Les histoires de Charlie

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 Brouillon

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Charlie
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MessageSujet: Re: Brouillon   Lun 8 Jan - 4:11

Elle était là! Encore une fois, il avait la chance de se trouver en face de Nola. Elle était de plus en plus belle chaque fois qu'il la voyait. Elle devait avoir douze ans alors et sa feminité naissante lui donnait une grâce qui lui ravissait le coeur. Ses cheveux d'or brillaient de la lumière du soleil couchant. Bientôt ils devraient rentrer, mais Rhys essayait de ne pas y penser. Il essayait de ne pas penser, de profiter du bonheur qu'il éprouvait au contact de Nola.
Ils étaient tous les deux assis à même le sol, devant le lac de la propriété parentale. Ils se tenaient la main tendrement. Le ciel vermillon se refletait dans l'onde pure du lac. La sérenité du lieu agissait doucement sur les deux adolescents. Ils n'osaient parler de peur de rompre le charme, mais leur regards étaient suffisamment expressifs. Nola posa sa tête sur l'épaule du garçon. Elle semblait aussi heureuse que lui. Se penchant vers elle, Rhys huma avec plaisir son parfum délicat.
Au moment où leur levres allaient se toucher, un cri retentit. Un appel. Rhys reconnut aussitôt la voix de son frère. Il se releva d'un bond, aida Nola à faire de même. Puis il se séparèrent, comme ils l'avaient convenu depuis longtemps. Ainsi, personnene pourrait savoir qu'ils étaient ensemble quelques minutes auparavant...

Le soir, en se couchant, Rhys repensa à ces instants de délices si rares. Pourtant il ne voulait plus se cacher. Son frère ne lui faisait pas peur. Son père ne pourrait rien faire pour l'empecher de revoir Nola. Sa mère le soutiendrait surement... Mais Nola lui disait d'attendre. Encore attendre. Toujours attendre... Rhys savait que dans le fond elle avait raison. Ils pouvaient bien attendre encore quelques années. Ils n'étaient plus à ça prêt. Mais l'impatience le gagnait. Il avait le droit d'avoir une vie normale! Pourquoi son frère pourrait-il faire ce qu'il voulait et pas lui?
Une fois de plus, Rhys songea à l'inégalité qui regnait entre son jumeau et lui. Il en voulait à ses parents, mais comment le leur dire, leur faire comprendre qu'il était malheureux et que... Non! Ils ne comprendraient même pas. Ils ne l'écouteraient pas. Rhys n'était que le second...



Cette fois, Rhys était dans un endroit exigu. Il avait tout juste la place de bouger les bras et les jambes. Il reconnut la cabine de pilotage d'un nouveau vaisseau. Un prototype que son père avait accepté de le laisser piloter. Cela faisait déjà deux semaines que Will pilotait ce vaisseau, mais Rhys venait juste d'avoir la permission de l'essayer, malgré tout son talent.
Cette fois, il ne s'agissait pas d'un simulateur, mais d'un véritable vaisseau. Toute défaillance était dangereuse et le vaisseau avait déjà beaucoup servi pour un premier exemplaire. Cependant Rhys était décidé à tenter sa chance. Cela faisait déjà trois ans que son père leur apprenait comment manoeuvrer un vaisseau spatial et Rhys était sûr de ses capcités.
Quelques instants plus tard, le vaisseau s'arrachait à l'attraction planétaire, lorsque Rhys passa en propulsion hyperespace. Aussitôt des lumières rouges s'allumèrent sur le tableau de bord. Le son strident de l'alarme retentit. Toute communication rompue avec ses vaisseaux escortes, Rhys devait décider seul de la marche à suivre. Il fit alors demi-tour, afin de se rapprocher de sa planète-mère. Puis désactiva manuellement l'hyperespace.
Il sentit tout le vaisseau trembler. Il désactiva tout les réacteurs gauches, l'un d'eux étant en flammes. L'entrée dans l'atmosphère fut brutale, trop rapide. Dans un reflexe de survie, le garçon mit son masque à oxygène.
Un réacteur droit explosa, secouant davantage le vaisseau qui commencait à perdre certaines parties de son blindage.
Rhys préparait son éjection, lorsqu'il sentit une violent douleur à son bras droit... Comme si quelqu'un essayait de le lui arrachait! Il regarda son bras et s'aperçut qu'un morceau de métal avait déchiré sa manche et avec la violence du choc la douleur s'était repercutée dans tout le bras.
Le vaisseau resistait encore et Rhys vit la terre se rapprocher à grande vitesse. Forçant sur le manche de pilotage, il réussit à redresser le bâtiment.
La dernière chose qu'il aperçut fut la cime des arbres. Le choc fut très violent et Rhys perdit connaissance en pensant qu'il allait perdre son bras droit...
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Charlie
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MessageSujet: Re: Brouillon   Lun 8 Jan - 4:12

Puis une succession d'images déferla dans sa tête. Il se vit, agé de huit ans, tomber d'un arbre. En touchant le sol, son bras droit subit tout son poids et il hurla de douleur. Il ressentit l'atroce souffrance dans l'épaule et le coude. Will qui était encore dans l'arbre semblait jouir du spectacle...
Lorsque ses larmes se disipèrent, il avait une vingtaine d'années. Il venait de s'entrainer avec un ami à l'Ecole de l'Elite Spatiale. Un mauvais coup au bras droit le faisait souffrir le martyr. Le coup avait fait renaitre une vieille douleur. Mais le coup était involontaire, pas comme la fracture qui avait affaibli son bras...
Il devait avoir une douzaine d'année quand Will lui avait cassé le bras droit. Une seule fracture, mais une douleur lancinante. Il avait été plâtré pendant plus d'un mois. Ce plâtre l'avait empeché de suivre un entrainement normal. Ce qui lui avait valu des sarcasmes de son frère, de son cousin et d'autres, encore plus blessantes bien que moins prononcées, de son père. Il n'avait pas dit que Will l'avait frappé avec une barre de fer, car personne ne l'aurait cru. Mais il s'était bien vengé! Grâce à une plante que lui avait indiqué Nola et qu'il avait dissimulé dans l'assiette de son frère, ce dernier était resté une semaine allité...
Agé de quatre déjà, il avait fait une chute en voulant grimper à un grillage. Son pied avait glissé bêtement et il s'était coincé la main dans la clôture. Il avait pesé de tout son poids sur ses articulations. Il avait cru que son bras droit s'arrachait...
Le jour de son quinzième anniversaire, il jouait avec son frère et une dizaine d'amis. Lors d'une mêlée générale il s'était fait coincer le bras droit sous le tas que formait tous ces corps aglutinés. Il se débattait autant que possible pour se dégager, mais en vain. Chaque fois, un nouveau corps venait choir sur lui...


_ Satyia! Empechez le de bouger. Il remue beaucoup trop.
_ J'essaie de l'attacher, mais il est trop fort. Les principales attaches sont de plus en plus lâches... et pour le reste, je n'arrive pas à serrer plus fort.
_ Tenez le! S'il bouge trop je vais foirer l'opération. Ce n'est déjà pas facile en temps normal, mais là c'est de plus en plus compliqué.
...
_ Je suis désolée, mais je ne peux rien faire! Je ne vais tout de même pas...
_ Si! S'il faut, injectez lui encore de quoi le calmer.
Satyia hésitait. Appuyant de toutes ses forces sur le corps de Rhys, elle tentait de le maintenir allongé; mais les tremblement dont était agité le corps l'empechaient de réaliser sa volonté. Elle se résigna donc à prendre une nouvelle seringue... Une deuxième dose était la seule solution, malgré le danger que cela représentait.
En enfoncant l'aiguille dans la chair de Rhys, elle se surprit à prier.
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MessageSujet: Re: Brouillon   Lun 8 Jan - 4:13

La douleur avait soudain disparue. Plus rien. Il se sentait planer. Partout le brouillard. Il ne distinguait rien... Au loin, une petite lumière clignotait, mais elle était trop loin. Rhys décida de l'ignorer. Le brouillard semblait s'éclaircir. La lumière se rapprochait. Soudain, l'obscurité disparut, sa vision s'éclaircit, une salle apparut...
Son esprit flottait au dessus de la salle. Une salle grise et lugubre, dénuée de décor. Au centre trônait une table sur laquelle reposait un corps nu. La table poisseuse de sang l'attirait inéxorablement. Le corps était abîmé. Partout des cicatrices, des plaies, des griffures, des traces de sang, de brûlures et de gelures, des blessures récentes et anciennes. Le plus frappant était l'absence de jambes...
L'homme semblait dormir, car son torse se soulevait regulièrement, calmement. Il avait les yeux fermés. Son visage rayonnait la quiétude. Le silence s'alourdit soudain. Sans qu'un son ne se produise, Rhys eut l'impression qu'il allait se passer quelque chose.
Le bras droit se dressa subitement. La respiration de l'homme devint hachée. Son torse se dressat à demi. Son corps fut parcouru de tremblements. Il ouvrit de grands yeux dans lesquels Rhys ne se vit pas... Le bras dressé bleuissait. Sans que Rhys ne le sentit, le froid semblait semparer du bras droit levé de façon grotesque. Rigide et marbré de plaque de froid, le membre dressé perdait sa vigueur. Puis sans que rien ne le laisse prévoir, il tomba au sol... sans un bruit, sans un craquement, sans un choc.
De l'épaule suintait un liquide jaunâtre. Le visage de l'homme était à présent marqué par la douleur. Son bras encore valide battait l'air, puis s'abbatit d'un coup sur la blessure, prenant les chairs mortes à pleines mains et les arrachant. Un flot de pus jaillit, laissant la main souillée d'un liquide collant et pestilentiel. Mais rien ne l'arretait! Peu à peu, la blessure se referma d'elle même. Le flot malodorant stoppa. Le dernier morceau de tissus morts disparut. Le bras tombé était tombé en poussière. L'épaule avait cicatrisé.

Le calme revint sur la pièce. L'homme toujours éveillé, tourna la tête vers Rhys... et c'est alors qu'il remarqua que ce corps était le sien!
Au moment où il comprit, il sentit son esprit attiré par ce regard toujours vide, comme absorbé... Se réveillant brusquement, Rhys se redressa, observant Swensson et Satyia d'un air tout aussi étonné qu'eux.
Swensson fut le premier à réagir:
_ He bien! On peut dire que vous êtes un dur à cuire. Deux doses de calmant maison et vous êtes déjà reveillé... C'est pas mal.
Rhys ne répondit pas, absorbé dans ces pensées, essayant de trouver un sens à ce qu'il venait de vivre. Tous ces rêves qui s'enchaînaient sans beaucoup de lien.
Satyia se taisait, couvant Rhys du regard. Elle n'osait parler. Avant le réveil du blessé, Swensson l'avait sermonner sur ses rapports avec lui. D'après le scientifique, elle ne pouvait être à la fois infirmière et amante. Ses paroles montraient clairement qu'il n'accepterait pas qu'elle manque à ses devoirs.

La voix de Swensson tira les deux jeunes gens de leur rêveries:
_ Alors, comment allez vous? Vous ne nous parlez pas... Vous avez du mal à vous réveiller ou c'est autre chose? Vous ne pensiez pas survivre? He bien si! Grâce à mon experience vous êtes là. Sain et sauf. Mais ce n'est pas finit. Comme vous pouvez le remarquer vous n'avez plus votre bras mort... Rhys réalisa alors que son rêve était bien réel. Jusqu'à présent, plongé dans ses reflexions, il n'avait pas fait attention à son épaule gauche. Il fut surpris de ce qu'il y découvrit. et que votre épaule se termine maintenant par une articulation en métal. C'est le même système que vos jambes. C'est la surprise que je vous réservez. Cependant vous n'avez pas tout vu encore! Vos jambes sont soudées à vos hanches désormais. Votre bras, lui, pourra être enlevé aussi souvent que vous voulez. Mieux! Je vous ai fait faire plusieurs bras... Des bras multi-fonctionnels en quelque sorte. Bien sûr vous commencerez par un bras simple, exactement semblable à un bras humain. Lorsque vous aurez parfaitement appris à vous en servir je vous ferais essayer des bras plus particuliers. Je pense que nous aurons la chance de pouvoir ous reparler de cela plus tard, quand vous vous serez reposé. A moins que vous ne soyiez en pleine forme? Dans ce cas, je me ferai un plaisir de...
_ Non! Le cri rauque interrompit le savant dans son discours, qui prit alors un air offensé. Je ne suis pas... en pleine forme, comme vous le dites. J'aimerai... me reposer... un peu... Je suis désolé de... vous avoir interrompu... mais un tel débit de paroles me fait... mal au crâne. J'aimerai me...
_ Mais bien sûr, bien sûr, reprit Swensson, qui avait perdu son air outré. C'est naturel que vous soyiez fatigué après ce que vous venez de vivre. Je comprends très bien que vous ayiez envie de vous reposer. Mais je tenez à vous informer tout de même de ce qui s'était passé pendant votre sommeil. Croyez moi, l'opération ne fut pas une partie de plaisir. Quant au fait de savoir que vous allez devoir apprendre à vous servir d'un bras mécanique, cela est essentiel et je ne pouvais vous laisser repartir avnt de vous le dire. Mais maintenant que cela est fait, vous allez vous reposer. C'est évident. D'ailleurs j'allais vous en parler. Le repos est très important après une opération. Cela évite que le corps ne réagisse mal.
_ Docteur!
_ ... Oui! ... Bon. Satyia vous vous ramener dans votre chambre! ... Non. Enfin si. Mais je vais vous accompagner, dit il en jettant un regard étrange vers Satyia.
_ D'accord, mais évitez de me parler s'il vous plait.
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MessageSujet: Re: Brouillon   Lun 8 Jan - 4:14

