Les histoires de Charlie

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 Brouillon

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Charlie
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MessageSujet: Brouillon   Mer 8 Nov - 20:56

Le reveil fut douloureux. Il eut du mal à se tirer du brouillard dans lequel il était plongé. Mais son instinct lui commandait de se reveiller.
Il entendait des voix... lointaines, puis de plus en plus proches. La lumiere devint de plus en plus forte, malgré qu'il eut du mal à soulever ses paupieres; elles devaient etre en plomb.
_Regardez! Il se reveille.
_He bien. Il est temps.
_Doucement! Il ne doit pas être tres frais.
_Ca, il y a des chances. Apres ce qu'il a vécu.
...
_Calmez vous. N'essayez pas de vous reveiller trop brusquement. Ne vous inquietez pas, nous sommes là pour veiller sur votre sommeil. Doucement. Voilà. C'est bien. Reposez vous. Nous nous occupons de vous. N'ayez crainte. C'est fini. Tout est fini. Vous êtes en sécurité ici!
Cette voix était si douce. Du calme. Du calme. Mais pouvait-il lui faire confiance? Une voix de femme surement. Oui, il allait se rendormir. Mais où était-il arrivé? Que c'était-il passé? Une femme... elles seules peuvent vous reconforter comme il faut. Mais certaines... Le sommeil. Voilà, ce qu'il lui fallait: du sommeil. Y trouverait il le repos? Ce repos qui le fuyait. S'abandonner. Ne pas lutter. Dormir.
Il s'endormit peu à peu. Les voix s'éloignaient. L'obscurité revenait. Et avec elle, les cauchemars....

Le principal cauchemar qu'il faisait était de plus en plus net. Il se trouvait assis dans un vaisseau, un destructeur. A coté de lui, sur le siege du co-pilote se trouvait le corps d'un homme chauve, aux yeux globuleux, gras et mal rasé. Vêtu d'un costume d'apparat de couleur émeraude et brodé d'or, cet homme avait une teinte violacée. Ses yeux étaient trop vitreux et exorbités pour être encore vivants. C'est alors qu'il remarquait la présence du masque à oxygene.
Soudain, un bruit sonore retentissait, un voyant rouge clignotait sur le tableau de bord, un indicateur de distance laissait ses chiffres se réduirent. L'étoile de la mort qui le suivait venait de lancer plusieurs missiles dans sa direction. Depuis deux jours qu'il fuyait, l'étoile de la mort avait détruit tous la flotte qui l'accompagnait. Aucun n'avait pû résister. Tous avaient sombrés dans le néant et le vide de l'espace. Et maintenant, c'était son tour.
Le missile se rapprochait. Puis soudain, l'explosion... une grande lumiere... un bruit assourdissant... la chaleure... un souffle... la douleur... les flammes... la chaleure... et puis soudain, le silence. La douleure était toujours présente, mais le froid, le silence, l'obscurité avaient fait leur apparition. Il flottait. Il était inconscient. Etait-ce ça, la mort?
Soudain, alors qu'il se croyait en appesanteur, flottant dans l'immensité intersidérale, il sentit une main prendre la sienne. Une main si douce, si agréable à toucher... Et une voix lui parlait. Une voix qui semblait venir de nulle part, mais une voix si calme, si reconfortante... Il se sentait mieux... Quelqu'un veillait sur lui. Quelqu'un qui faisait fuir ses cauchemars. Quelqu'un qui....
_AIE
Une aiguille venait de le transpercer. Mais déjà, on la retirait.
_Excusez-moi. Je suis désolée. Excusez-moi, mais c'est nécessaire. Mais ne vous inquitez pas. C'est pour votre bien. Rendormez vous... Dormez. Reposez vous... Vous etes fatigué, cela se voit... Allons, calmez vous. Chut... Reposez vous... Je reste à vos cotés pour veiller votre sommeil..... Je suis là... C'est bien... Là. Dormez.... Calmez vous.... Bonne nuit.
Puis cette voix si douce, si calme, si apaisante, se mit à chanter. Une berceuse. Pour lui. Mais n'était il pas un adulte. Pourquoi lui chantait elle une berceuse. Ha le calme.
Puis il se détendit. S'endormit. Rejoignit le pays des rêves et des cauchemars!!

Toujours le même cauchemar. Mais ce qu'il voyait était de plus en plus net. Maintenant il distinguait bien les traits de son co-pilote... Ernst Kaffir... C'était son nom, Ernst Kaffir. Mais qui était ce pour qu'il se retrouve à ses cotés. Et lui même, qui était il? Kaffir était violet. Il était toujours attaché à son fauteuil. Autour d'eux, il ne restait rien qui ne soit fixé. Le bruit de l'alarme retentit. L'étoile de la mort qui le suivait venait de lancer plusieurs missiles dans sa direction. Le rêve continuait trop vite pour qu'il puisse se rappeler d'autre chose.
5 minutes plus tard, il flottait dans l'espace...
Mais bientôt ce flottement entre la vie et la mort, dans l'espace et le néant, mélange ambigü de bonheur et de tristesse, de crainte et d'espoir, ce flottement disparu. Le voile noir du rêve s'eclaircit vers une autre lumiere. Là, le blessé se voit enfilé une combinaison noire: celle qu'il a dans l'avion. La salle est entourée de placards de bois à l'interieur desquels se trouvent des combinaison identiques à la sienne. Sur la poitrine une étoile blanche dont le coeur est noire, le tout barré de rouge. Dans le dos, un slogan est ecrit en rouge sang, semblant goutter comme de la peinture fraiche: La victoire ou la mort.
La salle est faiblement éclairée, le sol de carrelage renvoit la lumiere tamisée. Les murs sont ornés de photos et de portraits d'hommes vétus de la combinaison noire.
Il remarque alors que le gros homme, Ernst Kaffir, est à ses cotés et lui parle de... de la guerre et de la fuite. Mais qui est il? Il n'arrive pas à se souvenir. La scene s'obscurcit. Avant que tout redevienne noir, il aperçoit un homme de 2 metres, barbu, un regard noir et profond, les joues creuses. Ses levres bougent, mais lui n'entend rien...
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Charlie
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MessageSujet: Re: Brouillon   Mer 8 Nov - 21:00

La lumiere intense le reveilla. Il se trouvait sur une table d'opération. Autour de lui s'affairaient une dizaine de personne. Tous étaient vétus de blanc, les cheveux couverts, un masque sur le visage. Une odeur forte se dégageait. Apparemment personne ne le surveillait. Et cette lumiere... Ils ne pouvaient pas l'éteindre?
_S'il vous plait... Est-ce que... vous... pourriez..., la fin de sa phrase fut couverte par les réactions.
_Regardez! Il s'est reveillé.
_Doucement! Il veut parler.
_C'est bien le moment de se reveiller.
_Docteur! S'il vous plait! Docteur Swensson! Le patient s'est reveillé.
_Quoi? Mais qu'est-ce que c'est que ce bordel? Qui lui a administré sa dose? Haa putain, faut tout faire soit même! Mais à quoi vous servez là? Allez dégagez! Tout le monde dehors. Je veux être au calme. Satyia vous restez. Krolm et Fitz aussi. Le reste du vent.
La jeune femme repondant au nom de Satyia se pencha vers lui. Il se souvenait encore de sa voix:
_Comment allez vous? Vous vous sentez mieux? Oui?... Nous allons vous operez. Des jambes. Ne vous inquietez pas, le docteur Swensson n'a jamais raté une opération sur un humain.
_Qu'est-ce... qu'elles.... ont... mes jambes... Ahaaaaa
_Doucement! Ne bougez pas trop... Voilà... Lorsque nous vous avons trouvé vous étiez dans un sal état. Mais nous verrons ça plus tard. Je vais maintenant vous faire une piqure pour vous endormir pendant l'opération. Vous ne sentirez rien et à votre réveil, nous en reparlerons. D'accord?
_Allez Satyia. Je n'ai pas que ça à foutre de m'occuper des jambes d'un cadavre pour scientifique. Depechez vous. Cet homme n'est rien d'autre qu'un cobaye, il n'a pas besoin de vos paroles reconfortantes.
Il sentit la piqure et n'eut pas le temps de reflechir au parole du chirurgien. Il plongeait déjà vers un sommeil profond.

Lorsqu'il se reveilla son premier reflexe fut de regarder ses jambes. Mais ce mouvement si simple était pour lui un véritable effort. En essayant de s'appuyer sur ses bras, il réalisa que son bras droit ne lui répondait plus... Enfin, il réussit à se dresser à demi sur son oreiller. Ce qu'il vit le glaça d'horreur! Comment avait on pû lui faire ça, sans même lui demander son accord. Mais la phrase du docteur lui revint en mémoire: "Cet homme n'est rien d'autre qu'un cobaye"...
Il appela, mais il était seul dans une chambre qu'il ne reconnut pas. On ne lui demandait pas son avis, il était seul... seul face à l'horreur! Seul dans son malheur. Seul à devoir supporter des jambes de ferailles. Pourrait il jamais remarcher? Imaginait on qu'il allait marcher avec ces choses à la place de ses jambes? Et où était il? Dans quel hopital? Sur quelle planète? Comment était il arrivé là? Pourquoi moi? se demandait il. Pourquoi suis je leur cobaye? Qu'ai je fais? Pourquoi m'on-t-il choisi? Et que veulent-ils faire de moi?
Autant de question qui restaient sans réponse. Et cette jeune femme qui le rassurait... qui était elle? Pourquoi n'était elle pas là? Il eut envie de pleurer, comme un enfant. Sa vie était absurde et démente. Il pensa au suicide... Mais cela changerai-t-il quelque chose? Ils trouveraient une autre cobaye! Si ce n'était déjà le cas.
Le silence était bien pesant... Soudain, il entendit la porte s'ouvrir et quelqu'un entra...
Il vit apparaitre Satyia, les bras chargés d'un plateau repas bien rempli. Enfin, il allait pouvoir se remplir l'estomac, absorber quelque chose. Ce qu'il vit le fit saliver d'avance: de la viande, du poisson, des fruits et légumes et même du fromages. Bien que certains fruits lui soient inconnus, il se jeta sur le plateau dès qu'il fut sur ses genoux. La jeune femme tenta vainement de le faire ralentir. Lorsqu'enfin, repu, il s'arreta, il ne restait plus que les os et les arretes, et quelques pépins. Alors, il s'allongea et ferma les yeux...
Mais tres vite l'instinct du chasseur reprit le dessus. De dessous ses paupières il observa la jeune femme, puis lorsqu'il comprit qu'elle attendait qu'il ouvre les yeux il fit semblant de s'étirer et de se reveiller. Puis il la regarda droit dans les yeux et, toute comédie oubliée, lui demanda:
_ Que fais-je ici? Qui suis-je? D'où viens-je?
Elle le regarda avec un sourire et, doucement, lui répondit:
_ Je ne pourrai malheureusement pas répondre à toutes vos questions...
_ Pourquoi?
_ He bien parce que je ne connais pas certaines réponses. Je peux cependant vous dire que vous êtes dans la clinique "La rose des vents", à Everquyist. Il est peut être utile de précisé que vous êtes sur la planète Nede, située dans la galaxie 7, 16e planète du système solaire 93... Vous êtes ici pour être soigné, mais votre état est particulier, je vous expliquerai pourquoi après.
Qui êtes vous? Nous sommes bien en peine de ne pouvoir vous répondre, car nous ne le savons malheureusement pas!
D'où venez vous? A cette question je ne peux répondre qu'imparfaitement. En effet, nous vous avons trouvé dans l'espace, flottant au milieu de débris de ce que nous pensons être un vaisseau assez imposant...
_Mon vaisseau... un destructeur...
_ ...vous avez de la chance que l'on vous ai trouvé! Vous commenciez à mourir à petit feu. Le froid est si fort... c'est pour cela que nous avons été obligé de... vous amputer... les jambes... et bientôt un bras! Mais heureusement, vous aviez un masque à oxygène sur votre visage. Sinon, vous ne seriez pas avec nous aujourd'hui. Voilà ce que je peux vous apprendre sur les raisons de votre présence parmi nous. Mais peut être pouvez vous vous même nous en apprendre plus??
_ Non, je suis désolé, mais je ne peux vraiment pas vous aider. Je ne me souviens de rien. Absolument rien.
_ Même pas de souvenirs très vagues? De rêves?
_ Non. Je suis vraiment désolé mais ma mémoire est totalement vide.
_ Bon, très bien. Je vais vous laisser vous reposer maintenant. Je reviendrai ce soir pour le dîner.

