui.
La moitié de ceux qui restaient furent donc obligés de rester éveillés et dans le camp. La nuit semblait se dérouler calmement. Jusqu'à minuit, rien ne semblait bouger aux abords du camp... Lorsque minuit sonna sur quelques montres, les gardes se raidirent. Dans le camp, personne ne dormait, tous attendaient l'inévitable. L'attente devint de plus en plus intenable. Le silence s'épaississait. Les hommes retenaient leur respiration. Plus un bruit...

L'attente dura plus d'une heure. Sans qu'il ne se passe rien. A une heure du matin, un soldat osa se racler la gorge. Un autre remua un peu. Dans le camp, on vit des lumières s'allumer. L'un des gardes risqua une plaisanterie mal accueillie par ses camarades. Peu à peu la vie reprenait ses droits. Partout on allumait des cigarettes et des cigarillos. Tout le monde se détendait. Quelques pessimistes dirent que la nuit n'était pas finie, mais les autres preferèrent les ignorer.
Plus la nuit avançait, plus on se sentait fort. Le monstre n'avait pas osé s'attaquer à un camp, à des hommes si nombreux, si bien armés, si courageux. L'atmosphère se détendit complètement. On se mit à rire de la frayeur de la minuit. On parlait de plus en plus fort. De temps en temps, un bruit faisait ressurgir la peur pour quelques instants, mais les hommes ont la mémoire courte. Et lorsque le ciel apparut ce fut la délivrance. Certains tiraient en l'air, d'autres ouvraient des bouteilles gardées cachées jusqu'à ce jour. Le camp se transformat en champ de foire. Toute la matinée se passa dans une atmosphère de fête et de victoire.
L'ambiance commençait à retomber, lorsqu'un sergent fit remarquer que l'homme en gris n'avait toujours pas "pointé le bout de son nez". Les plaisanteries fusèrent: il avait honte de se montrer après cette nuit; il avait encore peur; il s'était déjà enfuit; ou bien... Un lieutenant, prenant son courage à deux mains, décida d'aller voir ce qu'il en était. Il ressortit du bâtiment quelques secondes plus tard, blanc comme un linge, les genous tremblants, s'appuyant aux murs pour ne pas tomber...

Lorsqu'enfin il réussit à parler ce fut pour dire que l'homme en gris baignait dans son sang. Le corps était lacéré. Des visceres repandues dans toute la chambre. L'odeur y était insupportable. La rumeure alla tres vite. Vingt minutes plus tard le village voisin était déjà au courant que le Louhom avait réussi à penetrer dans le camp et à tuer un homme sans etre vu.
Cependant le medecin chargé de l'étude du cadavre annonça dans l'après-midi que le meurtre n'était surement pas dû au monstre. Le corps n'avait pas été lacéré par des crocs ou des griffes, mais par des lames de couteaux. Mais personne n'y fit attention. Les hommes devenaient fous.
Les portes du camp s'ouvrirent pour laisser fuir un grand nombres de soldats. Les quelques officiers restants tentèrent de calmer la folie qui montait, mais en vain. L'un deux fut même abattu pour avoir voulu s'interposer. Le coupable ne fut jamais livré, ni dénoncé. Lorsque la nuit tomba le camp semblait désert. Il ne restait plus qu'une vingtaine d'homme, dont les derniers officiers. Le médecin fut retrouvé pendu dans son cabinet de soin. Certains n'hésiterent pas à dire qu'il avait eu honte de mentir et qu'il devait être un complice du Louhom.

La nuit fut très longue pour les survivants. Au loin, on pouvait entendre les hurlements des fous qui s'étaient approchés de la forêt. Cette fois, le Louhom était à l'oeuvre. Certains deserteurs preferèrent rentrer au camp. Le visage défait, ils tremblaient à ne plus pouvoir marcher. L'un d'eux se tira une balle dans la tête dès l'entrée dans le camp. Un autre trouva un fusil à ions, arme nouvelle et peu répandue dans l'armée regulière, et tirait sur tout ce qui bougeait. Il fit 1 mort et 4 blessés avant d'être abattu à son tour.
Les officiers présents décidèrent d'attendre la journée du lendemain, en esperant que l'expédition partie chasser le monstre rentre enfin. Dans le cas contraire, ils quitteraient le camp et tenteraient de rejoindre une base militaire à une journée de distance avec les véhicules qui restaient, certains ayant été volés, d'autres abimés par des tirs de fusil à ions.

Le colonel Bersung revint trois jours plus tard. Cette fois il n'avait perdu qu'une dizaine d'hommes. Certains avaient été happés par les marais, d'autres avaient déserté, l'un été mort après avoir été piqué par un insecte. Ils n'avaient pas trouvé le Louhom, mais au moins celui-ci ne s'était pas montré. Il devait avoir peur.
L'entrée du camp grande ouverte et non gardée surprit tout le monde. Bien vite, la vision des engins brûlés, de flaques de sang seché, des traces de lutte et partout les restes d'une fête achevèrent de persuader les arrivants qu'il s'était passé d'étranges choses.
Le colonel ordonna de tout nettoyer, de remettre le camp en ordre. Après avoir constaté qu'il n'y avait plus personne, un tour de garde fut instauré. Du bureau du commandant du camp on amena un mot pour le colonel. Ce mot relatait les causes du départ des derniers soldats. La stupeur qui frappat le visage de Bersung fut vite interpretée. Mais celui-ci rassembla ses officiers et leur fit part de ses volontés:
_ Messieurs! Pendant notre absence, ce camp a été attaqué semble-t-il par le monstre que nous chassions. Beaucoup d'hommes ont déserté. D'autres sont morts... dont un que je ne regretterai pas. Les survivants se sont rendus à la base la plus proche. Nous ferons de même demain matin à l'aube. Nous n'avons que peu de véhicule, donc nous devrons laisser des hommes ici. Les radios ayant été detruites et les notres n'étant que de faible portée, il n'y a pas d'autre solution. Ils attendront qu'on vienne les chercher, ça ne devrai pas prendre plus de deux ou trois jours. En attendant, vous veillerai que personne n'ait de contact avec l'extérieur...
_ Mais colonel! Pour la nourriture?
_ Il faudra se contenter de ce que nous avons. Les villageois sont tres superstitieux et je ne veux pas que nos hommes soient influencés par leur âneries! C'est clair? Maintenant, nous allons organiser la nuit et le départ de demain. Et quelques autres petits détails...

Pendant ce temps, Horreus se désinteressa du camp et parti chasser dans les villages alentour. Il avait décidé de se faire plus discret après sa première victoire de grand ampleur.
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MessageSujet: Re: Le Louhom - La légende   Jeu 15 Nov - 5:01

Chapitre VIII : La ville



Pendant les mois qui suivirent, la chasse au Louhom se déroula comme la première. Horreus promenait ses poursuivants dans la forêt sans jamais se faire attraper et piègeant de nombreux soldats. Le moral des hommes chutaient chaque jour un peu plus. Jusqu'au jour où les battues furent annuler par ordre supérieur, contre la volonté du colonel Bersung, qui fut rappelé à Paris, capitale du nouveau gouvernement planètaire.
En apprenant cette nouvelle, le Louhom reflechi immédiatement à la manière dont il pourrait le suivre. Il ne trouva rien de mieux que le bateau. Le voyage serait long, mais il était plus facile de se cacher à bord d'un bateau que d'un avion.

Le voyage se passa sans accident, Horreus évitant de s'attaquer aux passagers et restant caché en fond de cale. C'est ainsi qu'il débarqua en France, dans le port de Bordeaux.

Le déchargement des marchandises commença le jour même de l'arrivée et Horreus fut tout proche d'être découvert à plusieurs reprises. Cependant, lorsque le soir tomba, il était toujours à bord du bateau et personne ne soupçonnait sa présence. Il attendit jusqu'au milieu de la nuit pour sortir, car le long des quais, la ville semblait animée. Il entendait de nombreuses conversations et d'après ce qu'il comprit il y avait plusieurs lieux proches où les gens allaient faire la fête tous les soirs. Certains passants qu'il entendait semblaient ne plus être en pleine possession de leur moyen...
Lorsqu'enfin il sortit de sa cachette, il s'aperçut que sur le pont du navire flânaient quelques marins. Mais ils étaient en grande discussion et Horreus put s'enfuir sans être vu. Arrivé sur le quai, il se jetta dans la première ruelle sombre qu'il vit. Il avait réussi à dénicher un vieux manteau dans une des cales du navire, et, la capuche rabattue sur la tête, il se promena dans les rues jusqu'au petit matin. Il fallait qu'il apprenne à se reperer et pour cela il devait comprendre comment la ville était faite.
Le soleil levant le surprit à observer un boulanger pétrissant la farine dans son arrière boutique. La faim lui tiraillait le ventre. Sur le bateau, il n'avait pû manger que très rarement, et depuis qu'il avait posé pied à terre, il s'était consacré à découvrir la ville. L'aube naissante ne lui laissant plus beaucoup de temps, il fallait qu'il mange quelque chose rapidement avant de se terrer dans un enrepôt désafecté qu'il avait remarqué sur les quais...

... Le boulanger fut retrouvé une heure plus tard par sa femme, vidé de son sang et le corps déchiqueté, plié en deux dans son four à pain.