Rhys s'endormit avant d'atteindre la chambre. Swensson avait pourtant essayé de lui reparler de l'innovation que représentait son bras, mais Rhys l'avair fait taire d'une parole désagréable.
Swensson et Satyia le laissèrent seul, allongé, dormant d'un sommeil lourd. Son visage avait une expression presque enfantine, lorsqu'il dormait ainsi. Satyia ne put s'empecher de couver ce visage du regard, soupirant en sortant de la chambre. Swensson comprit alors que le moment de réagir était venu; entrainant Satyia dans son bureau, il attaqua aussitôt:
_ Satyia, à quoi joues tu avec ce... cet étranger? Je n'aime pas trop la façon dont évolue vos rapports! Aurais tu oublié qu'une infirmière ne doit pas s'attacher à ses patients?... Nous ne sommes pas dans un monde facile, tu n'as pas eu une vie facile non plus. Mais lorsqu'il s'agit de ton travail, je ne veux pas que tes sentiments entre en jeu.
_ Vous me demandez de ne pas avoir de sentiments? ... Vous savez bien que c'est impossible. De plus l'amour n'est pas quelque chose que l'on commande à volonté. J'ai...
_ Haa l'amour. Voila le mot laché! Crois tu vraiment qu'il s'agisse d'amour? Je te connais depuis suffisament longtemps Satyia pour savoir que tu n'aimes pas cet homme. Tu es attirée par lui, peut être. Mais ce n'est pas de l'amour.
_ Qu'est-ce que vous en savez? Vous ne savez pas ce que c'est que l'amour! ... Quand je vois ce visage si doux et si torturé, ce corps si fort et si fragile en même temps, quand...
_ Qu'est-ce que je disais! Ce n'est que l'aspect étrange de cet homme qui t'attire. Tu ne sais rien de lui et cela te captive. Tu te laisse tomber dans ce gouffre inconnu, comme... comme... comme dans un piège. Rhys est encore un inconnu pour nous! Il refuse de communiquer et son passé est peut être dangereux! Et si cela ne te suffit pas, tu ne connais rien non plus de sa vie privée avant.
_ Non! Mais je lui fais confiance au moins.
_ Et c'est là où tu as tord.
_ C'est trop facile de parler de ce que vous ne connaissez pas. Vous ne faites confiance à personne... parce que vous... vous n'aimez personne.
Swensson palit sous le coup. Pour la deuxième fois en quelques minutes, la seule personne qui comptait pour lui venait de l'accabler. Il pensa alors à tous les efforts, toutes les peines, tous les sacrifices réalisés par amour pour elle. Il l'avait élévée comme sa propre fille, sans comprendre qu'au fil du temps son amour pour l'enfant était devenu l'amour de la femme. Il en avait honte et faisait tout pour ne pas montrer cet amour. Les mots de Satyia venait de lui montrer qu'il avait réussit à cacher son amour... peut être un peu trop. Il donnait maintenant l'image d'un homme sans coeur aux yeux de celle qu'il considérait comme sa fille.
Réalisant que Satyia était sortie de la pièce, il s'assit à son bureau et pleura, la tête dans les mains. Il pleura comme il n'avait jamais pleuré...
Lorsque ses larmes se tarirent, Onrik Swensson se redressa et décida de ne pas changer. Satyia ne méritait pas son amour. Elle ne méritait pas de connaitre l'Amour.

Mais lorsqu'il sortit de son bureau, il se retrouva en face d'Arline. Son visage exprimait une inquiétude sortant de l'ordinaire. Son front ridé, sa levre inférieure tremblotante, son regard fuyant et sa coiffure en désordre suffirent au docteur Swensson. Arline avait plus ou moins deviné quels étaient les sentiments du savant pour Satyia et elle en avait parlé à Swensson à plusieurs reprises.
_ Qu'a t elle fait?
_ Elle... elle s'est... enfuie!
_ Quand?
_ En sortant de votre bureau... Elle a pris son sac, qu'elle n'avait pas encore défait, et elle est partie. Elle m'a dit ... qu'elle ne pouvait pas rester... car vous seriez... un monstre. Je crois qu'elle était profondément déçue et triste... Elle pleurait. Elle a dit aussi qu'elle ne reviendrait pas... jamais. Elle m'a demandé de prevenir Rhys. Elle ne voulait pas que je vous le dise.
Un voile obscurcit le visage du docteur. Il parla d'une voix rauque:
_ Vous n'en parlerez pas au ... à cet homme... Rhys. Je ne veux pas qu'il le sache. Je lui en parlerai moi-même, mais je ne veux pas que vous lui en parliez.
Surprise, Arline ne répondit rien. Elle ne savait que dire. Puis Swensson s'éloigna en répétant: Ne lui en parlez pas! Je ne veux pas qu'il le sache.
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MessageSujet: Re: Brouillon   Lun 8 Jan - 4:16

En sortant du bureau de Swensson, Satyia s'était précipité dans la petite salle qui lui servait de chambre lorsqu'elle dormait sur place, ce qui arrivait souvent. Elle se laissa tomber sur son lit. Elle ne voulait pas rester auprès du savant. Elle avait cru qu'il l'aimait. Elle l'avait aimé en retour. Mais tout cela n'était qu'illusion. Il s'était servi d'elle malgré la promesse faite à sa mère mourrante de s'occuper de Satyia comme de sa fille.
Ses yeux se posèrent sur son sac. Il était toujours fermé. Elle n'avait pas eut le temps de tout déballer. Aussitôt elle prit la décision de partir. Il ne restait rien à elle dans la piece à part une photo d'elle et de Swenssonn, l'un contre l'autre, devant le palais du Bazileus. Elle prit le cadre et l'observa quelques instants, puis elle le jetta contre le mur où il s'ecrasa dans un bruit de verre brisé.

Elle sortit sans refermer la porte. En croisant Arline, elle lui expliqua la raison de son départ et la supplia de prévenir Rhys sans en avertir Swensson. Après quoi, elle quitta le bâtiment. Elle traversa la rue et, une fois de l'autre coté, elle regarda pour la dernière fois son lieu de travail. Il allait falloir trouver autre chose maintenant...
Le coeur lourd, elle retourna chez elle.

En entrant dans son appartement, elle réalisa qu'elle l'avait quitté seulement quelques heures plus tôt. Mais l'opération de Rhys, puis sa discussion avec le docteur Swensson avait paru durer longtemps. Posant son sac dans l'entrée, elle referma soigneusement la porte, puis se dirigea vers la salle de bain. Après s'être aspergé le visage, elle se fit couler un bain. Puis une fois délassée, elle prit un reps frugal et s'allonga, pensant trouver rapidement le sommeil. Mais elle ne cessait de songer à Rhys... Quand pourrait elle le revoir? Et comment? Arline ferait elle ce qu'elle lui avait demandé? Et comment réagirait Rhys? Et Swensson? Puis elle reflechit au moyen de trouver rapidement un travail. Elle n'avait pas beaucoup d'économies car elle ne voulait pas trop demander à Swensson. Naïve, elle pensait qu'il ne lui voulait que du bien ou n'osait pas lui parler de son travail. Et Rhys, qu'allait il devenir? Il ne pouvait rester indéfiniment enfermé dans l'hopital.


Lorsqu'elle se reveilla, la nuit était tombée. La lumière de la rue illuminait le plafond. Mais son attention fut attirée par une ombre. Dès qu'elle tourna la tête, l'ombre disparue. Elle s'assit sur le bord du lit et attendit quelques minutes avant de se diriger vers la fenetre. Lorsqu'elle l'ouvrit le bruit et la chaleur l'assaillir, mais elle ne vit rien qui puisse être l'origine de l'ombre apercue.
Laissant la fenêtre ouverte, elle se rendit dans le salon. Elle fut surprise de ne pas voir la lumière rouge du recepteur allumée. Elle se racrochait encore à l'espoir que Swensson la contactes pour lui demander, voire lui ordonner de revenir. Ce serait toujours mieux que de rester seule, enfermée dans un appartement.
A cette pensée, elle prit les journaux qu'elle avait négligemment jeté en entrant. Les offres d'emploi étaient nombreuses mais il n'y avait rien qui corresponde à ces capacités d'infirmière. De plus, elle n'avait pas de diplome officiel et il était trop tard pour demander quoi que ce soit au docteur Swensson. Puis elle vit une offre de secrétaire... dans les palais même du Bazileus. La demande était vague et Satyia décida de tenter sa chance dès le lendemain.
Une explosion retentit brusquement dehors. Une lueur orange éclairait toute la rue. Des cris. Des gémissements. Des hurlements. Satyia comprit avant d'atteindre la fenêtre de son salon: une bombe artisanale. A travers les rideaux, elle remarqua deux hommes, ou plutôt deux formes enflammées qui s'agitaient désespérement en hurlant. Une carcasse calcinée entravait la circulation des autres véhicules. Plusieurs protecteurs étaient à terre, blessés et brûlés. L'une des torches vivantes s'écroula, tandis que l'autre continuait à chercher de l'aide.
Les badauds commencaient à être nombreux lorsqu'une autre patrouille de protecteurs arriva et dispersa la foule à coups de matraques. Des ordres beuglés s'ajoutèrent aux hurlements de terreur et de douleur de l'homme en feu. Quelqu'un apportait une couverture pour étouffer le feu calcinant la chair, lorsqu'il s'ecroula à son tour. Un silence de mort tomba sur la petite rue.
Une sirène ne tarda pas à se faire entendre, annoncant l'arrivée imminente des pompiers. Ceux-ci débouchèrent accompagnés par plusieurs véhicules policiers. Les protecteurs qui en descendirent bloquèrent rapidement toutes les issues. Un espace fut ménagé autour du lieu de l'attentat. Des contrôles furent réalisés sur toutes les personnes présentes. Rapidement, des protecteurs embarquèrent des piétons. Dans le ciel plusieurs hélicoptères apparurent. Au loin, Satyia put voir les rues voisines envahies de protecteurs. Le système de sécurité s'installer peu à peu, ayant pour but de coincer les auteurs de l'agression.
L'attention de Satyia fut alors attiré par autre chose. Elle venait d'entendre du bruit dans sa chambre. Se rappelant qu'elle avait laissait la fenêtre ouverte, elle frissonna. Regardant une dernière fois dehors, elle écouta attentivement avant de se diriger le plus doucement possible vers sa chambre. Elle retint sa respiration, tendant l'oreille pour capter le moindre bruit. Elle entendit confusément un souffle haletant, très leger. Satyia sentit ses jambes fléchirent...
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MessageSujet: Re: Brouillon   Lun 8 Jan - 4:17

Une forme grise bondit hors de la chambre et avant qu'elle ne comprenne ce qui lui arrivait, Satyia sentit l'individu se glisser dans son dos tout en lui mettant sa main sur la bouche pour l'empecher de crier. Elle se débattit de toutes ses forces, en vain. Puis son adversaire lui murmura à l'oreille:
_ Calmez vous, s'il vous plait! Ne faites pas de bruit! Cela ne sert à rien. Et surtout ne criez pas, n'appelez pas à l'aide. Je ne vous ferez pas de mal.
La voix ne lui paraissait pas inconnue, mais elle n'arrivait pas à trouver à qui elle pouvait appartenir. Lorsque le jeune homme la retourna doucement, elle le reconnut avec stupeur. Elle ne put s'empecher d'émettre un petit cri, mais Toryon, car s'était lui, tenait toujours fermemant sa main sur le visage de Satyia.
_ S'il vous plait, ne criez pas. Il ne faut pas que l'on sache que je suis ici. Pour vous comme pour moi... Enlevant sa main doucement, en fixant Satyia dans les yeux, il la rassura. Je ne viens pas pour vous voler ou vous faire du mal. Je viens pour vous demander de l'aide. J'ai besoin de disparaitre quelques instants... Mais si vous refusez, je repart. Je ne veux pas que vous ayez des ennuis par ma faute.
Satyia commencait à comprendre. L'ombre qu'elle avait aperçue en s'éveillant, s'était lui. Il s'était assuré de sa présence et ensuite...
_ Vous êtes responsable de l'attentat, n'est-ce pas? C'est vous qui avez fait ça?
_ Oui! Avec un ami.
_ Alors vous êtes un terroriste...
_ Pas exactement... Nous attaquons uniquement des représentants du régime dictatorial du Bazileus. Ce n'est pas nous qui terrorisons les populations, c'est le Bazileus. Alors nous accuser de terroriste, je trouve ça un peu fort.
_ ... et vous n'êtes pas seul?
_ Pardon?
_ Êtes vous venu avec... votre ami?
_ Non! Après une action éclair, nous partons chacun de notre coté. Ca évite de se faire repérer trop facilement.
Satyia remarqua alors que Toryon était vêtu en gris des pieds à la tête. Il portait un sac de la même couleur sur le coté. Ses chaussures ne faisaient pas de bruit sur le carrelage. Lorsque le jeune homme ôta son bonnet, elle s'aperçut qu'il avait même rasé sa crête dont il semblait si fier. Elle ne put se retenir de lui en parler.
_ Vous avez changé de coiffure?
_ Nous évitons les signes distinctifs. On ne sait jamais.
Puis le silence s'installa. Satyia reféchissait à la meilleure façonde l'aider, car elle n'imaginais pas faire autrement: il l'avait aidé lors de son aventure de la rue infernale, elle se devait de lui rendre la pareille. Toryon hésitait à s'imposer chez Satyia. Les risques étaient tout de même importants malgré ce qu'il lui avait dit.
Toryon fut lepremier à se décider:
_ Ecoutez, je n'aurait pas du venir ci. Je vous met en danger. Si les protecteurs me trouvent ici, ils vous embarqueront comme complice. C'est trop risqué. Je vous laisse.
Suivant une impulsion, Satyia le retint. Elle devait l'aider. Elle pouvait lui rendre ce service après ce qu'il avait fait pour elle; et surtout elle pourrait enfin faire quelque chose d'utile contre ces tyrans au service du Tyran suprême. Elle lui prit le bras et le força à s'asseoir.
_ Vous pouvez rester. Mais il va falloir trouver un endroit où vous cacher si jamais quelqu'un vient ici. J'ai rarement de la visite, mais on ne sait jamais. Parfois les voisins viennent demander un petit service. Comme je suis toujours seule ils pourraient trouver étrange que vous soyez avec moi un soir comme celui-ci.
_ Si vous avez de la visite, je pourrai toujours me cacher dans votre chambre... ou dans un placard. Mais si ce sont les protecteurs, je ferai semblant de vous prendre en otage. Vous saurez simuler la terreur?
_ Non, je ne veux pas, je ne suporterai pas de vous voir arreté sous mes yeux. Si les protecteurs arrivent, nous fuyons ensemble ou nous les attaquons ensemble, mais je ne vous laisserai pas vous sacrifier pour moi.
Toryon tenta de la raisonner, mais au bout de dix minutes, il abandonna. Satyia alla ensuite faire à manger, pendant que Toryon surveillait la rue. Après leur repas, ils décidèrent de dormir tous les deux dans la chambre: Satyia dans son lit et Toryon sur le sol, entre le lit et la fenetre. Mais ni l'un, ni l'autre ne trouva le sommeil aussitôt.
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MessageSujet: Re: Brouillon   Lun 8 Jan - 16:56