Satyia était tout juste sortie qu'il sentit le sommeil l'envahir. Il ne put résister et 5 minutes plus tard il sombrait dans un sommeil profond.
Pendant ce temps, le jeune femme rejoignit le docteur Swensson et lui raconta l'entretien qu'elle venait d'avoir avec le blessé. Elle lui fit part de ses impressions:
_ Je ne suis pas sûre qu'il soit sincère. Avec tout ce que nous lui avons administré il serait étonnant qu'il ne se souvienne de rien.
_ Nous allons un peu augmenter les doses et nous verrons bien. Je crois aussi qu'il nous ment. Mais pourquoi? Que cherche-t-il à nous cacher? ... Enfin! Tôt ou tard nous le saurons. En attendant mettez le en confiance. Nous finirons par l'avoir à l'usure.
_ J'espere que vous êtes patient. Car je crois que cet homme est d'une force exceptionnelle. Il a survécut à un séjour dans l'espace; il se reveille toujours rapidement malgré ce que nous lui administrons; il est toujours en alerte; il a de l'esprit... Je pense qu'il faut se méfier.
_ Sans compter cet enfoiré de Kreyun qui veut savoir ce que nous faisons et qui cherche à tout gerer. Celui-là, il va falloir le calmer ou s'en débarasser.
_ Il faudra être tres prudent. Il a de nombreux soutients officiels et officieux.
_ Les nôtres ne sont pas négligeables non-plus... Mais effectivement ça ne sera pas une partie facile. En attendant je vais lui préparer de quoi calmer sa curiosité pour quelques temps. Nous nous reverrons ce soir pour le dîner de notre hôte...

Pendant ce temps le blessé retournait au pays des songes. Il commençait à s'habituer. Mais il s'étonnait toujours de pouvoir reflechir comme s'il était reveillé et d'assister à des morceaux de sa propre vie sans pouvoir rien y changer. Ces rêves étaient tout sauf normaux...
Lorsque la brume se leva, il vit une scene de son enfance. Il avait une dizaine d'année. Il jouait sur immense pelouse, devant un chateau aux dimmensions étonnantes. Le jardin semblait bien entretenu et l'on voyait au loin quelque jardiniers penché sur des fleurs. Il n'était pas seul. Il y avait deux autres garçons de son âge et une fille qui devait avoir environ 8 ans. L'un des garçons était son frère jumeau; l'autre, un cousin. La petite fille était une amie venue jouait pour l'après-midi. Cette enfant était éblouissante. Le soleil couchant faisait briller ses cheveux d'or. Ses grands yeux verts luisaient de malice. Sa bouche frêle entrouverte... Elle lui parlait. Mais lui n'entendait rien. Les deux autres garçons faisaient trop de bruit. Soudain, une voie impérieuse retentit:
_ Will! Rhys! Dites au revoir à Nola! Elle va bientôt repartir avec ses parents.
Cette voie, comment avait il pû l'oublier? C'était celle d'une femme encore jeune, brune avec des yeux bleux, toujours souriante: sa mère. Il vit son frère et son cousin le bousculer pour saluer la fillette, tout en se moquant de lui. Une dame s'approcha, emmena Nola avant qu'il ait pu lui dire autre chose que "au revoir".
Les parents de la fillette l'attendait devant l'escalier qui montait au chateau. Lorsqu'elle les rejoignit, elle se retourna et fit un signe de la main. Mais il n'osa pas y repondre. Ils disparurent dans la demeure. Ils allaient vers le spatioport privé où ils monteraient dans leur vaisseau et s'envolerai loin d'ici. Combien de temps avant qu'il ne la revoit...
Il entendit trop tard le pas de charge de Will et du cousin, et se retrouva le nez dans le gazon, le dos meurtri par le poids des deux garçons...

Le reveil le laissa déçu de ne pouvoir retourner dans son rêve. Il y repensait depuis plusieurs minutes lorsqu'il s'aperçut qu'il n'était pas seul. Ouvrant les yeux, il vit Satyia, assise dans un fauteuil, qui le regardait. La salle était dans la pénombre et la jeune femme avait choisi le coin le plus sombre. Elle pouvait ainsi observer discretement, sans déranger. Sa respiration discrete lui avait permit de ne pas être découverte plus tôt.
_Bonjour! Ca fait longtemps que vous m'observez?
_Bonsoir! Non, je suis arrivée peu de temps avant votre réveil... J'apportais votre repas. Mais vous semblez... tourmenté!
Je ne crois pas un mot de ce qu'elle dit. Quelle garce!!
_En fait j'ai fait un drole de rêve et...
_Ha oui?! Quel genre de rêve?
La voilà bien pressée
_Ho! Un rêve sans importance mais qui m'a marqué.
_Vous ne voulez pas m'en parler?
_Si ça vous amuse!... En fait, j'ai revu un moment de mon enfance...
_Haaa...
_... et... j'ai découvert que...
_Que...
_J'ai redécouvert... le son de la voix de ma mère!
_Ha!... Oui!...
_Qu'y a-t-il? Vous semblez déçue?... Vous croyez que j'avais trouvé l'île au trésor?
_Non!! Non, ce n'est pas ça! C'est que... je m'attendais à ce que vous vous souveniez de quelque chose de plus... important?!
_Mais c'est important de se souvenir de la voix de sa mère. En tous cas, pour moi ça l'est. Vous n'imaginez pas ce que cela represente à mes yeux après avoir tout oublié de moi! C'est énorme!
_Oui, oui. Bien sûr je comprends... Mais... vous a-t-elle appelez, dit quelque chose à vous en particulier?
_Oui! Elle m'a parlé!... Enfin à moi et à mon frère...
Merde! Quel abruti! Je viens de lui dire que j'avais un frère...
_Haa vous avez un frère?!
_Oui! Enfin, j'avais...
_Et que vous a-t-elle dit?
_Ho! Elle nous a juste appelé!
_Ha oui? Et comment vous a-t-elle appelé?
Tu aimerais connaitre mon nom, hein? He bien dommage! Tu te conteras de ce que tu as pour l'instant!
_Ma maman? Elle a juste dit "Les enfants!... Venez s'il vous plait". Enfin c'est tout ce dont je me rappelle.
_Ha!... Très bien!... Merci!... Bon, voici votre repas. J'étais venue pour ça, n'est-ce pas! Alors bon appétit!
Elle sourit, mais Rhys ne fut pas dupe. Elle aurait aimé en savoir plus. La lutte avait été dure. Il se sentait épuisé. Déjà...
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Charlie
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MessageSujet: Re: Brouillon   Mer 8 Nov - 21:02

Rhys replongea dans un rêve... Il était toujours enfant. Mais cette fois le cadre était complétement différent. Il était dans une grande salle, de couleur assez claire. Sur le mur du fond, des cibles. Derriere, tout un arsenal des armes les plus simples aux plus compliquées. Pour l'instant, il était avec son frère et un homme d'une grande stature, brun, les cheveux courts, avec une petite moustache. Son père. En croisant son regard, il réalisa qu'ils avaient les mêmes yeux...
_ Bon, alors je veux que vous appreniez à vous servir de toutes ces armes... Ne vous inquietez pas, ce n'est pas si compliqué que ça en a l'air. Et je ne vous demande pas de tout savoir ce soir. Mais il est important que vous sachiez vous battre. Vous avez déjà commencez à apprendre des techniques de combat à mains nues. Maintenant vous allez apprendre le maniements des armes. De toutes les armes! Vous faites parti de l'élite de notre peuple, alors montrez le. Aussi vrai que moi même, Carl ap Gruffyd, suis votre père, je vous apprendrez comment devenir un soldat d'élite.
Ce discours l'avait impressionné, il le sentait. Son frère, Will, semblait tout autant touché. Ainsi, ils appartenaient à l'élite. Mais l'élite de quoi? D'où? Au moins avait il apprit son nom de famille...
Will se dirigeait déjà vers les armes. Son regard brillait d'émerveillement devant les plus grosses. Rhys le rejoignit rapidement, son regard rivé sur un mitrailleur à plasma tout juste nettoyé et brillant sous la lumière bleue qui éclairait l'arsenal. Mais leur père les ramena vers des armes plus légères. Et il leur proposa de commencer avec un Uzi de petit calibre...
_ Vous allez commencer par ça. On verra plus tard pour le reste. Il faut savoir attendre son heure!
Puis le reste du rêve ne fut qu'un long entrainement, pendant lequel Rhys et Will ap Gruffyd apprirent à se servir d'un Uzi. Les tirs se rapprochaient des cibles au fur et à mesure que la scéance avançait. Puis vint la fatigue, les crampes, l'envie de se reposer... Mais leur père continuer à les entrainer et eux ne pouvaient dire qu'ils souhaitaient s'arreter, faire une pause: ils faisaient parti de l'élite!
La suite de son rêve fut beaucoup plus rapide... Il y appris comment se servir de toutes les armes mises à sa disposition, à les démonter, les remonter, les connaitre parfaitement: poids, dimensions, efficacité et distance de tir. Il revisitat son experience si bien que lorsqu'il se reveilla, il était près à utiliser toutes ces armes. De même il s'était souvenu de son apprentissage des arts martiaux. Il pouvait se battre et tuer à main nues. Les armes rustiques comme les arcs, arbalètes, lances, javelots, épieux, épées ou coutelas, ainsi que beaucoup d'autres... Toutes ces techniques de combat lui revinrent en mémoire!