La journée commenca calmement pour Horreus. Il rejoignit l'entrepôt désafecté qu'il avait remarqué en débrquant. Là il trouva un coin où il se cacha, derriere quelques caisses pourries. L'entrepôt n'avait que de hautes fenetres et beaucoup d'endroits restaient dans l'obscurité. De là où il était il faisait face à la porte et pouvait surveiller la quasi totalité de l'entrepôt. En rentrant, il avait remarqué un dessin sur le mur, de toutes les couleurs, et ressemblant grossierement à des lettres. Celui-ci semblait inachevé. Mais il n'y prêtat pas vraiment attention.
Après avoir fait plusieurs fois le tour de l'entrepôt pour verifier qu'il était bien vide, il s'endormit dans son coin...

Il fut reveillé vers 17 heures. La porte venait de s'ouvrir et il entendait des voix jeunes. Regardant à travers les caisses, il vit trois adolescent qui se dirigeaient vers le dessin mural. Il les vit sortir des objets cylindriques. Prêt à jaillir, il les vit approcher les objets du mur. Il comprit rapidement que ces objets servaient à dessiner sur le mur. Les couleurs étaient différents selon les objets. Soudain, la faim se fit sentir de nouveau...
Jetant un regard sur la porte il vit qu'elle était refermée. Il ramassat une barre de fer sur le sol et, ayant rabattu la capuche de son manteau, il se releva, la barre de fer cachée sous son grand manteau.
Aussitôt les trois garçons le virent et se moquèrent de lui et des ses vêtments de pouilleux. Horreus n'était plus qu'à un mètre de l'un d'eux qui le regardait venir sans parler, cherchant vainement à voir ce qui se cachait sous la capuche. Celui qui semblait être le meneur interpella méchamment Horreus, tout en reculant légèrement.
Le troisième allait parler également lorsque Horreus, sortant la barre de fer de sous son manteau, lui assena un grand coup sur le crane! Le jeune homme s'effondra dans une marre de sang. Les deux autres restèrent un moment immobiles, ne comprenant pas encore ce qui se passait. En un instant Horreus fut sur eux. Le premier, recevant un coup dans le ventre, se plia en deux sous l'effet de la douleur. Le coup suivant lui fracassat la colonne vertébrale. Dans le mouvement, Horreus fit glisser la capuche sur ses épaules, revelant son visage inhumain. Puis il se jetta sur le dernier "visiteur" et, d'un coup de machoire, il lui sectionna le cou.
Une fois le massacre terminé, il tira les trois corps dans son coin, satisfait d'avoir des reserves pour quelques temps.

La nuit suivante, le Louhom remarqua que la boulangerie où il avait tué sa première victime en France était surveillée par la police. Durant ses promenades nocturnes il dut se cacher à de nombreuses reprises pour éviter de croiser des forces de l'ordre en patrouilles. Il fallait qu'il quitte cette ville avant d'être repéré. Et pour s'enfuir, il fallait qu'il trouve une moyen de transport. N'ayant jamais appris à conduire, il se demandait comment faire. Jusqu'au soir où il vit un homme forcer la porte d'une voiture...

Il comprit que cette chance ne se representerait pas de si tôt. Se dirigeant vers l'homme, il l'appela. L'autre, craignant d'être découvert par un honnête homme se releva d'un bond, près à s'enfuir. Mais Horreus, calmement, lui demanda de l'aide. Puis lorsqu'il fut suffisament près, il l'attrapa par le bras et lui demanda de lui montrer comment voler et conduire une voiture. Le voleur, toujours inquiet, lui expliqua d'abord comment forcer une porte de voiture, ensuite comment mettre le contact. Puis, soudainement, il essaya de s'enfuir. Mais Horreus s'y attendait et, d'une forte poigne, il le retint. Il le fit rentrer dans la voiture à la place du conducteur et s'installa derriere. Horreus lui demanda de sortir de la ville et le voleur obéit.


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MessageSujet: Re: Le Louhom - La légende   Jeu 15 Nov - 14:52

Chapitre IX : Apprentissage



Arrivé à un endroit calme et peu eclairé, le voleur s'arreta sur le bord de la route, croyant que son calvaire s'arretait là. Mais Horreus, le poussant à la place du passager, s'installa au volant et demanda qu'il lui explique comment conduire. Et comme le malfrat ne répondait pas, il dévoila son visage.
Toute résistance disparut aussitôt. L'homme lui apprit donc à conduire pendant une partie de la nuit. Au petit matin, Simius pouvait se debrouiller seul au volant du véhicule. Le voleur tenta alors d'amadouer le monstre:
_ Maintenant que je vous ai rendu ce petit service, vous pourriez peut être me faire une faveur?
_ De quoi s'agit-il?
_ He bien... en fait... je pensais que vous pourriez peut être.... m'épargner! Me laisser la vie sauve !... Ce serait faire preuve de bonté et...
_ La bonté n'est rien sinon une faiblesse !
_ ...
Le silence devint de plus en plus pesant. L'homme tremblait. Le Louhom le regardait en se rejouissant de le voir si tourmenté. Il reflechissait à la manière de s'y prendre pour le supprimer. Mais soudain le voleur eut une idée :
_ Hum... En fait, je pensais que nous pourrions trouver un accord, vous voyez! ... Je pourrai par exemple vous aider à survivre!
_ Comment?
_ He bien, après avoir fait connaissance, nous pourrions peut être nous... aider, l'un l'autre.
_ Expliques toi vite, avant qu'il ne t'arrive malheur!
_ Ok ! Ok ! Alors voilà, je vous aiderai, si vous accepter, en vous suivant partout où vous irez. Je vous indiquerai des planques et des amis en qui vous pourrez avoir confiance. Vous aurez ainsi de l'aide pour vous cacher et survivre. Je pourrai également vous servir de chauffeur. Parce que je ne sais pas comment vous ferez lorsqu'un flic vous demandera vos papiers... Vous le boufferez?!
_ Heu... Je... Ce pourrait être une bonne idée, mais qui me dit que tu ne me trahiras pas ? Et je ne veux pas me contenter de survivre, sinon je serai rester là où j'étais... Je veux me VENGER.
_ Ok ! Je vois. Bon c'est vrai que je pourrai vous trahir, mais je n'y trouverai aucun interêt. Bien au contraire. Il est vrai aussi que mes connaissances sont limitées, mais je suis sûr que nous pourrons rencontrer des gens plus interessants que mes connaissances personnels...
_ Mais en qui je ne pourrai pas avoir confiance. De plus tu ne dois pas connaitre grand monde à l'étranger... Et c'est non. Je ne te fais pas confiance. Pas plus qu'à un autre humain. Tout ce qui vous interesse, c'est le profit. Vous n'êtes qu'une race de vipères, sans vouloir offenser les vipères. Il n'est pas question que je m'allie avec un humain...
_ Je comprends. Vous ne voulez pas vous allier à un humain... Pourtant les humains sont les plus nombreux sur cette planète. Vous savez, tous les hommes ne sont pas pareil. Il y a des salauds, c'est sûr. Mais il y en a partout. De plus si vous voulez avoir une petite chance de parvenir à votre but, il vous faudra un minimum d'aide. En échange, je ne demande rien d'autre que la vie sauve.
_ Qui t'as dit que j'allais te tuer?
_ Cela se voit dans vos yeux...
Horreus hésita un instant avant de répondre.
_ En temps normal, je t'aurai tuer sans attendre. J'aurai bu ton sang et dévorer tes entrailles. Car il n'y a pas de meilleur nourriture qu'un homme...
_ ...
_ Mais tu as de la chance. Cela ne t'arriveras pas. Pas tout de suite. Mais si un jour tu t'avises de me trahir, je te reduirai au néant.
_ ... Ok ! Ca marche.
_ Très bien... Bon, maintenant nous allons nous dirigez vers Paris. Vous savez comment y aller ?
_ Bien sûr! Tout le monde sait comment y aller. Le tout c'est de ne pas se faire coincer par un barrage routier. Il y en a partout en ce moment. La sécurité routière, vous comprenez.


Ils arrivèrent à Paris vers 23 heure. Après être passés chez l'homme, ils étaient partis vers la destination voulue par Horreus. Pendant le voyage, Horreus apprit que l'homme s'appelait Luiz Danbois et qu'il parlait plusieurs langues. Horreus se contenta de lui dire d'où il venait. Il hésita également à lui dévoiler son nom, mais songeant que ce serait plus facile pour communiquer, il le lui dit. Lorsque Luiz lui demanda son âge, il prefera éluder la question. Il ne tenait pas à dire qu'il n'avait qu'une quinzaine d'année, car sentait qu'il serait moins crédible aux yeux de son compagnon.
A Paris, ils trouvèrent refuge chez un restaurateur italien: une connaissance de Luiz. L'Italien ne vit pas le visage du monstre et ne demanda rien, sinon d'être payé aussitôt. Luiz conseilla au Louhom de ne pas sortir le premier soir, mais plutôt de dormir un peu. Le lendemain soir, il lui ferait visiter la ville et sa banlieue, les coins dangereux ainsi que les endroits où il pourrait se "ravitailler" sans crainte.