Le lendemain matin, dès le premier rayon de soleil, Toryon se leva et Satyia ne tarda pas à faire de même. Tout en grignotant un repas frugal, Satyia lui parla de ses propres problemes. Elle parlait surtout pour se soulager et le jeune homme l'écotait d'une oreille distraite. Mais lorsqu'elle parla d'un poste au palais du Bazileus, qu'elle hésitait à s'y rendre, Toryon réagit:
_ Vous pensez que vous serez acceptée? Il doit y avoir beaucoup de demande.
_ Je ne sais pas. Mais je vais tenter ma chance,même si ça m'embete un peu de travailler pour le palais. De toutes façons ce ne doit pas être un poste important.
_ Peu importe, vous devriez tenter votre chance. Vous imaginez tout ce que...
_ Tout ce que quoi?
_ Ho esxcusez moi, je vais toujours trop vite. Accepteriez vous de me refiler des tuyaux sur ce que vous pourriez apprendre au palais? Ce serait génial d'avoir quelqu'un sur place. Alors, ça vous interesse?
_ Il faudrait que je devienne un agent double? Que je mente toute la journée?
_ Juste un peu... Mais c'est peut être trop vous demander. J'abuse un peu trop de votre bonté, mais cette occasion est unique.
_ Je comprends et je voudrais bien vous aider, mais je ne suis pas sûre d'être assez forte pour ça... Je vais y reflechir. Vous n'avez qu'à repasser dans une ou deux semaines. D'ici là je prendrai une décision.
_ Pourquoi attendre si longtemps?
_ Je ... j'ai besoin de temps pour reflechir. Je pourrai déjà m'habituer à mon travail normalement et... Ho zut. Je n'ai même pas encoe ce travail et déjà... Bon. Oublions tout ça. Je vais aller voir s'ils veulent bien de moi et après on pourra en discuter.
_ Mais si je reviens souvent, je risque d'être remarqué...
_ He bien, revenez dans quelques temps. Vous aurez les deux réponses en même temps, finit elle dans un grand sourire. Elle se leva aussitôt, débarassant la table et marquant ainsi la fin de la conversation.
Toryon tenta bien de renouer le dialogue mais elle lui répondait à coté ou faisait semblant de ne pas l'entendre. Il abandonna encore une fois face à son obstination.
Peu après, il sortit doucement de chez Satyia, en s'assurant que personne ne le voit. Une fois dehors, il disparut rapidement sans que Satyia, qui l'observait de sa fenetre, ne sache où il allait...


Rhys reveilla avec un fort mal de tête. Ses yeux étaient collés, sa bouche pateuse. Lorsqu'il se redressa à demi sur son seul coude encore valide, ses oreilles bourdonnèrent et il crut que son crâne allait imploser. Il retombat mollement sur l'oreiller en gémissant. Lorsque la douleur se calma, il recommença. Mêmes effets, mêmes conséquences. Après trois tentatives il décida d'en rester là. Mais il ne put s'empecher de penser et en réalisant qu'il perdait toute combativité, qu'il devenait de plus en plus "semblable à un légumeé il réessaya.
Le manège dura longtemps, très longtemps. Une heure après avoir commencé, il était en sueur. Son drap trempé lui donnait froid. Son nouveau bras métalique lui faisiat mal et tiré sur l'épaule. Ses hanches souffraient du frottement continu des jambes de fer. A chaque défaite, maintenant, ses yeux se tournaient instinctivement vers le bouton d'appel.
<<Je dois réussir seul, je le dois. Si je flanche, je ne suis plus rien. Où sont passées mes forces? Où a disparu mon courage? Et mon entêtement légendaire qui faisait râler tous mes profs de l'E.E.S.? [Ecole de l'Elite Spatiale ]>>
Il recommença encore et encore. Lorsque finalement il réussit à se relever en oubliant sa douleur, il réalisa soudain qu'una grande partie de son passé lui été revenu. Pourtant il ne se rappelait pas avoir rêvé pendant son sommeil. Il réalisa que tous ses souvenirs de l'E.E.S. lui étaient revenus: l'apprentissage de la vie en communauté, au sein de cette soit disant élite, les querelles entre lui et ses supérieurs, son indiscipline et son charisme, ses relations tendus avec son jumeau... Tout lui revenait à l'esprit.
<<C'étaient les belles années! Maintenant je suis cloué ici, dans un autre monde. De plus il me manque encore quelques pièces du puzzle pour bien comprendre, mais au moins j'ai l'impression de redevenir moi même.>>
C'est alors qu'il repensa à Satyia. Il se demanda comment lui dire qui il était. Elle ne comprendrait surement pas ou fermerait les yeux sur le passé, mais lui ne pourrait pas. Il choisit de lui dire la vérité dans toute son aigreur; ce sera surement plus facile ainsi.
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MessageSujet: Re: Brouillon   Lun 8 Jan - 16:57

Lorsqu'il apprit par Onrik Swensson que Satyia était partie et qu'elle ne reviendrait surement pas, Rhys resta abasourdi. Dans son esprit les pensées se bousculaient. Il ne savait que croire. Swensson lui avait simplement dit qu'elle ne reviendrait pas. Il avait du insister pour apprendre que son départ était le résultat d'une incompréhension entre elle et le docteur Swensson. D'après ce dernier, elle aurait refusé de s'expliquer sur des attitudes dérangeantes au cours de son travail, qui s'en trouvait baclé. Bien que Swensson lui ait dit cela d'un air assuré, Rhys sentit que ce n'était pas l'exacte vérité. Il fut ensuite obligé d'écouter les explications du savant sur son nouveau bras. Il écoutait d'une oreille distraite mais soudain, une phrase le tira de sa torpeur...
_ Qu'avez vous dit? s'exclama t il.
_ Enfin vous vous interessez à ce que je raconte. Je disais donc que le bras que vous portez actuellement est un bras d'un modele simple mais que j'aimerai que vous en essayez un autre qui pourrait s'avérer plus interessant.
_ Ce n'est pas vraiment ce qui a attiré mon attention! Vous avez parlé de laser, de lance-flammes et aussi de grenades.
_ C'est exact! Ainsi que d'une lame fine et solide, d'un acide assez puissant et d'un émetteur-recepteur longue distance... C'est ce que contient le bras de rechange. Il est bien sur plus lourd que celui que vous avez là, mais pas de trop. Vous êtes fort, cela devrait aller. Ce deuxième bras est fait avec un métal qui ne vient pas de cette planète. Personne ne sait que je possède une telle richesse et tout ce que je possédais de minerais est parti dans votre bras... de combat, si l'on peut dire.
Mais vous ne paraissez pas vraiment convaincu. Sachez que les reserves contenu dans cet outil sont évidemment très faibles. Une mauvaise utilisation peut surement vous coûter la vie. Vous aurez certainement du mal à bien vous en servir au départ. Mais tout cela vaut la peine d'être tenté! Si vous refusez, tout espoir de quitter cet endroit maudit disparait. Si vous acceptez, tout est permis.
Laissant Rhys reflechir, Swensson fit quelques pas. Il avait tout fait pour convaincre cet homme. Tout son travail aboutissait maintenant et dans un instant, il saurait s'il avait miser sur le bon cheval. La voix de Rhys interrompit ses pensées:
_ J'accepte! ... Mais attention! Ne vous faites pas de faux espoir, ce n'est pas pour demain. C'est à peine si je sais utiliser ses jambes de plomb que vous m'avez collé au corps. Je n'ai encore pas réussi à faire bouger un seul doigt de ce nouveau bras, alors votre arme déguisée attendra encore un peu.
Si vous voulez que je me rétablisse plus vite, il faudrait que je puisse avoir à ma disposition une salle pour m'entrainer. Car voyez vous, cet endroit n'est pas terrible pour ça...
_ Je vous promet d'arranger ça bientôt. Vous pouvez me faire confiance! Et merci, merci beaucoup d'avoir accepté.
Swensson se dirigea vers la porte lorsque Rhys lui dit encore:
_ Ne croyez pas que tout est fait! Je ne suis pas un héros et seul, je ne sert à rien.
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MessageSujet: Re: Brouillon   Lun 8 Jan - 16:59

Toryon atteignit le porche sans difficulté. La nuit venait juste de tomber et toutes les lumières de la rue n'était pas encore allumées. Il abaissat sa capuche pour ne pas paraitre suspect aux éventuels passants. Montant l'escalier sans bruit il ariva devant la porte de l'appartement. Une bande de lumière passait sous la porte. Il frappa doucement. Des pas se rapprochèrent doucement. L'oeil de la porte s'ouvrit. Il entendit le cliquetis de la chaine de sureté que l'on enlevait.
La porte s'ouvrit, laissant passer le visage mal reveillé de Satyia.
_ Bonjour...
_ Salut. Je peux entrer?
_ Ouais.
Refermant la porte derrière Toryon, Satyia repartit dans la cuisine finir son bol de café. Le jeune homme eut le temps de remarquer le désordre de l'appartement. Partout des papiers trainaient, des feuilles plastifiées et de toutes les couleurs, des dossiers de toutes les tailles répandus autour d'un sac marron déjà empli de paperasse. Jetant un oeil dans la chambre, il constata que le lit était encore défait et que des vêtements trainaient sur le sol. A la tête du lit, il aperçut des comprimés.
_ Qu'est-ce que vous êtes venu faire ici?
Satyia se tenait négligemment appuyée au mur, un bol fumant dans une main et une barre énergétique dans l'autre. Encore en pyjama, elle avait les traits tirés et un regard fuyant.
_ Ne me dites pas que vous avez oublié ce que je vous ai dit il y a tout juste deux mois.
Satyia se décolla du mur d'un mouvement de hanche et alla s'installer à califourchon sur le bras d'un fauteuil. Elle posa son bol sur le rebord de la table. Lorsqu'elle eut finit sa tartine, elle regarda enfin Toryon qui montrait des signes d'impatience.
_ Moi aussi j'ai attendu! ... et pas quelques minutes. Vous aviez dit que vous reviendriez dans deux semaines. Mais j'ai surement mal compris...
_ Je suis désolé mais...
_ Non! Pas d'excuses. Je m'en fous. Vous faites ce que vous voulez de votre vie, ça ne m'interesse pas. Depuis bientôt trois mois que je travaille, j'ai eut le temps de reflechir. Même si vous ne semblez pas interessé par moi et par mes informations j'accepte de travailler pour vous. Je sais que ça me coutera la vie, mais je ne supporte plus cette tyrannie.
_ Nous vous protegerons!
_ Avec deux mois de retard? Quelle chance!
Toryon sentit la moutarde lui monter au nez et il retint difficilement un geste de colère, mais il répondit d'un ton acerbe:
_ Vous croyez peut être que vous êtes la seule personne qui nous interesse? Que vous êtes le centre du monde? Vous n'attendez même pas mes explications et vous me parler comme si je vous avez laissez tomber avec plaisir. Si c'était le cas, je ne serait pas là aujourd'hui! Alors par pitié épargnez moi vos jérémiades. Quand on ne comprend pas quelque chose on demande plutôt que se lamenter seule dans son coin. Si vous voulez jouer les désabusées allez y, mais ne comptez pas sur moi pour vous consoler. Et si ça vous ennui tant de nous aider, alors je ne vous demande rien.
C'était juste une proposition, mais si vous n'êtes pas capable de supporter un peu d'attente forcée ce n'est pas la peine de poursuivre plus loin la discussion.
Satyia gênée n'osa pas répondre de suite. Toryon se dirigeait déjà vers la porte lorsqu'elle murmura:
_ Je suis désolé...
Elle ne put en dire plus. Les larmes lui montèrent aux yeux et elle se laissa choir entièrement dans le fauteuil. Toryon hésita un instant avant de se rapprocher. Il s'accroupit à coté du fauteuil.
_ Je crois que j'ai été un peu trop agressif... Pardon... Mais je suis aussi sur les nerfs. Racontez moi ce qui vous est arrivé, si vous le voulez bien.

Après s'être essuyé les yeux, Satyia raconta comment elle avait été acceptée à un poste de secrétaire. Les dossiers qu'elle classer au début n'avaient pas beaucoup d'importance. Mais après deux semaines, elle fut envoyer travailler ailleurs. Remarquée pour son sérieux, Satyia avait alors été rattachée à un bureau plus important. Là elle avait vu passer quelques dossiers plus interessants sur les délis commis à l'encontre du pouvoir en place. Les autres secrétaires ne parlaient pas beaucoup et elle se sentait isolée. L'attente de revoir Toryon et le stress de son travail l'avaient épuisé mentalement. Peu à peu, elle avait abandonné la propreté de son appartement. Elle faisait le strict minimum pour être présentable au travail, car le contraire aurait aboutit par un renvoi sans autre explication. Son sérieux au travail et ses aptitudes à classer rapidement les dossiers le tout avec dicretion l'amenèrent finalement à un nouveau changement.
Trois jours plus tôt elle avait été convoqué dans un bureau où se trouvait deux hommes à l'allure inquiétante. Le plus agé était assis dans le profond fauteuil qui se tenait derrière le bureau de bois rare. Il avait un regard perçant qui impressionait tous ses interlocuteurs. Son visage et ses mains portaient les traces de l'expérience. Le plus jeune était debout sur le coté. Satyia fut étonné de le voir avec une chevelure rouge particulièrement voyante, puis elle réalisa qu'elle l'avait déjà croisé plusieurs fois durant ses heures de travail. Il ne manquait pas de charme et possédait un corps d'atlhète. Il semblait captivé par une lame avec laquelle il jouait négligemment. Tous deux portaient un uniforme hésitant entre le noir et le gris sombre. Satyia apprit rapidement que le plus agé était le commandant Lev Tchomir. Il lui posa de nombreuse questions sur son passé et sur ses ambitions. Bien qu'inquiète, Satyia réussit à rester calme. Le jeune homme s'appelait Cario Delaig. Il passait son temps à chercher à assurer le régime du Bazileus. Tous les renseignements secrets passaient par lui. Il possédait ce poste depuis peu de temps. Son prédécesseur avait été condamné à mort. Recherchant une secrétaire discrète et efficace il avait lui même remarqué Satyia: "J'aime faire mes propres choix et les assumer", avait-il dit. Satyia devait maintenant le suivre partout et elle assistait à de nombreuses conversations de premier ordre.
Lorsqu'elle se retrouva seule avec lui, Delaig la menaça de mort si jamais un seul dossier, un seul de ses mots parvenaient aux oreilles "des ennemis du Bazileus".