_ Bonjour! Vous avez bien dormi?
Satyia se tenait au pied de son lit, souriante. Elle avait posé le plateau-repas sur la petite table. Elle semblait l'observer attentivement...
Rhys s'étirat, baillat, lui sourit à moitié, re-baillat, puis se grattant le cuir chevelu, lui répondit:
_ Mmhmouiii... hhhfff... ça peut aller!... Et vous?
_ Ho moi? Tres bien. Je vous remercie de penser à moi.
_ Dites moi! Vous êtes la seule infirmière ici? Ou vous êtes mon gardien? ... Peut etre devrai-je dire, mon ange-gardien?
Son rire cristallin retentit dans la petite piece:
_ Non, je ne suis pas la seule infirmière, mais j'ai pour mission de veiller particulièrement sur vous! Ce n'est pas tous les jours que l'on reçoit des blessés del'espace.
_ Mmmoui. Bien sûr. Je comprends tout à fait... Je suis donc un hôte de marque, c'est ça?
_ Oui! On peut dire ça! ... Enfin en quelques sortes.
_ En quelques sortes, oui! C'est vrai que ce n'est pas à tout le monde qu'on coupe les jambes pour les remplacer par de la ferraille. Quelle chance d'être votre hôte, vraiment! Je suis sûr que je suis très envié...
_ Hoo... Je suis désolée que vous le preniez comme ça! Nous avons fait ça pour vous aider, pour que vous puissiez un jour remarcher
_ Mais bien sûr! C'est fait gratuitement en plus... Pour les beaux yeux d'un cobaye! Comme c'est touchant...
_ Vous êtes d'une drôle d'humeur ce matin, je ...
_ Haa c'est bon maintenant, hein! Donnez moi mon repas et laissez moi tranquille! Ca ira! J'aime pas particulièrement être surpris au reveil, et encore moins par une nana qui vient pour essayer de m'arracher des infos, à défault de m'arracher des membres!
...
S'executant, la jeune femme fit se qu'il voulait, puis sortit, sans dire un mot de plus.
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MessageSujet: Re: Brouillon   Mer 22 Nov - 4:08

Satyia rejoingnit Swensson qui l'attendait dans son laboratoire:
_ Je crois qu'il va être de plus en plus dur de le faire parler... Je ne sais pas de quoi il reve, mais ça le met de bien méchante humeur!
_ Je sais, je sais. Les caméras fonctionnent toujours... Cet homme a surement eu une vie palpitante avant de se retrouver dans ce lit. Le problème c'est que s'il recouvre toute sa mémoire, comme ça semble être le cas, et qu'il refuse de communiquer, cette expérience sera en partie ratée. A moins que...
_ Que quoi?...
_ Nous pourrions ensuite le soumettre à d'autres tests... Pour qu'il accepte de nous parler!
_ Vous savez tres bien que lui injecter ce qu'on appelle du sérum de vérité pourrait le tuer. Ce que nous lui administrons n'est pas compatible avec ce sérum! Faire ça, ce serait le condamner à une mort certaine.
_ He bien soyez plus... convaincante avec lui! Ce sera la seule solution d'aider ce cobaye.
_ Ce n'est pas un cobaye! Ni un animal, docteur! Vous oubliez que c'est un homme comme nous et que notre gouvernement est...
_ Allons, calmez vous Satyia! Je crois que vous avez besoin de vous reposer un peu. Vous vous surmenez pour cet inconnu, à croire que vous l'aimez!
_ ...
_ Et vous ne dites rien pour vous défendre! Voilà qui vaut bien un aveux. Bon, je vais vous mettre de repos pour quelques jours, ça ira mieux après. Mais attention! Je vous conseille de ne parler de cela à personne. Vous savez ce qu'il vous en coutera sinon! Ne me décevez pas, Satyia!


Le soir lorsque la porte de la chambre s'ouvrit, Rhys vit entrer une femme d'âge mûr, les cheveux noir et dans les yeux un vide qui surpris le blessé.
_ Bonjour monsieur. Je vous apporte votre repas... Comment vous sentez vous? Vous dormez bien? Pas d'insomnie? ... Vous savez, si vous avez un problème, il ne faut pas hésiter à nous appeler. Vous appuyez sur ce bouton, là, et nous viendrons vous voir de suite.
_ Je vous remercie, mais qu'est devenue la jeune femme qui s'occupait de moi jusqu'à présent?
_ Désolée, monsieur. Je ne suis pas en mesure de vous repondre. J'ai été affectée à ce service et je ne suis pas au courant de ce qui s'est passé avant que j'arrive. Je ne peux donc pas vous aider.
Mais vous pourrez peut-être posé la question au docteur Swensson. Il m'a dit de vous prevenir qu'il passerait cet après-midi.
_ Sublime!!! Je vais avoir la chance de recevoir mon bourreau...
_ Pardon?...
_ Ho rien! Ne faites pas attention à ce que je dis. C'est sans importance, et puis de toutes façons je dois être fou, alors ne vous souciez pas de moi.
_ Vous êtes sûr que tout va bien monsieur.... monsieur...
_ C'est monsieur ap... désolé, mais je ne me souviens pas de mon nom. Vous devez au moins savoir que je suis amnésique, non? On vous a au moins prevenu de ça?
_ Oui, oui! Bien sûr! Mais peut être votre mémoir revient elle? Il est très courant que cela se passe ainsi vous savez; toute la mémoire peut revenir d'un coup.
_He bien désolé mais ce n'est pas mon cas. Bon alors, que m'avez vous apporté à manger? J'espere que c'est meilleur que d'habitude...


Le sommeil le repris d'un coup, alors qu'il essayait de rester éveillé en attendant l'arrivée de son bourreau. La scene qui s'offrait à ses yeux lui semblait déjà connue. Il se trouvait dans un vestiaire faiblement eclairé, avec un sol de carrelage et des murs couverts de placards. C'était avant qu'il ne parte pour son dernier vol avec Ernst Kaffir. Celui-ci lui parlait d'un air inquiet, et cette fois, il l'entendait:
_ Il faut absolument que vous me sauviez... Ses salauds veulent ma peau... Si jamais ils réussissent à me tuer, ce sera la fin de la Grande Révolution... Vous me compreez ap Gruffyd??... C'est très importat pour tous les opprimés et...
Il s'entendit répondre:
_ Je sais en quoi consiste mon boulot! Merci. Et arretez de trembler pour votre vie, je vous amenerez en lieu sûr.
C'est alors que le géant de deux mètres, barbu et au regard inquiétant, etra dans son champ de vision. Il prit à son tour la parole:
_ Ne vous inquietez pas, monsieur Kaffir. Rhys est notre meilleur pilote. Si quelqu'un peut vous sauvez, c'est lui.
Puis il se tourna vers Rhys et lui murmura: N'hésites pas à lui faire quelques frayeurs. Je crois que ça lui fera du bien. Il est un peu trop imbu de lui même. Croire que tout repose sur ses épaules alors qu'on se passerait bien de lui... Mais attention, si tu échoues, nous risquons de perdre une partie de nos soutiens au sein de Conseil. Alors assure le coup. Vous aurez une flotte qui vous accompagnera pour servir d'appât au cas ou vous seriez attaqué.
_ Très bien. Vos désirs sont des ordres!
Il se revit ensuite sur le spatioport, regardant tous les vaisseaux déjà en vol qui n'attendaient que leur départ. En s'installant à sa place, il demanda à son passager de vérifier tout le matériel présent sous son siège.
_ Vous savez vous servir d'un parachute au moins? D'une capsule de survie gonflable? D'un masque à oxygène? Des diverses balises, selon si vous êtes dans l'air ou dans l'espace? En terrain allié ou ennemi, voire inconnu?...
_ Vous... vous rigolez!! Je ne sais pas me servir de tous ces engins. Je croyais que nous n'aurions pas de problème.... Vous n'êtes...
_ C'est bon! C'est bon! Détendez vous. C'était juste pour savoir... Mais s'il y a un progblème je decline toutes responsabilité. Je ne pourrai rien pour vous.
_ ...
_ C'est bon! Radio! Prevenez que nous sommes prêt pour notre croisière et demandez des précisions sur notre destination, j'aime bien savoir où je vais en vacances.
_ Ok, capitaine! Je m'occupe de ça.
_ Quand je pense que je pourrai encore être tranquille au lit, avec une belle demoiselle.... mais qu'à cause d'un rigolo, je dois traverser l'univers pour éviter les représailles du Conseil Interplanétaire des Dirigeants Galactiques. Haa pourquoi me suis-je engagé dans cette armée de....
_ Comment?... Vous... vous ne... soutenez pas la... la Grande Révolution?...
_ Ha oui, la Grande Machination... Et vous croyez sérieusement que vous changerez le monde après ça? Une tyrannie remplace une tyrannie. Voilà la réalité. Et ça ne changera jamais, les hommes sont tous les mêmes. Si je me suis engagé dans cette armée de dissidents, c'est pour me venger. Mais maintenant que c'est fait. Je n'ai plus aucun interêt à rester...
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MessageSujet: Re: Brouillon   Mer 22 Nov - 4:10

Il se reveilla en sueur... Le reste du cauchemar était passé vite, mais c'était toujours aussi désagréable. Il fit un effort pour ne plus y penser, mais sans cesse, son esprit le ramener vers l'espace, vers la fuite. Et toujours il y voyait sa défaite, sa ruine, sa mort...
Il voulut se lever, pour se rafraichir le visage. Mais ses jambes de ferrailles le ramenèrent à la réalité! Pourtant il les avait senti bouger. Faisant un effort surhumain, il réussit à faire glisser ses jambes sur le bord du lit, puis, lentement elles descendirent vers le sol. Lorsqu'elles toucherent le carrelage, il entendit le bruit du choc. Mais il ne sentit rien d'autre. Sans le bruit, il ne pouvait savoir qu'elles étaient au sol. Essayant ensuite de se lever, il put, au bout d'un quart d'heure d'effort, se dresser sur ses nouvelles jambes. Mais obligé de se tenir pour ne pas tomber, il preferat se laisser retomber en arrière, sur son lit.
Il fallut ensuite remonter le tas de feraille sur le lit. Ses muscles fatigués ne pouvaient supporter un tel effort. Il dut donc prendre ses jambes avec ses mains et les remonter. Mais, ne s'accrochant plus à rien, il se sentit glisser vers le sol. Et avant de pouvoir réagir il tomba, se cognant la tête contre le bord du lit. Il sentit une énorme douleur se reveiller sous son crâne. Comme une explosion, avec un flash surpuissant. Après ça, le noir, le noir absolu...

