Les histoires de Charlie

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 Brouillon

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Charlie
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MessageSujet: Re: Brouillon   Lun 8 Jan - 17:32

Toryon était assis à un table massive depuis plusieurs heures. Des papiers s'étalaient devant lui. Des armoires métalliques faisaient le tour de la piece, couvrant les murs jusqu'au plafond. Des dossiers en tout genre allant du plan des égouts de la ville au dossiers volés au palais en passant par les listes d'agents de la Rébellion. Mais ce qu'il observait maintenant concernait les rapports interplanétaires. Le Bazileus venait de rejoindre la Grande Révolution dans sa lutte contre le Consortium et le pouvoir plénipotentiaire des 50 Conseillers. De nombreuses venues diplomatiques étaient prévues pour le mois prochain.
Afin d'éviter tout probleme d'attentat ou d'agitation quelconque, les services secrets et les Protecteurs s'appretaient à réaliser un grand coup en capturant plusieurs meneurs de la Rébellion. La chasse avait déjà commencé. Certains avaient été obligés de fuir, d'autres se cachaient. L'agitation dans les rangs des Rebelles avait poussé Toryon a un poste important sans qu'il ne le demande. Son charisme, son intelligence et ses connaissances le prédisposaient à occuper un poste important. Mais nul ne pensait que cela surviendrait si promptement.
A ses cotés se trouvaient deux hommes d'un certains âges. Deux hommes recherchés qui preferaient rester pour ne pas disloquer tout le réseau mis en place. Un minimum de résistance était encore exploitable d'après leurs sources.
Les trois miliciens qui avaient escortés Satyia se trouvaient également présents. L'un d'eux était assis face Toryon, tandis que les deux autres jouaient aux dominos sur une table de petite taille dans un coin de la salle.
_ Bien messieurs, je crois que nous avons suffisament étudié la situation sous toutes ses coutures. Nous devrions peut être passé à l'interrogatoire de la traitresse. La connaissant elle doit être terrorisée, ce n'est pas la peine d'attendre plus longtemps, proposa Toryon.
Le plus agés des deux meneurs se leva et fit quelques pas pour se dégourdir les jambes. Son regard était serein et contrastait avec les mines renfrognées de ses compagnons. Il parla d'une voix douce:
_ Effectivement, la pauvre doit avoir peur. Je crois que la plaisanterie à assez durée.
_ Pour ma part je pense qu'une journée ou deux de plus dans ce trou ne lui fairait pas de mal, répliqua l'autre homme. Son visage sévere, anguleux trahissait son mépris pour Satyia. Un regard vide de toutes expressions surplombait son nez cassé. Une barbe fournie lui rongeait le visage. Lorsqu'il parlait sa machoire se contractait fortement, faisant ressortir une veine sur sa tempe. Rien chez lui ne semblait agréable. Partisan farouche des attentats violents, il croyait dur comme fer que seul un coup d'Etat amenant la mort du Bazileus permettrait de se débarasser du tyran. Cette femme a besoin de connaitre les tourments qu'elle inflige à nos agents capturés. Elle doit les endurer. La plaindre alors qu'elle torture nos amis avec le sourire. Nous sommes trop bons de lui offrir une chambre avec tout le confort. Nous ne devrions pas la nourrir pendant trois jours. Après, croyez moi, elle sera beaucoup plus coopérative! Mettez lui un repas chaud sous les yeux et elle vendra sa mère pour pouvoir enfin manger...


Pendant que Satyia se promenait en ville, puis entrait dans la rue de l'Enfer, Swensson était rentré chez lui, étourdi par l'interrogatoire télephonique. Il avait refusé de parler à Krolm et Rhys, fermé son bureau et annoncé à sa secrétaire qu'il partait sans savoir quand il reviendrait. Il laissa tout ce petit monde décontenancé.
Krolm repartit vers son laboratoire, inquiet de ne pas savoir ce qui s'était produit. Pendant les deux heures et demi qu'avait duré l'interrogatoire, il avait attendu avec Rhys dans la salle attenante au bureau de Swensson. Le distributeur de boisson avait été utilisé de plus en plus souvent.. Quelques eclats de voix s'étaient fait entendre, mais ils ne purent distinguer ce que disait le savant. Lorsqu'enfin il était sorti, Swensson avait une mine décomposée. Ignorant les questions de Rhys, il s'était adressé à Mèvie, la secrétaire.
Furieux d'avoir été ainsi oublié, Rhys avait décidé de faire du charme à la secrétaire pour en savoir un peu plus. Après avoir apprit son prénom, son âge, ses origines, ses ambitions et ses plaisirs, Rhys décida de lui parler directement.
_ Et concernant la conversation de Swensson, tu n'as rien à me dire? demanda t il en s'approchant d'elle.
_ Je suis vraiment désolée Rhys, mais... je ne peux pas t'en parler. Ce serait...
_ ... me faire plaisir! acheva t il avec un clin d'oeil. Prenant sa main dans les siennes, il insista. Tu n'avais pas le droit de me laisser entrer non plus, et pourtant je suis passé...
_ Tu m'as pris par suprise et...
_ Ca ne t'a pas plu?
_ Ho si! Mais... ce n'est pas... vraiment pareil, hésita t elle en voyant une petite flamme danser dans les yeux de son interlocuteur.
_ Et si je te promets mieux que tout à l'heure? ... Je suis sûr que ce n'est pas si important. Ce n'est quand même pas un secret d'état cet appel?
_ Non mais le commandant Tchomir... est quelqu'un de redoutable. Et il appelait ici pour une raison bien précise...
_ Ce sera torride... lui susurra Rhys en collant ses levres à son oreille.
Prenant sa respiration, Mèvie lacha l'information en regardant vers la porte, s'assurant qu'il étaient bien seuls.
_ Il voulait des informations sur Satyia Pferton, l'ancienne colaboratrice du docteur Swensson. Celui-ci l'avait recueillie il y a quelques années et élevée comme sa propre fille. Mais elle est partie depuis plusieurs mois maintenant et je crois qu'elle travaillais pour les renseignements du Bazileus. Le commandant Tchomir voulait surement mieux la connaitre pour diverses raisons... voila, c'est tout ce que je peux te dire.
Rhys s'était rembruni en écoutant ces nouvelles. Il n'avait pas oublié Satyia et savoir qu'un être comme Tchomir s'interesse ainsi à elle ne présageait rien de bon.
_ J'espere que c'est ce que tu voulais savoir, insista la secrétaire avec un minois inquisiteur.
Reprenant le contrôle de lui même, Rhys la remercia avec un grand sourire et lui annonça qu'il tenait toujours parole.
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Charlie
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MessageSujet: Re: Brouillon   Lun 8 Jan - 17:33

Satyia avait perdu toute notion du temps lorsque la porte s'ouvrit derrière elle dans un grincement bruyant. La lumière entra brusquement dans la cellule. L'encadrement de la porte projetait un rectangle jaune sur le mur couvert de noirceur. Une ombre se découpa sur le mur, face à elle. Une voix résonna:
_ Suivez moi! Nous avons quelques questions à vous poser.
Satyia ne comprit pas tout de suite que les mots lui étaient destinés. Lorsque qu'elle commença à reflechir à ce qu'elle venait d'entendre, la voix se fit plus pressante et plus proche:
_ Je vous ai demandé de me suivre! Levez vous maintenant!
Quelques instants sécoulèrent encore. Satyia ne savait plus si elle devait obéir ou non, ni pourquoi. Ses jambes étaient elles encore capables de la porter? Et pourquoi voulaient ils l'interroger? Pourquoi lui faisaient ils du mal? Pourquoi elle? ... Ses levres remuèrent, mais aucun son n'en sortit, au contraire de celle de son gardien.
_ Pour la dernière fois je vous demande de me suivre. Ne m'obligez pas à utiliser la manière forte, je ne suis pas sûr que vous apprécieriez!
Instinctivement, Satyia se dressa sur ses jambes. Mais, alors qu'elle se retournait, elle sentit ses muscles faiblirent. Son cerveau se paralysa, plus rien ne lui obéissait. Sa vue se brouilla, emportant dans son inconscient une vision de jaune et de gris. La chaise sur laquelle elle se trouvait jusqu'à maintenant craqua sous sa chute. Sa tête heurta le coin de la table, puis le sol.
Un cri... Un bruit sourd... puis l'obscurité.

Satyia se sentit planer quelques instants. Puis soudain un grand flash lumineux et des cris. La salle était beaucoup plus grande qu'elle ne l'imaginais. Partout des lumières apportées par des êtres enveloppés dans des draps flottants. Au dessus de sa tête, des monstres se penchaient vers elle. La peur s'insinua en elle et brusquement elle s'agita, donna des coups de pieds, griffa les chairs qui étaient à sa portée, mordant les mains qui tentaient de la maintenir couchée...
_ Aïe ... Satyia... Satyia, calmes toi!
La voix lui disait quelque chose, mais ces monstres savaient s'y prendre pour la tromper. Elle ne voyait personne de connu autour d'elle, pourtant elle connaissait cette voix.
_ Bon ça suffit comme ça. Il faut la piquer ou l'assomer mais on ne va pas se laisser faire plus longtemps, menaça une voix inconnue.
Mais la voix connue prit aussitôt sa défense:
_ Pas question... Ecartez vous Blisson. Je vous interdit de vous approcher d'elle. Ce n'est pas un prisonnier ordinaire destiné à assouvir votre soif de souffrance.
_ Je n'ai pas d'ordre à recevoir de toi, Toryon. Tu n'étais pas né que je dirigeais déjà des interrogatoires.
_ Peut être mais ce temps là est révolu. Maintenant c'est moi qui commande et si vous refusez de vous soumettre, je vous fais sortir de cette piece...
Enfin Satyia comprit à qui appartenait cette voix:
_ Toryon... hhha...
Aussitôt un visage qui n'avait plus rien de bestial se pencha sur elle.
_ Oui, Satyia. Je suis là.
Puis elle sentit une main solide prendre la sienne. Elle le vit parler encore un peu, mais ses oreilles ne fonctionnaient plus. Le brouillard s'épaissit encore une fois et elle perdit de vue le jeune homme...
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MessageSujet: Re: Brouillon   Lun 8 Jan - 17:35

De la querelle qui suivit, Satyia n'en entendit jamais parler. Pourtant les repercussions furent importantes pour les opposants au Bazileus. Ce fut la première scission et Satyia en était la cause.
Toryion avait voulu transporter Satyia dans un endroit plus convenable, mais l'homme répondant au nom de Blisson se mit en travers de la porte arguant que Satyia n'était qu'un prisonnière et qu'elle devait rester dans une cellule. Toryion répondit qu'il était seul à décider maintenant que les anciens avaient fuis devant la chasse à l'homme lancée par les Protecteurs. Blisson répliqua que s'il combattait un tyran, ce n'était pas pour obéir à un despote.
Le ton monta rapidement et quand Blisson fit allusion à l'amour que Toryion vouait à "cette pauvre fille, esclave du Bazileus", le jeune homme se chargea de le faire taire d'un crochet au menton.
Il s'ensuivit une mêlée entre les deux combattants et les trois miliciens essayant de les séparés. L'intervention du plus agé ramena un semblant de calme. Il prit l'initiative de diriger Satyia vers une salle mieux amenagée, mais qui n'en restait pas moins une cellule. Il ordonna aux miliciens de surveiller Satyia et de la soigner, sans que Toryion ni Blisson n'y trouve à redire. Puis il les entraina dans une autre salle où il s'emporta enfin devant la bêtise des deux hommes.
Mais si Toryion finit par s'excuser au bout d'une heure et demi de tractation, Blisson refusa. Il finit par partir en claquant la porte et remonta le couloir sombre qui menait à la lumière du jour. Furieux de n'avoir plus de pouvoir, meurtri par les coups de Toryion et rageant de n'avoir pu questionner Satyia, il disparut dans l'obscurité de la rue de l'Enfer...
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MessageSujet: Re: Brouillon   Lun 8 Jan - 17:35