_ Hum... je comprends votre état. Ce ne doit pas être facile à vivre... Peux être n'est-ce pas vraiment le moment de vous demander de l'aide. Pourtant ce serait ue occasion formidable...
_ Si vous voulez! De toutes façons peu m'importe de mourir... J'ai appris trop de choses depuis que je travaille pour cet homme. Je ne comprends pas pourquoi il m'a choisi alors que je n'ai pas d'expérience. De plus son attitude prête à la confiance, mais lorsqu'il parle... il me fait peur. Tous ces projets sont démoniaques. Savez vous par exemple que lorsqu'il croit tenir un suspect, il commence par torturer les enfants du suspect pour en apprendre encore plus. S'il arrive à ses fins, il réunit la famille et leur fait écouter les aveux des enfants. Je prefere ne pas parler de la suite...
_ Vous... vous êtes sûre que vous tiendrez le coup?
_ J'arrive encore à cacher mon dégout, mais pour combien de temps?
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MessageSujet: Re: Brouillon   Lun 8 Jan - 16:59

Rhys se redressa douloureusement. Ses muscles le tiraient de partout. Il était dans la salle depuis le début de l'après-midi et il y avait déjà passé plusieurs heures le matin. Depuis que Swensson avait amenagé cet endroit en salle d'entrainement pour lui, il en profitait comme si elle pouvait disparaitre le lendemain. Il arrivait maintenant à marcher. Sa démarche n'était pas des plus élégantes, mais pour l'instant ça suffisait. Il avait mis moins longtemps à comprendre comment fonctionnait son bras droit. La force de ce bras de artificiel lui était très utile. Mais actuellement il travaillait les muscles qui lui restaient, ceux qui étaient les siens depuis toujours.
Il repensa à ses entrainements lorsqu'il était encore à l'E.E.S. A l'époque il rallait qu'on lui en demandait trop, maintenant il repoussait tous les jours ses limites. Depuis deux mois il ne faisait que s'entrainer. Il voyait peu de monde: Swensson, Arline et parfois Krolm. Personne d'autre. Il avait bien entendu, de temps en temps, un patient qui passait dans le couloir, un autre qui hurlait à mort, mais jamais il ne les avait rencontré.
Il se retourna vers la porte ouverte devant laquelle se tenait Enrik Swensson. En blouse blanche, le savant tenait une malette et un objet qui semblait lui peser. Lorsqu'il posa l'objet sur une table, Rhys reconnu son futur bras.
_ J'aimerai que vous l'essayez.
_ Je ne pense pas avoir envie maintenant...
_ Je sais. Mais cela fait trois semaines que vous repoussez cet instant. Ce n'est qu'un essai. Je vous le met et je l'enleve. Je vous demande juste de l'essayer quelques instants pour savoir s'il vous va, s'il n'est pas trop lour, bien taillé, maniable...
_ J'ai dit non! répondit il d'une voix calme et ferme.
_ Il est vide. Vous ne risquerez pas de provoquer un accident. De plus les armes qui y sont incorporées ne sont pas...
_ N'insistez pas! Je l'essaierai uniquement dans une salle protégée.
Swensson insista, laissant percer une pointe d'énervement:
_ Puisque je vous dit que c'est sans risque. De plus si vous vous servez de ce bras comme de celui que vous avez maintenant, vous n'actionnerait que les "muscles" mécaniques. Les armes ont un fonctionnement différent.
_ Vous me l'avez déjà dit de nombreuses fois. Vous avez dit aussi que less reservoirs ou chargeurs se trouvaient répartis dans tous le bras. Grenades et acide corrosif se trouvent dans la partie supérieure du bras avec l'émeteur, lance-flammes et lasers avec la lame dans la partie inférieure. C'est bien ça?
_ Oui, mais...
_ Imaginez le mélange de tout ça... Au lieu de plier le petit doigt, je pourrai le faire bouger vers la droite et déclancher... quoi déjà? L'ouverture du lance-grenades ou du lance-flammes?
_ JE VOUS REPETE QUE LES ARMES SONT VIDES. Vous êtes sourd?
_ Si je suis sourd, vous êtes surmené. Vous devriez vous reposer un peu. Je vous préviendrez moi même lorsque je me sentirai prêt pour essayer votre arme. En attendant assurez vous que tout fonctionne à merveille. S'il y a un accident et que j'en sors vivant, je vous jure que vous n'y survivrait pas.
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MessageSujet: Re: Brouillon   Lun 8 Jan - 17:01

Lorsque Swensson fut sorti, Rhys repensa à son dernier rêve. Il avait revécu une discussion avec son frère, Will, alors qu'ils avaient une vingtaine d'années. Ils venaient d'entrer ensemble à l'E.E.S et pour la première fois depuis leur naissance ils n'étaient pas sous la responsabilité de leur père. Rhys l'avait fait remarqué à son jumeau qui avait réagi de manière étrange:
_ Génial! Tu es libre maintenant. Tu vas pouvoir faire tout ce que tu veux. C'est ça que tu cherche en venant ici? T'as vraiment rien compris!
_ Mais pas du tout. C'était juste une constatation. Pourquoi crois tu toujours que je veux me "libérer", "faire des conneries" et tout le reste? Faut arreter le délire. Maintenant si tu ne veux pas parler de ça c'est bon, je me tais.
_ C'est ça tais toi. Ca t'éviteras de sortir encore plus d'âneries. Essaies de me faire croire que si on t'avais laissé le choix tu serais rester chez nous. Tout ce que tu veux c'est partir, t'éloigner de notre père. T'as toujours eu l'impression que tout le monde t'en veux. T'es un peu trop parano Rhys... Le probleme c'est qu'ici tu vas être exactement pareil.
Il n'avait pas répondu, espérant que son frère s'arreterait tout seul, mais Will continuait ses reproches. Malgré sa patience Rhys sentit l'énervement le gagner. Il finit par réagir.
_ Will... ça te dérangerai d'aller voir ailleurs si j'y suis? Si t'as envie de m'emmerder c'est pas le moment. Tu m'en as assez dit. J'ai entendu suffisament de mensonges comme ça et ...
_ Quoi? ... Tu veux pas m'insulter aussi, espece d'enfoiré.
_ Si j'ai envie. Mais comme tu le fais, ce n'est pas la peine que j'en rajoute. Je n'en pense pas moins de toi. J'essaie juste de faire semblant d...
Il n'eut pas le temps de finir. Son frère l'avait pris aux épaules et plaqué contre un mur. Bien que cette situation soit habituelle, cette fois-ci Rhys ne s'était pas laissé faire. D'habitude son frère lui criait dessus et Rhys l'ignorait et esquivait les coups potentiels, mais là il repoussa violemment son frère qui trébucha et s'étala quelques metres plus loin devant un groupe d'éleves comme eux. Tout s'était passé très vite. Rhys pensa à relever son frère et à s'excuser, mais devant les autres il se retint et s'en alla.
Will resta au sol quelques instants, abasourdi par cette révolte. Chez eux il n'aurait eu aucun mal à faire punir Rhys pour cela, mais ici il n'avait pas d'espoir. Il se promit de se venger à la première occasion, ce qui ne devait pas tarder.

Rhys réalisa que la colère et la rancune remontait en lui malgré le temps. De plus il savait que sa vengeance avait été accomplie. Il avait tué son frère. Il ne se rappellait pas encore comment, ni pourquoi. Les petites querelles de ce genre étaient devenues une habitude à l'E.E.S et ils furent vite réputés pour cela: les jumeaux ennemis. Puis il replongea dans ses souvenirs....

Quelques jours plus tard, Rhys était puni par ses supérieurs pour dégradation de matériel. Tombant des nues il avait demandé une explication. Il n'avait pas compris tout de suite que son frère était le véritable auteur de ces actes. Il avait détruit un véhicule à coups de barre de fer, faisant semblant de se défouler pour faire passer sa colère. Puis lorsqu'on l'avait lui même accusé, Will avait mis en avant le fait que sonfrère était un être violent comme beaucoup de monde avait pu s'en apercevoir quelques jours plus tôt. De plus, il avait convaincu des amis de le couvrir avec un alibi. Rhys avait passé cette soirée seul, sans personne pour confirmer ses dires. Il apprit la vérité plus d'un après...
La punition fut le cachot pour plusieurs jours. Il ne sortait que pour être humilié devant tous: il devait faire le ménage dans les endroits les plus sales, travail habituellement attribué à de pauvres civils. Pour un éleve qui voulait appartenir à l'élite de l'espace, il n'y avait rien de plus humiliant que de s'occuper de tâches aussi bases.
Les punitions de ce genre durèrent plus d'un an, sans que Rhys ne soupçonna son frère d'une telle fourberie. Cela ne l'empêchait pas de figurer parmi les meilleurs pilotes de sa promotion, mais il s'attirait sans cese les foudres de ses supérieurs et ses camarades s'éloignaient de lui. Seuls deux autres éleves acceptaient encore de le cotoyer ouvertement. Et pour cause, ils étaient régulièrement envoyés au cachot, eux aussi. Bien que moins doués que Rhys ils étaient cependant parmi les dix meilleurs pilotes de leur groupe. Ils s'appelaient Ethrymolain et Coront.
Rapidement ils devinrent de véritables amis. Lorsqu'ils volaient ensemble très peu d'adversaires leur resistaient. Ils furent surnommés le trio infernal...
Rhys resta songeur longtemps, repensant à ses bonheurs et à ses malheurs de l'E.E.S. La vie lui semblait dure et pourtant il connut bien pire...
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MessageSujet: Re: Brouillon   Lun 8 Jan - 17:03

En entrant chez elle Satyia trouva la porte ouverte. Pourtant elle était certaine d'avoir bien tourné la clée deux fois dans les trois serrures. Cela faisait partie de son rituel matinal et elle ne pouvait l'avoir oublié. Elle poussa doucement la porte et entra avec précaution. Aussitôt elle remarqua la présence de quelqu'un dans sa chambre. Elle posa son sac sur le coté et referma la porte. Avançant le plus calmement possible elle alla à la cuisine. Elle reflechissait déjà aux multiples moyens de se défendre face à l'inconnu. Mais en entrant dans sa petite cuisine, elle se retrouva nez-à-nez avec son directeur: Cario Delaig.
_ Je vous attendais Satyia!
Effrayée, Satyia pensait déjà aux multiples façons dont elle s'était trahie. Elle aurait du se méfier davantage...
_ Je sais que ce n'est peut être pas la meilleure des façons pour entrer chez vous, mais cette petite visite m'a appris plusieurs chose sur vous.
Fixant son adversaire, Satyia, sentit la peur monter en elle. Son estomac se nouait. Sa gorge se serrait. Ses jambes se dérobaient sous elle. Son esprit même refusait de lui obéir...
_ Mais venez. Allons plutôt discuter dans votre salon... si l'on peut appeler cette piece ainsi.
Il lui prit le bras avec autorité et l'emmena s'asseoir sur le canapé. Lui même s'assit dans un fauteuil lui faisant face.
_ Aliocha! C'est bon. Cesses de faire du bruit et viens donc nous rejoindre.
Lorsque le dénommé Aliocha sortit de la chambre Satyia fut étonnée de constater qu'il ne devait pas avoir plus de 16 ans. Il était vêtu tout de noir. Le visage encore enfantin était assombrit par deux yeux noirs. Devant ce regard, Satyia se sentit tout de suite mal à l'aise. Elle ne voyait plus l'adolescent, mais un monstre de haine. Elle baissa les yeux rapidement, mais sentit qu'il avait vu jusqu'au fond de son être.
_ Satyia, je vous présente Aliocha. Peu de monde le connait, mais il est l'un des fils, dit "illégitime", du Bazileus. Sa mère n'ayant pas la chance d'appartenir à l'aristocratie, les liens familiaux d'Aliocha demeurent cachés.
Aliocha, je pense que ce n'est pas la peine que je te présente Satyia. Tu as eu le temps d'apprendre à la connaitre.
_ J'ai eu ce plaisir, oui!
La voix froide et impersonnelle du bâtard fit frissoner Satyia. A cet instant précis elle sut que tout était finit. Elle n'était plus capable de reflechir, pourtant elle s'entendit répondre d'une voix hésitante:
_ Je suis ravie de faire votre connaissance... Votre Altesse.
Le petit rire de Delaig retentit.
_ Non, non. Pas de ça ici. Nous sommes entre nous. De plus personne ne parle ainsi à Aliocha. Il n'est rien. Il ne mérite pas de titre aussi pompeux... Par contre, il est très doué pour dénicher les traitres. C'est pour cela que je travaille régulièrement avec lui. J'ai donc souhaité que vous fassiez connaissance avec lui.
Le silence dura un court instant pendant lequel Satyia reprit espoir. Après tout il ne l'avait pas encore accuser de trahison. Peut être était-ce effectivement une simple visite. Les habitudes de Delaig étaient généralement plus violentes et plus directes, selon les rapports qu'elle triait chaques jours.
_ Peut être vous demandez vous encore ce que nous faisons ici et pourquoi j'ai tenu à vous présenter Aliocha dans ces circonstances... He bien en fait, j'aime assez faire une évaluation personnelle à propos des personnes avec qui je travaille. Etant ma secrétaire, vous pensez bien que vous ne pouviez échapper à cette regle. Mais rassurez vous, nous ne mettons jamais de bazar là où nous fouillons. Nous faisons du travail propre.
Ha au fait! Je crois avoir oublié de vous préciser qu'Aliocha n'est pas si jeune qu'il n'y parait. Il a en réalité une trentaine d'années, mais une maladie lui donne seulement la moitié de son âge. Si vous souhaitez en savoir plus vous pouvez toujours lui poser des questions.
La dernière phrase était dite d'une voix doucereuse et ferme, comme un ordre. Satyia hésita un peu, puis fit ce que lui intimait son supérieur:
_ Pourriez vous m'en dire plus... sur votre... maladie?
Toujours debout, Aliocha fixait intensément la jeune fille. Satyia n'osa pas lever les yeux vers lui. Elle réalisa qu'il utilisait une tactique habituelle afin de renforcer sa position dominante. Elle se sentit encore plus affaiblie. Sa tête bourdonnait. La voix glacée d'Aliocha s'éleva dans le silence assourdissant:
_ Je le peux! ... Levez la tête!
Obéissant automatiquement à cet ordre bref, Satyia esquiva encore un fois le regard pénible du "malade".
_ De quoi avez vous peur?
Tremblant encore un peu plus, Satyia trouva la force de répondre sans trembler:
_ Je n'ai pas peur!
Ce fut Cario Delaig qui parla alors. Sa voix avait perdu sa douceur:
_ Il ne sert à rien de mentir. Aliocha n'est pas un idiot... Vous auriez tout interêt à nous dire la vérité.
_ Je ne vois pas de quoi vous voulez parler.
_ Ne soyez donc pas stupide Satyia. Je pensais avoir fait un bon choix en vous choisissant comme secrétaire. Je vais finir par croire que mon instinct ne vaut rien.
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MessageSujet: Re: Brouillon   Lun 8 Jan - 17:04