Le brouillard commençait à se dissiper... Il entendit une voix venue de tres loin lui parler. Les premières paroles étaient absorbées par le brouillard épais comme du coton. Puis peu à peu il compris des morceaux de phrases:
_ ... vous est-il arrivé? ... bien? Vous m'entendez enc.... tout à fait conscient mais... le lit!
Il se sentit soulever dans les airs par deux pairs de bras. Puis il atterit sur le lit. Là il se sentit beaucoup mieux et réussit même à entrouvrir un oeil. L'espace d'une seconde il vit la femme qui s'était occupé de lui le matin et à ses cotés un homme qu'il n'avait vu qu'une fois, mais dont le nom l'inquiétait: le docteur Swensson.
Une compresse sur le crâne, il finit par se sentir presque bien.
_ Comment vous sentez vous maintenant? Ca va un peu mieux? ... Vous avez dû faire une petite chute, ça ira mieux d'ici peu. Ne vous inquietez pas et pensez à vous reposer. Pas d'effort inutile!
_ Merci Arline! Vous allez pouvoir nous laisser. Je vais m'occuper de lui.
_ Etes vous sûr, docteur? Il ne faut pas qu'il se fatigue. Après tout ce qu'il a vécu, ce pourrait être le choc de trop. Il faut...
_ Merci! Je suis au courant de tout ça. Maintenant si vous voulez bien, vous allez nous laisser seuls. Je pense être capable de m'occuper de mon patient. erci de votre aide, mais il est temps de prendre votre pause. Au revoir. Cette voix calme mais ferme mis fin à la résistance de l'infirmière qui sortit aussitôt, laissant les deux hommes en tête à tête.
_ Bon alors, comment vous sentez vous? Vous réussirez à survivre encore une fois?
_ Ca devrait aller, merci.
_ Bon je crois que ce n'est pas la peine de tourner autour du pot pendant des heures. JE suis venu ici car j'aimerai en savoir un peu plus sur vous. Et pour commencer pourriez vous me dire votre nom? Vous étiez à deux doigts de le dire à Arline, ce matin. Mais vous vous êtes retenu de peu. Je suis sûr que Satyia aurait réussit à vus le faire dire, mais elle en vacances pour quelques temps.
Alors! Vous ne voulez rien me dire? ... Vous êtes sûr?!
_ Nous pourrions peut être trouver un arrangement...
_ C'est à dire?
_ Vous commencez par me dire ce que je fais ici, comment je suis arrivé dans ce lit et pourquoi vous faites tout pour m'y retenir. Après on pourrat peut être discuter!
_ Je vois! ... Vous aimez poser vos conditions! Mais ne vous en faites pas, je ne vois aucun inconvénient à vous dire comment nous vous avons trouvé. En fait, c'est un peu une chance que nous soyons dans le coin lorsque votre vaisseau a explosé. Pour vous comme pour moi! J'étais avec quelques collègues en exploration dans l'espace. De là où nous étions nous avons vu une lumière gigantesque remplir l'espace. Nous nous sommes aussitôt dirigés vers le lieu d'où semblait provenir ce flash. Là nous avons trouvés toutes sortes de débris flottant dans l'espace. Et parmi ces débris, vous!
_ Vous m'avez donc trouvé assez rapidement. Mais dites moi, comment étais-je?
_ Dans un sale état! Vous flottiez dans le vide, un masque à oxygene visser sur la tête, la bouteille toujours accrochée au bout du tuyau. Je ne sais pas comment vous avez pû survivre à l'explosion, mais cela releve du miracle. Lorsqu'on a pû vous récuperer, vous étiez bleu de froid. C'est à cause de cela que j'ai dû vous emputer des deux jambes et bientôt de votre bras droit. Pour les oreilles, je n'ai pas osé décidé sans vous en parler avant...
_ Quel humour transcendant!... Pour mes jambes j'aimerai comprendre pourquoi vous avez choisit de me metrre des engins aussi lourds.
_ Bien sûr, mais plus tard. J'aimerai d'abord que vous me parliez de ce qui vous reste comme souvenirs! Si cela ne vous dérange pas, évidemment... Peut être pourriez vous au moins me dire votre nom! Ce serait plus simple pour communiquer. Vous ne croyez pas?
_ Puisque vous tenez absolument à savoir, appelez moi... heu... Will! Oui, c'est ça. Appelez moi Will. Ce sera parfait pour le moment.
_ Pourquoi choisir ce prénom? Et pourquoi ne pas dire la vérité?
_ Peut être parce que je n'entends pas souvent la vérité depuis que je suis ici?! Qui sait?
_ Qui vous cache la vérité? Depuis que nous discutons je ne vous ai pas menti une seule fois!
_ Non. C'est vrai. Mais vous éviter de me dire pourquoi je suis là, ce que vous avez trouvé dans l'espace en compagnie de ma personne, quels sont vos projets me concernant, ce que je represente à vos yeux, où je suis et dans quel but... Autant de questions qui restent sans réponses et qui, pour moi sont très importantes!
_ Vous commencez à devenir irrascible. c'est dommage, cette conversation avait bien commencée.
_ Oui, c'est vrai. Vous meniez la danse convenablement. En me donnant quelques infos ridicules vous avez cru que je vous livrerai ensuite des secrets capitaux pour vos recherches. Mais ça n'a pas marché... C'est dommage, comme vous dites.
_ He bien je crois qu'il est temps que je me retire. Vous semblez bien fatigué et je m'en voudrais de vous importuner plus longtemps.
_ Vous vous déffilez docteur. C'est pas terrible. Mais avant que vous ne diparaissiez, qu'avez vous fait de ma combinaison que j'avais quand vous m'avez trouvé.
_ Je l'ai conservée rassurez vous. Une combinaison si solide, capable de résister au feu comme au froid... J'avoue que je n'en avais jamais vu d'aussi performante.
_ J'imagine qu'elle est en mauvais état.
_ He bien les jambes sont très abimées et la manche droite n'est plus qu'un souenir. C'est pour cela que vos membres ont gelé. Par contre, j'ai été obligé de confier à d'autres chercheurs la cagoule que vous portiez pour vous protéger. Mais elle m'avait l'air moins interessante.
_ Effectivement, la cagoule est moins interessante. Mais dîtes moi. Pourquoi me garder vous ici?
_ Mais... pour vous soigner!
_ Les murs doivent être bien épais pour que je n'entende pas les autres patiens. A moins que je ne sois en quarantaine pour avoir contracté un virus dangereux? Mais...
_ Ha je vois. En fait vous êtes dans un laboratoire expérimental. Et vous êtes mon seul patient actuellement... Les autres sont morts.
_ Réjouissante perspective.
_ Mes autres patients étaient autrement plus mal en piont que vous. Mais vous avez la particularité de venir d'une autre planète, surement d'une autre galaxie et d'avoir en plus survécu dans l'espace. Cela n'a rien à voir avec mes précedents patients. Le problème c'est que vous n'êtes pas très coopératif
_ Quel dommage...
_ Bon! Cette fois je vous laisse. Je reviendrai vous voir bientôt. En attendant reposez vous!
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MessageSujet: Re: Brouillon   Mer 22 Nov - 4:12

Dès que le docteur Swensson fut sorti, Rhys essaya de bouger ses jambes. Puis au bout de quelques minutes il s'arretat. Il se fatiguait trop. Essayant de repérer l'endroit où pouvait se cacher une caméra, il repensat au choc intervenu lors de sa chute du lit. Ce choc était providentiel. Il lui avait permit de se remémorer les derniers évenements avant l'accident. Engagé volontaire dans l'Armée des Révolutionnaires Galactiques, il s'était rapidement distingué par ses qualités de pilotes. Capable de conduire tous types de vaisseaux, apte à se servir de toutes les armes à dispositions de l'ARG et prêt à toutes les folies, il n'avait pas tardé à prendre du grade.
Mais surtout il se rappelait des raisons de son engagement dans l'ARG. Il s'était engager pour pouvoir se battre contre son frère, pour se venger de sa famille. Celle-ci occupait une place importante au sein du Conseil Interplanétaires des Dirigeants Galactiques. La seule opposition sérieuse du moment face aux magnas du CIDG était ce qu'ils appelaient la Grande Révolution. Il s'était donc engagé dès que possible. La suite lui avait prouvé que son choix était le bon.
Cependant il ignorait toujours la raison pour laquelle il tenait à se venger. Enfin, cela appartenait à l'histoire ancienne. Lorsqu'il le pourrait il chercherait à connaitre mieux son passé. En attendant, il allait devoir apprendre à vivre avec ces morceaux de ferailles... et bientôt avec un autre à la place du bras droit!


En sortant de la chambre de Rhys, le docteur Swensson se dirigea vers la salle d'études des objets inconnus. C'est là qu'était entreposée la combinaison de pilote de son patient. Un jeune homme était justement penché dessus, l'observant de très près. Ses longs cheveux roux touchaient la combinaison. Entendant la porte, il sursautat et se retournat aussitôt.
_ Docteur Swensson! Je ne m'attendais pas à vous voir.
Ses yeux étaient totalement bleu, particularité de son peuple. Son visage poupin lui donnait un air d'innocence. De sa manche gauche dépassait une main de squelette, souvenir d'une bataille. Le docteur Swensson avait réussit à lui greffer l'avant bras d'une liche sans que cela n'ait d'effet sur le receveur.
_ Je sais Krolm. Mais j'aime bien te surprendre, tu le sais. Alors qu'as tu trouvé?
_ He bien pour l'instant rien. Cette matière est entierement nouvelle pour moi. J'ai soumis plusieurs morceaux à diverses réactions et en général ces tissus ont résisté à tout: le feu, le froid, l'acier, l'acide, le laser... A mon avis ce qui a usé cette combinaison c'est la triple attaque du feu, du froid glacial et des chocs répétés des morceaux d'aciers pendant l'explosion du vaisseau. Mais ce n'est qu'un simple théorie.
_ Hum... Interessant! Interessant! J'essaierai d'en parler avec... Will, puisque c'est ainsi qu'il veut être appelé.
_ Pourrai-je... Me permettriez vous de... d'assister à l'entretient? ... Si ce n'est pas trop demandé! Je sais que...
_ Bien sûr! Je n'y vois aucun inconvénient. Mais pas demain. Je le laisserai se reposer. Sa chute n'a pas l'air de l'avoir trop épuisé, mais il n'est toujours pas dans une forme olympienne. Après-demain, je pense que ce sera bon.
_ Merci! Merci beaucoup docteur! Je ne sais comment vous remercier...
_ En continuant à bucher comme tu le fais. Allez hops, au boulot.