Swensson venait juste de rentrer. Une visite importante pour obtenir la permission de continuer ses recherches. Ses relations en haut lieu lui permettait de tenir malgré sa mauvaise réputation. Tchomir surtout cherchait à gêner Swensson. Mais le calme était de retour pour quelques temps. Les négociations avec la Grande Révolution et la venue prochaine des ambassadeurs de la Grande Cause occuperaient Tchomir. C'est en pensant à tout cela que Swensson entra dans son bureau.
_ Bonjour doc', le salua Rhys confortablement installé dans le fauteuil, les pieds sur le bureau et un cigare aux levres.
_ Qu'est-ce que... Vous... C'est... s'etrangla le propriétaire des lieux. Le regard narquois de Rhys le fit bouillir encore plus. Swensson réussit cependant à parler d'une voix posée, mais grave et pleine de menaces: Sortez immédiatement de mon bureau!
Ignorant le ton orageux, Rhys se leva en souriant, un journal à la main.
_ Réjouissez vous donc. Votre tyran vient de se rallier à la Grande Cause. Ma mémoire, bien qu'encore incomplete, est tout de même capable de faire certains rapprochements. Et je crois que je vais pouvoir nous être utile... Il y a une opportunité énorme à saisir...
Le regard toujours haineux, Swensson s'approcha de Rhys et lui arracha violemment le cigare des levres.
_ Vous n'avez rien à foutre dans ce bureau. Sortez tout de suite. Et laissez ce journal ici. Vous n'avez pas besoin de savoir ce qui se passe sur cette planète.
Un instant surpris par la réaction du savant, Rhys comprit qu'une nouvelle altercation allait suivre. Il ne comptait pas se faire traiter comme un robot ou comme un cobaye; et Swensson semblait très enervé. Craignait il que Rhys decouvre ses secrets? Rhys ne réagit pas et fixant Swensson attendit impassiblement la suite... qui ne se fit pas attendre. Swensson se rapprocha encore et lorsque son visage fut à quelques centimetres de celui de Rhys, répeta, les dents serrées:
_ Vous n'avez rien à foutre ici, c'est compris? Sortez.
Rhys ne réagissant toujours pas, il l'empoigna et le bouscula. Mais à peine avait il commencé son geste qu'il se sentit emporté par une poigne de fer et jeté contre le mur. Rhys le redressa en le prenant par la gorge et le souleva jusqu'à ce que ses pieds ne touchent plus le sol. Il parla d'une voix neutre, avec tout de même un leger tremblement de colère froide.
_ Maintenant doc, nous allons passer un accord. Tu vas me laisser vivre comme je le veux. Si tu veux me garder dans ta prison, il va falloir que tu ouvres les grilles. Je veux me promener librement dans ton palace et en dehors... ce qui signifie que tu vas rapidement trouver un moyen de cacher ce bras métalique. Krolm m'a dit que tu bossais sur un tissu organique très sensible et proche de la peau. Je suis sûr que tu vas rapidement trouver comment en couvrir mon bras. En echange de ces petits services, je m'arrangerai pour que tu quittes cette planète sain et sauf. D'accord?
_ D'acc... orgll.
_ Parfait. Alors je vais te laisser travailler. Je crois qu'il est temps que tu améliores ta dernière découverte.
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MessageSujet: Re: Brouillon   Lun 8 Jan - 17:36

Dès que Rhys fut sorti, Swensson inspecta tous ses tiroirs, casiers et armoires de rangements. Les papiers étaient plus ou moins classés et un autre que Swnesson aurait eut du mal à s'y retrouver, mais le savant vérifia chaque endroit. Après avoir tout regardé il appela sa secrétaire, Mèvie. Il essaya de savoir depuis quand Rhys se trouvait dans son bureau, mais elle fut incapable de lui répondre; elle ne l'avait pas vu entrer. Furieux il lui ordonna de ne plus jamais le laisser entrer. Il ne vit pas sa secrétaire hésiter à lui parler.
Lorsqu'elle fut sortit, il appela la ligne privée de son interlocuteur haut placé. Après plusieurs tentatives il réussit à prendre contact:
_ Re-bonjour, c'est Onrik. Je vous appelle car j'ai un petit probleme.
Une voix sans timbre, déformée, lui parvint:
_ De quoi s'agit il?
_ En rentrant à ma clinique, j'ai trouvé le cyborg dans mon bureau. Il est au courant des evenements de la semaine prochaine et semble s'en réjouir. Il dit que cela pourrait nous aider.
_ Comment?
_ Il ne me l'a pas dit. Mais je crains qu'il ait fouillé dans mes affaires et qu'il ait mis à jours certains secrets.
_ Pourquoi? Et que faisait il dans vos affaires?
_ Je n'en sais rien. Votre machine à ecrire n'a pas été capable de me renseigner. Elle me parait bien incompétente...
_ Elle me fait régulièrement des rapports et elle n'est pas incompétente. Elle joue juste comme il faut. Elle est parfaite... dans tous les domaines.
_ En attendant elle n'est pas capable surveiller le cyborg!
_ Peut être a t elle pensé que vous n'aviez pas besoin de le savoir. Je lui en parlerai.
_ Pourquoi ne pas lui dire que nous sommes dans le même camp? Ce serait plus simple.
_ Nous avons déjà discuté de ce sujet, je n'y reviendrai pas. Mais dites moi, pourquoi pensez vous qu'il a découvert un quelconque secret?
_ J'ai l'impression que certains tiroirs n'taient pas rangés comme d'habitude. Mais il ne manque rien et les papiers sont tous dans le bon ordre...
_ De quoi s'agit il exactement?
_ De ... de Galyr Danaw.
_ ... je vois ...
_ Peut être n'a t il pas fait les rapprochements nécessaires, mais s'il decouvre sa véritable identité...
_ Pourquoi conserver tous ces dossiers aussi?
_ Vous savez bien que c'est nécessaire. Galyr peut réaparaitre un jour.
_ J'espere bien que non. Ce serait une très mauvaise idée.
_ Pourtant il le faudra peut être...
_ Au fait, comment est il entré dans votre bureau? Vous ne fermez pas derrière vous?
_ Pour qui me prenez vous? De plus je ne comprend pas comment il a pu se procurer une clé magnétique et le code. Je pense qu'il est bien plus malin qu'il ne le montre. C'est comme pour sa mémoire... il dit ne pas se rappeler grand chose, pourtant je suis persuadé de l'inverse.
_ Il est encore trop méfiant. Vous n'avez pas été capable de l'amadouer suffisament. Et le départ de l'orpheline n'a pas arrangé les choses... Enfin, tout cela est du passé et nous devons faire avec.
_ Ce n'est pas toujours évident...
_ Je m'en doute... Tiens à propos de l'orpheline, elle a disparu depuis déjà deux semaines environ. Elle avait des congés et n'en est pas revenu. Elle n'est pas passée chez elle depuis une quinzaine de jours. Les pistes sérieuses ne sont pas nombreuses et ... il se pourrait qu'elle soit encore revenue au même endroit. C'est vraiment dommage que vous l'ayiez laisser partir... Bon, arrangez vous pour savoir ce que faisais le cyborg dans vos papiers et recontactez moi dès que vous en savez plus. Au revoir.
Swensson n'eut pas le temps de répondre que le contact était coupé. Encore sous le choc de ce qu'il venait d'entendre, il se laissa aller à rêver à celle qu'il aimait mais qui le detestait. Il du faire un effort pour se pencher sur ce qu'il avait devant lui. Le travail l'attendait. Il devait faire en sorte de combler tout le monde rapidement, sinon les ennuis arriveraient vite.
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MessageSujet: Re: Brouillon   Lun 8 Jan - 17:36

Satyia se reveilla brusquement. Elle mit quelques instants à comprendre que son cauchemar était finit. Malgré l'obscurité elle regarda la piece où elle se trouvait. Bien qu'elle soit toujours enfermée depuis maintenant trois semaines, sa cellule actuelle était beaucoup plus agréable que la première. Propre et meublée d'une lit, d'une table et d'une chaise en bon état, mais aussi d'une armoire toute simple et d'un porte-manteau, la pièce ne ressemblait pas vraiment à une prison. La porte elle même ne comportait pas de barreau et il n'y avait pas de fenêtre.
Toryon l'avait fait transporter ici lorsqu'elle était inconsciente. Depuis il venait la voir tous les jours. Parfois un homme d'âge mûr l'accompagnait. Il avait dit s'appelait Mauss Tdarn. Ils lui posaient des questions, chacun leur tour. Des questions auxquelles elles ne pouvaient répondre sans risquer sa vie. Ils voulaient savoir ce qu'elle faisait pour le Bazileus, avec qui, comment... Plusieurs fois, elle pensa leur répondre, mais la crainte la faisit toujours changer d'avis. Elle avait vu Cario Delaig à l'oeuvre; elle ne pouvait en parler sans se voir elle même torturée par son supérieur.
Heureusement, Toryon n'insistait pas trop lorsqu'ils étaient seuls. Il faisait tout pour la distraire et lui rendre la vie plus agréable. Il lui parlait comme à une amie, comme si sa "trahison" n'avait jamais existé. Peu à peu, Satyia se sentait proche de lui. Toryon était un ami sur lequel elle pouvait compter. Il ne la laisserait jamais avoir des ennuis s'il pouvait l'éviter. Mais pourrait il éviter la fureur de Delaig? Pourrait il la protéger des Protecteurs?
Ces derniers jours, de nombreuses arrestations avaient eut lieu. Des émeutes importantes avaient eclaté dans toute la capitale, Everquyist. Toryon lui avait raconté coment ces manifestations étaient contenues, puis dispersée violemment, laissant de nombreux corps sans vie là où les foules étaient amassées quelques instants plus tôt. Un début d'insurection frappait également d'autres megalopoles, comme Trainist, Branerquyist, Outhouyist et Salwist. Seules les villes minières du Nord restaient calmes et entièrement fidèles au tyran. Les populations nordiques étaient trop fatiguées pour penser à se révolter, voire pour penser tout court, d'après Toryon. Les émissaires de la Grande Révolution, bien que sous un autre pretexte, avaient repoussé leur venue de deux semaines, afin de ne pas arriver au milieu d'émeutes d'opposants au régime.
Elle se remémora également la tentative de Toryon pour l'embrasser. Il n'avait pas compris qu'elle le repousse. Pourtant il s'était dit prêt à attendre. Satyia n'avait pas insité, ne lui avait pas parlé de Rhys. Il n'aurait surement pas compris... L'Amour n'est pas toujours compréhensible.
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MessageSujet: Re: Brouillon   Lun 8 Jan - 17:37

Satyia commençait à se rendormir lorsqu'elle entendit du bruit. Un peu de lumière filtrait sous la porte. Le verrou tourna et la porte grinça sur ses gonds. Le visiteur apparut dans l'encadrement de la porte. Il était vêtu d'amples vêtements sombres. Il portait également des armes, certaines dissimulées sous ses habits. Il l'appela:
_ Satyia! C'est moi Toryon. Il faut te reveiller vite. Nous évacuons le quartier. Habilles toi avec ça, dit il en lui apportant des vêtements. Ce sera parfait pour fuir. Tu peux y cacher une arme dans les plis sans que cela ne t'empeche de courir si besoin est. Je te laisse deux minutes.
Il ressortit tout aussi rapidement. Dans le couloir l'agitation regnait. Un gamin vient voir Toryon pour lui dire qu'Emiane s'occupait des dossiers secrets. Beaucoup allaient être detruits. Des mois de traavil carbonisés en quelques instants... Toryon se sentait vaguement inquiet, mais l'excitation du moment lui permettait de refouler au plus profond de lui même cette crainte de ne pas être à la hauteur. Organiser discretement la fuite d'un millier de personne par les sous-sols de la ville n'était pas une tâche aisé, mais de nombreux plans avaient déjà été prévus. La population connaissait les risques de soutenir la rebellion. Tous connaissaient également la barbarie légendaire des Protecteurs...
_ Je suis prête! Mais peut être pourriez vous me dire ce qui se passe?
_ Bien sûr. Il se passe que nous avons été prévenu d'une attaque prochaine sur le quartier. Cela fait longtemps que le Bazileus voulait nous expulser. Mais jusqu'à présent il n'osait par crainte de voir le peuple se révolter... Venez nous allons rejoindre les autres.
Ils firent quelques pas. Aussitôt Satyia demanda plus de renseignement. Pourquoile le Bazileus attaquait il maintenant?
Elle apprit alors qu'une série de bombes avait explosé dans des lieux publics à des heures de pointes. Des rebelles auraient revendiqué les attentats. Actuellement il était impossible de savoir si le Bazileus avait lui même orchestré ces massacres pour controler l'opinion publique ou si des rebelles étaient effectivement derrière tout ça. La seule chose dont Toryon était sûr, c'est que jamais il n'avait eut connaissance d'une telle volonté de tuer. Parce que cela n'avait pas de sens, ni d'interêt, bien au contraire...