Au matin, en lisant les journaux, Horreus apercut la photo du colonel Bersung. Intrigué, il lut l'article aussi vite que possile. Puis il le relut, étonné. Un passage l'intrigua en particulier. Il le relut trois fois pour être sûr de ne pas se tromper. Lorsqu'il fut sûr de lui, il appela Luiz :
_ Sais tu où se trouve ce palais ?
_ Oui ! Pourquoi ? Tu veux y aller ?
_ Ou i! Je veux y être cet après-midi à 15 heures.
_ Quoi ? Mais tu es fou ?! Tu ne pourras jamais aller là-bas en plein jour. C'est extremement surveillé. Je ne te laisserai même pas y aller de nuit, alors de jour... tu peux toujours courir.
_ Je ne t'ai pas demandé ce que tu en pensais. Je veux simplement que tu m'y conduises.
_ Mais pourquoi ? Tu es devenu fou ? Tu ne tiens plus à la vie ?
_ Bersung y sera à 15 heures. Alors moi aussi...
Après d'apres négociations, Horreus dut se rendre à l'évidence. Aller à cette réunion gouvernementale pour se venger était stupide et déraisonnable. Il fallait attendre un meilleur moment. Pour cela il fallait savoir où Bersung logeait. Et si possible, son itinéraire. Mais le principal problème était qu'il n'était jamais seul. Il était reçu avec une délégation de militaires qui l'accompagnait durant tous ces derniers deplacements. Et certainement dans tous les prochains.


Le temps commencait à se faire long pour Horreus. Au bout de deux jours passés dans un petit appartement à reflechir, il avait besoin de sortir. Subir les reflexions de Luiz toute la journée, se retenir pour ne pas le tuer tout de suite, l'écouter pour apprendre ce que l'autre lui enseignait ... tout cela l'exasperait. Mais il le fallait. Pour atteindre son but il devait apprendre beaucoup pour ensuite se débrouiller seul. Pourtant il décidé que la nuit suivante, il irait prendre l'air et se restaurer.

...

Le lendemain, Luiz lisait les journaux du matin lorsque, soudain, il bondit.
_ Horreus ! Que... Qu'est-ce qui t'as pris ? Qu'as tu fais ?... Je croyais qu'on était d'accord pour ne pas se faire remarquer.
_ De quoi parles tu ? Tu veux bien t'expliquer ?!
_ Regardes ça. On parle de toi en premiere page. Tu es content. Mais enfin qu'est ce qu...
_ SUFFIT !! Je ne te permets pas de me parler comme ça. Pour qui te prends tu, vermine d'humain ?
_ ... Hum... c'est que... enfin, je... Nous avions décidé...
_ Non ! Tu avais imaginé que j'étais d'accord pour rester discret. Et ce n'est plus le cas.
_ Mais... tuer huit personnes dans la même nuit, à quoi ça sert ? Toutes de la même façon. Dans des quartiers où le meurtre n'est pas courant, où les rues sont toujours bien éclairées. Vous avez été vu par plusieurs personnes...
_ C'est volontaire. J'ai même agressé un couple en laissant la femme s'enfuir. Je veux qu'IL sache que je suis là. Et que tous les hommes tremblent de peur et d'effroi.
_ Quoi ? Mais ça n'a pas de sens... Vous...
_ Puisque tu es incapable de trouver comment tuer Bersung, puisque tu es incapable de me mener à lui, J'AI trouvé un autre moyen de le rencontrer. Je le previens que je suis là. IL ne resistera pas au plaisir de me poursuivre. IL cherchera à tous prix à m'attraper. Je n'ai plus qu'à laisser une piste derriere moi et il finira bien par se jeter dans un piège que je lui tendrai.

A ce moment là, le vieil homme marqua une pause. L'auditoire semblait bien silencieuse, et il ne savait lequel de l'attention ou de l'ennui en était la cause. Il voyait bien, au premier rang, quelques visages captivés par son récit, des yeux grands ouverts... Mais derrière les visages étaient moins nets. La fumée qui regnait dans la piece, l'alcool et l'heure tardive fatiguaient ses vieux yeux.
Prenant son temps, Neglan bourra sa pipe une nouvelle fois, dans un grand silence. Puis il commença à fumer, comme s'il était seul au monde...
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MessageSujet: Re: Le Louhom - La légende   Jeu 15 Nov - 15:59

Chapitre X : Vent de frayeur




La porte de la taverne s'ouvrit brusquement et un jeune homme désormais bien connu du vieux conteur, entra. Un vent glacial accompagna son entrée et fit frissoner plus d'une personne. Il afficha un sourire torve et s'exclama en regardant Neglan:
"Alors vieux fou, encore en train de raconter des fariboles aux jeunes pour qu'ils fassent des cauchemards ?"
Le jeune homme se dirigea d'un pas léger vers l'assemblée et toisa Neglan de toute sa hauteur.
"Quelles atrocités racontes tu encore ? Nous devrions taire le souvenir de cette créature au lieu de la perpétuer comme un héritage."

Le vieil homme fut surpris par l'arrivée de son interlocuteur. Il pensait que celui-ci ne reviendrait plus. Mais il s'était trompé, encore une fois.
"Ecoutez jeune homme. Cette histoire plaît à certaines personnes, je crois. Et si je la raconte c'est parce qu'elle plaît. De plus les atrocités commises par ce monstre ne sont pas pires que celles commises par certains hommes.
Mais cela n'a pas d'importance. Attendez la fin de cette histoire et vous comprendrez pourquoi je prends mon temps à vous faire connaitre ce que quelques uns disent être une fable."
Il parla en regardant le jeune homme droit dans les yeux. Bien que ne comprenant pas toujours ses motivations, ni son goût prononcé pour l'alcool, il l'appréciait de plus en plus. Peut être parce qu'ainsi il se revoyait tel qu'il était autrefois...
"J'ai déjà été très patient jusqu'à présent, je pense pouvoir l'être un peu plus longtemps. Allez y vieil homme, je vous écoute."
Il fit alors un rapide demi tour et pénétra dans les rangs de l'assemblée, tout le monde s'écarta sur son chemin, et il trouva rapidement une place un peu à l'écart où s'assoir.

Le vieux conteur finit sa pipe dans un silence de mort. Puis il reprit son histoire, comme si rien ne s'était produit.
Le colonel Bersung appris cette macabre nouvelle par les journaux du matin, comme beaucoup de monde. Les photos, bien que floues, le firent frissonner.
°Ainsi le monstre veux jouer°, pensa-t-il, °he bien nous allons jouer. Et pour cela il faut que les recherches n'aboutissent pas. Tant qu'il ne s'en prend qu'à des inconnus et la nuit, il n'y a pas d'autres risques que d'affoler ces Français°

Le jour même il se rendit auprès du ministre de l'Interieur pour lui demander de prendre part à cette chasse en plein Paris. Mais celui-ci lui répondit par la négative, arguant du fait que rien ne prouvait que ces meurtres soient liés et qu'ils soient l'oeuvre d'un animal, aussi horrible soit-il.
La nuit suivante, sept nouvelles victimes furent retrouvées. Cette fois le périmetre était beaucoup plus large. Horreus avait béneficié de l'aide de Luiz qui l'avait conduit dans différents endroits éloignés de leur logement et toujours dans des zones non-surveillés.
La panique gagna encore du terrain. Mais il fallut attendre encore une journée, et une nuit bien sûr, pour que le colonel Bersung reçoive la demande de s'occuper personnelement de cette affaire. Les onzes nouveaux décès avaient subitement modifié l'avis du Gouvernement Mondial, sur la demande incessante de l'Etat de France.
Bersung commença par chercher un quartier mal famé dans lequel aucun crime n'avait été commis. D'après lui, le meurtier craignait d'être découvert en tuant près de là où il était hebergé. Il fit tout pour que cette idée arrive aux oreilles de la presse. De même, il annonça que tous les complices subirait le même sort que l'assassin.
Le lendemain, les journaux publiaient une carte de Paris avec tous les quartiers susceptibles d'abriter le monstre. Des débats sur la possibilité de voir réaparaitre la peine de mort pour ce genre d'infamies accompagnaient les cartes...

Luiz dormait de moins en moins bien. Lui qui d'habitude dormait comme une marmotte n'arrivait plus à trouver le sommeil. Depuis que les médias s'étaient emparés de l'affaire, il savait qu'ils seraient un jour ou l'autre dénoncés par quelqu'un. Cette nuit là il n'avait dormi que deux heures. Il avait reflechi au moyen de se sortir de cette embrouille et la seule solution qui s'offrait à ses yeux était d'abandonner Horreus, voire de le dénoncer. Mais il craignait sa vengeance...
Quand il reçut enfin les journaux, après cette nuit si agitée, il se jetta dessus pour voir ce qu'il y avait de nouveau. La liste des quartiers pouvant cacher le tueur le fit frémir: l'endroit où ils vivaient y été nommé, bien évidemment. Il n'avait pas pensé à ça. Mais il pourrait y remédier cette nuit. Il suffirait de s'occuper de l'un de ces jeunes qui trainaient tard le soir, et ainsi tout serai reglé.
Attendant que Horreus se leve, il lut et relut tout ce qui avait trait à l'affaire dans les journaux du matin et ceux de la veille. Plus le temps passait, plus il tremblait. Losque le Louhom apparut enfin, Luiz était en nage.
Horreus sentit aussitôt le danger que représentait son compagnon. Lorsque celui-ci lui annonça que leur quartier était nommé dans une liste d'endroits suspects, il ne réagit pas vraiment:
_ Il y a beaucoup d'autres quartiers qui y sont aussi. Il n'y a pas de quoi s'inquiéter.
_ Quoi ? Mais tu ne vois pas que tous ces quartiers vont être passés au peigne fin ! Que toutes les maisons, tous les immeubles, tous les hangars vont être fouillés !
_ Non. Je ne le vois pas... Et pour la simple raison que ce ne sera pas. Cela ferait beaucoup trop de travail. Bersung attend plutôt la nuit prochaine. Là il verra quels nouveaux quartiers ont été les lieux d'un "tragique décès" et il ferra surveiller ces quartiers là. Il espere nous pieger. Il s'imagine bien qu'un esprit faible comme le tien ne verra pas le piège. Tout comme il est conscient que je ne tomberai pas dans le panneau. Nous resterons encore un ou deux jours à Paris, puis nous partirons. En attendant, cesse de trembler comme une mauviette et occupe toi de remplir le reservoir de la voiture.