_ Pourquoi ne voulez vous pas me dire clairement ce que vous recherchez? le supplia Satyia. Je ne comprends rien à ce que vous voulez! Comment voulez vous que...
_ Mais nous ne cherchons rien mademoiselle. Nous voulons simplement que vous nous disiez la vérité. Nous ne cherchons rien d'autre que la vérité.
Un instant Satyia fut tentée de lacher prise, de leur dire tout ce qu'elle savait, tout ce qu'elle était. Mais au fond d'elle un doute subsistait, quelque chose l'empechait de s'effondrer. Pourtant des larmes lui emplirent les yeux. Elle tremblait tellement que s'en cachait était impossible. Elle n'était pas encore prête pour cette guerre des nerfs...
_ Cario, pourriez vous nous laisser seuls un moment?
La demande d'Aliocha surprit autant son destinataire que Satyia. Cependant Delaig accepta et sortit de l'appartement.
_ Je reviens dans cinq minutes. Je descends prendre un café et je reviens!
Lorsque le jeune homme s'assit à coté d'elle Satyia s'écarta instinctivement.
_ Je comprends votre réaction mais ne recommencez pas, murmura-t-il en lui prenant les mains. Vous pouvez avoir peur, car nous en savons beaucoup sur vous. Depuis le jour où vous travaillez avec Cario, votre appartement est sous surveillance. Nous avons vu le brigand entrer chez vous. Nous avons enregistré votre conversation... Si vous ne voulez pas être entendue vous devez parler comme moi.
Il se tut un instant afin de bien marquer ses révélations.
_ Vous êtes assez courageuse! ... et vous êtes belle, lui murmura-t-il à l'oreille. Vous pouvez encore vous sauver. Vous pouvez encore éviter les horreurs et les douleurs que Cario reserve aux traîtres. Pour cela vous devrez faire exactement ce que je vous dis. Vous entendez? Je peux vous sauver! Malgré toutes vos erreurs, vous pourrez continuer à vivre. Acceptez vous?
Répondant encore plus bas qu'Aliocha, Satyia réussit à demander:
_ Pourquoi?
_ Ne demandez pas pourquoi. Ni comment. Ne posez pas de question et tout ira bien... Je vous laisse le choix entre la vie et la mort. A vous de choisir.
_ Ce n'est pas un choix... sanglotait Satyia. Elle répéta plusieurs fois la phrase, doucement, pour ne pas être entendue. Elle le répétait pour elle même, pour se remplir l'esprit, pour se convaincre que c'était la réalité, pour comprendre clairement l'enjeu. Lorsqu'enfin elle se tourna vers Aliocha, elle murmura:
_ D'accord.
...
_ Alors! Vous avez eu le temps de faire ce que vous vouliez Aliocha? Je peux rentrer?
_ Vous pouvez! Mais je ne suis pas sûr que cela en vaille la peine. Nous allons repartir.
_ Tiens... je ne savais pas que vous décidiez pour moi.
_ Nous n'avons plus rien à faire ici.
_ Toi peut être mais moi j'ai encore quelques questions à poser à cette garce. J'aimerai...
_ Il vous faut un dessin pour comprendre?
Le ton sarcastique et glacé d'Aliocha n'échappa pas à Cario Delaig qui jugea préférable de sortir avec lui. Cependant il ne put s'empecher de rajouter quelques mots durs à l'égard de Satyia et l'invita ensuite à ne plus se présenter à son bureau.
_ La prochaine fois que vous franchirez la porte de mon bureau ce ne sera plus comme secrétaire mais...
Le tirant brusquement dehors, Aliocha lui intima le silence. Lorsqu'ils furent tout deux sortis de l'appartement il lui expliqua son plan:
_ Vous allez garder Satyia comme secrétaire. Au moins vous serez sûre de ne pas être trahie par une inconnue.
_ Que je connaisse ou non la personne qui me trahit ne change pas grand chose au fait qu'elle donne des informations à nos adversaires.
_ Elle ne vous trahira pas! Je l'ai convaincue de nous aider nous.
_ Et comment?
_ Peu importe.
_ Je le saurai en écoutant les bandes de surveillance.
_ N'en mettez pas votre main à couper. La surveillance installer dans cet appartement est assez primitif.
Faisant une grimace significative, Delaig réalisa qu'il venait de se faire doubler par le bâtard. Il n'est jamais bon d'être en retard, pensa-t-il.
_ Alors tu veux mener la danse, c'est ça?
_ Elle m'appartient. Si vous voulez que je vous aide encore, vous devez me la laisser.
_ D'accord, mais pas avant de lui avoir parler un peu, grogna-t-il en remontant quelques marches.
_ Si vous voulez l'interroger, faites le chez vous. Vous n'êtes pas seul à écouter les bandes de surveillance.
Delaig s'arreta net. Refléchissant rapidement il réalisa qu'Aliocha ne lui laissait pas beaucoup de solutions...
_ D'accord. Mais maintenant ça te dérangerai de me dire ce que tu as prévu? Il s'agit de ma secrétaire après tout.
_ Elle continuera de travailler pour vous. Elle essaiera de voir plus souvent son contact et de lui soutirer des informations.
_ C'est tout simple en effet... Mais c'est le comment qui m'interesse!
_ Faites moi confiance.
_ Je crois que ça va être dur...
_ Ne remontez pas chez elle! murmura Aliocha en se retournant. Il descendit l'escalier calmement. Derrière lui, il entendit les pas de Delaig qui le rejoignait.
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MessageSujet: Re: Brouillon   Lun 8 Jan - 17:11

Krolm venait d'entré dans la salle où Rhys s'entrainait depuis le début de la journée. Il avait un regard vague et semblait étonné de se retrouver ici. Puis son expression changea comme s'il venait seulement de reconnaitre Rhys. Il s'avança d'un air joyeux, puis s'arreta soudain. Son visage était redevenu grave. Il tremblait sur ses jambes. Les yeux fixés sur un point imaginaire il ne répondait pas aux paroles de Rhys. Ce dernier remarqua alors que sa main gauche, sa main de liche était coloré d'un rouge sombre. Il reconnu la couleur du sang séché...
_ Hum... je... excusez moi. J'ai l'impression que je... suis au bon endroit. La phrase commencée d'une voix hésitante se finit brusquement. La voix de Krolm s'était soudain durcit et ressemblait presque à un raclement de gorge.
Dans les yeux du jeune chercheur une lueur malsaine brillait. Rhys fit un pas en arrière, surpris par ces changements radicaux autant que par le silence brutalement rompu.
_ Excuse moi Krolm, mais j'ai un peu de mal à saisir ce que tu veux. Tu te sens bien?
_ Bien sûr qu'il se sent bien. Crois tu que ... je puisse ... m'asseoir. J'ai... j'ai la tête qui... tourne, dit il en se retenant à un meuble pour ne pas tomber.
Le prenant par le bras droit, Rhys amena le jeune homme jusqu'à un banc adossé au mur. Lorsque celui ci fut assis, il alla fermer la porte et revint s'installer au coté de Krolm. Sur sa droite. Il regardait le sang coagulé sur ce qui restait de la main gauche de Krolm lorsque celui-ci se tourna vers lui avec une expression d'enfant perdu et paniqué. Il voulait parler, mais aucun son ne sortait de sa bouche. Rhys essaya de lire sur ses levres et crut comprendre "attention", lorsque l'attitude de Krolm changea encore une fois. Le visage agressif, presque haineux qui lui faisait face inquietèrent Rhys encore plus maintenant qu'il le voyait de si près. Il pensait à s'écarter, à se redresser, mais il voulu défier son interlocuteur. Plantant son regard dans les yeux méchants qui l'observait, il murmura, les dents serrées:
_ Que me voulez vous? ... et que faites vous à Krolm?
A peine avait il finit sa phrase que le vrai Krolm réapparu:
_ Je suis désolé... je ne peux pas ... je ne peux pas le combattre... il est ... Toussant brutalement, Krolm amena sa main gauche à sa bouche. Un filet de sang coula sur le membre désséché.
_ ... trop fort! acheva t il. Un sourire méchant apparut sur le visage de Krolm.
Cette fois Rhys sauta sur ses pieds. De son bras métallique il leva son interlocuteur du moment et le colla au mur avec force. Voyant la main décharnée bouger vers lui, il voulut la bloquer. Un éclair d'un blanc aveuglant éclata et Rhys ressentit une décharge foudroyante mordre son bras, remonter jusqu'à l'épaule et exploser dans sa tête. Il fit un metre en arrière et s'ecroula. Mais il se redressa aussitôt malgré la douleur et fit face à son adversaire.
Le visage torturé dégageait l'impression d'un violent combat intérieur. La voix caverneuse retenti de nouveau:
_ J'ai besoin de v... de votre aide!
Puis Krolm s'ecroula inanimé, pendant que Rhys retombait à genoux contre le mur.

Rhys resta groggy quelques minutes. Lorsquil eut récupérer, il se releva et commença par se rafraichir en s'aspergeant le visage. Il installa ensuite Krolm dans un coin, après lui avoir nettoyé la main gauche. Cette fois il n'avait pas été frappé par la foudre. Il s'assit sur le banc où ils se trouvaient tous deux quelques instants auparavant et attendit que Krolm se reveille. Pour passer le temps, il s'assura que son bras pouvait toujours lui rendre les mêmes services qu'avant le choc.
Il entendit alors la voix fatiguée de Krolm:
_ Qu'est-ce que je fais là? Aïe... ma tête. Qu'est-ce qui s'est encore passé?
_ Tu ne te souviens pas? Tu as réellement oublié ce qui s'est passé?
_ Je... oui, bien sûr. Mais que s'est il passé? Je n'ai rien fait de grave?
_ Toi? Non. Rien de grave, rassures toi. Mais c'est vraiment etrange que tu ne te souviennes de rien. Peut être devrais tu essayer de prendre les mêmes médicaments que moi pour retrouver la mémoire.
_ Heu... non. Non merci. Je crois qu'ils ne sont pas encore totalement au point. Swensson ne veut pas que tu le saches, Rhys, mais il se sert de toi pour expérimenter ses médicaments.
La révélation n'étonna pas beaucoup Rhys qui s'était habitué à tous les mensonges du scientifique. Mais il était surtout étonné que ce soit également une expérience de Swensson.
_ C'est vraiment lui qui les a... fabriqué? Enfin qui a trouvé la composition exacte de ces médicaments? Il semble tout connaitre et il est doué pour tout ce qu'il fait...
_ C'est un véritable génie, oui. C'est d'ailleurs pour ça que j'ai voulu travailler avec lui. Parfois je me demande si je ne devrai pas partir. Il est trop parano et en plus il est toujours sur le dos de ceux qui bossent pour lui. Il veut tout savoir et ne veux rien dire de ses connaissances. Il fait tout aussi pour quitter l'enfer tyrannique du Bazileus. C'est d'ailleurs pour ça qu'il se sert de toi. Tu es devenu son cobaye préféré parce qu'il pense que tu vas lui permettre de rejoindre Yalti, le dernier continent à ne pas être sous le régime du Bazileus. Mais ça il te l'a déjà dit... Bon, va falloir que j'y aille. Je ne sais pas depuis quand j'ai perdu connaissance, et j'ai un boulot à terminer. Excuse moi. A plus tard.
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MessageSujet: Re: Brouillon   Lun 8 Jan - 17:14