Ils arriverent dans une grand salle. Une foule compacte en occupait tout l'espace. A l'opposé se trouvait une dizaine d'ouverture: les sorties de secours. Sur une estrade un homme parlait fort, donnant les derniers conseils pour la fuite. A chaques sorties des miliciens verifiaient les identités des fuyards. Les hommes recevaient tous une armes. Des groupes étaient formés pour faire route ensemble.
Satyia se sentait oppressé. Les murs renvoyaient dans toutes les directions les murmures craintifs. Les visages fermés exprimaient la peur. Les enfants s'aggripaient aux jambes de leurs parents. Les adolescents suivaients en silence, les larmes aux yeux... Toute la vie s'ecoulait par ces couloirs sombres. Les couloirs du désespoir.
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MessageSujet: Re: Brouillon   Lun 8 Jan - 17:38

Toryon la dirigea vers un groupe de fuyards composé essentiellement de femmes et d'enfants escortés par des rebelles armées jusqu'aux dents. Il se retourna vers elle et la regardant dans les yeux lui expliqua qu'elle partait:
_ Nous allons nous quitter ici. Je veux que vous partiez avec ce groupe. Ethyr et son groupe vous emmeneront dans les montagnes. Nous resterons en contact autant que possible et là-bas vous serez en sécurité.
Satyia hésita un instant. La perspective de quitter la ville semblait alléchante, mais en elle même elle savait qu'elle ne pourrait vivre longtemps loin de la capitale.
_ Pourquoi devrai-je partir? Suis je donc si embetante pour vous? Je ne vous ai encore rien appris de très interessant sur le palais. Je peux encore vous être utile... Je veux rester ici.
_ Si vous restez, vous devrez affronter l'enfer. Si vous êtes prise, vous serez torturée alors que c'est ce que vous redoutiez le plus...
Le repoussant, elle lui répondit en rougissant un peu.
_ Et je risquerai de vous trahir encore une fois, c'est ça? Sa voix tremblait légerement, mais elle ne savait pas elle même si c'était de déception, de colère ou de peur. Maintenant je n'aurai plus jamais ta confiance parce que j'ai craqué une fois. Je ne changerai donc jamais à tes yeux? Je serai toujours une...
Toryon l'attira vers lui et lui mit tendrement un doigt sur les levres.
_ Ce n'est pas ce que tu crois... Je ne veux pas que tu souffre, Satyia! Je ne veux pas te perdre encore une fois! ... Je t'aime.
Il approcha alors ses levres de son visage et l'embrassa sans rencontrer de résistance. Satyia se laissa faire, sentant son coeur exploser et des larmes lui monter aux yeux. Puis elle pensa à Rhys. La magie s'envola et Satyia s'écarta.
_ Je ... je ne peux pas. Pas encore... Mais je veux rester près de vous... près de toi, sourit elle. Laisse moi cette chance.
_ Je ne peux rien te refuser, répondit il d'une voix atone. Viens, je vais t'équiper. Il faudra que tu saches te défendre.
Il donna l'ordre au groupe de partir sans Satyia et les regarda partir dans le tunnel obscur. Puis il se tourna vers elle et l'entraina vers une table ou s'étaler toutes sortes d'armes et de protections.



Rhys fit bouger son bras droit. Bien qu'il soit toujours plus lourd que son bras gauche, il le regardait avec plaisir. Un peu pâle peut être, mais il avait la couleur de la peau. Il agitait le poignet dans tous les sens, pliant et dépliant le coude, essayant de le tordre légerement... Tout était parfait. La peau tenait bon.
Il se tourna vers le docteur Swensson avec un franc sourire.
_ C'est parfait. Vous êtes vraiment génial. Et je dois dire que je ne m'attendais pas à avoir un si bon résultat rapidement. De plus le travail opéré par Krolm sur le bras artificiel me permet de l'agiter plus facilement. C'est moins lourd comme ça.
_ Mais moins utile. Vous possédez simplement une arme classique maintenant. Ce qui rend mon bras articulé interessant est le fait...
_ Vous n'allez pas recommencer! Je sais que vous rêvez de me voir en robot obéissant à vos ordres et capable d'anéantir le monde d'une simple pression du pouce, mais je ne suis pas une machine. Le bras amélioré de Krolm me permet de posséder une lame qui me sera surement utile pour un combat rapproché et les tirs de plasma que je peux faire sortir du bout de ma main me permettront de combattre plus longtemps dans un combt de rue... Mais je prefere me servir d'armes plus conventionnelles. C'est pour ça qu'il était essentiel que la feraille qui se trouve accrochée à mon épaule puisse ressembler à un bras ordinaire. Pour les petits plus, je les utiliserai qu'en dernier recours.
Soupirant, wensson constata une fois de plus que Rhys était inflexible. Il décida d'abandonner la lutte définitivement. Dès lors qu'il avait ce qu'il voulait, Rhys allait sortir et essayer de reprendre une vie publique.
_ Et maintenant? Que comptez vous faire? Vous allez sortir au grand jour et annoncer aux gens que vous croiserez que vous sortez de chez moi après un petit voyage dans l'espace?
_ Ou je leur dirai que j sors d'une eprouvette que j'ai grandit d'un coup en an. Que vous avez réussi à créer directement un être humain adulte. Ce serait marrant non?
_ Toujours drôle. Mais vous avez bien une idée non?
_ Ho oui. Mais je vais attendre un peu avant de vous en parler. Je vais m'entrainer un peu, muscler mon bras de fer ou essayer de le faire bronzer.
Il se dirigea vers la porte en sifflant. Au moment de sortir il se retourna et demanda au savant s'il avait encore assez de peau pour en recouvrir ses jambes. Swensson l'ignora, préferant ne pas entrer dans son jeu.
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MessageSujet: Re: Brouillon   Lun 8 Jan - 17:39

Krolm entra dans la salle de sport aménagée pour Rhys au moment où ce dernier finissait son entrainement. Il était torse nu et Krolm regarda encore une fois les cicatrices qui couraient sur tout le corps de son ami. Chaque fois qu'il le pouvait, il les observait, cherchant à pénetrer le mystère de cet homme venu de l'espace.
_ Salut Krolm. Quoi d'interessant dehors?
_ Je ne suis pas sûr que ce soit le moment de sortir. Les rues grouille de Protecteurs. Une grande offensive a été lancé pour nettoyer la ville des Rebelles et en particulier le quartier de l'enfer où ils se cachaient depuis très longtemps. Apparemment les services secrets ont obtenus des renseignements sur ce quartier. Il y a du massacre dans l'air... et toute personne inconnue des services de protection risque de se retrouver à l'ombre. A mon avis vaut mieux éviter ça non?
_ Bah c'est pas la mort. J'ai vu pire, tu le sais.
_ Oui, mais tu ne connais pas le terrain où tu veux t'aventurer et ça, c'est nouveau. Tu n'es plus à bord de ton vaisseau Rhys. Tout est différent. Même toi tu n'es plus le même.
_ Merci de me le rappeler, mais j'aimerai tenter ma chance, insista t il en souriant.
En soupirant Krolm tenta une autre approche:
_ Je viens de croiser Swensson. Il est encore de mauvaise humeur. Il n'aime pas attendre sans savoir. Pourquoi ne lui as tu rien dit? C'était bien prévu pourtant.
_ Et toi tu lui as parlé?
_ Tu sais bien que non.
_ Okay. Je voulais juste le faire patienter un peu. Chacun son tour. Mais puisque t'insistes, je vais aller le voir et lui dire que je compte sortir un peu chaque jour pour découvrir cette belle ville. J'ai besoin de prendre l'air et de connaitre cette planète. N'oublie pas que tout est nouveau pour moi ici.
_ Mais pour Swensson cela ne change rien. Il te crois entierement amnésique encore... enfin presque. Il croit que tu te souviens juste de l'essentiel.
_ Et c'est très bien Il n'a pas besoin de savoir que j'ai recouvert ma mémoire... la quasi totalité de ma mémoire... Bon, je vais aller le voir. Il sera content et toi aussi. Après ça vous pourrez essayer de me convaincre de ne pas sortir, chacun avec ses propres arguments.
Rhys enfila une chemise et sortit. Krolm s'apprétait à prendre le même chemin lorsqu'il sentit sa main gauche gauche se raidir. De violentes douleurs remontèrent son bras, l'épaule et le coup. Semblable à une migraine, le choc faisait toujours aussi mal, bien qu'il s'y habitue peu à peu. La voix raisonna dans sa tête:
_ Laisse le sortir. Nous irons avec lui pour connaitre ses intentions.
_ D'accord mais la prochaine fois que vous voulez me parler, faites le plus doucement. Ou alors notre colaboration risque de tourner court.
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MessageSujet: Re: Brouillon   Lun 8 Jan - 17:43

La salle s'était vidée peu à peu. Il ne restaient plus que quelques Rebelles. Satyia était prête à partir, protégée par un gilet en kevlar qui avait déjà bien servi et un casque léger qui avait appartenu à une unité spécial des Forces Aéroportées Nedéennes. Toryon lui avait fournit une arme de poing, mais elle espérait bien ne pas s'en servir. Sa qualité première consistait à soigner et elle esperait ne pas avoir à y recourir.
Elle se tenait un peu à l'écart du groupe. Ils devaient être partis depuis déjà quelques minutes mais Toryon discutait à l'autre bout de la salle avec un radio. Les jeunes hommes qui formaient le groupe semblaient pressés de partir. La tension était forte et l'innaction leur pesait.
Lorsque Toryon se dirigea enfin vers eux, il semblait extrêmement énervé. Il regarda à peine Satyia et annonça d'un air rageur que plusieurs groupes venaient d'être interceptés par les Protecteurs. Il y avait eut plusieurs morts. Mais surtout ce qui l'inquiétait le plus était que le groupe des femmes et des enfants soit du lot. Il serait facile de leur soutirer des informations et de s'en servir comme moyen de pression sur de nombreux Rebelles.
Plusieurs garçons du groupes murmurèrent. Ils étaient directement atteint par cette nouvelle puisque leurs familles étaient concernées. Leur mère, leurs soeurs, leurs petits frères. Toryon pensait lui qu'il avait été à deux doigts de forcer Satyia à rejoindre ce groupe.
_ Il est temps de nous mettre en route. Après ces évenements il nous faudra être encore plus prudents. Il ne fait pas de doute que nous avons été trahi. Mais il y a toujours des sorties de secours à exploiter et si nécessaire nous passerons par les égouts désafectés malgré les risques que cela resprésente. En route.
Toryon prit la tête du groupe et se dirigea sans hésiter vers l'un des couloirs. Satyia regarda la salle une dernière fois et s'engagea à son tour derrière les derniers combattants. Derrière il ne restait plus qu'un dizaine d'hommes qui installait les derniers préparatifs de départ.
Le groupe mené par Toryon progressa pendant dix minutes dans les sombres boyaux qui retrécissaient peu à peu. Arrivé à carrefour où s'ouvrait trois nouveaux couloirs, Toryon s'arreta sans explication. Il n'avait pas dit un mot, visiblement perturbé par ce qu'il venait d'apprendre.
Il avait volontairement omis de préciser combien de Rebelles avaient été pris aux pièges des Protecteurs, mais d'après les rapports, la moitié des fuyards était tombée. Les Protecteurs se servaient d'un traitre et avaient planifié cet assault depuis un moment. Rien n'avait été laissé au hasard. Toryon se demandait jusqu'où ils avaient été trahi. Quand au traitre, il ne faisait pas de doute pour lui que Blisson était ce judas.
Les retardataires arrivèrent en courant. Ils avaient achevé d'installer les bombes à retardement dans les sous sols de ce qui fut le Quartier Général de la Rébellion.
Toryon se tourna alors vers l'ouverture de droite et avançant d'une dizaine de mètre, appuya sur le mur déclanchant un mécanisme secret. Un pan de mur s'effaça ouvrant une sortie inconnue de tous.
_ Entrez! Nous allons suivre un chemin inconnu du traitre. Nous retouverons certaines unités plus tard, si celles ci réussissent à s'en sortir. Le piège a été trop bien tendu.
Tous entrèrent rapidement dans une piece étroite et basse. L'un des derniers arrivés ne cessait de regarder sa montre. Insistant pour accelerer le mouvement, il entra avec satisfaction dans la petite grotte. Derrière lui, Toryon regardait le couloir attendant quelque chose. Lorsque la sonnerie d'un chrono retentit, il entra précipitemment et appuya sur le mécanisme de fermeture.
Au même instant les murs tremblèrent et le bruit assourdissant des diverses explosions envahirent la piece. Le mur craqua en reprenant sa position. Le souffle de l'explosion ébranla la porte, laissant passer un souffle d'air chaud par les fentes du mur, si infimes qu'elles soient.
Satyia ferma les yeux, craignant que le plafond ne s'effondre. Elle était encore sous le choc lorsque Toryon lui toucha le bras et l'entraina dans un coin. Elle comprit au dernier instant que la fuite continuait par un couloir si étroit qu'il faudrait se mettre de profil pour passer. Elle prit la main que lui tendait Toryon et le suivit.
Malgré l'impression d'ecrassement et la crainte d'étouffer, le groupe progressait vite, mené par leur jeune chef, calme et silencieu. Le boyau s'élargit après un kilomètre de frotements pour reprendre une dimension honnète. Le fuite en avant continuait cependant et Satyia se laissait guider par la main, oubliant toute notions de temps.
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MessageSujet: Re: Brouillon   Lun 8 Jan - 17:43