Les nuits qui suivirent furent mouvementées. Horreus avait décidé de s'amuser. Il poussa l'audace jusqu'à tuer aux alentours des résidences des politiques français... Devant l'incapacité d'empecher ces morts, le colonel Bersung demandat au gouvernement mondial la permission d'utiliser les meilleures technologies découvertes et encore cachées au public. L'autorisation lui fut accordée.
Cette autorisation marquait un tournant dans l'histoire de l'humanité. Jamais encore les hommes n'avaient vu de vaisseau spatial silloner le ciel terrien. Toutes ces technologies leur semblaient lointaines, voire irréalisable. Mais lorsque les premiers vaisseaux de combat arrivèrent dans l'espace aérien français, il fallut se rendre à l'évidence. Les secrets étaient bien gardés.
Ces vaisseaux n'étaient pas bien gros. C'étaient seulement des chasseurs légers , équipés de radars très puissants capables de détecter un non-humain au milieu d'une foule. Les autres vaisseaux ne seraient pas sortis avant une semaine. Certains dirigeants pensant que ces premiers vaisseaux, beaucoup plus rapides et plus efficaces, suffiraient.
La chasse sur Paris commença. Pendant deux jours et deux nuits le ciel fut silloné par les nouveaux chasseurs. Mais ils ne trouvèrent rien. De même, il n'y avait plus de meurtre. Et pour cause : le Louhom avait quitté la capitale. Il avait décidé de ranimer une vieille légende. Il roulait vers le sud, conduit par Luiz. Ils se dirigeaient vers la Lozère, le Cantal et le Velay. Ils allaient vers le Gévaudan, réveiller la Bête, ranimer la légende ...


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MessageSujet: Re: Le Louhom - La légende   Jeu 15 Nov - 16:12

Chapitre XI : La Bête est de retour




Quelques jours plus tard, le colonel Bersung appris que de nombreuses morts ressemblant à celles de Paris étaient survenues dans un coin reculé de France, une des régions les moins peuplée, quasiment désertique. Ne comprenant pas de quoi il s'agissait, il commanda d'envoyer deux régiments s'occuper de ce qu'il pensait être une diversion. Le monstre ne pouvait pas s'être enfuit de Paris. Tout la ville était surveillée jour et nuit. Des barrages étaient dressés sur toutes les routes. Même avec un complice il ne pouvait s'en sortit. Il faudrait qu'ils soient plusieurs à l'aider et cela ne se pouvait. Il y avait trop de risque de trahison. Il ne comprenait plus...

Il fallut deux jours pour que l'un de ses subalternes ose lui parler du Gévaudan... et de la Bête qui, il y a bien longtemps, y fit tant de morts.
_ Croyez vous sérieusement que cet animal aurait pû pensé à ça. Il a vécu toute sa vie dans la jungle...
_ Mais mon colonel, les deux vieillards qui l'ont élevé étaient tres cultivé... si je me souviens bien.
_ C'est exact! Mais je ne vois pas le rapport...
_ Il veut faire peur mon colonel! Alors quoi de mieux que de semer la terreur dans une région emplie de croyances obscures. Je suis sûr que les habitants du Gévaudan sont tous superstitieux et qu'ils croient que la Bête est revenue...
_ Très bien. Nous allons tous aller dans ce trou et cette fois, je ne veux pas qu'il m'échappe. J'en ai assez. Je veux sa peau. Cet animal s'est assez moqué de moi !
La colère du colonel ne semblait pas s'éteindre. Ses subordonnés s'en appercurent tres vite. Les ordres et les contre-ordres fusaient. Et à chaque fois l'un d'eux en prenait pour son grade. La terreur commencait à regner et la révolte à gronder. Bersung n'était pas souvent facile à vivre, mais là ça dépassait les bornes... mais il était impossible de lui parler.
La totalité de son état-major fut déplacé dans le Gévaudan. Les battues commencèrent, comme lors de la première apparition de la Bête. Avec autant de succès...
Les nouveaux radars ne fonctionnaient pas comme il faut, détraqués par on ne sait quoi. Les villageois commencaient également à râler contre le poids de l'armée. La région entière était envahie de soldats sans que cela ne change quelque chose. En deux semaines, la région fut passée au peigne fin, sans résultats. De plus les exactions de la part de soldats, plus mercenaires que soldats de métiers, augmentèrent la grogne des autochtones. La région commencait à ressembler à une bouilloire en ébullition, lorsque soudain les meurtres s'arreterent.
Le décompte des victimes recensa 104 morts. Exactement comme lors des années 1764-1767. Mais cette fois-ci la Bête avait été plus rapide. Au lieu de trois ans Elle avait tué autant en trois mois... trois siècles après sa première apparition.

A l'annonce de ces chiffres, les habitants de la région accusèrent le colonel Bersung d'avoir faillit à sa mission. Une foule menaçante força l'entrée du camp où il résidait. Il eut tout juste le temps de s'enfuir par voie aérienne pour éviter d'être lynché.
En haut lieu, il fut démis de ses fonctions et rendu à la vie civile. Son échec fut étalé en première page des plus grands journaux du monde. En France, les morts suspectes cesserent. Le Monstre avait disparu ne laissant derrière lui que le parfum de le mort et l'angoisse de son retour annoncé.

Pourtant, Bersung, convaincu que le Louhom se moquait de lui, se mit à parcourir le monde à sa recherche. Dès qu'il entendait parler d'un meurtre étrange il se rendait sur les lieux du crime. Souvent trop tard ou impuissant à faire quoi que ce soit. Les autoritées locales préferant généralement étouffer l'affaire, Bersung ne pouvait pas enqueter, même de manière privée. Toutes les portes se fermaient devant lui. Connu sur toute la planète, il se trouvait mis à l'écart. Seuls quelques journalistes en mal d'histoire s'acoquinaient avec lui.
Mais malgré ces difficultés, il réussit à mettre sur pied une équipe de mercenaires prêts à tous. Ils offraient régulièrement leur service pour diverses raisons, dans des endroits très variés. Ils étaient toujours prêts à répondre aux appels de Bersung. Nul ne sut jamais comment l'ancien colonel s'y était pris pour convaincre ces hommes assoiffés d'argent de s'associer à lui. Mais ils étaient là quand il le voulait et où il le voulait.
Puisque les autorités planètaire refusaient de reconnaitre son expérience il se passerait d'elles pour trouver la Bête immonde. La gloire ne retomberait que sur ses propres épaules.
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MessageSujet: Re: Le Louhom - La légende   Jeu 15 Nov - 16:24

Chapitre XII : Anubis




Le temps s'écoulait sans que Bersung ne retrouve le Louhom. Les années passèrent. Les nouvelles technologies avaient permit de coloniser une planète entière et la Terre s'en trouvait moins peuplée. Le Louhom commençait à devenir un simple souvenir et Bersung ressemblait de plus en plus à un vieillard sénile pourchassant désesperement un mirage. Le ciel était régulièrement parcourut par des vaisseaux spatiaux. Les hommes s'habituaient aux nouvelles technologies, lorsqu'un jour les anciens dieux réaparurent dans l'imaginaire collectif. Ou plutôt, UN dieu. Un dieu égyptien: Anubis.
Ce dieu, appelé Inpou ou Anepou par les Egyptiens, possèdait toujours sur son corps humain une tête de chien sauvage ou de chacal. Et il avait été vu récemment aux pieds d'une pyramide. Il était apparu à deux manoeuvres travaillant de nuit sur un chantier de fouilles archéologiques.
Le "seigneur de la nécropole" avait reclamé des morts plus nombreuses. Il avait demandé que l'embaumement soit utilisé sur chaque mort à travers le monde. Que les corps et les viscères fraiches soient déposés rapidement dans leur maison d'éternité, avant qu'Amon, le "Mangeur de morts", ne les prennent.
Pour le vieux Bersung, il ne faisait aucun doute que ce monstre n'était autre que le Louhom. Bien que ne l'ayant jamais vu, il se souvenait de la déscription que lui avait faite la vieille Charybde: "Une tête de loup sur un corps d'homme"...