A peine était il sorti que la porte s'ouvrit sur Onrik Swensson. Pour une fois il venait les mains vide. Rhys ne manqua pas l'occasion de le lui faire remarquer.
_ Vous ne venez pas me supplier d'essayer votre bras de combat? C'est assez exceptionnel pour être signaler. Que vous arrive t il, vous êtes malade?
La réponse ne fut pas vraiment celle qu'il souhaitait.
_ Que faisait il ici?
_ Pardon?
_ Ne plaisantez pas avec ça. Que faisait Krolm? Pourquoi était il avec vous?
_ Vous pouvez vous expliquerlà? Ke ne comprends pas trop ce qui vous tracasse et...
_ C'est pourtant simple. Répondez moi vite avant que je ne m'énerve.
_ Apparemment c'est trop tard.
Marquant une pause, Swensson s'appuya au mur.
<Il essaie de se calmer, mais il a du mal> pensait Rhys. Il devisageait Swensson en attendant qu'il parle.
_ Krolm était censé travailler sur quelque chose de particulièrement important. Lorsque je suis allé voir où il en était il n'était plus là. Dans le laboratoire où il devait travailler tout était detruit. Les fruits de plusieurs heures de recherche ont été perdues parce que j'ai fait confiance à cet abruti... et pendant ce temps, il était là. Avec vous.
Jetant un regard noir à Rhys, il continua sur un ton de menace et de crainte mélangée. Sans qu'il sut comment, Rhys réalisa que Swensson avait peur de lui.
_ Alors j'aimerai savoir ce que vous faisiez tous les deux ici. Que vous a t il dit? Qu'avez vous fait?
<La situation se complique. Ce fou va maintenant nous surveiller de plus en plus. Pourtant il faut que je reprenne rapidement contact avec Krolm...>
Perdu dans ses pensées, Rhys laissait passer le temps sans faire attention à l'énervement grandissant de Swensson. Il revint au présent lorsque le scientifique s'emporta:
_ ALORS? Ca vous dérangerez de me répondre?
_ Hum... désolé... J'étais ailleurs. Mais je peux vous certifier que Krolm ne m'a pas parlé de son travail puisque c'est ce qui semble vous inquieter.
_ Ne me mentez PAS. Je sens que je ne vais pas ...
D'un bond, Rhys fut sur la porte, empechant Swensson de sortir. Puis il s'approcha de lui d'un air menaçant et lui parla d'une voix froide:
_ Qu'est-ce que vous avez à vous énerver comme ça? Qu'avez vous encore à me cacher?
Tremblant de peur, le visage défait Swensson ne répondit pas.
_ C'est encore quelque chose de secret, n'est-ce pas. Sachez simplement que Krolm ne m'a rien dit. Mais si vous cherchez à l'emmerder à cause de ça, faites moi confiance, je ne vous laisserai pas faire. Je ne suis pas aussi handicapé que vous pouvez le penser. J'ai retrouvé une partie de ma mémoire grace aux médicaments que vous testez sur moi... he oui, je sais ça aussi... et la mémoire que j'ai retrouvée est peut être bien la plus utile pour moi. Maintenant si vous voulez sortir, ne vous gênez pas. Mais attention! N'oubliez pas ce que je viens de vous dire. N'emmerdez pas Krolm!
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MessageSujet: Re: Brouillon   Lun 8 Jan - 17:15

Satyia était bientôt arrivée chez elle lorsqu'elle sentit une main l'attraper par le coude et la tirer dans une petite ruelle. Une main gantée se plaqua sur sa bouche empêchant tout son de sortir. Aussitôt il essaya de la rassurer:
_ Ne vous inquiétez pas, c'est moi: Toryon. Je n'ai pas trouvé d'autre moyen pour vous parler. Depuis que vous recevez certaines visites je ne suis plus sûr de ressortit entier et libre de chez vous.
Il la lâcha et l'entraina un peu plus loin dans la ruelle. Son regard ressemblait à celui d'un animal chassé. Au moindre bruit il se retournait. Il avait perdu de sa superbe. Satyia sentit sa peur et eut pitié de lui. Mais elle ne pouvait laisser ses sentiments l'envahir.
_ Ecoutez Toryon, je ne sais pas ce qui vous prend mais je ne tiens pas à rester ici. Je prefere les endroits moins obscurs, là où l'air est respirable... Pourquoi n'êtes vous pas venu chez moi comme vous l'avez déjà fait? Vous pouvez aussi m'appeler.
Elle s'arreta en voyant les reproches dans les yeux de Toryon. Elle réalisa qu'elle venait de tout rater par ces quelques mots. Elle n'était plus crédible et le jeune homme ne lui ferait plus jamais confiance. Elle n'avait pas non plus réussit à l'attirer chez lui.
Toryon répondit d'une voix cassée par la tristesse:
_ Vous avez bien changée Satyia... J'ai l'impression qu'ils vous ont completement retournée... Qu'est-ce qu'ils vous ont fait? Ou alors qu'est-ce que je vous ai fait? ... J'avais confiance en vous. En voyant tout ce remue-ménage chez vous, je me suis dit que vous étiez douée pour resister à tout ça... mais je me suis trompé! ... Vous n'avez pas resisté.
Pendant qu'il parlait, il s'était écarté d'elle, comme d'une pestiférée. Il s'était adossé au mur et ne la regardait plus. Le regard perdu dans le vide, il parlait sans se soucier d'elle. Il parlait plus pour lui que pour elle. Il avait l'impression qu'une chape de plomb s'était abattue sur lui...
_ Je connais peu de monde qui aurait résisté. Ils ont juré qu'ils me tortureraient si je ne faisais pas ce qu'ils veulent. Et croyez moi, lorsque vous savez ce qu'ils font aux prisonniers vous n'avez pas envie de passer entre leurs mains... J'ai eut peur... Je ne veux pas mourrir... Vous me méprisez maintenant que j'ai dit ça, mais c'est pas grave... je voudrais juste que vous sachiez que je ne vous ai pas vendu. J'aurai pu leur parler de ce que j'ai vu la première fois que je vous ai rencontré. J'aurai pu leur parler de la rue de l'Enfer et de son organisation. J'aurai pu leur dire que cet endroit n'est rien d'autre qu'un refuge de brigands. J'aurai pu aussi leur parler de...
_ STOP!
Il avait presque crié. Il se tenait maintenant face à elle. Sa bouche était tordue par un affreux rictus, mélange de haine et de dégout. Son front s'était plissé. Ses yeux étaient sombres. Les poings serrés il la regardait avec mépris. Tremblant de colère il hésitait à lui parler. Il la considérait déjà comme une adversaire et "parler à un ennemi, c'est lui donner des informations"... Mais finalement il lui cracha quelques mots au visage:
_ Ne cherche pas à te justifier comme le font tous les traitres, c'est inutile. Et puisque tu te vente de n'avoir rien dit... rassures toi, s'il ne te l'ont pas demandé, c'est qu'ils le savent déjà. Tu n'es pas la première à nous trahir... malheureusement.
Puis il lui tourna le dos et partit sans plus s'occuper d'elle. Elle l'appela, le supplia de revenir, de la laisser s'expliquer, mais il disparut bientôt à un coin de rue. Parti dans l'obscurité, comme il était venu.
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MessageSujet: Re: Brouillon   Lun 8 Jan - 17:16

Elle rentra chez elle abattue. Encore une fois elle avait échoué. Pendant quelques instants elle avait eu plusieurs solutions possibles, mais elle avait laissé faire et elle avait tout gâché. Satyia se laissa tomber sur un fauteuil et pleura.
Inconsciemment elle se repassa les séances de tortures auxquelles elle avait assisté. Elle était derrière une vitre refléchissante, de sorte que le prisonnier ne voit rien d'autre qu'un miroir, pourtant tous semblaient la fixer dans les yeux en suppliant... Pendant que Delaig s'amusait à les faire souffrir, ces hommes, ces femmes, ces enfants, ces vieillards, tous la regardait en pleurant, en hurlant, en gémissant. La première fois, elle s'était évanouie. Mais l'interrogatoire avait été suspendu jusqu'à ce qu'elle reprenne conscience. Aliocha et Cario Delaig prenait plaisir à lui montrer tout ça. Ils voulaient la faire participer à ces crimes. Chaque fois qu'elle le pouvait, Satyia demandait que les prisonniers soient épargnés. La réponse était toujours la même: "Non!"
Elle fut soudain tiré de ses cauchemars par le bruit de son holo-récepteur. Instinctivement elle appuya sur le bouton vert. L'image en 3D se matérialisa devant elle. En réalisant que l'image du docteur Swensson lui faisait face, elle se sentit soudain très mal.
_ Bonsoir Satyia, commença t il d'une voix douce. Je ne vous dérange pas, j'espere.
Comme elle ne répondait pas, il continua:
_ Je sais que nous nous sommes quittés d'une manière très désagréable et que je n'y suis pas pour rien, mais je... je voudrais avoir de vos nouvelles. Depuis que vous êtes partie j'ai l'impression que l'hopital est vide. Je me sens désespérement seul sans vous... Je sais que cela peut paraitre absurde, mais j'ai l'impression d'avoir perdu ma... fille! ... Satyia, s'il vous plait, revenez.
Satyia enfouit son visage dans ses mains. Elle refléchissait et voulait cacher son trouble à celui qui l'avait recueillie alors qu'elle n'était qu'une enfant. Comment pourrait elle lui dire la vérité? Il le prendrait mal et avec toutes les caméras cachées dans son appartement il serait pris en flagrant déli. Mais lui mentir était aussi difficile. Et elle ne pouvait agir sans refléchir. Elle ne devait pas non plus laissé passer le temps. Elle devait agir cette fois, afin de décider quelle orientation donner à sa vie. Se demandant si elle pouvait encore choisir entre obéir à Aliocha ou mourrir, elle remarqua, à travers ses doigts écartés, que Swensson semblait réellement inquiet... et triste.
Mais elle hésita encore une fois. La disparition de l'hologramme la tira de sa torpeur. Elle jetta un coup d'oeil vers les caméras cachées, puis vers l'appareil holographique.
<Cette fois, je suis finie. Ils ne me pardonneront jamais.> pensa t elle.
La tête vide, elle se leva et partit s'allonger sur son lit, toute habillée. Elle s'endormit aussitôt.



Le lendemain Satyia entra dans le bureau de Delaig en tremblant. Nul doute que celui-ci ait déjà vu les vidéos de sa discussion avec Swensson. Pourtant il ne fit comme si rien ne s'était passé. Durant toute la matinée elle travailla comme une secrétaire normale. Les sujets traités concernaient la correspondance ou quelques ordres pour organiser une surveillance de certains quartiers. Tout semblait normal. Satyia peu à peu réussit à repousser dans un coin de son esprit les frayeurs de la veille. Peut être que cela ne les interessait pas...
La journée entière passa calmement. Dans l'après midi Cario Delaig partit pour questionner des prisonniers, mais cette fois il ne demanda pas à Satyia de venir. Elle ne le revit pas de la journée et elle repartit sans avoir été inquietée.
Alors qu'elle marchait pour rentrer chez elle, elle eut plusieurs fois l'impression d'être suivie, mais lorsqu'elle se retournait elle ne voyait rien, personne qui semblait faire attention à elle. Elle fit plusieurs détours pour s'assurer de sa liberté. Elle entrait puis ressortait rapidement dans des boutiques, des magasins. Rien. Personne ne s'occupait d'elle. Elle n'était qu'une personne comme tant d'autres, perdue au milieu de la foule d'inconnus qui sillonnent la capitale.
Satyia prit beaucoup de précaution en entrant chez elle. Combien de fois n'avait elle pas eut la désagréable surprise de trouver des visiteurs indésirables. Mais là encore, personne. La surprise fut agréable cette fois. Cependant elle ne put s'empecher de fouiller tout son appartement. Elle avait d'abord fermé la porte à double tour. Elle regarda dans tous les coins de chaque piece. Et elle fut forcée de constater qu'elle était bien seule.

Le lendemain, la journée fut identique, calme, sereine, sans violence ni menace. Tous les jours qui suivirent furent aussi normaux. A partir de ce jour elle ne fut plus obligé d'assister à aucun interogatoire. Elle travaillait normalement et on ne lui demandait plus grand chose. Pourtant elle se sentait toujours espionnée. Mais peu à peu, elle s'y habitua. La peur faisait maintenant partie de son quotidien.
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MessageSujet: Re: Brouillon   Lun 8 Jan - 17:18

La nouvelle secrétaire du docteur Swensson travallait devant sa porte lorsqu'elle vit arriver Rhys. Elle ne connaissait pas encore très bien les principaux êtres vivants de l'hopital, mais elle avait vite compris que Rhys était quelqu'un d'important pour tout le monde.
_ Bonjour, je veux voir Swensson. Annoncez lui ma venue.
Les ordres reçus étaient clairs et nets: personne ne devait entrer et déranger le savant. Mais elle hésita, Rhys n'était pas n'importe qui... Mais peut être valait il mieux éviter d'énerver le docteur Swensson. Depuis plusieurs jours ce dernier n'était pas de bonne humeur.
_ Je suis désolée mais je ne peux pas vous laisser entrer. Monsieur Swensson est en discussion privée et il ne veut pas être dérangé.
_ Qui est avec lui?
_ Je n'ai pas le droit de vous en parler.
_ Tres bien, alors prévenez Swensson.
_ Je viens de vous dire que je ne pouvais pas.
_ Dommage pour vous...
Rhys s'avança vers la porte. Dans une dernière tentative, la secrétaire se mit en travers de son chemin.
_ Si vous faites ça, je risque de perdre mon poste, dit elle en le regardant d'un air suppliant.
_ Et moi, si je ne le fais pas je risque de perdre patience. Ecartez vous.
_ Je ne peux pas!
Rhys la prit alors dans ses bras et la serrant fortement contre lui, il l'embrassa. La secrétaire resta abasourdie. Rhys la relacha et la poussant legerement il mit la main sur la poignée de la porte.
_ Désolé! Mais je suis sûr que vous ne le regrettez pas. Puis il lui fit un clin d'oeil et entra dans le bureau.
Swensson et Krolm discutait depuis déjà un long moment lorsqu'ils entendirent la porte s'ouvrir. Aucun des deux ne fut réellement surpris. Mais leur réaction furent opposées. Le premier prit un air renfrogné, tandis que Krolm essayait de ne pas éclater de rire. Swensson réagit rapidement en prenant un paquet de feuillets qu'il jetta au fond d'un tiroir de son bureau. Krolm recula un peu son siège afin de mieux voir l'arrivant et de lui laisser le champs libre.
D'une voix innocente Rhys rompit le silence:
_ Que cachez vous, docteur?
_ Ca ne vous regarde pas.
_ Vraiment?
_ Vraiment!
Rhys n'étant pas venu pour ça, il passa à autre chose.
_ Pourquoi m'évitez vous depuis quelques temps?
_ Vous n'avez rien à foutre dans ce bureau. Sortez.
_ Pas très gentil... J'attends une réponse, répondit Rhys en souriant.
_ Allez vous faire... Sortez!
_ Que j'aille quoi faire?
_ Vous voulez vraiment le savoir?
Krolm se leva alors pour essayer de calmer les deux hommes qui se faisaient face. Un instant il pensa à deux chiens près à se jetter à la gorge.
_ Excusez moi messieurs, peut être devriez vous vous calmer avant de continuer cette discussion. Pourquoi n'irions nous pas boire un café pour se détendre?
_ Bonne idée. J'ai besoin de sortir de cette prison.
_ Heu... le distibuteur est dans la pièce d'à coté.
_ Et je suis sûr qu'il y a un bar pas loin où le cadre sera plus agréable qu'ici.
Un silence de plomb s'installa. Rhys était toujours debout face au bureau et fixait Swensson dans les yeux. Celui ci l'observait comme on observe un animal féroce prêt à attaquer. Il était enfoncé dans le fauteuil de cuir situé derrière le bureau. Krolm les regardait tous deux en se demandant comment éviter que l'irréparable ne se produise. Puis il repensat à ce qu'ils faisaient avant que Rhys n'arrive.
Krolm et Swensson comparait leurs travaux effectués sur une nouvelle potion, le travail urgent que Krolm avait interrompu quelques jours plus tôt lors de son amnésie passagère. Des tests étaient prévus pour le lendemain sur des animaux. Le but de ce produit était d'améliorer les 5 sens de celui qui l'absorberait. Sachant toutes les difficultés que cela pourrait entrainer, Swensson voulait que ces recherches restent secrètes. Il avait également décidé que le premier cobaye humain serait Rhys...
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MessageSujet: Re: Brouillon   Lun 8 Jan - 17:18