Depuis bientôt une heure Swensson et Krolm essayait de dissuader Rhys d'aller dehors. Mais celui ci s'acharnait malgré les derniers évenements. Il savait également que sortir sans avoir de permis de séjour et sans posseder de fausse puce d'identité était risqué. Cependant il voulait voir l'extérieur, le ciel, respirer l'air de dehors, faire au moins quelques pas...
Il sentait que Krolm avait épuisé ses arguments et la lassitude se lisait sur le visage de Swensson. Pour la troisième fois ce dernier lui rappelait l'importance du dispositif mis en place dans la ville lorsque Mèvie, sa secrétaire, entra lui demander quelques instants pour lui parler.
Elle lui apprit alors ce qu'elle venait de voir aux informations: le dispositif de surveillance venait d'être levé. De nombreux Rebelles avaient été capturés. Le Bazileus s'était montré en public pour saluer la réussite de l'opération. Les ambassadeurs de la Grande Révolution s'étaient empressés de féliciter à leur tour le Bazileus pour ce magnifique coup de filet. Désormais la capitale était une ville saine.
En revenant vers Rhys, Swensson décida de laisser Rhys sortir. Mais à certaines conditions.
_ En échange de cette liberté de sortir, je veux plusieurs chose. Pour commencer je vous accompagnerez chaque fois que je le voudrai.
_ Ca commence mal! Mais c'est d'accord, soupira Rhys.
_ Ensuite au moindre probleme, je prends les choses en main. Si je ne suis pas avec vous, vous demandez à me parler avant toutes autres choses. N'essayez pas de vous en sortir seul. Je veux également qu'en échange vous me parlliez de vos souvenirs et que...
Rhys lui coupa la parole pour lui dire que ses souvenirs n'appartenait qu'à lui. _ C'est ma vie privée et ça le restera!
Hésitant quelques instants Swensson reprit:
_ J'aurai aussi apprécié que vous m'aidiez à mettre en place une machine pour lire les pensées.
_ Vous connaissez ma réponse! ... Alors on y va maintenant?
_ Ecoutez Rhys, je veux bien faire des efforts mais faites en aussi! Vous ne survivrez pas longtemps si je vous mettez à la porte. Vous seriez incapable de vous en sortir seul. Vous ne pouvez pas survivre ici sans mon aide alors rendez le moi. Je ne vous demande pas grand chose! s'emporta le savant.
Rhys repliqua avec calme:
_ J'ai déjà survécu à pire alors ne vous en faites pas pour moi. Je pense pouvoir m'en sortir sans vous. L'inverse par contre n'est peut être pas si vrai. Toutes vos recherches actuelles tournent autour de moi. Vous avez investit beaucoup sur moi, me transformant en cyborg. Seulement je ne suis pas un robot. Je ne suis pas votre création. Je ne vous appartiens pas, pas plus que mes souvenirs. Vous voulez vous approprier un être qui ne le veut pas. Alors si je peux me permettre un conseil, Docteur Swensson, relacher la pression. Oubliez moi de temps en temps, vous vous sentirez mieux. Maintenant j'ai accepté de sortir avec vous, alors préparez vous ou non, mais moi je sors... et vous ne m'en empecherez pas. N'oubliez pas que grace à vous je suis armé maintenant.
Sur ces mots il quitta le bureau et sortit, aussitôt suivi de Krolm. Swensson hésita puis fit de même. Il ne pouvait pas rater cette première sortie.
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MessageSujet: Re: Brouillon   Lun 8 Jan - 17:44

En franchissant la porte de la clinique, Rhys se sentit revivre. Il regarda avec un regard d'enfant l'avenue sur laquelle ils se trouvaient. Sur le trottoir d'en face il pouvait voir des maisons au façades de pierre, avec de petits jardins. Derrière pointaient des cages de verres et d'aciers, luisant au soleil, des immeubles de toutes les tailles, aux formes variées.
La rue était peu animée. Regardant la façade de la clinique, Rhys remarqua une peinture au dessus de la porte, accompagnée d'un nom: "La rose des vents". La clinique était l'un des rares bâtiments sans jardins. Plus imposantes que les autres constructions, la clinique ne déparaillait pas beaucoup malgré sa fonctionnalité différente.
Rhys s'avança un peu sur le trottoir, percevant au loin le bruit de la ville agitée. Tout autour, des immeubles s'élevaient, inspirant un certain dégout. Rhys ferma les yeux appréciant la quiétude du lieu au milieu de la jungle sonore.
_ C'est plutôt calme comme coin, fit il remarquer.
_ C'est un privilège necessaire pour mes patients, oberva Swensson.
_ Ha, parce que vous avez beaucoup de patients?
_ Jamais plus d'une dizaine et tous ne sont pas aussi remuants que vous... mais profitez donc de ces moments de "liberté". Moi je rentre. Essayez de ne pas trop vous éloigner... s'il vous plait.
Rhys acquiesça avant de s'éloigner un peu plus.
Il s'arretait devant chaque maison, regardant les jardins, admirant les diverses architectures, flânant pour la première fois depuis longtemps, goutant au plaisir d'être à l'air libre...
Il fut tirer de sa contemplation par Krolm qui le tirait par le bras.
_ Rhys, je crois que tu devrais rentrer. Il y a des Protecteurs qui arrivent.
_ Ils ne me font pas peur, marmonna-t-il les dents serrés. Les murs des maisons s'estompèrent, remplacés par des hangars des deux cotés. Au loin, la patrouille de gardiens s'approchaient au pas cadencé. Ethrymolain le tenait aux épaules pour l'empecher de sortir de l'ombre. Coront avait déjà rebroussé chemin, le suppliant de le suivre...
_ Soit raisonnable Rhys, je t'en prie. Ne restons pas là, ça ne sert à rien!
_ C'est bon, je viens, sourit il en se retournant vers la clinique. Je vais essayer d'être encore une fois prudent.
En repassant la porte de la rose des vents, il jetta un regard vers l'extérieur, pour conserver cette image de calme. cependant il ne put s'empecher de tourner les yeux vers les formes sombres des Protecteurs.
_ Je reviendrai murmura t il en refermant la porte.
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MessageSujet: Re: Brouillon   Lun 8 Jan - 17:44

Satyia se reveilla sans savoir où elle était. Elle se souvenait avoir marcher longtemps sans reflechir. La notion de temps avait disparu de son esprit. Puis les douleurs étaient apparu. D'abord des élancements dans les mollets, puis les orteils qui frottaient contre ses chaussure inadaptées pour la marche, les ampoules...
Elle se souvint avoir trébuché plusieurs fois. Toryon l'avait aidé à se relever, mais elle entendit des murmures derrière elle. Plus en état de reflechir, elle n'y avait pas prêté attention.
Comprennant soudain qu'elle était devenue un poids pour le groupe, elle se leva brusquement, cherchant du regard une forme humaine. Elle fut soulagé de constater qu'elle n'était pas seule, mais juste un peu à l'écart.
Un peu plus loin, les miliciens s'étaient regroupés autour d'un feu. Ils étaient réunis autour d'un café et parlaient à voix basse. Trois ou quatre s'étaient allongés un peu plus loin.
Une main se posa sur son épaule.
_ Tu as bien dormi? s'enquit Troryon.
_ Je me sens moulue de partout. Mes jambes me tirent. J'ai l'impression que mes pieds sont coulés dans du plomb. Et j'ai le coté en feu... Mais quelle heure est il? Sommes nous ici depuis longtemps?
Toryon lui sourit.
_ Ne t'inquietes pas, nous ne nous sommes pas arretés pour toi. Tout le monde est crevé. Nous avons marché environ 15 heures, avec des haltes tellement courtes que nous avions tout juste le temps de manger un morceau... Tu étais dans un état second et tu ne dois pas te souvenir de grand chose... Mais montres moi tes pieds. Comment vont ils?
Satyia releva un pied, remarquant alors qu'il était bandé. L'autre l'était aussi.
_ Est-ce toi qui as fait ça?
_ Non! Je ne suis pas assez doué pour ça. Herb s'en est chargé. C'est notre secouriste. Regardes, il est là bas, près du feu. Le grand avec une barbe noire. C'est un vrai moulin à parole, s'amusa Toryon. Viens, je vais te présenter à ces grognons. Ils arreteront peut être de râler sur le fait que tu sois avec nous.
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MessageSujet: Re: Brouillon   Lun 8 Jan - 17:45

Lorsqu'ils s'approchèrent du feu, les conversations cessèrent. Tous se retournèrent vers eux. Satyia sentit son coeur battre plus vite. Elle remarqua un jeune homme qui lui apportait souvent ses repas lorsqu'elle était encore considérée comme une prisonnière.
Ce fut Herb qui rompit le silence en premier.
_ Salut à vous ma p'tite demoiselle. Alors on se sent mieux?
_ Un peu oui, murmura Satyia.
_ Ne vous laissez pas impressionner par tous ces guignols ma p'tite demoiselle, sont pas si méchants qu'ça. Des grandes gueules et des râleurs, mais faut pas les écouter. Et puis on n'leur d'mande pas leur avis. Maintenant qu'on est plus qu'une trentaine, y'a plus d'soucis pour savoir qui commande. C'est Toryon et y'a plus d'doute là-d'ssus. Alors ils vont obéir et c'est tout...
L'interrompant d'un geste Toryon le remercia.
_ Merci pour ces précisions Herb, mais si tu veux bien, je vais prendre le relais. Repose ta langue, ça ne te fera pas de mal. Bon, messieurs, je vous présente Satyia Pferton. Certains d'entre vous ne comprennent pas pourquoi elle est avec nous. Je vais vous l'expliquer.
Tout d'abord, Satyia connait relativement bien le Palais pour y avoir travaillé. Elle connait l'ennemi mieux que nous sur certains points. Ses connaissances nous seront donc précieuses le moment venu...
_ ... si ce moment arrive un jour!
_ Celui qui doute de nos chances peut toujours remonter à la surface rejoindre les rangs des indécis et des mous. Personnelement je sais qu'un jour la tyrannie du Bazileus tombera. Peut être ne serons nous plus en vie à ce moment là, mais peu importe.
_ Sauf ton respect, j'aimerai vivre ce jour unique et tant attendu, intervint Herb.
_ Moi aussi. Mais si je dois mourrir pour préserver nos enfants de cette tyrannie, je n'hésiterai pas une seconde.
Un homme au visage de fouine, le regard fuyant se leva avec un ricanement.
_ Parles pour toi, dit il en guignant Satyia. Nous ne sommes pas tous sûr d'avoir une descendance. Et ceux qui en ont une ici ne sont pas certans de pouvoir la proteger, alors qu'à l'heure qu'il est nos familles sont entre les mains des Protecteurs. D'ailleurs ta charmante amie doit savoir ce que c'est que d'être entre les mains de ces salauds. N'est-ce pas elle qui nous avait trahie par peur de passer entre leurs mains pour ensuite travailler pour eux?
Satyia palit sous l'insinuation. Elle se sentit soudain au bord du gouffre. Ses jambes fléchirent. Toryo la rattrapa de justesse et l'aida à s'asseoir. Elle remarqua qu'il avait les points serrées.
_ Oui, c'est bien d'elle qu'il s'agit, Chreïm. Mais sais tu ce qu'elle a enduré en travaillant au Palais? Sais tu pourquoi elle est ici avec nous? et pourquoi elle a quitté son travail? pourquoi elle est de retour parmi nous? Elle a fléchi à un moment donné, mais n'est elle pas revenue vers nous? Qui ici peut dire sans mentir qu'il n'a jamais douté, qu'il n'a jamais eut un instan de faiblesse? Il se trouve que pour Satyia, ce fut face à un homme que vous connaissez bien, le tortionnaire le plus sadique du Palais, celui qui se fait un plaisir de s'occuper des plus faibles en imaginant des tortures plus atroces les unes que les autres.
Mais peux tu seulement comprendre tout ça Chreïm? Et vous tous, comprennez vous que si Satyia est avec nous c'est parce qu'elle a définitivement choisi son camp. Ou alors ne me faites vous plus confiance?
Des murmures approbateurs et quelques sourires redonnèrent le moral à Satyia. Elle se leva, coupant la parole au dénommé Chreïm.
_ Permettez moi de vous parler quelques instants!
Je sais ce que certains d'entre vous pensent; je ne suis pas digne de confiance car je ne résiste pas à de simples menaces. Je change d'avis selon la personne qui me parle. Je suis faible et vous ralenti. Je ne vous suis même pas utile car Herb suffit à vous soigner. Je n'ai encore rien révelé à propos du Palais. Je suis peut être envoyé par Cario Delaig pour vous espionner... Sur ce dernier point, je peux vous dire non de manière sûre. Mais pour le reste... je ne sais pas moi même où se trouve mon courage. Je doute tous les jours de ce que je suis. Je reflechis très souvent à ce que j'aurai du faire le jour où Delaig m'a demandé de travailler pour lui en vous trahissant... Et ma conclusion est que je n'ai pas fait ce qu'il fallait, et que si cela se reproduisait j'agirai surement pareil par manque de courage...
Oui, je suis faible, je ne suis pas héroïque comme vous pouvez l'être. Mais n'ai je pas le droit à une autre chance? Et qui sais, peut être serai-je utile maintenant... Tout ce que je sais, c'est que je prefererai mourrir plutôt que de retomber dans les pattes de Cario Delaig!
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MessageSujet: Re: Brouillon   Lun 8 Jan - 17:46