Le lendemain, Rhys tenta encore une fois de marcher. Cette fois, connaissant les risques, il ne tombat pas. Il réussit même à tenir assez facilement debout. Mais lorsqu'il essaya de bouger, il fut obliger de se retenir au lit pour ne pas tomber.
Dans l'après-midi, Arline vint lui apporter son repas et lui proposa de l'aider dans sa réeducation. Mais Rhys, alias Will, refusat son aide.
_ Je n'ai pas besoin d'aide. Je marcherai seul. Je ne suis plus un enfant, merci. Si je ne peux pas marcher seul, ce n'est pas la peine que je marche.
_ Très bien comme vous voulez! Je ne voulez pas vous vexer. Elle se dirigeait vers la port, d'un air déçu, quand il la rappela.
_ Excusez moi! Je ne voulais pas être brutal. Mais j'ai l'impression d'être en prison ici.
_ ...
_ Savez vous si le docteur Swensson repassera me voir aujourd'hui?
_ Oui! Je crois qu'il a jugé plus sage de vous laisser tranquille. Vous devriez vous reposer un peu. Vous êtes en train de vous surmener. Malgré votre forte constitution, vous êtes quand même dans un drôle d'état. D'ailleurs votre bras droi ne vous fait pas trop souffrir?
_ He bien... il m'embete de ne pas fonctionner. C'est un poids mort. Il se met toujours au mauvais endroit. Il me tire un peu sur l'épaule. Et il me donne parfois la migraine. Mais à part ça, tout va bien. Il est gentil et il ne mord pas!...
_ Je suis désolée. Je pense que vous serez bientôt opéré. Mais en attendant je vais vous donner des calmants.
Merci, c'est trop gentil.... Laissez la boite. Ce sera toujours utile.
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MessageSujet: Re: Brouillon   Mer 22 Nov - 4:14

La fin de la journée se passat sans visite pour Rhys. Il ne se sentait pas vraiment fatigué. Il dormait de mieux en mieux, presque normalement. En y reflechissant, il semblait évident qu'il avait été drogué pendant longtemps. Mais depuis le départ de Satyia, tout aller mieux. Cette pensée le surpris aussitôt. Comment pouvait-il être ainsi alors que la jeune femme était la seule à s'occuper si bien de lui? Trop bien peut être? Quoi qu'il en soit, il aimerait la revoir. Mais apparemment ce n'était pas pour tout de suite...

Lorsqu'il réussit enfin à s'endormir, il revit encore une fois l'accident. La poursuite avait été longue. Mais il ne pouvait rien faire. Malgré tous ses talents de pilotage, son adversaire avait gagné. Il avait essayé de se cacher derrière des planètes ou des lunes, au milieu d'un champ d'astéroïdes ou d'une nébuleuse, de passer derrière le chasseur et de parti en sens inverse... Mais à chaque fois le pilote de l'EDLM avait éventé ses manoeuvres. A croire qu'il le connaissait.
Les premiers tirs de l'EDLM avaient détruit la propulsion hyperespace. Il ne pouvait plus s'enfuir. Il le savait. Le combat était perdu d'avance. Cependant il n'en parla pas à son passager, qui était déjà très inquiet.
_ Alors?!... On va pouvoir s'en sortir?... Les dégats ne sont pas trop importants?....
_ ...
_ Mais répondez moi.... bon sang! ... Je ...
_ Taisez vous plutôt, cela m'arrangerait!
_ Vous... vous savez à qui... à qui vous parlez? ... Je vous interdit de...
_ Et moi je vous ordonne de vous taire! Vous êtes ici sur mon vaisseau et si vous tenez à ce que je vous sauve la vie, commencez par fermer votre grande gueule! Vous m'emmerdez depuis que ce connard nous pourchasse. Alors fermez là, je n'ai pas besoin d'un braillard qui me tape sur les nerfs... Si vous ne savez pas quoi faire ici, vous pouvez allez derrière. Vous serez peut être utile là-bas. Plus qu'ici. Parce que, sauf votre respect, vous ne servez à rien. Puisque vous tenez tant à votre pauvre petite vie, laissez moi conduire en paix. Moi aussi je ne tiens pas à mourrir tout de suite. Je n'ai jamais échoué dans une mission, et je ne tiens pas à ce que ce soit aujourd'hui...
C'est alors qu'il avait été coupé par un choc encore plus violent que les précédents.
_ Capitaine! Nos boucliers ont été détruits!
_ Merde! Preparez vous aux chocs! Les prochains tirs vont faire très mal.
_ ... Vous voulez dire qu'on est foutu?...
_ On est jamais foutu! Preparez vous à encaisser de gros chocs. Attachez vous comme il faut. Sortez votre masque à oxygène.
A tout l'équipage: Soyez prêt à toutes eventualités. Preparez vous à utiliser les capsules de survie. En attendant, vous tenez tous votre poste. On continue à tirer sur ces enfoirés.
_ Le réacteur droit est en feu!
_ Eteignez le!
_ Les canons 3 et 4 sont détruits!
_ Des survivants?
_ Aucun... Le 2 est en flamme. Cairan est en flamme! Putain... Il se dirige vers la porte... Qu'est ce qu'il fout? Arretez le!!
_ Descendez le! Il va tous nous tuer!
_ Mettez tous vos masques à oxygene!!
....
_ Djenn et Poal ont été aspirés dans l'espace. Il faut condamner cette partie.
_ Je ne veux pas perdre la moitié de mon équipage!
_ Pas le choix! Dans 5 minutes nous n'auront plus d'air et le froid nous paralysera rapidement.
_ Ok!
....
_ Que s'est il passé?
_ Une porte ouverte...
_ Je suis touché... C'est la fin. Essayez de vous rendre.
_Jamais!! Plutôt crever.
_ Mais... vous êtes fous?!
_ De toutes façons c'est sans espoir. La radio ne fonctionne plus et ils ...
L'explosion suivante lui coupat le souffle. Par reflexe il prit son masque à oxygene et le fixa soigneusement. Mais Kaffir n'eut pas le même reflexe. Lorsqu'il comprit ce qu'il fallait faire, il virait déjà au violet. Le destructeur n'était plus qu'une ruine flottante. Les derniers coups le firent voler en éclats...
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MessageSujet: Re: Brouillon   Mer 22 Nov - 4:15

Rhys se reveilla en sursaut! Il était trempé de sueur. L'impression de revivre ce désastre était beaucoup plus forte que d'habitude. Il se demanda un instant s'il n'était pas mort... Mais son bras droit le ramena bien vite à la réalité. Une douleur fulgurante lui traversa l'épaule, remontant au cou, puis au crâne. Des yeux il cherchait la boite qu'Arline avit dû laisser quelque part. Mais il n'est pas aisé de distinguer quelque chose dans l'obscurité. Ses yeux n'était plus aussi bons qu'avant. Le blessé réalisat alors qu'un rayon de lumière passait sous la porte. La nuit devait être bien avancée pourtant.
Il n'avait jamais remarqué cette lumière. Pourtant il s'était déjà réveillé en pleine nuit... Le silence total lui permit d'entendre des éclats de voix. Il reconnut bientôt celle du docteur Swensson. L'autre lui était inconnue.
_ Non! Il n'est pas question que vous entriez dans cette chambre. Je vous l'interdis formellement.
_ Pourtant je vais y entrer. Avec ou sans votre permission! Je VEUX savoir ce qu'il y a dans cette salle.
_ Je peux très bien vous dire ce qu'il y a, s'il n'y a que ça pour vous faire plaisir. C'est une chambre normalement aménagée. Il y a un lit, deux fauteuils, une table et une tablette roulante. Il y a également tout le matériel utile pour une perfusion d'urgence. Un placard et une salle de bain moderne complète le tout.
_ A quoi vous sert elle?
_ A quoi peut bien servir une chambre dans un hôpital? Vous avez de ces questions...
_ Un hôpital? Ce laboratoire puant! Laissez moi rire. Même des chimères ne voudraient pas y être soigné... Alors qu'y a t il dans cette chambre?
_ Je viens de vous le dire.
_ Je n'aime pas être pris pour un idiot! QUI cachez vous ici?
_ Qui? Il fallait dire que vous recherchiez quelqu'un...
_ Bon! Ca suffit écartez vous. Je ne vous le répetterez pas. Soldats! Enlevez ce fou de mon passage.
_ Je vous conseille de ne pas le déranger, commandant.
_ Des menaces? Vous me menacez? Vous croyez être en mesure de...
_ Je n'oserai. C'est juste un conseil personnel. Mais puisque c'est votre souhait, je vous laisse passer. Cela ne sert à rien de m'opposer, de toutes façons vous avez actuellement la superiorité numérique.
_ C'est déjà bien de le reconnaitre. Bon alors qui est dans cette chambre?
_ Vous ne voulez plus allez voir? ... C'est un homme que j'ai ramené blessé de l'un de mes voyages. Mais je ne suis pas sûr de son état.
_ Bon! Je vais vous faire confiance sur ce point. Mais je vous ai à l'oeil. Je reviendrai pour le voir. Mais de jour. Je n'ai pas toute la nuit. Continuons l'inspection.
Rhys entendit des pas s'éloigner. La lumière s'éteint peu après.