Alors que le silence pesant perdurait depuis un bon moment déjà, la porte s'ouvrit à nouveau pour laisser passer le minois de la secrétaire. Celle ci rougit légerement en regardant Rhys, mais personne n'y fit attention. Rhys ne s'était d'ailleurs pas retourné vers elle.
_ Je suis désolée de vous déranger, mais il y a un appel urgent pour vous docteur Swensson.
_ Je ne suis pas disponible, répondit Swensson sans la regarder.
_ C'est le commandant Tchomir monsieur.
_ C'est pareil.
Une pointe d'agacement dans la voix de Swensson la fit hésiter, mais Tchomir semblait également de mauvaise humeur et son choix fut vite fait: le courroux de Swensson serait certainement moins violent que celui du commandant.
_ Je crois qu'il est de très mauvaise humeur. Vous savez qu'il vaut mieux éviter de...
_ Je sais, merci. Je pense connaitre ce fouille-merde un peu mieux que vous, ma petite. Dites lui de patienter quelques instants.
_ Mais... c'est déjà ce que je lui ai dit.
_ Et alors?
_ Il m'a répondu que vous n'aviez pas le privilège de le faire attendre.
Alors que Swensson refléchissait rapidement, ce fut Rhys qui, à la grande surprise de tout le monde, parla le premier.
_ Je pense que nous pourrons reprendre cette conversation plus tard. Si je me souviens bien ce Tchomir n'est pas un grand ami des scientifiques de votre genre. Et si je puis me permettre, oubliez ce qui vient de ce passer, ça vous évitera peut être des ennuis.
_ Nous reparlerons de tout ça plus tard, effectivement, repliqua Swensson. Mais ne croyez pas que votre intervention puisse changer quoi que ce soit.
_ Rassurez vous, ce n'est pas ce que j'attendais de vous, lui répondit Rhys d'une voix cassante.
_ Alors c'est parfait. Maintenant si vous voulez bien me laisser, je vais prendre la communication dans mon bureau... au calme.
Lorsqu'il fut seul, il décrocha le combiné et prit l'appel du commandant des services de renseignements du Bazileus.
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MessageSujet: Re: Brouillon   Lun 8 Jan - 17:19

_ Bonsoir Swensson. La prochaine fois évitez de me faire perdre mon temps. J'ai quelques question à vous poser. Direct et agressif, comme à son habitude, le commandant Lev Tchomir semblait sur les nerfs.
_ Que puis-je pour vous commandant? répondit Swensson d'une voix mieleuse.
_ J'aimerai savoir ce que vous savez sur une fille du nom de Satyia. Ne me dites pas que vous ne la connaissez pas, je sais que vous l'avez appelée il y a moins d'une semaine. Alors?
Onrik Swensson dut se faire violence pour ne pas exprimer tout haut sa surprise. Comment pouvait il savoir qu'il avait appelé Satyia quelques jours plus tôt? Et que voulait il savoir sur elle? Son silence ne passa pas inaperçu du commandant qui le pressa de lui dire la vérité et toute la vérité, rien que la vérité. Swensson essaya alors de gagner du temps:
_ Que voulez vous savoir sur elle?
_ Tout ce que vous même vous savez!
_ Hum... cela peut faire beaucoup. Je la connais depuis très longtemps.
_ Ne vous amusez pas à ça Swensson. Vous savez que je peux faire fermer votre boutique si je le veux. Alors dites moi ce que je veux savoir et vite.
_ Et si vous étiez plus précis dans vos demandes, ça irait peut être plus vite, vous ne croyez pas? s'insurgea le savant.
Le petit silence qui suivit cette remarque fit penser à Swensson qu'il avait touché juste, mais lorsque son interlocuteur parla d'une voix basse et emplie de colère retenue, il comprit qu'il ne lui restait pas d'autres solutions que de s'executer. Il annonça alors qu'il lui faudrait quelques instants pour bien se remémorer sa première rencontre avec Satyia et la raconter. Lorsqu'il se lança, il avait l'esprit embué de souvenir, les mots qu'il prononçait faisaient resurgir les évenements. D'abord hésitant, Swensson raconta l'histoire de manière convaincante. Il ne fut pas interrompu pendant son récit.
_ La première fois que j'ai vu Satyia, c'était il y a douze ans, au printemps. Elle avait alors une quinzaine d'années... Je sortais d'une rencontre avec le ministre de le recherche de l'époque, Klon Frasten. Le climat politique était alors délétère. Le terrorisme était très fréquent... J'avais fait environ 500 metres lorsque l'explosion a retentie. Le souffle m'a projetté au sol... En quelques instants la rue est devenue un enfer... En me relevant j'ai vu que j'étais passé très prêt de la mort. Les bureaux du ministère de la recherche étaient la proie des flammes. La facade était éventrée. Partout de la fumée et une abominable odeur de brulé. La chaussée était couverte de débris de toutes sortes... C'est là que je l'ai vue, Satyia, une gamine de quinze ans penchée sur un corps sanglant. Elle n'était pas très loin et personne ne faisait attention à elle. Je me suis alors approché... Le corps était celui de sa mère. Elle avait été touchée par des gravats. Le dos et la tête... Le sang coulait dans le caniveau... La gamine était penchée sur sa mère en sanglotant...
Je n'ai pas pu faire grand chose. J'ai essayé de calmer Satyia, en sachant que sa mère ne survivrait pas. Celle-ci m'a confié sa fille avant de mourrir. Elle n'avait pas d'autre famille, ne savait pas qui était le père. Je ne pouvais qu'accepter. On ne refuse rien à une mourrante. Lorsque les premiers secours sont arrivés, il était déjà trop tard...
Ensuite j'ai pris Satyia chez moi. La situation a été assez vite régularisée et je suis devenu son tuteur légal, presque un père pour elle. Même si je n'avais pas trop de temps à lui accorder, j'essayais de la rendre heureuse. Lorsqu'elle fut en âge de travailler, je l'ai poussée à travailler avec moi. Elle a tout de suite dit oui. Ensuite elle a travaillé dans mon hôpital pendant une dizaine d'année. Et pour finir, elle est partie il y a un peu plus de trois mois maintenant. Elle voulait un peu plus de liberté.
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MessageSujet: Re: Brouillon   Lun 8 Jan - 17:20

Un petit silence suivit le récit du docteur Swensson. Mais il ne dura pas longtemps. Le commandant Tchomir revint très vite à ses questions.
_ C'est très interessant tout ça, mais nous ne sommes pas vraiment avancés. J'aimerai savoir par exemple ce qu'elle pense du Bazileus ou du régime.
Brutalement ramené à la réalité, Swensson réalisa que cet interrogatoire n'était pas anodin. Jamais encore il n'avait reçu un appel lui demandant des renseignements sur une personne. Qu'il s'agisse de Satyia était encore plus etrange. Malgré tous les différents qu'ils avaient eut, il ne pouvait la dénoncer... surtout au risque qu'elle même le dénonce.
_ Que ... voulez vous dire? Elle ne m'a jamais rien dit de particulier sur ces sujets. Je pense qu'elle obéit comme tout le monde.
_ Serait elle prête à mourrir pour le Bazileus? Ou à subir certaines violences pour ne pas livrer des informations à nos ennemis? N'aurait elle pas évoquer devant vous la possibilité de rejoindre Yalti?
_ Je ne sais pas, répondit le chercheur. Nous n'avons jamais parler de ces problemes entre nous et...
_ Vous avez dit que vous étiez comme un père pour elle. J'imagine qu'un père parle de ces choses là avec sa fille et qu'il essaie de lui faire passer ses propres idées, n'est ce pas? répliqua Tchomir. Sa voix était ironique, peu être même un peu cynique. Onrik Swensson sentit la menace. Il lui fallait convaincre rapidement le commandant de sa plus complete fidélité au Bazileus sous peine de recevoir bientôt une visite désagréable.
_ Ecoutez commandant, je crois vous avoir dit aussi que Satyia... que j'essayer de la rendre heureuse, mais je laissais sous-entendre que ce ne fut pas ma plus grande réussite. Nos contacts restaient... superficiels. J'avais parfois l'impression que je lui faisais peur. Ou alors elle me parlait comme si j'étais simplement son employeur, voire un inconnu. Je ne sais pas comment vous dire... mais je n'ai jamais eu la chance d'être un intime de Satyia.
_ Bon, je vais me satisfaire de ces réponses. En entendant cela, Swensson sentit l'étau qui lui serrait la poitrine se relacher. La pression se faisait moins forte... Mais pouvez vous me dire pourquoi vous l'avez appelé la semaine dernière? Aussitôt, la peur revint. L'interrogatoire n'était pas fini. Le calme n'était pas encore venu et Tchomir n'était pas si bête qu'il ne paraissait.
_ He bien je... je voulais prendre de ses nouvelles... et pourquoi pas esayer de la faire revenir. Mais peut être n'était ce pas le bon jour.
_ Alors autant vous prévenir tout de suite, elle ne bossera plus jamais pour vous Swensson. Elle travaille pour le Bazileus maintenant, déclara le commandant Lev Tchomir dans un gloussement de satisfaction.
Son rire s'arreta net et Swensson entendit des murmures dans l'interphone. Tchomir n'était apparemment pas seul. Il entendit un "imbécile" puis quelques mots assez virulents. Peu après, c'est une voix jeune et autoritaire qui lui parla:
_ Bonsoir professeur Swensson. Je suis Cario Delaig du Service de Protection et Sécurité du Bazileus. Je vais à mon tour vous poser quelques questions.
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MessageSujet: Re: Brouillon   Lun 8 Jan - 17:21