Destabilisé Chreïm haussa les épaules et se resservit du café. Il jetta un regard vers Toryon qui félicitait doucement Satyia. La majorité des rebelles était conquis. Il se tourna vers Lous et Tniro et remarqua qu'ils semblaient toujours de son coté. Il leur fit un signe. Le moment n'était pas encore venu. Son attention fut attirée par Herb qui s'était redressé.
_ Ben puisque tout l'monde semble d'accord pour accueillir mam'zelle, je leve mon verre à sa santé. En attendant d'avoir du champagne, faudra s'contenter de café chaud, lança t il en partant d'un grand éclat de rire.
Ayant ainsi détendu l'atmosphère, Herb se rapprocha de Satyia et, après avoir observé ses bandages, demanda d'un air complice ce qu'il y avait entre elle et Toryon. Voyant Satyia hésiter, il insista.
_ Dites le moi donc dans l'oreille, personne n'entendra. C'est que vous savez, tout l'monde ici me confit ses p'tits secrets. A part l'autre abruti qui vous a mal parlé. Mais lui c'est un cas à part... Alors? Vous l'aimez?
Dans un souffle, Satyia acquiesça.
_ Ha ha, je le savais. Et ça fait longtemps déjà... mais vous n'osiez pas en parler entre vous, n'est-ce pas.
Satyia répondit encore par l'affirmative, après un très léger instant d'hésitation.
_ He oui, on n'me cache rien à moi. Je l'voyai bien que Toryon n'était plus dans son assiette. Je l'savais. Et maint'nant qu'vous êtes ensemble, il est plus serain. Rien qu'ça, c'est une bonne raison qu'vous soyez ici ma p'tite demoiselle.
Satyia lui sourit et instinctivement, elle l'embrassa sur la joue.
_ Ha ça, c'est ben gentil. J'l'oublierai pas, sourit Herb. Mais allons, debout. J'crois qu'on va r'partir, dit il en se relevant.
Il aida Satyia à se relever, puis alla récuperer son sac pendant que Toryon s'écartait avec Satyia pour lui parler un peu avant le départ.
Peu après, le groupe reprit sa fuite en avant, dans le silence toujours. Toryon en tête menait les miliciens vers le nord et les montagnes, vers une cache où les Rebelles survivants se réuniraient afin de décider quoi faire.



Rhys s'était isolé dans un coin. En fermant les yeux il esperait retrouver le calme de la rue, ce petit coin de paradis perdu au milieu de la jungle... mais les souvenirs affluèrent dans son esprit.

Il était avec Ethrymolain et Coront, ses deux plus fidèles amis. Pour une fois ils n'étaient pas à bord de leurs vaisseaux. Le hangar où ils se trouvaient contenaient une dizaine de chasseurs légers du modèle CL-4:800. Leur mission était de les detruire sans se faire repérer. Pour cela ils étaient venu sous couverture diplomatique sur cette planète dont il avait oublié le nom. Le prince de cette planète eut été bien surpris de trouver des élèves alliés, venu pour apprendre, placer des explosifs à l'interieur de ses nouveaux chasseurs.
Entrer dans le hangar sans être vu s'était révelé être un jeu d'enfant. La sécurité n'était pas le point fort de cette armée. A l'intérieur, Coront s'était brusquement retrouvé nez-à-nez avec un gardien et n'avait eut d'autres choix que de le tuer. Un coup rapide et violent et ils avaient tous les trois entendus le cou craquer. Placer les explosifs ne leur avait pas pris longtemps, mais quand ils quittèrent le hangar, l'alerte avait été donnée.
Ethymolain avait du retenir Rhys pour qu'il n'aille pas chercher querelle aux gardes qui arrivaient. Ils devaient encore quitter la planète sans éveiller de soupçons. Personne ne connaissait leur mission, aussi avaient ils été surpris lorsqu'ils furent sorti du lit de bon matin par des hommes en armes. Leur surprise fut encore plus grande lorsqu'ils découvrirent le prince local et le directeur de l'E.E.S qui les attendaient cote à cote.
La colère qui l'avait submergé à ce moment là avait été l'un des principaux facteurs de sa desertion. Les remontrances reçues pour avoir tué un homme, la vérité découverte soudainement, leur mission qui s'était avéré être un simple test, les mensonges entretenus par l'autorité... tout cela l'avait poussé à quitter l'Ecole de l'Elite Spatiale. Mais il avait du attendre longtemps avant de saisir l'opportunité et du même coup se venger de sa famille. Mais ces moments demeuraient encore obscurs dans sa mémoire...
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MessageSujet: Re: Brouillon   Lun 8 Jan - 17:47

Krolm le retrouva dans une réserve obscure, allongé à même le sol.
_ Rhys, que fais tu ici? s'étonna t il.
Surpris par cette arrivée soudaine, Rhys se leva d'un bond.
_ Comment as tu ... Bon peu importe, oublies ça s'il te plait. Je n'étais pas dans un état normal. Je ne sais pas ce qui me prend en ce moment, mais je fais des choses absurdes. Ca ne me ressemble pas.
_ Les effets secondaires des médicaments de Swensson pour recouvrer la mémoire, suggéra le rouquin.
_ Possible oui. Et dans ce cas c'est bien embetant. J'ai encore des trous de mémoires et je deviens quelqu'un d'autre. Va falloir que j'aille en parler à ce pourri.
_ Non, Rhys! Tu ne vas pas lui en parler. Ca n'arrangerait rien... Moi je peux t'aider. Et de plusieurs façons. Mais nous verrons ça plus tard. L'éminent savant Onrik Swensson souhaiterait que ton auguste personne daigne lui rendre visite en son modeste bureau, ironisa Krolm.
_ On se demande pour qui je suis si important, grommela Rhys en suivant le jeune homme.


Cela faisait maintenant plusieurs jours que Rhys avait fait sa première sortie. Chaque jour, il allait un peu plus loin que la veille. Chaque jour il decouvrait un peu plus le monde qui l'entourait. Chaque jour également des souvenirs lui revenaient en fonction de ce qu'il découvrait dehors.
Krolm lui avait dit d'arreter les médicaments expérimentaux de Swensson. Les effets persistaient cependant et surtout Krolm réussissaient à atténuer cette sensation de vide qui le prenait parfois. Rhys avait l'impression de redevenir lui même, de reconquerir son corps. En échange il discutait de son passé avec Krolm, lui révélant presque tout.
Il avait ainsi avoué son amour pour Nola, la fillette de son enfance. Il parlait de cet amour qui s'était développer durant toute son adolescence jusqu'à faire partie de son être. Il lui était difficile de la quitter pour retourner périodiquement à l'E.E.S. Il raconta comment il avait appris que Nola ne l'épouserait jamis. Elle le lui avait appris elle même, les larmes aux yeux. Elle pleurait, arguant qu'elle ne pouvait désobéir à ses parents. Elle avait pourtant discuter longuement avec eux, mais rien n'y fit. Et elle était parti sans lui dire qui serait son futur époux. Elle était parti en lui faisant ses adieux. Il ne se reverrait plus jamais ainsi, seuls à seuls. C'était impossible, avait elle dit.
Il comprit ces mots un mois plus tard en apprenant le mariage futur de son frère avec l'héritière d'une grande famille. Il dut faire appel à toute sa volonté pour ne pas hurler lorsque son père annonça publiquement, au cours d'un repas grandiose, le nom de la future femme de Will: Nola. Leurs parents s'étaient accordés entre eux pour unir à jamais leurs familles. Rhys, comme Nola devait subir encore l'autorité paternelle. Telle était la coutume de leur peuple. Après cela, Rhys essaya de rencontrer plusieurs fois Nola, mais elle l'évitait. Elle lui ecrivit une fois, une seule fois, pour lui dire de ne pas chercher à la revoir plus que ne l'imposait leur situation.
Se sentant repoussé, Rhys s'était alors écarté de sa famille, passant se vacances chez des amis. Lorsqu'il revenait chez lui, son père le désaprouvait continuellement. Par respect, Rhys laissa éclater sa colère en privé uniquement. Il obligea ses parents à l'écouter, et lorsqu'il eut finit il quitta les terres ancestrales en jurant de n'y plus revenir tant qu'un membre de sa famille serait encore en vie.
Carl ap Gruffyd, son père, s'empressa de le déshériter publiquement. Ainsi, il ne pouvait plus porter publiquement son nom. Il n'était plus rien. Nul n'acceptait désormais de l'accueillir lors d'une reception sous peine de tomber en disgrace auprès de sa famille. Seuls ses plus fidèles amis continuèrent à l'héberger. A l'E.E.S il obtint le droit de rester grâce à ses brillants résultats. Toute son énergie, il la mit au service de sa formation de combattant. Chaque année, il finissait largement en tête de sa promotion, prouvant ainsi sa propre valeur aux yeux de tous.
Lorsqu'à 25 ans, sa formation finie, il dut choisir une affectation, il disparut, refusant d'agir comme il le devait. Les meilleures services universelles essayèrent de retrouver sa trace. Ce coup d'éclat lui vallut une grande renommée, au grand dam de sa propre famille. Pendant un an, il fut introuvable...
Krolm tenta de savoir où il avait disparu, en vain.
_ C'est mon secret objecta Rhys.
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MessageSujet: Re: Brouillon   Lun 8 Jan - 17:48