Le lendemain, Rhys se réveilla avec une terrible migraine. Incapable de reflechir, il resta un long moment allonger. Puis voulant se lever, il tenta de se redresser. Mais force fut de constater qu'il ne pouvait pas bougeait. Tournant la tête il chercha encore la boite de médicaments. Ne la voyant pas, il chercha un bouton pour appeler de l'aide... Il n'en vit nulle part.
Il attendit alors que quelq'un vienne lui apporter à manger. Mais l'attente s'éternisait... Mais que font-ils donc, se demanda-t-il. Ils veulent me laisser crever? J'ai pas demander à faire la grève de la faim... Au bout d'une heure, il vit apparaitre de la lumière sous la porte. Puis des pas se rapprocher. Mais personne ne s'arreta et bientôt la lumière disparut.
...
La journée était déjà bien avancée. Pourtant Rhys était toujours seul. Sa tête était prête à eclater, comme si elle était dans un étau qui se resserait peu à peu. Son estomac ne cessait de ui rappeler qu'il était désesperement vide. Ses jambes de métal commençaient elles aussi à le tirailler. Son bras encore valide semblait vidé de son énergie. Tout ça à cause d'un bras inutile... Pourquoi n'avoir pas demandé au docteur Swensson de l'amputer rapidement... Comment pouvait on souffrir autant. Il devrait en mourrir. La mort devait être preferable à cette souffrance...
Poussant un grand cri, il esperait se faire entendre. Mais il n'entendit rien d'autre qu'un gémissement. Même sa voix était devenue inutile et faible. Il sentit ses oreilles bourdonner. Ses doigts se crispèrent. Son bras droit lui-même semblait se recroqueviller. L'air passait difficilement dans ses poumons. Il lui semblait que son coeur battait moins fort. Il se sentait mourir dans d'atroces tourments. Il paniquait! Il fallait qu'il se calme. Vite.
Soudain des spasmes le prirent. Tous son corps fut pris de tremblements. Il suffoquait. Sa vue se brouillat. Il vit de petites mouches dorées clignoter. Puis son champ de vision se teinta de rouge. Du sang coulait de son nez et de ses oreilles. Sa bouche pâteuse ne laissait plus entrer d'air...
Il sentit tout ses vaisseaux éclater. Sa tête implosa. Il se vit, de dessus, bouger encore un peu. Son bras pourri se détacha et tomba sur le sol. Puis un flash... et le noir... le néant...
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MessageSujet: Re: Brouillon   Mer 22 Nov - 4:17

Rhys se reveilla d'un bond. Il était trempé de sueur... Ce reve lui avait paru si réel. Etait ce une rêve prémonitoire? Un songe? Un avertissement des Forces dirigeant l'univers? Il se sentait soudain très faible, vulnérable. Il était à la merci de ceux qui s'occupaient de lui. En effet, ils pourraient l'enfermer et le laisser déperir. Rien ne pouvait les en empecher. Ils pouvaient le tuer de multiples façons sans qu'il ne puisse se défendre... Il n'était qu'un jouet dans leurs mains, un "cobaye". Le docteur Swensson lui même l'avait dit. Quel jeu jouait-il celui-là? Rhys n'arrivait pas à discerner ses intentions.
Mais qu'importe. Il ne pouvait rien faire. Il été sans arme, incapable de se déplacer... A quoi bon lutter!
Son état d'abattement ne dura qu'une demi-heure. Le temps que l'infirmière lui apporte son petit déjeuner. Celle-ci ne comprit pas pourquoi le patient se jetait sur la nourriture avec autant d'envie, alors que jamais encore il n'avait mangé en sa présence.
_ Doucement. Vous allez vous étrangler. Qu'est-ce qui vous arrive? On dirait que vous n'avez pas mangé depuis une semaine.
_ Mamm .... C'est que... Glurp... je suis... en vie... Mchmm.... Slmm... C'est vraiment bon... Vous... vous remercierai le cuisinier de ma part... Enfin, s'il y a un cuisinier.
_ Non. C'est moi qui fait la cuisine. Je suis ravie que vous appréciez autant. C'est la première fois que vous faites une remarque sur ma cuisine... ça me touche beaucoup vous savez.
_ Mmm... je n'en doute pas... mlum... slurp... Haaa Merci. C'était tres bon. Ca fait vraiment du bien de manger après s'être cru mort.
_ Hoo allons. Ne pensez plus à ce désastre. Vous êtes bien vivant maintenant. Tout va bien... Vous voulez que je vous apporte autre chose?
Heu... Oui! Pourquoi pas. Il n'est jamais mauvais de se remplir l'estomac, n'est-ce pas... Mais dites moi, avant de partir! Le docteur Swensson va venir me voir aujourd'hui?
_ Il avait dit qu'il passerait surement. Mais je ne sais pas si c'est toujours ce qu'il veut. Vous savez, il change souvent d'avis... Mais je lui dirai que vous êtes en pleine forme.
_ Ca! Vous pouvez le dire. Merci beaucoup.

Swensson venait d'entrer dans sa chambre. Mais Rhys n'y faisait plus attention. Il observait le rouquin qui l'accompagnait. Ses yeux entièrement bleu ressemblait à un gouffre d'eau. Rhys était tellement hypnotisé par ces yeux qu'il n'avait pas encore remarqué la main squelletique sortant de la manche gauche.
_ Bonjour... Will. J'espere que cela ne vous ennuit pas que ce jeune homme se joigne à nous aujourd'hui. Il s'appelle Krolm.
_ Monsieur, si jamais vous preferez que je sorte, n'hésitez pas à le dire...
_ Qu'importe! Alors docteur, de quoi voulez vous parler cette fois. Esperez vous encore m'arracher quelque secret?
_ Mais bien sûr! Je ne serai pas là sinon... Krolm examine actuellement votre combinaison spatiale et il aimerait en connaitre le secret. C'est d'ailleurs pour cela qu'il est venu vous rendre visite.
_ Je m'étonnais aussi que ce soit une visite de charité... Mais dites moi: avez vous trouvé quelque chose déjà sur cette combinaison?
_ Non, monsieur. Pas encore... Enfin rien d'important.
_ C'est à dire?
_ ...
_ Vas y Krolm! Dis lui ce que tu as trouvé.
_ He bien voilà. Tout ce que nous savons c'est que la matière dont est faite la combinaison nous est totalement inconnue, qu'elle resiste à de multiples attaques et que c'est cette matière extraordinairement résistante qui vous a sauvé la vie.
_ ... en me laissant mutilé avec le deux jambes et le bras droit, le plus utile, en moins... Vous devriez m'apporter cette combinaison que je l'embrasse et la vénere... Franchement vous me prenez pour qui? Je suis pilote, pas physicien ou chercheur en tout genre. De plus j'ai perdu la mémoir, comment voulez vous que je me souvienne de quoi que ce soit! Vous me faites rire avec vos blagues. Vous n'avez rien trouvé d'autre pour me faire rire?
_ Excusez moi, mais je... je pensais que peut être...
_ Laisse tomber Krolm. Il est de mauvais poil, comme d'habitude. C'est une réaction normal pour quelqu'un qui se sent impuissant et qui craint de devoir bientôt baisser sa garde.
_ Mais allez vous faire foutre! Pour qui vous vous prenez! Pour le Tout-Puissant? Parce que vous avez réussit à accrocher du métal sur un vivant, vous vous prenez pour un génie? Putain mais faudrait peut être redescendre sur terre, merde!
_ Il est préférable de rester calme! On ne vous a pas appris ça durant vos entrainements? Car je suis sûr que vous étiez un excellent soldat, avant d'être un excellent pilote. N'est-ce pas?
_ ... Vous aimez les devinettes? ... Alors dites moi d'où je viens!
_ Comment le saurai-je, si vous même ne le savez pas?
_ Quoi? Vous... Rahaa! Enfoiré! ... Vous êtes très doué... J'ai faillit tomber dans le piège.
_ Le piège? Quel piège?
_ Rien... Laisse tomber.
_ Bon, il serait temps d'arreter de jouer, vous ne croyez pas! Nous nous sommes assez testé, il me semble. Alors que voulez vous de moi?
_ Ce que je veux?... Je ne suis même pas sûr de vous faire confiance!
_ Faites semblant. Vous pourrez toujours me faire disparaitre après, si jamais il y a quelque chose qui vous déplait chez moi. Vous êtes en position de force, profitez en.
_ Si je parle trop je risque de perdre cette position de force.
_ Que voulez vous faire de moi? Je ne suis pas un cobaye, j'ai le droit de savoir!
_ Krolm! Peux tu nous laisser?
_ Heu... Bien sûr mais...
_ Il ne t'apprendras rien de plus sur cette combinaison, alors laisse nous, s'il te plait!
_ Bien. Je me retire...
Lorsque Krolm fut sorti, le silence s'installat. Le deux protagonistes s'observaient, comme deux lutteurs. Pourtant, ils le sentaient, ils étaient prêts à se faire confiance. Mais quelque chose les bloquait toujours et ils n'arrivaient pas à comprendre quoi. Rhys fut le premier à briser la glace:
_ Hum... Qui était l'abruti qui a tenté d'entrer dans ma chambre la nuit dernière?
Pesant longuement le pour et le contre, Swensson finit par répondre.
_ Le commandant Lev Tchomir. Un emmerdeur de première. Son boulot consiste à surveiller tous les scientifiques et chercheurs de la ville. Il a des mouchards partout. Il aime bien foutre le bordel. Il n'a aucun respect pour notre travail. Il est prêt à tout pour découvrir nos secrets, sauf à risquer sa propre vie. Sa réputation lui tiens particulièrement à coeur. Il est capable d'inventer n'importe quoi pour nuire à ses ennemis... et je ne suis pas loin de figurer sur sa liste noire.
_ Quel merdier! ... Porquoi vous surveille-t-il? Pourquoi tous les scientifiques sont-ils surveillés?
_ Nous vivons sous un régime tyrannique. Et notre très cher et très aimé Bazileus veut éviter les rébellions. Pensant que pour une rébellion il faudrait une découverte exceptionnelle capable de mettre à mal son pouvoir, il nous fait surveiller. Les hommes comme Tchomir sont prêts à tout pour montrer qu'ils servent le Bazileus mieux que les autres. Ces cafards sont de plus en plus nombreux et occupent les postes importants de l'administration. De plus, la planète n'est pas entièrement soumise au Bazileus. Sur l'un des continents, Yalni, le plus petit, un régime monarchique continu à tenir tête au Bazileus. Il faut donc éviter que nous soyons tentés de rejoindre ce petit continent. Mais je pourrai continuer à me plaindre comme ça pendant des heures, sans que vous ne compreniez grand chose. Vous voulez savoir quel est le rapport avec votre propre histoire et où vous vous situez dans tout ça. Alors voilà: en fait, lorsque je vous ai vu dans l'espace, vous n'aviez aucun interet pour moi. Vous n'étiez alors qu'un cadavre que nous allions récuperer et étudier un peu avant de le bruler. Ce qui fut le cas de vos compagnons d'infortune. Mais...
_ Comment? Vous avez retrouvé d'autres corps?
_ Oui! Des hommes portant des combinaisons ou des vêtement sressemblant aux votres. La seule exception était un homme assez imposant qui, d'après nos analyses, serait mort à cause du manque d'air. Il était vêtu d'un costume entierement différent, surement pas fait pour le combat...
_ Pas grave! Il est sans importance. Continuez, s'il vous plait.
_ Alors en ce qui vous concerne, quand j'ai vu que vous étiez en vie, que votre combinaison semblait vous avoir sauvé, je me suis dit que vous me seriez utile. Comment? ... En m'aidant à sortir d'ici! Allons, ne faites pas cette tête. J'ai depuis monté un plan. De toutes façons vous n'avez pas d'autre solution que de m'aider. Sans moi vous seriez mort ou entre les mains d'un autre savant. J'ai tout fait pour vous récupérer. C'est vrai que nous nous sommes battu pour vous un peu comme des charognards qui se querellent pour recuperer un cadavre, mais finalement, cela vous est bien utile.
Rhys était completement bouleversé. Il ne s'attendait pas à se trouver dans une telle situation. Bien que la moitié des choses lui soient encore inconnues, il y voyait plus clair. Levant les yeux vers le soupirail, seule ouverture de la chambre sur l'extérieur, il se demanda s'il pourrait un jour ressortir de ce piège.
_ Ecoutez docteur! Je pense que vous avez placé trop d'espoir en moi. Je ne suis peut être pas votre homme. Je n'ai rien d'un sauveur. Regardez moi! Je suis alité, incapable de marcher, un bras en moins, à la merci du premier venu. Je commence à perdre le peu de force qui me reste. Je suis incapable de faire autre chose que dormir. J'ai besoin d'une infirmière pour manger. J'ai besoin d'une infirmière pour m'asseoir. J'ai besoin d'un infirmière pour me lever. J'ai besoin d'une infirmière pour me laver... Je ne suis qu'un loque humaine! Ouvrez les yeux, s'il vous plait! Je ne suis pas le super-héros que vous attendez. Je n'ai plus qu'un membre sur quatre encore en état de fonctionner à peu près normalement. Que voulez vous que je fasse avec un bras?
_ Vous êtes bien défaitiste tout d'un coup. Cela ne vous ressemble pas, mais je vous comprend.
Cependant ses yeux semblaient dire le contraire. Impuissant à convaincre le blessé, il venait de perdre tout espoir.
_ Je suis désolé de vous avoir dérangé... Je vous laisse... J'ai à faire...
Puis il sortit, l'air effondré.
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MessageSujet: Re: Brouillon   Mer 22 Nov - 4:19