En arrivant en Egypte, Bersung fut surpris de voir son fils l'accueillir à l'aéroport du Caire. Il ne l'avait pas vu depuis des années et leur dernière rencontre s'était plutôt mal passée. Ils s'étaient séparés sur une dispute comme Bersung n'en avait encore jamais vécu. Persuadé de ne plus revoir son fils, il avait finit par l'effacer de sa mémoire, comme s'il n'avait jamais existé.
Pourtant, celui ci était venu afin de l'aider dans ses recherches. Il était accompagné de six molosses noirs, armés d'armes nouvelles. Puis il dirigea son père et ses mercenaires vers un hotel lui appartenant.
En quelques années, Lionel Bersung, le fils de l'ancien colonel Bersung, était devenu un millionaire respecté dans de nombreux pays. Il avait ses pistes et ses indicateurs répandus dans le monde entier et avait déjà des espions dans les nouveaux monde découvert dans l'espace.
Il avait décidé d'aider son père car il s'était persuadé que la découverte du Louhom pourrait servir ses interets. Il voulait le convaincre de s'allier avec lui afin de conquérir le monde et l'espace. Et pour cela il fallait qu'il soutire quelques renseignements à son père.

Plusieurs jours passèrent avant que le groupe de mercenaires obtienne l'autorisation d'aller explorer les pyramides du secteur dans lequel Anubis était apparu aux travailleurs. Mais lorsqu'ils arrivèrent enfin à la pyramide voulue, ils virent une foule difficilement contenue par un cordon de policier. Ils n'eurent pas trop de peine à s'approcher, les six colosses leur frayant un passage dans la masse compacte de curieux et de journalistes.
La nuit précédente, le corps d'un jeune homme tout juste décédé avait été déposé à l'entrée de la pyramide, embaumé et ses entrailles déposées dans des vases canopes. Mais au petit matin, le corps était retrouvé plus profondement dans la pyramide. A coté de celui-ci étaient déposés une trentaine de cadavre d'enfants ou d'hommes jeunes. Une enquête venait d'être ouverte.
Tentant de passer, l'ancien colonel fut refoulé par le cordon de police. Malgré ses protestations, il n'obtint rien. Arguant de son passé d'ancien militaire et de sa connaissance des créatures étranges, il insistait, lorsque son fils lui conseilla de rester calme.
_ Il ne sert à rien de s'énerver, père. Nous pouvons peut-être tenter autre chose.
_ Ha oui ? Tu as une meilleure idéee peut être. Tu ne connais rien à ce genre de choses et tu voudrai qu'ils te laisse passer ?
_ Laisse moi essayer, veux tu.
_ Puisque tu tiens à te ridiculiser.
Lionel Bersung s'avança alors vers les policiers. Tout en demandant à voir leur supérieur, il fit un clin d'oeil ironique à son père. Ce dernier fulminait interieurement, mais la vue des colosses noirs de son fils le dissuada de faire quoi que ce soit. La vengeance est un plat qui se mange froid, en particulier quand il s'agit de sa propre famille...
Après cinq minutes de discussion, les deux Bersung purent franchir le cordon de police. Les autres attendraient à l'extérieur.
A l'intérieur, l'air était beaucoup plus frais. La chaleur accablante disparut pour laisser place à une humidité impensable en plein désert. Leur guide leur expliqua qu'au centre de la pyramide se trouvait une source. Arrivés dans la salle où les corps étaient entreposés, le fils eut un sursaut. L'odeur impregnait la pièce. La macabre vision surprit Lionel. Il ne s'attendait pas à voir des corps relativement frais, mais plutôt des momies ou des squelettes. Surement à cause de l'endroit du crime. Son père, lui, semblait réjouit de trouver enfin un indice.
_ Le Louhom a surement vécu ici pendant un moment. Un homme devait lui amener ses victimes. Il a besoin d'aide. C'est sa seule faiblesse, mon fils. C'est par là que je l'aurai.
_ Oui. C'est par là que nous l'aurons, père. Mais en attendant, il faudrait trouver des preuves de son passage. Ainsi que des élements qui pourraient nous mener à lui. Si tu y arrives, je te promet que l'enquête nous sera confiée.

L'ancien militaire, qui se faisait encore appelé "mon colonel" par ses mercenaires, eut beau chercher, il ne trouva aucun indice, aucune preuve. Le sol de la pyramide n'était pas propice à un examen minutieux. De plus, de nombreuses personnes étaient déjà passées sans se soucier de possibles preuves. Il ne trouva donc rien, malgré des fouilles de plus d'une semaine. Entre temps, les corps avaient été sortis puis examinés par des spécialistes Egyptiens. Parmi les victimes fut retrouvé le corps particulièrement méconnaissable d'un hommeque les services égyptiens ne purent identifier. Le corps fut donc confié à des spécialistes internationaux. La réponse arriva trois jours plus tard. L'homme s'appelait Luiz Danbois ...


Pendant que les deux Bersung recherchait activement sa trace, Horreus avait décidé de partir semait la terreur en Russie cette fois. Bien qu'il ne connaisse aucune légende russe apte à attiser l'imaginaire collectif, il avait toujours eu envie d'aller visiter ce grand pays.
La Russie l'attirait par ses grandes étendues froides et sombres. De plus il espérait trouver dans ce pays un homme capable de remplacer cet imbecile de Luiz. Ce dernier avait payé son crime. De plus en plus peureux, il conseillait toujours la prudence au Louhom. Jusqu'au jour où il avait tentait de le trahir. Mais depuis longtemps Horreus ne lui faisait plus confiance.
Il l'avait suivit jusqu'au village. Là, l'homme était entré dans une maison pour téléphoner. Horreus l'avait surpris parlant aux autorités locales et donnant le lieu de sa cache. Après avoir coupé la communication, il avait tué les habitants de la maison, puis entrainé Luiz dans la pyramide. Il avait prit du plaisir à le faire souffrir. Il lui avait fait subir tout ce que son cerveau pouvait imaginer. La torture avait duré deux longs jours. Finalement, Horreus avait dû s'enfuir précipitemment, de crainte que l'étau ne se referme sur lui.
Mais encore une fois, il s'en était sorti. Il était toujours libre. Prêt à se faire respecter par toute l'humanité. Il avait acquis des armes nouvelles et puissantes. Il avait également appris les rudiments de la conduite d'un vaisseau spatial. Il pourrait ainsi attaquer les nouvelles planètes le moment venu, puisque l'Homme s'étendait partout, lui offrant un terrain de jeu sans cesse plus vaste. Ne parlait on pas d'une deuxième planète colonisée prochainement ?
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MessageSujet: Re: Le Louhom - La légende   Jeu 15 Nov - 16:33

Chapitre XIII : L'erreur



N'ayant plus de chauffeur pour l'aider à fuir, Horreus décida de reprendre le bateau comme clandestin. Exactement comme il avait fait pour venir en Europe. Il se rendit donc dans l'un des ports égyptien pour se rendre en Russie. Il lui fallut plusieurs jours pour s'habituer aux mouvements perpétuels, à l'agitation qui animait le port jour et nuit.
Au bout d'une semaine, il trouva enfin le navire qu'il cherchait. Il partait le soir même. Une chance. Il n'aurait pas à attendre longtemps. Pour patienter tranquillement toute la journée, il trouva un jeune homme et se régala de sa chair. Puis il passa le reste de lajournée à se reposer.

Le soir, sortant de sa cachette la tête couverte, il se rendait vers le bateau en partance pour la Russie lorsqu'il s'entendit appeler par une femme. En tournant la tête, il remarqua qu'elle portait l'uniforme de la police locale. Il attendit qu'elle s'approche. Jetant un coup d'oeil à droite et à gauche, devant et derriere lui, il s'assura qu'ils étaient seuls. Reculant un peu dans un coin, il fit semblant d'être inquiet de parler à la police, ce qui n'était pas tout à fait faux.
La femme s'approcha et lui demanda de retirer sa capuche. Horreus répondit qu'il était lépreux et qu'il ne cherchait pas les ennuis, qu'il préférait ne pas montrer son visage. La jeune femme eut un sursaut de dégout et s'écarta de quelques pas, mais réitéra sa demande.
Vérifiant encore une fois qu'il n'y ait personne en vue, le Louhom porta la main à sa tête. Mais au lieu d'enlever sacapuche, il sortit une lame qu'il lança sur la femme. Il s'était suffisament entrainé à ça et la lame s'enfonça dans le cou de la victime. Elle n'eut pas le temps de crier. S'écroulant dans une mare de sang, les yeux agrandis par la surprise, elle réussit tout de même à porter la main à sa ceinture et à appuyer sur son bipeur.
Horreus la tira dans l'ombre, la cachant plus ou moins derriere un tonneau, puis s'éloigna.
A cet instant, plusieurs policiers apparurent un peu plus loin. Ils semblaient chercher quelque chose. Ils se dirigeaient vers lui. Horreus n'eut pas d'autre solution que de grimper précipitemment sur le premier bateau à sa portée. Bien qu'il ait été repéré, il pensait pouvoir échapper à ces hommes une fois sur le bateau.
Une fois à bord du navire, Horreus chercha un moyen de se débarasser des policiers. Lorsqu'il les entendit monter la passerelle, il venait de trouver comment les éloigner un moment. Il venait de voir un sac de toile ressemblant suffisamment à son propre manteau. En y accrochant du lest, il serait aisé de faire croire qu'il avait sauté par dessus bord. Les policiers, occupés à rechercher leur collègue et le jeune homme disparu un peu plus tôt dans la journée, ne fouilleraient surement pas plus loin... La réaction de ses poursuivants fut exactement celle espérée.