Krolm apprit ensuite que Rhys avait servit dans différent endroit, offrant ses services au plus offrant, à condition que le plus offrant soit honnête. Il avait toujours refusé de s'occuper d'affaire louche et de trafic important. Au contraire, il travailla souvent à combattre ses pratiques répandues dans tout l'univers.
C'est ainsi qu'il fut un jour contacter par un homme malingre, mais très habile, aussi intelligent qu'il était laid. Cet homme se faisait appeler Lord Cruuft, du nom d'un ancêtre très lointain, de l'époque où la Terre existait encore. Lord Cruuft obtint l'attention de Rhys après l'avoir défié et battu à main nues et à différentes armes. Amusé et revenchard à la fois, Rhys qui avait alors 29 ans, accepta de l'écouter. Lord Cruuft lui parla alors d'un mouvement contestataire qui refusait la tyrannie du Conseil Interplanetaire des Dirigeants Galactiques. Si Rhys acceptait de se joindre au mouvement, Lord Cruuft promit de lui apprendre tout ce qu'il savait. Alleché par cette possibilité, Rhys accepta après trois jours de discussion acharnées.
C'est ainsi qu'il rejoint la Grande Révolution, ce mouvement contestataire qui prit rapidement de l'ampleur, faisant rapidement de l'ombre au Conseil. De nombreuses planètes rejetèrent le joug du Conseil prenant leur indépendance, sans oser se joindre aux révolutionnaires. Au sein même du Conseil, la Grande Révolution avait ses appuis.
Les armées des loyalistes, les fidèles aux Conseil, se réunirent pour exterminer l'embryon de flotte révolutionnaire et tenter d'anéantir au passage le mouvement d'opposition. Rhys se remémora avec plaisir cette bataille titanesque.
Les loyalistes avaient sous estimé la puissance ennemie. Pensant trouver un maximum de 3.000 vaisseaux, le Conseil avait délégué 30.000 bâtiments au ordre d'un vieux général proche de la retraite et qui attendait un dernier coup d'éclat pour s'en aller. La surprise fut énorme lorsque les radars annoncèrent une puissance 3 à 4 fois supérieure à celle prévue. Conservant malgré tout l'avantage du nombre, le combat fut rapidement engagé sans directives précises.
Du coté révolutionnaire, des pilotes avaient été formés en masse par Lord Cruuft en personne. D'autres étaient recrutés comme le fut Rhys. Celui-ci avait réussi à décider ses deux amis, Coront et Ethrymolain, à rejoindre la Grande Révolution. Ayant ainsi reformé le trio infernal de l'E.E.S, ils avaient activement participé à la formation des jeunes loups avides de Lord Cruuft. Celui-ci décida de disperser la flotte du Conseil afin de la detruire ensuite par petit morceau. Pour cela il fallait tromper le commandement ennemi. De gros vaisseaux lourds furent donc bâtis à la hâte afin d'attirer l'ennemi.
Les vaisseaux cibles, servis par un équipage réduit, furent dirigés en masse sur l'armada loyaliste. Lorsque les combats commencèrent, les équipages embarquèrent rapidement à bord de chasseurs légers et fuirent la zone de combat en un temps record, laissant derrière eux l'ennemi désemparé. Les derniers chasseurs légers n'étaient pas encore hors de portée que les vaisseaux cibles explosèrent, detruisant un quart de la flotte loyaliste au passage.
La suite avait été une partie de plaisir pour Rhys et ses compagnons. Chacun aux commandes d'un destructeur, ils avaient abbattus à eux trois une cinquantaine de vaisseaux ennemis. Il n'y eut aucune pitié et l'armée loyaliste fut entierement anéantie...

Krolm sourit en écoutant Rhys narrer ce combat, les yeux brillants de vie, la voix animée et chaude, agitant les bras pour mimer certaines scenes. Cette victoire de la Grande Révolution était connue et Krolm en connaissait de nombreux détails, mais raconté par Rhys le récit n'en prenait que plus d'importance par le plaisir contagieux que manifestait le pilote. Lorsqu'il se tut, Krolm ne dit rien pendant quelques minutes, respectant les souvenirs de Rhys. Celui-ci avait revécut cette épisode de manière intense et en constatant quetout cela appartenait au passé, il sentit une certaine frustration monter en lui. Puis il se leva soudain et en riant proposa à Krolm d'aller jouer aux cartes, se détendre un brin.
_ J'ai besoin de penser à autre chose, expliqua t il.
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MessageSujet: Re: Brouillon   Mar 6 Fév - 15:54

Regardant la banlieue qui s'étendait à ses pieds, Satyia repensa à ces dernières journées. Toute sa vie avait basculé en quelques heures. Puis il y avait eut la fuite sous terre pendant une semaine. La fatigue permanente. L'obligation de suivre un rythme. La douleur généralisée... Elle se souvint avoir été portée plusieurs fois. Dans les bras ou sur le dos. Par Toryon ou bien Herb. Puis ils lui aaient confectionné des chaussures très rembourées dans lesquelles elle ne sentait plus grand chose. Chaque soir, Herb lui faisait tremper les pieds dans de l'eau chaude.
Les critiques étaient vite revenues, mais elles s'étaient arrêter lorsque plusieurs hommes avaient eut besoin de recourir aux mêmes soins qu'elles.

Maintenant ils étaient sortis de l'immense étendue de la ville. Everquyist. Elle n'en été encore jamais sortie. Elle avait découvert avec étonnement ces champs ondulant sous la brise du soir qui se perdaient à l'horizon. Elle admirait longuement cette nature si belle et inconnue.
Autour d'elle, les Rebelles étaient tout aussi émus. Seuls les plus agés avaient déjà aperçu pareil spectacle. Lorsqu'ils étaient sortis des souterrains l'ivresse de respirer l'air pur leur était monté à la tête. Une bousculade eut lieu et l'un des plus jeunes se cassa le bras.
Satyia avait aidé Herb à soigner le jeune homme. Celui ci lui en était très reconnaissant et s'était excusé de l'avoir dénigré peu de temps avant. A son sourire, elle comprit qu'elle pourrait compter sur lui. Chreïm était de plus en plus isolé.
Cependant Toryon l'avait prévenu de se méfier de lui, en insistant lourdement. Chaque fois qu'elle regardait vers cet homme, il semblait l'observer de son air sournois. Cette fois encore, elle tourna la tête et remarqua ses yeux vilains... elle frissona malgré elle. Les problêmes n'étaient pas finis.
Elle sentit soudain une envie d'aller lui parler, de prendre le probleme directement, voire de le provoquer. Elle s'avança de quelques pas, puis s'arreta, réalisant que son geste n'était pas habituel. Elle prit conscience d'un changement radical en elle-même. Elle se sentait beaucoup plus sûr d'elle.
Une main se posa sur son bras, la détournant de ses pensées.
_ J'crois qu'il vaudrait mieux attendr'encor'un peu mam'zelle. Ne l'cherchez pas tout d'suite. Les gars ont besoin de r'prendre leurs esprits. Sous terre, les démons de l'esprit ont beaucoup agis et Chreïm sait très bien s'en servir. Faites moi donc confiance mam'zelle, attendez 'cor'un peu.
Elle sourit au géant. Herb était sérieux lui aussi. Autant que Toryon lorsqu'il l'avait prévenu de ne pas rester trop près de Chreïm. Elle décida d'interroger son nouvel ami.
_ Qu'a t il de si dangereux? Pourquoi ai je l'impression que vous le craignez?
Hésitant un peu, Herb murmura:
_ C't homme est un vrai démon. Parfois j'me d'mande vraiment pourquoi l'est avec nous. Mais l'est efficace, ça fait pas d'doute. P't être un poil trop à mon goût. Mais c'est pas moi qui décide...
_ Qu'a t il fait?
_ Il fait exact'ment l'inverse de c'que j'fais. Il prend trop d'plaisir à tuer. Et l'aime que ça r'ssemble à une bouch'rie.
_ Alors que vous, vous faites tout pour aider les gens. Vous voulez éviter les souffrance, dit elle en lui prenant le bras. Je comprends très bien vos sentiments. J'eprouve la même révolte contre les bains de sang. c'est d'ailleurs pour ça que j'ai longtemps repousser Toryon. La première fois que je l'ai vu, il venait de poser une bombe sous mes fenêtres.
_ Toryon est un jeune chien fou! Mais vous savez, l'a beucoup changé ces derniers temps. L'est plus tout à fait l'même depuis qu'ça grand-mère est morte. L'a mûrit. C'est pour ça qu'il commande. L'est devenu beaucoup plus sage... Mais v'nez, allons vers ce qui s'ra notre camp quelques temps, décida Herb.
Ils rejoignirent Toryon et le groupe qui se reformait pour poursuivre la route. Toryon appela les derniers hommes et, après leur avoir apprit que deux autres groupes avaient également réussi à sortir de la ville, donna l'ordre du départ.
Au moment où ils franchissaient la deuxième colline qui les séparaient d'Everquyist, ils entendirent un bruit qui s'amplifia rapidement derrière eux, sans être très fort.
_ A couvert! Tous à couvert! hurla Toryon en entrainant Satyia sous une saillie rocheuse.
Aussitôt le groupe se dispersa dans la nature, en mouvements désordonnés. Toryon observait le ciel et aperçut le drône faire demi-tour. Après un deuxième passage plus bas, l'aéronef disparu aussi vite qu'il était venu.
Tout le monde se releva rapidement en questionnant son voisin. Toryon jetta un dernier coup d'oeil vers l'horizon avant de prendre la parole.
_ Je ne sais pas comment cet engin de malheur nous a retrouvé, mais je pense qu'ils nous a bien repéré. Il a surement été envoyé en reconnaissance et à du prendre des photos. Nous allons donc plier bagages rapidement. Nous ne partons plus vers la planque de base. Nous allons revenir sur la ville, mais en la contournant. Ils ne s'attendront pas à ça.
A partir de maintenant, je ne veux plus de communications avec l'extérieur. Nous coupons les radios! Je vais juste envoyer un message pour prévenir les autres groupes. Après ce sera le silence. Nous voyagerons aussi de nuit pour éviter d'être remarquer trop facilement. Il nous faut être prêts 24 heure sur 24. Nous allons souffrir...
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MessageSujet: Re: Brouillon   Mar 6 Fév - 15:56

Dans son bureau, Swensson était en train de signer quelques papiers quand Krolm entra, suivit de peu par Rhys.
_ Vous nous avez fait appeler je crois? demande ce dernier.
Redressant la tête, Swensson le regarda avec un oeil amusé.
_ Oui... Ne me regardez pas de cet air agressif, c'est plutôt pour votre bien que je vous ai demandé.
_ Ca changera, ironisa Rhys.
_ Et pourquoi m'avoir fait appelé, moi? En quoi suis je concerné? intervint Krolm.
_ He bien? Un vent de révolte souffle sur la Rose des vents on dirait, sourit Swensson. Rassurez vous tous deux, ce n'est rien d'embêtant. Pour vous Rhys: je viens d'appeler un ami bien placé dans le systeme. Il devrait pouvoir vous obtenir une puce vous permettant de vous déplacer en toute liberté. Sur cette puce il sera marqué qui vous êtes et surtout que vous êtes protégé par l'hopital.
_ Vous voulez dire qu'à chaques contrôles vos Protecteurs sauront que je suis un cobaye qui vous appartient... pour le bien de l'Etat peut être?
_ Allons Rhys, vous savez très bien ce que j'en pense. Entre nous c'est donnant-donnant, il n'y a pas d'exploitation. Et pour survivre plus facilement il faut savoir faire des sacrifices.
Avec un rictus, Rhys pria le savant de continuer. Celui-ci lui apprit qu'il devrait donc porter, comme tout homme de cette planète, une puce electronique sur le dessus de la main droite. Dans son cas elle serait donc incrustée dans sa fausse peau. Swensson souligna le fait qu'il serait plus facile de s'en débarasser si le besoin s'en faisait sentir. Il y avait donc plus d'avantages que d'inconvénients.
Le savant se tourna alors vers Krolm.
_ Tu dois toujours te demander pourquoi je t'ai fait venir et quel est le leien avec tout ça, n'est-ce pas?
Le rouquin acquiesca sans conviction.
_ Il se trouve que j'ai pu obtenir la même chose que Rhys sur un point: une nouvelle puce qui te protege également. Les instructions y sont claires; vous ne pourrez pas être emmener en surveillance sans que je ne sois prévenu aussitôt. Une fois embarqué vous aurez droit à un traitement de faveur... si cela devait se produire. Je pourrai donc ensuite regler rapidement le probleme s'il y en a un.
Rhys l'interrompit pour demander comment il avait pu obtenir de telles faveurs.
_ A qui vous êtes vous vendu pour ça? Ou bien peut être est-ce nous qui avons été vendu?
_ Je vous l'ai déjà dit Rhys, j'ai des amis très bien placé.
_ Ce qui ne vous empeche pas de vouloir quitter cette planète... alors même que vous recevez plus de libertés que tout le monde, vous n'êtes pas satisfait. Je ne vous comprends vraiment pas, doc'. Pourquoi faites vous ça? insista Rhys.
_ C'est tout simple. J'espere trouver un jour un endroit où je pourrai enfin faire des expériences librement, sans avoir une surveillance de tous les instants sur le dos, dit il d'une voix étrangement nostalgique.
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MessageSujet: Re: Brouillon   Mar 6 Fév - 15:57