_ Bonjour. Pourrai-je au moins savoir pourquoi vous me posez toutes ces questions, monsieur...
_ De-lai-g. Et non, vous ne pouvez pas savoir. Mais vous préferez peut être que j'envoie quelques hommes vous chercher et que nous poursuivions cet interrogatoire ici.
Le ton froid et cassant de son interlocuteur alerta Swensson qui comprit très vite que ce jeune homme ne devait pas être un tendre. Il essaya de montrer sa bonne volonté.
_ Nnon. C'est très bien comme ça, excusez moi.
_ Bon. Je vais vous poser quelques questions. Je veux des réponses rapides et très précises. Compris.
_ Je pense avoir compris, oui.
Delaig commença aussitôt d'une voix toujours aussi froide et monotone.
_ Pourquoi Satyia est elle partie de votre hôpital?
_ Nous avons eu un différent et je crois qu'elle avait besoin d'un peu plus de liberté.
_ Quel différent?
_ C'est vraiment personnel et... Cario Delaig le coupa brutalement en lachant un juron.
Un court instant Swensson entendit une respiration sifflante, puis Delaig parla d'une voix menacante, une voix qui lui fit penser à la mort.
_ Je me fous de votre vie privée. Je veux que vous me répondiez. Vous n'avez rien à me cacher. Je veux TOUT savoir. TOUT. Essayez seulement de me cacher quoi que ce soit et je viens vous chercher. Ne recommencez plus JAMAIS ce que vous venez de faire. Je veux des réponses alors donnez les moi. C'est la dernière fois que je vous rappelle les regles. C'est clair?
Serrant les dents, Swensson lacha finalement un "oui" forcé. Delaig reposa alors la même question:
_ Alors, quel différent?
_ Un différent sentimental concernant un patient.
_ Soyez plus explicite! grogna Delaig.
_ Elle ... montrait des signes d'amour pour un patient et je lui ai demandé de cesser ce petit jeu pour ne pas perturber son travail.
_ Pourquoi?
_ Parce qu'une employée n'a pas à avoir de rapport intimeavec un client. C'est comme ça partout et mon hôpital ne fait pas exception!
_ Calmez vous Swensson, je n'aime pas votre ton... Qu'eprouvez vous pour Satyia?
_ C'est ma fille adoptive. Je l'aime.
_ Comme votre fille adoptive?
_ Bien sûr!
_ Pourtant votre réaction est celle d'un amoureux en mal d'affection... Mais passons plutôt au patient. Qui est il?
_ Etes vous apte à entendre un secret scientifique relevant du Ministère de la Recherche?
_ Pas de cachoteries. Dites moi la vérité!
_ C'est un homme retrouvé dans l'espace suite à l'explosion de son vaisseau.
_ Je veux son identité.
_ Il se fait appeler Rhys. C'est tout ce que je sais de lui.
_ Depuis combien de temps est il dans votre hôpital?
_ Bientôt sept mois.
_ Je reviendrai là dessus plus tard. Quand avez vous vu Satyia pour la dernière fois?
_ Il y a cinq jours, je l'ai appelé. Avant ça, cela faisait environ 90 jours que je ne l'avais vu.
_ Pourquoi l'avoir contactée il y a cinq jours?
_ J'ai déjà dit que je voulais de ses nouvelles et essayer de le faire revenir sur sa décision.
_ Où vivait elle avant de travailler pou vous?
_ Elle vivait avec moi, dans la maison qui se trouve au dessus de l'hôpital. La mienne en l'occurence.
_ Et après? Lorsqu'elle travaillait pour vous.
_ Lorsqu'elle a eut 20 ans, je lui ai proposé de louer un appartement en ville pour qu'il n'y ait pas d'histoire et de ragots dans notre dos...
_ Quelle noble idée. L'éloigner pour fuirl'amour interdit, ricana Delaig.
_ ... tout en lui laissant la possibilité de dormir sur place les soirs où elle finissaient tard, acheva Swensson sans réagir malgré son énervement.
_ Et elle dormait souvent chez vous? insista le jeune tortionnaire.
_ En général elle dormait chez moi tous les soirs où elle travaillait.
_ Et comme vous êtes un bête de somme et que vos effectifs sont restreints, elle travaillait quasiment tous les jours. C'est ça?
_ C'est exact!
_ Comment le vivait elle?
_ Bien. Elle était toujours joyeuse.
_ Mais comment réagissait elle au fait que vous l'aimiez?
_ Je ne lui en ai jamais parlé et je crois qu'elle ne s'en doutais pas.
_ Est elle partie pour l'avoir découvert?
_ Je ne crois pas. Elle avait plutôt l'impression que j'étais un sans-coeur.
_ Avait elle des amis?
_ Je ne crois pas. Elle connait quelques voisins de palier autant ici qu'à son appartement, mais ce ne sont pas des amis.
_ A t elle un caractère... renfermé et timide?
_ Non. Elle est joyeuse, aime bien parler pour rassurer, pour meubler le silence. Sa joie est ... ou était communicative.
_ Ce qu'elle est devenue ne vous regarde pas. Etait elle effrayée par le sang lorsqu'elle travaillait avec vous?
_ Non. Mais elle souffrait toujours en voyant des blessures graves.
L'interrogatoire dura encore longtemps. Cario Delaig demanda des renseignements sur tout ce qui lui passait par la tête, passant d'un sujet à l'autre sans cesse. Swensson, obligé de répondre rapidement ne pouvait que dire la vérité. La moindre hésitation était fatale. Delaig s'emporta plusieurs fois car les réponses ne lui suffisaient pas. Mais Swensson ne réagissait plus. Il ne savait pas comment éviter la peur. Il avait peur pour lui et pour Satyia. En dénoncant certaines idées de Satyia, il risquait de se dénoncer lui même. Cependant il réussit à éviter de parler directement de ses opinions sur le régime tyrannique du Bazileus.
Lorsque Delaig sut enfin tout ce qu'il voulait savoir sur sa secrétaire, ses goûts culinaires, vestimentaires, ses loisirs, ses habitudes, son caractère, tout ce qui composait sa vie avant qu'il ne la rencontre, alors seulement il coupa la communication. Swensson se retrouva seul dans son bureau, la tête pleine de questions méchantes ou agressives. Il était fatigué et conscient que cet interrogatoire aurait pu être pire. Mais l'impression d'avoir dénoncer Satyia persistait. Un instant il eut l'intention de l'appeler. Cependant il se rappela qu'ils avaient vu son dernier appel. Il préféra ne pas tenter l'impossible.
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MessageSujet: Re: Brouillon   Lun 8 Jan - 17:22

Ce jour là Satyia était libre. La veille, Cario Delaig lui avait annoncé qu'il partait pour une semaine et que pendant cette durée elle était en congé. Elle n'avait pas réussi à savoir où disparaissait son patron. "C'est un secret que vous ne connaitrez pas, ma petite Satyia. Même à votre retour" lui avait il dit en souriant.

Depuis cinq heures déjà, Satyia flânait dehors. Elle avait commencé par se promener dans les jardins de la ville, comme au temps de son enfance, quand sa mère était encore en vie. Ne retrouvant pas l'atmosphère de son enfance, elle était allée sur l'avenue des étoiles, la grande rue commerciale de la capitale. Elle était entrée dans beaucoup de magasins de vêtements, de bijoux et de parfums. Mais elle n'avait rien acheté. Elle n'avait pas envie de dépenser ses premières économies. Elle n'avait besoin de rien. Lorsqu'elle était enfin parvenu au bout de l'avenue, elle s'était dirigée vers le Palais. Elle vait fait comme tous les rares touristes, comme si elle ne travaillait pas dans l'une des ailes de cet immense bâtisse.
Le Palais regroupait en réalité tout un ensemble de bâtiments qui s'étendaient sur plus de 2 kilometres. Des bâtiments administratifs surtout qui occupaient toute la facade visible depuis la place du Bazileus (entierement marbrée). Satyia travaillait dans l'aile est. Dans cette partie se trouvaient tous les services de renseignements, d'espionnages et de sécurités. C'est dans les sous sols de ces bâtiments que les adversaires du régime étaient "questionnés".
Fuyant ces idées noires, Satyia était repartie un peu troublée. Elle ne savait plus depuis combien de temps elle errait ainsi. Elle suivait son instinct, sans reflechir.
Soudain elle sursauta. Elle reconnaissait le sol mal pavé. Levant la tête, elle vit les immeubles de briques se dresser devant elle. Elle pouvait encore faire demi tour. Elle venait juste d'entrer dans cette rue étroite. Un pas ou deux aurait suffit pour fuir cet endroit. Mais sans savoir pourquoi elle s'engagea dans ce que l'on avait baptisé "la rue de l'Enfer".
Très vite elle se sentit épiée par toutes les personnes qu'elle croisait. Pourtant, elle ne reconnaissait aucun visage. Les hommes qu'elle voyait étaient tous propres et assez jeunes. Quelques vieillards assis sur un banc la fixaient ostensiblement. Plus loin des enfants se disputaient ou jouaient à se battre.
La rue lui semblait plus propre que dans ses souvenirs. Les facades ne suitaient plus la crasse, mais simplement la pauvreté. Les portes étaient abimées, mais semblaient plus solides. Les carreaux des fenetres étaient presque propres. Satyia pensa un instant s'être trompé d'endroit. Tout semblait si différent. Pourtant l'atmosphère était la même.
Ses doutes s'envolèrent lorsqu'elle reconnut deux fillettes qu'elle avait rencontré durant les quelques jours passés dans cette endroit étrange. Elle s'approcha d'elles et les interpella:
_ Excusez moi, mais vous êtes bien Evy et Eva, les jumelles... Vous souvenez vous de moi? C'était il a environ trois mois. Je suis arrivée ici un soir assez sombre et après c'est la vieille Taliee qui s'est occupée de moi. Vous avez déjà oublié?
Les deux enfants hésitaient visiblement à lui répondre. Elles n'osaient pas regarder Satyia et se jettaient des coups d'oeil. Finalement l'une d'elle réagit et dit précipitament:
_ Nous nous souvenons très bien mais nous ne pouvons pas vous parler. Je suis désolée. Au revoir.
Puis elles firent demi-tour. Satyia réussit cependant à attraper le bras de celle qui venait de lui parler, l'empechant de rejoindre sa soeur qui était partit en courant.
_ Pourquoi fuyez vous? Qu'est-ce qui se passe?
_ Vous êtes mauvaise. Vous n'avez pas le droit d'être ici. Lachez moi, répliqua la petite fille.
_ Quoi? Pourquoi ne veux tu pas me parler?
Pour toute réponse la fillette la regarda d'un air buté puis se dégagea et courut rejoindre sa jumelle. Regardant une dernière fois en direction de Satyia, Evy et Eva disparurent sous un porche.
Satyia sentit alors que la vie s'était arretée autour d'elle. Les enfants avaient arreté de jouer. Les vieillards s'étaient levés. Toutes les personnes présentes l'observaient comme on surveille une bête féroce. Aucun bruit ne se faisait entendre. Le silence était oppressant.
Satyia percut une présence dans son dos. Un homme. Seul. Se retournant, elle vit qu'il était armé. Il était jeune et tout de blanc vêtu. Il portait une arme automatique et legère. Son regard était froid et inquisteur. Une force émanait de lui. Il se tenait droit devant elle. Satyia eut du mal à reconnaitre Toryon tant il était différent de celui qu'elle avait connu. Il la regardait sans aménité et Satyia comprit que Toryon n'était plus le même. Devant elle se dressait un opposant au régime, près à ecraser ce qu'elle représentait.
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MessageSujet: Re: Brouillon   Lun 8 Jan - 17:23

Trois jeunes hommes apparurent alors autour de Satyia. Ils portaient un semblant d'uniforme marron très discret dans ces ruelles sombres et etroites. Tous avaient la main sur une arme automatique légere. Satyia n'aurait pu dire quelles étaient ses armes avec exactitude, cependant elle s'y connaissait suffisament pour savoir qu'elles étaient neuves et en très bon état.
Toryon lui intima l'ordre de le suivre. Les trois autres dissidents l'encadrèrent et elle n'eut d'autre choix que de suivre le mouvement. Ils prirent une ruelle encore plus etroite. Levant les yeux, Satyia ne vit que des murs gris au dessus d'elle. Le ciel était invisible. Une odeur fétide planait. Par moment le sol était glissant. Satyia gardait maintenant les yeux rivés au sol, essayant d'éviter les flaques malodorantes qu'elles appercevait.
Après avoir marché durant ce qui lui parut une éternité, Toryon s'arreta devant une petite porte de fer. Visiblement cet endroit était mieux entretenu que le reste. Il l'ouvrit avec une clé qu'il avait accroché à son cou et entra en se courvant.
_ Attention, il y a une marche. Et faites attention à ne pas vous cogner la tête, grommela Toryon.
Lorsqu'ils furent tous entrés, la porte se referma lourdement derrière eux. Une lampe grésilla au plafond, répandant une lueur blafarde. Satyia fut bousculée vers un couloir qu'elle n'avait pas remarqué. Il était impossible de s'y tenir à deux de front. Rapidement elle sentit le sol descendre sous ses pieds. Au fur et à mesure les parois se couvraient d'humidité. Tremblant de tous ses membres, Satyia sentait ses vêtements lui coller à la peau. La descente paraissait longue, très longue. Devant elle, Toryon et un rebelle marchait d'un pas toujours égal. De temps en temps, une ampoule surgissait de la pénombre, pâle eclaircie dans ce brouillard glauque. Le son monotone des pas, les gouttes d'eau tombant dans une flaque, le grésillement des rares ampoules, sa propre respiration haletante... Satyia avait l'impression de n'entendre que ça. Lorsqu'enfin ils atteignirent un palier, elle n'aurait su dire combien de temps avait duré la descente.
A quelle profondeur sous terre étaient ils? Elle n'aurait pu le dire. Longeant plusieurs portes, Satyia fut entrainée par un garde vers une porte lugubre où seul perçait un petit rectangle grillagé. Derrière la porte se trouvaient un lit de fer avec un fin matelas couvert de taches, une table, une chaise et un seau. Les murs étaient noirs et humides. Le jeune homme la poussa dans la piece et referma la porte sur elle. Elle entendit la petite ouverture de la porte se refermer avec un claquement sec. Elle était seule. Seule dans l'obscurité, sans comprendre ce qui lui arrivait.
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MessageSujet: Re: Brouillon   Lun 8 Jan - 17:24

Satyia entendit les pas s'éloigner. En tâtonnant elle se dirigea vers le fond de la piece, vers le lit. Lorsqu'elle toucha le mur suitant d'humidité, elle frissonna. Le froid la penetrait déjà. Le lit grinça lorsqu'elle s'assit dessus. Le matelas laissait deviner le moindre ressort du sommier. Elle trouva une couverture petite et legere à un bout du lit. Malgré la froideur de la couverture, Satyia s'enroula dedans pour essayer en vain de se réchauffer. Elle resta ensuite immobile un moment cherchant à percer l'obscurité autour d'elle.
Elle commencait à somnoler lorsqu'elle entendit un couinement. Quelque chose frôla ses pieds rapidement. Elle ne put retenir un cri de peur et remonta ses jambes sur le lit. Ce ne pouvait être qu'un rat ou un rongeur de grosse taille. Elle n'avait rien pour se protéger. Elle avait peur. Et froid. Et faim. Elle avait l'impression que de nombreuses heures s'étaient écoulées maintenant. Elle essaya de se calmer, de penser que sa situation ne durerait guère. Puis de petits bruits lui rappelèrent qu'elle n'était pas seule dans son cachot et que les autres habitants étaient là depuis plus longtemps qu'elle.
S'allongeant, elle se força à respirer calmement. Il ne fallait pas qu'elle reflechisse. Le sommeil était à ce prix. Et avec le sommeil, le repos et l'oubli...


Le grincement de la porte la sortit de sa torpeur. Un mince filet de lumière entra dans la piece l'eblouissant. Une ombre se découpait en ombre chinoise. L'ombre s'approcha et déposa une assiette et un verre sur la table. Sans quitter des yeux la prisonnière. Puis elle se retourna et sortit sans un mot...
_S'il vous plait... supplia t elle dans un murmure effrayé.
Mais la porte se referma, l'obscurité revint... Satyia se leva lentement et avança prudemment vers la table. Sentant le contact du bois vermoulu, elle suivit le contour de la table, déformé par l'humidité, pour atteindre la chaise. Avec mille précaution elle s'assit. Craignant que le siege ne se brise, elle se releva plusieurs fois, n'osant laisser tout son poids reposer sur un meuble si fragile.
L'assiette comportait une galette de froment rance et une tranche d'un fromage sans gout ni odeur. Le verre d'eau était à moitié vide. Une fois son repas frugal avalé avec lenteur, Satyia resta assise longtemps dans un état d'apathie totale. Elle ne pensait pas. Elle ne bougeait pas. Elle respirait à peine. Elle attendait.
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