Cependant, de là où il était, il comprit rapidement que le départ des policiers n'étaient pas seulement dû à sa "chute". Les ordres retentissaient, annonçant une manoeuvre prochaine. Le bateau levait l'ancre le soir même. Pourtant Horreus était certain de ne pas être monté sur le navire à destination de la Russie... N'ayant d'autre choix que de subir les évenements, il se demanda comment il allait pouvoir fuir encore une fois. Il dut se résigner à accepter l'inacceptable. Il ne pouvait quitter le navire sans être repérer.
Seul à bord, sans aucune connaissance des lieux, sans idée de sa destination, sans provision pour un voyage qui pouvait durer, Horreus réalisa que pour la première fois depuis bien longtemps les évenements lui échappaient. Il ne controlait plus rien. A cause d'une petite erreur: il avait tué un jeune homme le matin même, sans s'inquieter de savoir si on le rechercherait rapidement ou non.
Pour cette erreur, pour cette première erreur depuis qu'il semait la terreur, il n'était plus maitre de son destin.

Au bout d'une semaine de voyage, Horreus était toujours coincé. Il n'avait jamais réussit à sortir de sa cachette, car le soir même du départ, un jeune homme était venu prendre des affaires puis avait refermé la porte à clef en sortant. Lorsqu'au bout de plusieurs jours d'attente il entendit à nouveau une clef tourner dans la serrure, il décida de saisir sa chance. Le même jeune homme entra pour prendre un gros sac. Au moment où il ressortait, Horreus lui sauta dessus. Avant qu'il ne puisse crier il lui planta ses crocs dans la gorge. Dans un gargouilli de sang, le marin s'effondra, sans vie.
Dehors, il faisait nuit. Une chance pour le Louhom. Celui-ci pris cet évenement comme le meilleur augure qu'il soit. Se délectant de la chair et du sang de l'humain, il en profita pour récuperer la clef de la porte. Une fois son repas terminé, il sortit prendre l'air, veillant à ce que personne ne le vois. Mais du bruit se fit entendre. Un appel. Comprenant qu'il s'agissait du jeune homme qu'il venait de savourer, il pensa à dissimuler le meurtre en accident. Comment? En faisant passer le corps par dessus bord, comme au port égyptien.
Horreus emmaillota la carcasse dans un sac de toile afin que le sang ne goutte pas partout, puis lançant le corps dans le vide, il poussa un cri. Puis en entendant le bruit du cadavre entrant dans l'eau, il se tut.

Sa tentative réussit à merveille. Tous les marins crurent à une chute malencontreuse ou à un suicide. Aucun ne souçonna la présence d'un intrus à bord. Ainsi, Horreus pût sortir tous les soirs prendre l'air sans être inquiété. Sa résistance lui permit de ne pas faire d'autre victime durant la traversée, même s'il fut plusieurs fois tenter de recommencer.

Un soir, alors qu'il voulait sortir s'aérer un peu, de nombreux marins passèrent devant la porte de sa cache. Il les entendait parler, crier, rire... La fin du voyage approchait. La côte était en vue. Quelques instants plus tard, Horreus sentit l'odeur de la terre ferme. Se réjouissant à l'avance de pouvoir enfin sortir et manger à sa faim, le monstre réalisa soudain qu'il ne savait pas où il allait arriver.
Durant toute la nuit, il se tortura l'esprit pour essayer de découvrir la destination du navire. Bien qu'il ait réalisé cet exercice pendant de nombreuses heures au long de la traversée, il recommença. En vain. Les bruits venant de l'extérieur ne l'aidaient pas davantage. Il ne savait pas où il allait sortir. Il n'était toujours pas maitre de son destin.
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MessageSujet: Re: Le Louhom - La légende   Jeu 15 Nov - 16:41

Chapitre XIV : Le piège




Un mois après leur déception égyptienne, les deux Bersung apprirent que d'étrange disparition avaient eut lieu en Inde. Un village entier aurait été dévoré par les loups, selon les journaux. Une enquête avait été ouverte aussitôt. Il n'en fallut pas plus au père et au fils pour réunir leurs hommes, chacun de son coté.
Quelques jours plus tard, ils se retrouvaient ensemble dans la ville la plus proche du lieu du carnage. Lionel avait déjà réussit à se procurer des photos des victimes. Malgré sa méfiance, il les montra à son père afin de savoir s'il pouvait ainsi reconnaitre la façon d'agir du Louhom. Celui-ci obnubilé par le monstre les ragarda à peine avant de dire que c'était bien là l'oeuvre de son ennemi juré.
Le lendemain ils partirent chacun de son coté pour tenter de retrouver la piste du Louhom. Lionel fut encore une fois le plus rapide. Et cette fois, il avait trouvé des traces de son passage. En envoyant ses gorilles interroger les villages alentour, il réussit ainsi à entendre quelques témoignages sur le passage d'un monstre.
Les villageois terrifiés demandaient à être protégé en échange des révelations, ce qui leur étaient évidemment promis. Grace à tous ces témoignages, le parcours du Louhom fut calculé. S'il avançait toujours à la même vitesse, le fils de l'ancien colonel calcula qu'il devait être déjà dans les chaines de l'Himalaya...

Sans en parler à son père, il prépara une expédition dans les montagnes. En prenant quelques jours d'avance sur le monstre, il avait une chance de le coincer avant qu'il ne se doute de quelque chose. Pendant qu'il préparait la battue, ses mercenaires recueillaient toujours les témoignages de l'avancée du Louhom.
Celui-ci ne se cachait presque pas, prenant plaisir à terroriser les humains qu'ils croisaient. Il tuait allegrement hommes, femmes et enfants. Il semblait s'amuser de la situation. Il était craint et respecté. Les hommes fuyaient lorsqu'ils l'apercevaient. Il avait enfin obtenu sa vengeance. Il ne lui restait plus qu'à tendre un piège à son ennemi de toujours: l'ancien militaire venu pour le tuer alors qu'il n'avait pas quinze ans. Horreus s'était promis de partir sur une autre planète dès que possible, une fois l'ex-colonel mort.

Lionel Bersung hésita longuement avant de prévenir son père. Finalement, il lui proposa de venir avec lui dans son expédition, à condition qu'il vienne seul. N'ayant pas d'autre choix l'ancien militaire accepta, non sans avoir tout fait pour emmener quelques mercenaires avec lui. Mais son fils resta inflexible.

Quelques jours plus tard, le piège était près pour recevoir le Louhom. D'après la route qu'il suivait depuis plus d'une semaine, il devait passer par cet endroit: un passage étroit et dangereux. A la moindre avalanche, tout le couloir serait balayé par la coulée de neige. Autour d'eux le paysage était d'une blancheur éclatante. Aucun signe de vie. Le ciel avait une teinte laiteuse très clair.
_ Nous ne pouvions pas rêver mieux que ce temps, s'extasiait Lionel. D'ici quelques heures, au plus tard demain, la Bête passera ici. C'est obligé. Dans le pire des cas, s'il ralenti beaucoup son allure, nous attendrons un peu plus que prévu. Mais nous sommes équipés pour attendre plusieurs jours. Nous n'avons pas de problème.
Son père ne semblait pas aussi enthousiaste. Il commençait à douter de pouvoir un jour coincer la Bête, en particulier si son fils dirigeait la traque.
_ J'espere pour toi que nous ne venons pas ici pour rien! On crève de froid et toi tu es content. Tu sous-estime ce monstre. Il est bien plus intelligent que tu ne le crois et tu risques de t'en mordre les doigts. Tu ne le connait pas assez pour pouvoir le coincer aussi facilement.
_ Ne t'inquietes pas père. Je me suis servit de tes expériences passées. Toutes tes déconvenues m'ont beaucoup appris. Le Louhom aime jouer. Alors la seule solution c'est d'entrer dans son jeu... Il veut jouer à cache-cache. Mais il risque d'être surpris en découvrant que ce n'est plus lui le Loup. J'ai simplement inverser les rôles. C'est MOI le prédateur.
_ Et comment comptes tu t'y prendre?
_ Pour cela j'ai besoin de toi... C'est la seule faiblesse de mon dispositif... Il te hait. Je vais donc lui offrir la possibilité de te tuer.
_ Qu'est-ce que tu racontes ? Ne joues pas à ça, Lionel. Tu ne feras pas d'une pierre deux coups. Si tu arrives à tuer le Louhom, moi, tu ne m'auras pas !
_ Ha ha, tu ne comprends pas. Tu ne comprends jamais rien... Tu croyais sérieusement que j'allais te livrer à lui ? Mais non. Je veux juste que tu serves d'appât. Tu te montreras devant lui, prêt à l'abattre. En te voyant, il sera envahit par ses sentiments, car il en a malgré tout. Son attention sera fixée sur toi. Il ne me restera plus qu'à viser et à faire mouche. Si je rate mon coup, mes hommes le feront à ma place. Mais il n'y a aucun danger pour toi. Le monstre ce prendra pour le prédateur en te voyant. Mais en réalité, il est la cible. Lorsqu'il comprendra, il sera déjà trop tard ... trop tard pour lui, bien sûr.