Lorsqu'ils furent sortis du bureau, Rhys interrogea Krolm sur la dernière réponse de Swensson. Il lui demanda de lui dire ce qu'il savait sur lui.
Après quelques instants, l'éleve de Swensson lui dit ce qu'il savait. Tout ce qu'il savait.
Rhys apprit ainsi que Swensson était venu sur Nede il y a plusieurs années dans l'espoir de trouver plus de libertés que sur sa planète natale pour excercer sa passion. Mais là aussi il avait été déçu. Seulement lorsqu'il voulut repartir, il comprit que c'était impossible. Depuis il travaillait sans répit dans l'espoir de fuir cette planète. Krolm avait été contraint de l'aider, en échange de sa vie.
Insistant, Rhys ne put arracher à Krolm sa propre histoire.
_ Plus tard! lui dit il. Je n'ai pas trop envie d'en parler maintenant.
Krolm partit, Rhys se tourna vers la secrétaire de Swensson, la belle Mèvie. Elle ne savait rien de plus sur Swensson. Elle émit cependant l'hypotèse qu'il n'en était pas à sa première recherche de l'Etat idéal lui permettant de travailler en toute liberté.
Quand il voulut la faire parler de Krolm, il dut lui promettre de la rejoindre la nuit même pour lui délier la langue.
_ C'est un drôle de chantage, sourit il. Mais je n'ai rien à perdre et tout à gagner.
Mèvie lui raconta donc que Krolm était un éleve très doué lorsque deux ans plus tôt il avait été victime d'un accident. Elle lui dit simplement que c'est lors d'un attentat qu'il avait perdu son avant-bras gauche. Swensson l'avait ensuite soigné et lui avait proposé de travailler avec lui, ce que Krolm avait accepté.
Elle lui dit aussi que les premières greffes n'avaient pas réussies et que pour finir, Swensson lui avait proposé une main de liche. Krolm avait accepté et l'opération avait été réalisée moins d'un mois avant l'accident qui avait fait venir Rhys à la Rose des vents.
Lorsque Rhys objecta du danger que pouvait représenter un membre de liche, Mèvie répondit que le savant avait estimé ce membre innofensif. La liche avait été détruite longtemps avant. De plus la magie avait été annihilée comme tout le monde le savait. Gardant pour lui son opinion, Rhys embrassa Mèvie et sortit faire sa promenade journalière en pensant que bientôt il pourrait se promener librement dans ce monde... Enfin.
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MessageSujet: Re: Brouillon   Mar 6 Fév - 15:57

Cario Delaig sortait d'une entrevue privée avec le Bazileus lorsqu'il croisa Aliocha. Celui ci s'arreta en le fixant puis lui demanda de le suivre.
_ J'aimerai parler un peu avec vous Cario, mon ami.
_ Je suis à toi dans un instant si tu le permets.
_ Non, je ne le permet pas. Suivez moi.
Delaig comprit immédiatement la menace voilée et le suivit d'un air rageur.
Ils sortire,t dans une cour intérieure et Aliocha l'emmena vers le centre, à l'ombre d'un grand pin. Après s'être assis sur l'un des bancs de pierre entourant l'arbre, Aliocha pria Delaig d'en faire autant.
_ Tout d'abord je voudrais vous féliciter. Les renseignements que vous avez offert aux Protecteurs sont exceptionnels. Vous avez surement beaucoup travaillé pour cela n'est-ce pas?
_ Je ne fais que servir le Bazileus, feinta Delaig.
_ Bien sûr... Avez vous des nouvelles de Satyia?
_ Je te rappelle que c'est toi qui l'avait soit disant décidé à travailler pour nous. Il est évident qu'elle n'avait pas le caractère pour être un agent double. Mais pour changer tu as voulu faire ça en solo. Il est temps de réaliser que ce jeu est dangereux Aliocha.
Se levant lentement, le jeune homme fit quelques pas avant de répondre.
_ Savez vous seulement qui je suis? murmura t il.
_ Je connais ce qu'il m'interesse de connaitre, à savoir l'essentiel, repliqua Delaig.
_ Parfois on croit savoir beaucoup de chose... et on découvre que l'on ne sait rien.
_ Que cherches tu à me dire? J'avoue que là j'ai du mal à suivre, s'ennerva l'homme des services secrets.
Se plantant devant son interlocuteur, Aliocha le regarda dans les yeux cherchant à lire dans ce regard pervers et cruel.
_ Vous êtes un homme etrange Cario. Vous êtes toujours bien vêtu, mais coiffé étrangement. Vous êtes toujours aimable et pourtant vous êtes une vraie bête féroce. Vous appréciez le luxe pour vous et l'indigence pour les autres. Vous dites servir le Bazileus mon père et vous ne pensez qu'à vous même... Et ce qui m'amuses le plus, c'est que vous connaissez la vie privée de personnes vivants sur d'autres planètes mais vous ignorez presque tout de personnes que vous cotoyez tous les jours...
_ Ce sont les paradoxes de la vie, sourit Delaig.
Son sourire disparut en voyant le regard noir et profond d'Aliocha. Pour la première fois depuis longtemps il eut peur. Aliocha semblait capable de lire en lui même comme dans un livre ouvert...
Aliocha reprit en lui parlant de ses compétences et de son service si compétent.
_ A propos, vous n'avez pas chercher très loin vos informations. Celles que vous avez données aux Protecteurs. Ce n'était pas une question, mis une affirmation. Cario Delaig bondit.
_ Que savez vous? Qui vous a parlé? Comment?
_ N'est ce pas vous le professionel du secret, repliqua Aliocha en s'écartant. Ces renseignements que vous avez obtenu... grace à un traitre! Mais il était trop facile de dire cela. Et peu gratifiant. En racontant que vous aviez du extorquer ces informations à plusieurs rebelles importants et que vous aviez génialement tout recoupé, cela fait de vous un homme important. Un homme que mon père ne virera pas trop vite car il est talentueux...
_ Mais qu'importe! L'essentiel n'est-ce pas les résultats? se défendit Delaig.
_ Vous avez menti à mon père! susurra Aliocha Et en lui mentant vous mentez à tout le peuple!
_ Depuis quand se soucit on du peuple dans ce palais? N'est ce pas toi qui m'as dit que tu méprisais tout ces abrutis qui rampent devant ton père en esperant recevoir un faveur. N'est ce pas toi qui demandes régulierement que l'esclave soit rétabli? N'est ce pas toi qui aime faire peur pour ranimer la fidélité au Bazileus? ... Mais avec moi ça ne marche pas. Je ne te pensais pas si ... si naïf.
En se rapprochant de Delaig, Aliocha le prit par le col et lui parla à quelques centimetres du visage.
_ Quand je te dis que tu ne me connais pas Delaig, c'est que j'ai mes raisons! ... Crève, vermine. D'un mouvement rapide Aliocha lui planta une aiguille dans le coup. Tes muscles vont simplement se paralyser et tu ne pourras plus rien faire. Tu aimerais surement savoir pourquoi je fais ça... Puis haussant le ton, il simula l'étonnement.
_ Cario, mon ami, que se passe t il? Qu'avez vous? A l'aide, Cario Delaig a un malaise, cria t il en direction d'un garde. Allez chercher un médecin. Vite!
Delaig le regardait fixement, ne controlant plus rien. Seuls ses yeux étaient encore animés. Aliocha le prit dans ses bras et le déposa au sol, puis lui murmura à l'oreille.
_ Je vais prendre ta place. Désormais, je vais mener la danse comme je l'entends, Cario mon ami, ironisa t il. Je vais enfin m'installer au Palais. Avant d'en prendre la tête, j'ai besoin de le connaitre, tu comprends. Et tu me gênais beaucoup trop. Tu as été un véritable emmerdeur toute ta chienne de vie. Tu n'étais bon qu'à ça d'ailleurs...


La mort de Delaig, quelques jours seulement après le franc succès contre les Rebelles, ne passa pas inaperçue. Les médias officiels en parlèrent pendant plusieurs jours.
Aliocha fut effectivement nommé à la tête des renseignements et de la sécurité du Palais. Il fit accélérer l'enquête sur la mort de Delaig. Sa présence excluant toute tentative d'assassinat direct, le dossier fut classé. Le lendemain de sa nomination, plus aucun média ne parlait de son prédecesseur. Il appartenait déjà au passé.
Les nombreux Rebelles faits prisonniers lors de la grande rafle de ces derniers jours furent soulagés d'apprendre la mort de Delaig. Cependant l'étonnement et la crainte réapparurent très vite. Ceux d'entre eux qui été interrogés par Aliocha ne revenaient jamais en cellule. Ils disparaissaient et plus personne n'entendait parler d'eux.
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MessageSujet: Re: Brouillon   Mar 6 Fév - 16:00

Un journal à la main, Rhys questionnait Swensson à propos des dernières nouvelles.
Il savait maintenant que le Bazileus avait rejoint la Grande Révolution et qu'il devenait ainsi un allié de ce tyran. De plus les photos des ambassadeurs de la cause révolutionnaire lui avaient montré des têtes connues, en particulier celle de Lord Cruuft. Il n'en avait rien dit à Swensson.
_ Alors Rhys, que veux tu savoir de plus maintenant? Je crois t'avoir tout dit sur ce qui se passe dans cette ville.
_ Juste un dernier point qui m'interesse. Je vois là qu'un certain Aliocha Djenils a été nommé à la tête des renseignements. Pouvez vous me dire qui il est?
_ Heu... c'est que... oui, je peux, bafouilla Swensson en reflechissant à ce qu'il allait pouvoir dire. C'est un ... un batard du Bazileus, même si cela se sait très peu. Ce que l'on sait de lui, c'est qu'il est atteint d'une maladie rare... Enfin il se murmure que ce n'est pas vraiment une maladie... Toujours est il qu'il parait deux fois plus jeune qu'il ne l'est vraiment. Ceux qui ne le savent pas ne se méfie pas de lui... et le regrette souvent plus tard.
Remarquant le trouble du savant, Rhys décida de ne pas trop lui en demander. Il demanderait plus tard à Krolm et Mèvie.
_ Dans ce cas, je vous remercie pour vos renseignements. Je vais allez me dégourdir les jambes dehors... A propos, quand pourrons nous avoir ces puces que vous nous avez promis?
_ D'ici 3 ou 4 jours je pense.


Marchant le long des jardins, Rhys repensa à la réaction de Swensson lorsqu'il lui avait parlé d'Aliocha Djenils. Il avait essayé d'éviter la question, comme si celle ci le dérangeait. Il en savait forcement plus sur cet homme, mais refusait d'en parler.
Arrivant à l'extremité ouest de la rue, Rhys tourna sur sa droite, vers le nord. D'habitude il faisait quelques pas dans la direction opposée, longeant d'autres propriétés de grandes dimensions. Mais cette fois il se dirigeait vers de immeubles de verres et d'acier. Derriere il pouvait apercevoir des bâtiments gris, déprimants.
Un bruit de vitre cassée le tira de sa torpeur. Au coin d'une rue perpendicullaire, une groupe d'hommes en noir s'agitait autour d'une voiture. Une femme fut expulsée violemment. Elle gémissait de peur. Malgré les injonctions de l'un des agresseurs, elle se mit à hurler lorsque ses enfants furent à leur tour sortis sans ménagements du véhicule.
D'abord immobile, Rhys s'était rapidement approché, tout en restant de son coté de la rue. Lorsque il vit une lame apparaitre dans la main d'un bandit, il traversa la rue rapidement malgré ses jambes lourdes, tout en constatant que la circulation continuait normalement. Personne ne s'arretait.
Arrivé à 5 metres des agresseurs, l'un d'eux le remarqua et, tout en appelant ses compagnons, sortit une bombe paralysante de sa poche. Rhys s'écarta sur le coté. Respirer ce produit l'immobiliserait pendant une minute, ce qui était suffisant pour mourir face à de tels lascars.
Il décida de gagner du temps.
_ Si je peux me permettre un conseil, vous devriez laisser cette dame partir avant qu'il ne vous arrive des ennuis.
Celui qui semblait être le chef se mit à rire ouvertement.
_ Crois tu sérieusement que tu vas nous gêner? D'ici cinq minutes tu seras allongé sur le bord de la route. Personne ne s'occupera de toi, sinon la patrouille de Protecteurs qui t'emmenera à la morgue dans un quart d'heure.
_ Je n'en metterai pas ma main à couper, répliqua Rhys. Aussitôt il se jetta sur l'encagoulé le plus proche de lui et d'un grand coup de tête lui fit exploser le nez. Profitant de son étourdissement, il le souleva et le jetta sur celui qui tenait la bombe paralysante. Il s'écarta un peu en retenant sa respiration et fit le tour de la voiture.
L'homme qui lui avait parlé prit la femme dans ses bras et dévoila un sourire de carnassier.
_ Tu te debrouilles pas trop mal et tu sembles assez fort. Mais si tu approches je la tue.
_ Et si elle meurt, je t'enverrai la rejoindre dans la mort, fais moi confiance.
_ On peut peut être trouver un arrangement, mon pote. C'est toujours possible, proposa l'homme en noir.
Remarquant les mouvements de ses deux complices, Rhys tira les deux enfants derrière lui.
_ Le seul arrangement possible, c'est que vous partiez tout de suite et les mains vides. Sinon vous ne repartirez pas sur vos jambes.
Le malfrat lui fit un clin d'oeil et lacha la femme.
_ T'as raison, mon pote. Je te les laisse, dit il en voyant arriver une voiture noire. Les hommes en noirs grimperent tous rapidement dans le véhicule qui partit sans bruit en glissant sur la route.
Au même instant, un petit vaisseau apparut dans le ciel et derrière eux surgit une patrouille de Protecteurs.
_ Relachez les enfants rapidement! Vous êtes cernés.
Rhys fit ce qu'on lui demandait en pensant à ce qui allait suivre.
_ Posez vos mains sur le mur et écartez les jambes.
Puis il sentit des mains le fouiller rapidement en s'attardant sur ses jambes de fer. Derrière lui il entendit le femme declarer qu'elle n'avait rien à dire et repartir avec sa voiture, comme si rien ne s'était produit.
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MessageSujet: Re: Brouillon   Mar 6 Fév - 16:00