Trois jours passèrent sans que le docteur Swensson ne revienne voir Rhys. Ce dernier ne parlait plus du tout. Arline tenta plusieurs fois de le questionner, lui demandant pourquoi il se taisait, mais il ne répondait pas. L'ambiance terne se ressentait dans tout l'hôpital.
Krolm lui même n'avait pas revu le docteur Swensson depuis ce jour là. Ne comprenant pas pourquoi il avait été congédié, il comprenait encore moins pourquoi Swensson avait disparu. Surtout que sa main le démangeait quelques fois et qu'il voulait en parler au docteur. Cela l'inquiétait un peu et il cherchait comment faire pour calmer ces petites douleurs, mais elles disparaissaient aussi vite qu'elles étaient venues.
Enfin, le quatrième jour, Rhys parla à l'infirmière qui voulait l'aider à prendre sa douche.
_ Je vous remercie de votre aide, mais laissez moi seul dans la salle de bain. Je saurai me debrouiller seul. J'arrive à me tenir debout, ça devrait suffir.
_ Tiens, je .. vous... Je suis surprise d'entendre le son de votre voix! J'ai cru que vous étiez devenu muet. Cela me rassure un peu.
_ Je vous remercie pour votre aide... Avant que vous ne me laissiez seul, j'aimerai avoir des nouvelles du docteur Swensson, si c'est possible.
_ He bien, il ne voit plus personne depuis votre dernière visite. Il communique uniquement par messages écrits.
_ Dites lui que je serai prêt à reflechir lorsqu'il m'aura mis quelque chose de plus utile à la place de mon bras droit. Pour mourir et renaitre, il faut que je quitte ce bras. Il est le barrage entre mon passé et mon futur! Vous lui direz cela.
_ Très bien. Je transmettrai. En attendant je vous laisse. Je vais préparer un repas de fête pour célebrer vos premières nouvelles paroles.
L'infirmière sortit toute souriante à l'idée de préparer un bon repas. Le docteur Swensson attendra, se dit elle. Je le lui dirai la prochaine fois qu'il communiquera.


Pendant ce temps, Satyia se trouvait bien malgré elle hors de l'hôpital. Pour elle il n'y avait rien d'autre qui comptait autant que l'hôpital du docteur Swensson. Hôpital était un grand mot, car il y avait tout au plus une douzaine de pièces et toutes se trouvaient en sous-sol. Mais depuis que Swensson lui avait sauvé la vie, elle le considérait comme le père qu'elle n'avait jamais connu. Elle passait son temps à essayer d'aider le docteur Swensson et celui-ci savait généralement la remercier comme il faut. Mais cette fois elle n'avait pas compris pourquoi il l'avait écarté du blessé. Un mois, c'était long, tres long, trop long.
Seule dans son petit appartement, elle ne savait quoi faire. Elle n'avait pas d'ami. Elle n'osait même pas sortir. Le monde extérieur lui semblait trop brutal. Les filles qui sortaient seules avaient souvent des histoires. Surtout avec la police, les "Protecteurs". Malgré leur nom, ils ne protégeaient pas grand monde hormis les interets du Bazileus. Mais leur présence auprès des bâtiments officiels permettait de faire fuir les curieux. C'est tout ce que souhaitait le Bazileus.
De plus le mécontentement de la population était de plus en plus important. Les jeunes hommes étaient presque tous enrôlés de force pour aller combattre le roi de Yalni, Ilnor II. Très peu revenaient vivants et en bonne santé. La seule solution pour éviter de partir se battre contre les Yalnites était de s'engager volontairement parmi les Protecteurs. Ces conditions de vie rendaient la population de plus en plus agressive. Les rues étaient le théâtre de nombreuses agressions, meurtres, vols, viols et autres menus larcins. L'insécurité n'avait jamais été aussi importante. Du moins Satyia n'en avait pas le souvenir.
Pourtant il faisait beau, la saison chaude commencait tout juste. Lorsqu'elle était petite, elle allait se promener avec sa mère dans les jardins de la ville dès qu'il y avait du soleil. Elle jouait avec les autres enfants. Mais depuis elle n'avait plus aucune nouvelle d'eux. Elle vivait enfermée dans l'hôpital du docteur Swensson. Si seulement il n'y avait pas eu cet attentat... Elle vivrait toujours avec sa mère. Peut être serait-elle mariée?! Au lieu de cela, elle était là terrorisée, attendant que son mois de congés forcés s'acheve. Une semaine s'était déjà écoulée. Ses réserves commencaient à se réduire comme peau de chagrin. Elle devrait bientôt aller faire quelques courses...
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MessageSujet: Re: Brouillon   Mer 22 Nov - 4:21

Rhys se régalait du repas confectionné par Arline lorsque la porte s'ouvrit violemment. Il vit entrer Krolm, échevelé, le regard fou, tenant sa main de liche de son autre main.
_ Où est-il? Mais où est-il bon sang? Je dois le voir! C'est important. De quoi a-t-il peur? Je ne lui veut pas de mal! Alors pourquoi se cache-t-il?
D'abord étonné, Rhys tenta de calmer le jeune homme:
_ Krolm! C'est bien ainsi que vous vous appelez, n'est-ce pas? ... Alors, Krolm, calmez vous. Reposez vous quelques instants et dites moi ce qui se passe. Qui cherchez vous?
Krolm ne répondit pas tout de suite. Il semblait reflechir. Puis pris de soubresauts, il parla avec une voix caverneuse:
_ Qui es-tu pour me parler ainsi? Me prendrais-tu pour un fou? ... Méfies toi de l'eau qui dort, infâme vermiceau!
Puis, le jeune homme s'ecroula, ne tenant plus sur ses jambes. Après quelques minutes, il se redressa, regardant la salle, puis Rhys avec un air effaré.
_ Mais que fais-je ici? Que... que s'est-il passé? ... Je deviens fou! C'est pas vrai... Pourquoi moi? Que m'arrive-t-il?
_ Calmez vous Krolm. Je crois que le pire est passé. Vous devriez vous asseoir quelques instants. Allez. Asseyez vous sur ce fauteuil. Et videz votre esprit. Ne pensez à rien. Détendez vous. Ca va allez mieux.
Au bout de quelques minutes, le jeune homme reprit ses esprits. Toujours inquiet, il demanda à Rhys de lui dire ce qui s'était passé. Mais Rhys éluda la question et lui conseilla d'aller se reposer. Lorsque le rouquin accepta enfin de tenter de se reposer, Rhys lui demanda d'aller chercher l'infirmière en quittant sa chambre. Il fallait qu'il lui dise de prévenir le docteur Swensson.
Arline entra précipitemment dans la chambre du patient. Bien que n'ayant aucun idée de la raison pour laquelle Rhys l'avait fait mander, elle était un peu inquiette. Krolm ne semblait pas dans un état normal et c'était la première fois que Rhys l'appelait. De plus elle se demandait comment Rhys avait pû contacter Krolm.
_ Que se passe-t-il, monsieur Will? Je n'ai pas tout compris. Krolm était étrange et j'ai eu du mal à saisire tout ce qu'il disait.
_ Ne vous inquietez pas. Ce n'est rien de grave. Mais j'aimerai que vous alliez chercher le docteur Swensson au plus vite. Ce serait bien qu'il se montre avant que cela n'empire! Vous l'avez déjà prévenu n'est-ce pas? Que je voulais le voir. Pour mon bras.
_ Oui. Je l'ai prévenu pendant que je faisais cuire votre repas. Mais il ne m'a pas répondu. Pourquoi dites vous que cela pourrai empirer?
_ He bien, je ne sais pas ce qui se passe mais j'aimerai en parler avec le docteur Swensson. Ce n'est vraiment pas la peine de vous inquietez. C'est juste que Krolm ne semble pas vraiment dans son assiette. Rien de grave.
_ Ouf! Vous me rassurez. J'ai cru qu'il devenait fou. D'ailleurs, pourquoi est-il venu vous voir? Parce qu'il est bien venu ici, n'est-ce pas?
_ Oui. Il est venu pour me parler de la... Enfin, je... je ne suis pas sûr de pouvoir vous en parler en fait. Je suis désolé.
_ Ce n'est pas grave. Peut être est-ce mieux ainsi... Bon, je vais essayer d'aller contacter le docteur Swensson. A bientôt.
_ D'accord. Et merci Arline.
Une fois qu'elle fut sortie, Rhys essaya encore une fois de se lever. Il fallait qu'il réussisse à convaincre Swensson qu'il pouvait lui être utile. Encore plus que celui-ci ne l'esperait. Et pour cela, il devait commencer par apprendre à marcher avec ses nouvelles jambes, sans aide.