A ce moment, l'un des hommes chargé de surveiller les parages arriva, l'air vaguement inquiet.
_ Monsieur Bersung !
_ Oui ?
_ Oui !
...
_ Désolé, mais je crois qu'il s'adresse plus à moi qu'à toi, sourit Lionel.
_ La Bete arrive... bientôt... mais...
_ Mais ?
_ He bien... Il y a comme un petit... probleme, parvint à lâcher l'homme tremblant de froid autant que de peur.
_ Quel genre de probleme ?
_ ... Le monstre arrive derrière nous !
...
Surpris par cette annonce, les deux Bersung en restèrent bouche bée. Comment le monstre avait il pu savoir qu'ils lui tendaient un piège, ici, perdu en pleine nature ?
Le fils fut le plus rapide à reprendre ses esprits.
_ Où exactement ? Et comment a-t-il pû nous jouer ainsi ? Haa j'aime pas ça ! Je veux savoir comment ? Pourquoi ? Quand ? Il doit avoir des complices. Je veux que les témoins soient réinterroger dès que possible. Je veux que ce salaud sache que nous ne sommes pas venu pour nous amuser. Je veux...
_ Tais toi Lionel. Tu ne sais plus ce que tu dis. Peu importe toutes ces questions. Nous aurons toute la vie pour y répondre. En attendant nous devons savoir dans quelles dispositions IL arrive.
_ Il est armé monsieur. Une arme que nous n'avons jamais vu. Dranco est allé voir ça. Il s'y connait mieux que nous. Il appelle dès qu'il a bien observé l'arme.
Fulminant interieurement, Lionel faisait des allers-retours entre les deux autres et un rocher. Les minutes avancaient sans qu'il sorte de son mutisme. Soudain le Talki-Walkie du mercenaire grésilla.
_ Allo ... crr ... Rask ?
_ Ouais, c'est bon je t'écoute.
_ Il a un gros calibre. Une arme qui n'est pas encore sortie des labos expérimentaux. Enfin pas officiellement. Je sais pas comment il a pû se la procurer. Mais ça risque de faire très mal.
_ Quelle arme ? hurla Lionel Bersung.
_ Un double fusil mitrailleur à ions, monsieur.
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MessageSujet: Re: Le Louhom - La légende   Jeu 15 Nov - 16:59

Chapitre XV : L'assaut final




Après un petit silence dont il avait l'habitude de couper ses histoires, le vieux conteur repris son histoire, satisfait par les réactions de son auditoire. Tous écoutaient maintenant avec attention. Même le jeune râleur ne le coupaient plus, sentant venir le dénouement.

_ Quoi? Qu'est-ce que c'est ce délire ? D'où il sort ça, bordel.
_ J'en sais rien monsieur. Mais ce que je sais c'est que quand il va tirer ça va faire mal... Il porte également un chapelet de grenades en bandoulière, un couteau à la ceinture et une arme dans le dos dont je ne vois que la crosse. Je pense que c'est un FAMAS dernier modèle monsieur, mais je n'ai rien pour vous l'assurer. Il est possible qu'il ait aussi un revolver chargé dans sa ceinture.
_ Bon. Très bien. Il va donc falloir tirer un peu plus que prévu. Puisqu'il veut se battre, vous allez lui tirez dessus. Tuez le. N'utilisez pas les balles-somnifères. Tuez le! Je le veux !
_ Pardon ? Tu comptais simplement l'endormir ? Mais tu ne sais même pas à quoi il resiste.
_ C'est pour ça que je ne suis pas le seul à être armé de ces balles spéciales. Et oui je ne voulais pas le tuer. Je suis sûr qu'il ferait un excellent mercenaire. Avec mon aide, il n'aurait plus eut de problème autre que de m'aider de temps en temps. Je l'aurai caché et lui aurait tué pour moi. Mais dommage, mon plan s'ecroule... en partie.
_ Tu es vraiment fou Lionel. Croire que ce monstre puisse t'écouter...
_ Il n'aurait pas eu le choix. Mais qu'importe maintenant. Il va crever.
Une deflagration troubla le calme annonciateur de la tempête. De leur poste d'observation le père et le fils virent des cailloux volaient en éclat. Une lueur jaune aux reflets verts embrasa les rochers en dessous d'eux. Les deux premiers morts n'avaient pas eu le temps de crier.
La replique ne se fit pas attendre. Les mercenaires tirèrent à profusion à destination de la Bête. Une deuxième rafale d'ions tua deux autres hommes. La roche tombant en morceau en tua un troisème et un quatrième fut coincé sous un bloc imposant. Puis le Louhom envoya des grenades. Les explosions se suivaient. Les mercenaires n'arrivaient pas à atteindre leur cible. Pourtant eux aussi envoyaient force grenades. Les armes tiraient sans relache. Un lance-roquettes fut mis en action. Mais le Louhom le détruisit en deux tirs. La montagne raisonnait des tirs échangés.

Les tirs devenaient plus rares. La cause n'était pas le manque de munitions, mais le nombre de morts qui ne cessaient d'augmenter. De leur emplacement les deux Bersung pouvaient compter leurs derniers hommes. Les voir mourir aussi. Il n'était plus que six. Parmi lesquels Dranco, le spécialiste en armement. Rask, celui qui leur avait annoncé la venue du Louhom, était mort, le corps déchiqueté par une grenade.


Horreus économisait ses tirs, car ses munitions se faisaient rares. Mais à chaque fois il touchait sa cible. Il ne lui restait plus que trois recharges d'ions. Malgré son envie de tuer le colonel Bersung avec cette arme nouvelle, il allait devoir s'en passer. Il était plus important de tuer les autres hommes avant...
Il sauta de derriere un rocher pour se réfugier dans un creux, au flan de la montagne. En changeant de position, il remarqua l'un de ses adversaires, protégé derriere quelques gravats. Simulant une sortie, il entendit siffler les balles autour de lui. Se relevant aussitôt, il visa les quelques cailloux protégeant sa cible. En se recouchant dans le trou, il sut qu'il avait encore réussit son tir.
Plus que deux recharges d'ions. Et autant de grenades.


_ Il ne te reste plus que cinq hommes Lionel. Tu as bientôt perdu.
_ Peut être oui... Peut être non... Nous serons fixés au même moment. Les conclusions hâtives ne sont pas forcément une bonne idée, lui répondit son fils dans un sourire énigmatique. Oh, bien sûr, ce monstre a tué beaucoup de mes hommes, mais moi je suis toujours vivant. Et lui a de moins en moins de munitions. Cela se sent. Il fait plus attention avant de tirer.
Une grenade explosa sur leur gauche. Ils virent le sang et la chair jaillirent en même temps de derriere le rocher.
_ Plus que quatre, lâcha l'ancien militaire d'un air cynique.


Horreus progressait maintenant avec d'infinis précautions. Ceux qui restaient étaient les meilleurs. Il n'en avait repéré aucun encore. Pourtant, à chaque sortie, les balles sifflaient autour de lui. Les détonations se faisaient plus proches.
Un moment, il se mit à penser que ce combat était perdu d'avance. Il n'avait pas réussit à les surprendre. Cela lui avait été fatal. Avant de pouvoir faire un peu de "ménage" parmi ses adversaires, ils l'attendaient déjà. Il avait été obligé de gaspiller des munitions, des réserves d'ions. Le combat n'avait commencé que depuis vingt minutes, mais il avait l'impression que cela faisait une éternité qu'il était là, attendant sa mort sans vouloir l'admettre. Un bruit le reveilla. Par reflexe, il se jetta sur le coté. L'explosion de la grenade le blessa. Il sentit une violente douleur aux côtes et la colère monter en lui.
Soudain, mût par une impulsion soudaine, il se leva, courut vers le haut en hurlant à mort.


_ Mais qu'est-ce qui lui prend ? Il est fou ?
_ Non père. Il est génial. Regardez bien mes hommes. Ils sont aussi surpris que vous.

Sous eux, Horreus venait de passer à coté d'un mercenaire abasourdi. Il lui décocha un violent coup de crosse. L'homme s'effondra, le crâne eclaté. Voyant un mouvement sur sa gauche, Horreus tira son avant-dernière recharge d'ions dans un reflexe qui lui sauva la vie. Le corps se désintegra, ne laissant qu'un trace sanglante sur les rochers voisins et sur la neige blanche.
Lionel Bersung jubilait. Le monstre était si fort, si puissant... Son instinct de chasseur était tel qu'il avait réussit à surprendre ses adversaires par une manoeuvre qui pouvait semblait désespérée.
_ Il faut vraiment que je puisse le recruter. Il le faut ! Il le FAUT !
_ Tu ne sais pas ce que tu dis. Viens. Suis moi. Il faut fuir d'ici tant qu'il est encore temps.
Prenant son fils par le bras, il l'entraina avec lui. Ils partirent en direction d'un glacier jouxtant le passage étroit où ils se trouvaient pour observer le combat.


Dranco vit avec stupeur la Bête se lancer à l'assault de leurs positions. Ses compagnons ne purent rien pour l'empecher de grimper. Il n'y avait plus que lui pour sauver les Bersung. Se dressant, il vit qu'il n'était pas seul. Juste devant lui, Carlo se leva un fusil dans une main, un revolver dans l'autre. Faisant feu de ses deux armes, Carlo n'eut pas le temps de voir le résultat de son tir. La dernière reserve d'ions fut pour lui.
Dranco fut soufflé par le désintegrement de son camarade. Couvert de sang et de chair, il ressentit une atroce douleur à l'épaule gauche. Le tir l'avait aussi atteint.


Voyant se dresser Dranco un peu plus haut, Horreus avait ajusté son tir. A ce moment là, un deuxième homme s'était levé sous ses yeux. Il avait juste eut le temps de tirer avant de comprendre. Son tir avait fait mouche. Doublement puisque les deux mercenaires s'étaient affaissé.
Sautant plus haut, Horreus ne s'aperçut pas que l'un des deux n'étaient pas mort.