Rhys tenta d'amadouer les Protecteurs, sans se faire beaucoup d'illusion, Krolm et Mèvie lui ayant parlé de ces policiers particuliers.
_ Je crois qu'il y a erreur sur la personne messieurs. Vous devriez peut être m'écouter.
Une insulte et un coup dans les côtes lui firent comprendre que toute discussion serait vaine.
L'un des Protecteurs s'avança avec une machine étrange et la promena au dessus de sa main droite. Après plusieurs tentatives, il annonça à son supérieur que le suspect n'avait pas de puce d'identité.
_ Alors comme ça on se promene sans puce, lui dit une voix fluette derrière lui. Vous savez bien sûr que c'est interdit et ce que vous encourez pour une telle négligence.
_ Désolé de vous decevoir, mais je ne comprends rien à ce que vous dites.
Il sentit aussitôt s'abattre sur son dos une matraque.
_ Ne jouez pas au malin avec moi, susurra la petite voix dans son dos. Je n'aime pas les plaisantins dans votre genre. Retournez vous et declinez votre identité.
_ Je ne crois pas que mon nom puisse vous être utile, dit il en faisant face à la femme qui l'interrogeait.
Cette dernière était plutôt petite, mais une force etrange émanait d'elle. Son visage était défiguré par deux cicatrices qui allaient des coins de sa bouche jusqu'aux oreilles, marques indélébiles de ce qu'elle avait du souffrir. Le nez était plusieurs fois cassé et le reste du visage était constellé de petits cratères. Au milieu de ce visage d'horreur, de petits yeux chafouins fixaient Rhys sans aménité.
_ Bon, ça suffit comme ça. On l'emmene. Dhien et Farl vous le prenez avec vous, je n'ai pas envie de me coltiner cet abruti dans les airs. Amenez le au Central. Je m'occuperai de lui ce soir. Puis se tournant vers Rhys Je te conseille de reflechir un peu dans ta petite tête. Parce que ce soir, je vais te secouer si je n'ai pas ce que je veux. Compris?
Elle s'éloigna sans attendre la réponse et Rhys se sentit tiré en arrière par des mains puissantes. Il fut enfermé dans une petite cage à l'arrière d'un véhicule blindé de patrouille. Il constata la presence de cinq autres cages identiques à la sienne. L'une d'elle était occupée par une fillette de 14 ans vêtue très legerement et accroupie dans un coin. Lorsqu'elle leva les yeux vers Rhys, celui ci apercut un visage sur lequel se mélangeaiant larmes et maquillage.
Avec un soupir, il se laissa glisser au sol lui aussi, attendant l'arrivée au Central avec impatience. Peut être aurait il le droit de parler un peu plus là bas.
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MessageSujet: Re: Brouillon   Mar 6 Fév - 16:01

Le voyage dura plus longtemps qu'il ne le pensait. Les Protecteurs effectuèrent plusieurs patrouilles et deux autres personnes vinrent les accompagner dans les cages. Un homme au regard vide et un autre très bien sûr lui, habillé comme pour une fête et portant de nombreux bijoux sur tout le corps. Il fut impossible de tirer un mot du premier et le second s'avéra être un dealer.
Auparavant la gamine lui avait apprit qu'elle avait été ramassé pour prostitution. Elle se défendit que c'était sa dernière chance de pouvoir manger et survivre. Elle faisait cela depuis seulement trois jours.
Tombé sur l'envers du décor, Rhys pensa à toute la misère qui devait exister dans cette ville aux dimensions impressionantes. L'endroit où s'érigeait la Rose des vents était un petit paradis. Et aux portes du paradis se trouvait l'enfer. Sans transition.

Rhys repensa à ce qu'il avait vécu étant enfant. Il avait rarement été en ville et toujours dans des endroits luxueux, pleins de vie et de beautés. Lorsqu'il était entré à l'E.E.S il n'avait encore jamais vu de quartier pauvre... C'est pourquoi il fut envoyer, dès sa deuxième année, dans des villes où la misère humaine suintait des murs, où la crasse se lisait dans les yeux des enfants, où l'air était irrespirable; et pourtant des millions d'êtres humains vivaient dans des lieux identiques. Ces missions lui firent prendre conscience de la réalité et pour cela il n'avait jamais cessé de remercier ses professeurs.

Les portes grincèrent soudain et un flot de lumière entra soudain, eblouissant les quatre prisonniers. Les cages s'ouvrirent l'une après l'autre et les prisonniers furent emmenés en file vers une entrée vitrée.
Ils étaient sur une place. De nombreux véhicules étaient stationnés et Rhys fut surpris de voir des voitures à pneux. Le système d'aéroglisse était maintenant utilisé partout et il ne s'imaginait pas trouver d'anciens spécimens de véhicule en pleine ville. Puis il réalisa que dans certains quartiers les routes étaient peut être en trop mauvais état pour y lancer des véhicules aéroglisseurs sans risque.
Il suivait l'homme au visage inexpressif, surement un fou. Aussi ne fut il pas surpris lorsqu'il vit qu'il s'agitait, pris d'une crise de tremblements. Au moment où la crise semblait se calmer, l'homme se retourna vers Rhys et lui cria:
_ Plutôt crever que de passer entre leurs mains.
Puis il s'effondra, bavant une écume blanchatre, bientôt accompagnée d'un filet de sang. L'un des Protecteurs le repoussa du pied et lui tira une balle dans la tête, s'assurant ainsi de sa mort.
Derrière lui, Rhys entendit les pleurs de la gamine. Le dealer fanfaronnait un peu plus loin, riant que le mort devait en avoir gros sur la conscience pour se donner la mort de façon si violente.
Une main le poussa dans le dos avec un juron. Ils entrèrent dans le bâtiment et furent conduit dans une petite salle au sol et aux murs carrelés. Un banc occupait le mur de droite. Ils furent poussés sur la gauche. Au centre se trouvait un petit bureau derrière lequel trônait un petit homme replet au visage brillant de sueur surmonté d'une calvitie bien marquée. Le fonctionnaire remonta ses lunettes d'un doigt boudiné et demanda où se trouvait le quatrième prisonnier.
_ En route pour le crématorium à l'heure qu'il est. Suicide, répondit l'un des policier.
Le dealer et la fille furent pris en photo et on leur mit un bracelet de fer au poignet. Dans celui-ci, le rondouillard avait incorporé une puce avec l'identité et les causes de l'arrestation du prisonnier. Les deux traversèrent la piece et s'assirent sur le banc, face à Rhys.
Le fonctionnaire se tourna ensuite en soupirant vers ce dernier.
_ Avez vous reflechi à votre identité? Vous vous éviteriez bien des ennuis en nous disant tout de suite ce que nous voulons.
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MessageSujet: Re: Brouillon   Mar 6 Fév - 16:02

La réponse ne venant pas, l'un des Protecteurs lui balança un coup de mattraque dans le ventre. Il s'appretait à recommencer lorsque la porte s'ouvrit. Rhys reconnut la femme en uniforme, mais pas les trois gorilles qui l'accompagnait.
_ He bien Farl, je vois que vous vous faites plaisir. Emmenez les autres prisonniers, nous allons nous occuper de celui ci.
Lorsque les deux Protecteurs furent sortis avec le dealer et la fille, la femme se tourna vers le fonctionnaire vissé à sa chaise.
_ Je suis le capitaine Fyrya Calmina. Je prends l'affaire en main. Vous pouvez disposer.
_ Bb... bien capitaine. A vos ordres, s'executa le petit homme grassouillet.
Le capitaine Calmina se tourna alors vers Rhys avec un rictus, rendant son visage encore plus affreux.
_ Maintenant que nous sommes entre nous je vais t'écouter mon gars. Mais je te préviens, je ne suis pas très patiente. Alors donne moi ton nom ou je te laisse à ces bonhommes qui se feront un plaisir de te casser en deux.
_ Avant d'agir, il est parfois nécessaire de reflechir. Apparemment ce n'est pas la base de l'enseignement policier par ici, ironisa Rhys. Cependant je veux bien vous aider dans votre reflexion. Contactez l'hôpital la Rose des vents, je suis sûr que quelqu'un là bas sera ravi de venir me chercher. Oubliez de le faire et vous risquez de le regretter longtemps.
La femme s'approcha de lui et, toute trace de sourire disparu, lui dit qu'elle n'avait rien à faire d'un hôpital. Elle lui proposa en revanche de l'aider à rejoindre la morgue s'il ne parlait pas. Rhys lui proposant alors de reflechir, elle lui envoya le genou entre les jambes. Rhys tomba au sol plié par la douleur.
_ Tu veux jouer à ça? Très bien. Je vais prendre du plaisir à te voir souffrir, dit elle en s'asseyant sur le bureau. On fera quelques petites pauses pour savoir si tu as envie de parler.
Sur un signe de leur capitaine, les trois gorilles s'approchèrent de Rhys.
_ Ouha.... et si... et si on discutait plus calmement, proposa t il en se relevant péniblement.
Aussitôt il sentit une matraque lui frapper les cotes, suivit d'un coup violent au visage et il fut projetté au sol. Avant même de pouvoir se proteger le visage il reçut une pluie de coups de pieds. Les coups plurent pendant plusieurs minutes sans qu'il ne puisse rien faire, essayant seulement de se proteger. Il plaça le bras droit devant son visage et se replia en boule. Excités par les coups donnés, ses trois tortionnaires ne remarquèrent pas l'etrange consistance de membres de Rhys.
A la première pause, Rhys se mit à genoux, étourdi. La femme lui prit une poignée de cheveux et tira dessus, le forçant à la regarder.
_ Alors comment tu t'appelles?
_ ... J'aimerai boire...
_ Dommage! On reprend, ordonna t elle.
_ Non, pitié! supplia Rhys. Je suis prêt à ... à vous dire ce que vous voulez.
_ Alors presses toi, je n'ai pas toute la vie devant moi.
_ Will... je m'appelle Will ap Gerfus. Mais s'il vous plait, appelez la Rose des vents, ils pourront vous expliquer pourquoi je n'ai pas de puce.
La femme alla s'asseoir derrière le bureau et commença à pianoter sur l'ordinateur qui s'y trouvait. Pendant ce temps, Rhys se releva en s'acrochant au banc.
_ Ce nom n'existe pas, s'ecria Fyrya Calmina. Tu vas le regretter fils de chien.
D'un air assuré, Rhys lui sourit et lui dit:
_ Bien sûr que non. Tout cela ne te regardes pas, ma chérie. Mais pour ton bien et pour celui de tes gorilles, il serait temps de cesser vos bêtises. Je me suis laissé surprendre une fois, ça ne se reproduira pas.
L'un des hommes se jetta sur lui, mais Rhys repliqua immédiatement et lui ecrasa violemment son poing de fer sur la face. Les os craquèrent et le corps retomba sans vie, le visage en sang.
_ Tu vois cocotte, tes rigolos ne sont pas bien méchants... surtout pas lui, reprit Rhys. Alors encore une fois je te propose d'appeler la Rose des vents avant qu'il ne soit trop tard.
_ Va chier! ... Tuez le, rugit elle.
Les deux hommes mirent la main à leur coté pour prendre leur arme, mais Rhys se jetta sur eux. Une lame apparut au bout de sa main, égorgeant le premier et transperçant le second jusqu'au coeur. Lorsqu'il se retourna, sa main était vide et couverte de sang.
_ Maintenant tu vas faire un effort et chercher le numero de l'hôpital que je te demande. Tu vas l'appeler et on va aviser. Compris?
Il ramassa le mitrailleur d'un mort et ferma la porte avec le verrou. Dirigeant l'arme vers le capitaine Calmina, il l'obligea à faire ce qu'il lui demandait.
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