Dranco était consterné. Il tenait son bras gauche dans sa main droite. Il se vidait de son sang...


Horreus attint enfin la plate-forme sur laquelle s'étaient tenus ses deux adversaires les plus féroces. Les traces laissaient dans la neige indiquaient très clairement leur route. Souriant, il se lança à la poursuite des deux hommes.


Jetant son bras loin de lui, Dranco se releva. De sa seule main, il saisit son arme et monta à la poursuite du monstre. Tantôt rampant, tantôt trébuchant, Dranco avancait vers le sommet.


_ Lâches moi, bordel. Je ne suis plus un gamin. Je sais ce que j'ai à faire, s'emporta Lionel. Rouge de fureur, il repoussa son père.
Ils étaient arrivés au bord du glacier. Son père l'avait entrainé à sa suite sur une corniche longeant l'étendue d'eau gelée. Ils pouvaient tout juste s'y tenir à deux de front.
_ Très bien. Fais comme tu veux. Mais moi je continues. Je ne tiens pas à mourir ici, abattu par une erreur de la nature.
Tentant de continuer sa route, l'ex-colonel fut repoussé par son fils. Ce dernier avait les yeux rouges. Il semblait sous l'effet d'une drogue. Ricanant, il menaçait son père:
_ Non tu ne vas pas t'enfuir! Tu es courageux. Et tu vas affronter ton pire cauchemar. On va faire selon mon idée. On va respecter mon plan. C'est clair ? Si tu veux forcer le passage, je te descends comme un vulgaire animal.
_ Si tu me tire dessus avec ça, tu n'auras plus de quoi abattre le Louhom. Reflechis un peu Lionel. Si tu veux l'avoir, il faut lui tendre un dernier piège...
Encore une fois, ils furent interrompus par une salve.


Horreus avait ralenti le rythme. Il savourait son instant de gloire. Un peu dépité de ne pouvoir partager sa satisfaction, il repensa à Charybde. Le seul être humain à l'avoir jamais aimé... Mais elle était morte en le trahissant, en le dénonçant. Elle avait payé pour sa forfaiture.


Dranco atteignit la plate forme en se demandant comment il pourrait abattre le monstre. Celui-ci devait déjà être loin. Lorsqu'il l'aperçut, à travers le brouillard qui gênait sa vue, il exulta...
Se dressant sur ses deux jambes tremblantes, il prit soin de bien viser. Puis il appuya sur la gachette, lâchant une rafale en direction du Louhom. Une fois cet effort accompli, il tomba à genoux, épuisé.

Horreus fut soudain frappé par les balles. La douleur se répandit dans tout son corps. Le bruit de la rafale explosa dans sa tête, raisonnant sans fin. Il se sentit glisser vers le sol... Son arme lui glissa des mains, échappant à sa poigne... Il sentit le contact froid de la neige ... Ses membres se raidirent ...


Dernière édition par le Sam 1 Déc - 20:31, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Le Louhom - La légende   Jeu 15 Nov - 17:11

Chapitre XVI : La Chute




L'écho se répercutait encore entre les sommets couverts de neige...
_ Ce devait être pour le dernier de tes hommes. Maintenant il ne reste plus que lui et nous. Dans cinq minutes il sera là. Reflechis Lionel. Il est encore temps de se sauver.
Son fils le regarda, puis baissa les yeux sur son arme...
_ Tu as peut être raison... Puis il releva la tête et dans le regard qu'il lança à son père, celui-ci y vit sa propre mort. Mais je ne te fais pas confiance, père. Tu es capable de me tuer pour t'en sortir...

Dranco sentit le contact bienfaisant de la neige. Sa blessure le faisait horriblement souffrir. Il savait qu'il n'en avait plus que pour quelques minutes. Mais il était fier d'avoir abattu le monstre maudit... Son esprit commençait à planer. Il voyait la neige changer de couleur. Elle était passée au rouge. Et maintenant une ombre s'allongeait devant lui... Levant les yeux, il cru délirer. La mort était vraiment proche !

Horreus grogna, la tête dans la neige. Le dernier homme l'avait sérieusement touché. Mais il pouvait encore se relever. La majorité des balles étaient passées à coté. Seules deux ou trois l'avaient atteint dans le dos. Prenant appuis sur ses deux bras, il se redressa. Derrière lui l'homme s'était ecroulé.
Horreus s'avança devant lui, petit à petit. La neige était maculée de sang. Lorsqu'il fut à un metre, il arma son arme. Le moribond leva les yeux vers lui. Son regard refletait l'incompréhension.
Horreus tira la rafale à bout portant... Le sang l'eclaboussa des pieds à la tête...


_ Ecoutes Lionel. Une autre rafale. Le Louhom n'est pas encore mort.
_ Raison de plus pour que nous fassion demi-tour. Allez, retourne toi. Ne m'oblige pas à me servir de mon arme.
_ Et pourquoi pas ?! Si tu me tire dessus, je ne te servirai à rien contre le monstre et tu auras perdu une balle, répondit le père.
Mais ces arguments ne firent rien à son fils qui, d'un coup dans les côtes, le força à se retourner. Au bout de quelques metres, qui lui semblerent une éternité, l'ancien colonel se retourna et se jetta sur son fils. Se battant pour récuperer l'arme, il lui fallait en même temps éviter la chute...

Le rire soudain de Simius les arreta dans leur folie meurtière:
_ Quel plaisir ! Quelle jouissance de voir mes deux plus fidèles adversaires se battre. J'aurai aimé vous regarder jusqu'à ce que l'un des deux tombe. J'aurai aussi pu vous tuer tous les deux d'une seule rafale, mais ce ne serai pas amusant, n'est ce pas ? Je prefere que vous sachiez d'où viens la mort... Finissant sa phrase dans une grimace, Horreus s'appuya à la roche. Son visage canin exprimait toute sa douleur.

Profitant de ce répit, Lionel se releva tirant son père avec lui. Puis, avant que celui-ci ne comprenne, il le jeta en direction du Louhom. Récupérant son fusil, il tira sa première balle-somnifère en direction du Louhom, puis se recula aussitôt pour être à l'abri derrière son père.
Horreus tira droit devant lui, en élargissant son angle afin d'être sûr d'abattre ses ennemis. L'ancien militaire s'écroula, grièvement touché.
Lionel tira une deuxième fois, puis plongea au sol. Les balles lui passèrent au-dessus... Horreus sentait ses muscles se refroidir. Il perdait le contrôle de son corps. Le venin des balles faisait son effet.
Dans un dernier effort de volonté, le Louhom avança le bras, lachant la grenade qu'il cachait dans sa main. Puis il sentit ses jambes fléchir, son pied glisser. Ses yeux encore ouverts purent admirer l'explosion qui déchiqueta les corps des deux Bersung. Puis il vit la paroi défiler sur le coté... Sa vue s'obscurcit...
Soudain ce fut le noir...
...
...

Le vieil homme se tût, laissant durer le silence. Dévisageant les regards tournés vers lui, il se demanda lequel allait rompre le silence en premier.
Un jeune homme qui n'avait pas encore parlé prit subitement la parole...:
-Et ensuite ?... dit-il tout simplement.
Et il se tut aussi subitement qu'il avait pris la parole.
Le vieil homme fut surpris par cette interjection. Laissant planer encore un peu le silence, il sourit. Ainsi tous n'avaient pas réalisé que l'histoire se finissait là. Beaucoup semblait vouloir continuer le rêve. Mais il ne fallait pas les faire trop languir.
Neglan se décida. Se levant de sa place, il se rapprocha de l'âtre pour s'y réchauffer les mains. Puis il se retourna:
_ Et... l'histoire du Louhom se finit ainsi. Depuis ce moment-là plus personne n'a croisé sa route. Donc nous pouvons penser qu'il est mort dans sa chute.
Cependant certains osent affirmer que l'alliance du produit paralysant et de la glace fait que lorsqu'on le retrouvera il sera toujours vivant, prêt à continuer ses méfaits. Imaginez qu'il soit encore vivant, mais prisonnier de la glace... Qui serait assez fou pour aller le rechercher ?
Le conteur crut un instant que le jeune râleur allait se lever pour lui répondre, mais finalement il n'en fit rien. Reflechissait il encore à l'histoire ? Ou bien avait il trop bu pour se quereller encore ? Neglan se posait sérieusement la question.
...
Le silence planait maintenant dans la salle, la chute avait laissé nombre de spectateurs sur leur fin et sur leurs visages on pouvait lire de la deception, certains se pretaient a imaginer la suite des evenements, d'autres indifferents lancaient des regards a droite, a gauche pour essayer de comprendre un tel engouement pour une simple histoire.

Le jeune Toren, 10 ans, avait les yeux qui petillaient de bohneur, il avait absorbé chaque parole du vieux conteur et se les repassaient en boucle dans son esprit comme pour en imprégner un peu plus ses sens.
La chute ne l'avait pas deçu et pour une fois il avait reussi a se maintenir eveillé jusqu'au bout du recit.
Quand son regard croisa celui du vieux conteur, il sourit de toute ses dents et fis un signe du pouce pour lui indiquer que l'histoire lui avait plu.
Neglan sourit a son tour.
Toren etait sur qu'un jour il serait a sa place....
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