Le docteur Onrik Swensson était assis à son bureau lorsque Arline frappa à sa porte. Bien que celle-ci lui ai déjà annoncé que le blessé souhaitait le voir, il n'avait pas bougé. Il mangeait très peu depuis que ses espoirs s'étaient effondrés. Les restes de ses repas étaient entreposés sur un coin de son bureau de bois. Installé dans un fauteuil de cuir, il était face à la porte. Il hésita longuement avant de répondre.

C'était la première fois qu'Arline entrait dans ce bureau. Elle fut surprise de découvrir des murs verts pomme et le dos de la porte en couleur pêche. Un imposant bureau tronait au centre de la pièce, derriere lequel attendait le docteur Swensson. Un placard et une étagère en bois disposés face à face meublaient la pièce. Le sol était fait de carrelage blanc, comme dans le reste du bâtiment. Swensson l'invita à s'asseoir sur l'un des deux siège en plastique qui lui faisaient face. Sa voix était était froide, son regard éteint. Il avait les cheveux en bataille, une barbe de trois jours et des cernes sous les yeux.
_ Alors Arline. Que se passe-t-il de si important pour que vous veniez me déranger dans mon bureau?
Arline, toujours debout, lui répondit d'une voix suppliante.
_ Ecoutez docteur, il ne faut pas vous laisser aller comme ça! Reprenez vous. S'il vous plait!... Bon, je suis venu car Will m'a demandé de vous appelez rapidement. C'està propos de ...
_ Pour qui se prend-t-il celui-là? Il me rigole au nez et après ça il voudrait que je vienne alleger rapidement sa souffrance? De plus il se permet de m'appeler deux fois dans la même journée! Comme si il n'y avait que lui qui comptait. Vous allez lui répondre que je n'ai pas que ça à faire. Qu'il patiente un peu, ça lui fera du bien.
_ Docteur! Ce n'est pas ce que vous croyez...
_ Il suffit Arline. Pour une fois, je vous ordonne de me laisser seul. Je n'ai pas que ça à faire. Ne le défendez pas. Il ne le mérite pas.
_ Mais docteur Swensson...
_ Arline! ... S'il vous plait... Je ne suis pas au sommet de ma forme, je suis de très méchante humeur, alors n'insistez pas. Vous n'obtiendrez rien. Dites lui que je viendrai le voir d'ici une semaine. Et ne dicutez plus. Racontez lui ce que vous voulez, mais sortez. Laissez moi seul! Laissez moi souffler! Laissez moi respirer!
_ Vous faites une erreure docteur...
_ Je sais! Je sais! Mais laissez moi faire cette erreur seul! Merci.
L'infirmière sortit sans avoir réussit à dire pourquoi elle était venue. Elle preferait éviter d'énerver le docteur Swensson. De plus, l'étranger venu de l'espace lui avait dit que ce n'était pas si grave. Elle retenterait sa chance plus tard. En esperant que ce n'était vraiment pas urgent!
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MessageSujet: Re: Brouillon   Lun 18 Déc - 19:03

La fin de la semaine se déroula normalement pour Rhys. Bien que déçu de n'avoir pû revoir Swensson, il ne pouvait rien faire d'autre. Arline essayait tous les jours de parler avec le docteur Swensson, mais celui-ci refusait de l'écouter davantage. Rhys passa donc les jours qui suivirent à se redresser, puis à tenir debout sur ses jambes. Il réussit même à esquisser un pas, mais l'effort fourni le cloua au lit toute la fin de journée.
Krolm disparut pendant cinq jours. Lorsqu'il revint, il paraissait fatigué, mais ne dit rien. Il reprit son travail comme si rien ne s'était passé. Ainsi la vie reprit son cours dans l'hôpital. Seul le docteur Swensson ne réapparaissait toujours pas.

Pendant ce temps, Satyia se morfondait chez elle. Elle s'ennuyait ferme. Elle ne supportait plus de regarder sans cesse la télévision. Ces images en 3D qui envahissaient son appartement ne lui apportaient plus aucune distraction. Ses quelques livres ne lui étaient d'aucune utilité: elle les avait déjà tous lu. Elle faisait le ménage complet une fois par jour, mais cela ne l'occupait pas longtemps. Bien qu'elle eut aimé cuisiner, elle n'avait plus d'aliments... Elle n'arrivait pas à chasser de son esprit "son" blessé venu de l'espace. Persuadée qu'il était venu sur Nede pour elle, Satyia le revoyait à chaques fois qu'elle fermait les yeux. En un mois, il aurait surement beaucoup changé. Peut être le docteur Swensson lui aurait il mis un nouveau bras? Aura-t-il réussit à marcher, à s'habituer à ses nouveaux membres inférieurs?
Mais il fallait qu'elle fasse quelque chose. Sinon elle deviendrait folle. Cela faisait maintenant deux semaines qu'elle était en "vacances". Encore autant et elle pourrait LE revoir... Réalisant qu'elle n'avait plus rien à manger, Saryia décida de se dépecher et de faire quelques courses avant que la nuit ne tombe completement. Elle attrapa trois sacs à provision, mit une veste et sortit.
Le soleil chauffait beaucoup moins qu'en plein après-midi, mais l'air était toujours aussi chaud. Descendant l'escalier de l'immeuble, elle remarqua une patrouille de Protecteurs de l'autre coté de la rue. Ils se dirigeaient vers le nord de la ville. Elle choisit donc de prendre la direction opposée. Cela lui ralongerait un peu le trajet, mais elle éviterait ainsi d'être apostrophée par ces soudards avec la fouille au corps habituelle et humiliante.
Vingt minutes plus tard, elle arriva au supermarché. Dépitée, elle constata qu'il était fermé. La cause? Une rixe avait eclatée subitement deux jours avant et tout le magasin avait été dévasté... Il ne lui restait plus qu'à faire le trajet inverse et à prendre la route des Protecteurs. Entre temps, ils avaient dû bien progresser. Elle ne les croiserait surement pas.
Prenant une ruelle étroite pour racourcir son chemin, Satyia eut la brusque impression d'être tombé dans un piège. Des ombres animaient l'extrémité du passage. Elle entendit derrière elle des bruits de pas. N'osant pas se retourner tant l'atmosphère la mettait mal à l'aise, elle accélera le pas. Derrière elle, le rythme accélera aussi. Se forcant à garder son calme, Satyia ralentit un peu. Peut être n'était ce que l'écho de ses pas... ou un animal qui la suivait... ou encore...
Une main se posa sur son épaule, la faisant pivoter sur elle même. Elle eut juste le temps d'apercevoir devant elle des hommes sortir de l'ombre, vêtus de grands manteaux sombres. Elle se retrouva face à un homme au faciès ingrat, avec une bouche tordue, une haleine de mort, des dents pourries, un nez tombant encadré par deux yeux injectés de sang. Des cheveux crasseux encadraient ce visage repoussant. Satyia sursauta. Elle essaya de se libérer de l'emprise de l'homme, mais il était de forte corpulence et il la serra encore plus fort.
_ He là! Doucement poulette! Tu ne crois pas que tu vas t'en tirer comme ça?
Satyia tenta de protester d'une voie faible:
_ Lâchez moi! Vous me faites mal.
_ Pauvre petite! Si ça te fait mal... Qu'est-ce que ça va être la suite.
S'esclaffant d'un rire gras, il lâcha une obsénité qui fit rire les autres hommes venus les rejoindre. Satyia en dénombra huit...
_ On ne passe pas dans la rue des Pendus sans en payer le prix. Surtout pour une belle demoiselle comme toi.
La serrant de plus en plus contre, l'homme tenta de l'embrasser, mais Satyia détourna la tête, dégoutée. Autour d'eux, les commentaires fusaient, les rires continuaient. Satyia sentit une autre main la froler... Elle se raidit et essaya encore une fois de se dégager.
_ Décidement, tu es bien sotte. Tu penses pouvoir m'échapper? Et ensuite tu ferai quoi? Tu t'enfuirai en laissant sur place tous ces gentilshommes? Allons laisse toi faire! Ce sera plus facile pour tout le monde.
Mais Satyia était trop effrayé. Elle se raidit encore. Puis elle essaya de protester d'une voix de plus en plus faible. Les derniers mots ressemblaient plus à des pleurs qu'à des paroles:
_ Je dois faire des courses avant que ça ferme...
_ He bien, nous allons nous dépecher alors!
_ Laissez moi! S'il vous plait!
_ Comme c'est mignon. La belle demoiselle va bientôt nous supplier.
_ Je ferai ce que vous voulez... Mais laissez moi passez!S'ilvous plait...
_ Bien sûr que tu vas faire ce qu'on veut! Mais tout de suite. Après, si ça t'amuses, tu pourras repasser les jours suivants...
Les plaisanteries continuaient, accompagnées de rires et autres gloussements. Satyia regarda vers le bout de la ruelle. Elle vit une personne passer. Elle n'eut même pas le temps de crier que son interlocuteur lui mettait la main sur la bouche.
_ Ne te fatigue pas, mignone. Personne ne t'entendra. La rue absorbe les bruits. Et de toutes façons, personne n'oserait venir ici. C'est chez nous! C'est notre domaine! Nous sommes les maîtres. Nous faisons la loi ici et tous les passants sont priés de la respecter sous peine de sanctions. Surtout les belles plantes comme toi.
Satyia vit avec horreur sa langue pateuse sortir de sa bouche. Elle sentit l'haleine frelatée lui emplir les narines...
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MessageSujet: Re: Brouillon   Lun 18 Déc - 19:05

Tournant encore une fois le visage, elle sentit les levres de l'individu sur son cou frêle. Des larmes lui vinrent aux yeux. Un instant, elle eut envie de s'effondrer, de les laisser s'amuser avec elle... Satyia réalisa soudain que son unique chance résidait peut être dans cette idée. Non pas se laisser aller, mais leur faire croire qu'elle abandonnait la lutte.
Laissant couler ses larmes, elle se tassa sur elle même, rentrant les épaules, baissant la tête. La réaction des hommes fut immédiate. L'un d'eux, qui tenait son poignet, la lacha. Celui qui la serrait dans ses bras relacha son etreinte, se décolla de son corps. Satyia mit à profit cet instant de répis. Mordant son adversaire au cou, elle leva violemment le genou et repoussa son adversaire sur ses compagnons. Elle fit demi-tour, pour repartir de là où elle était venue. Face à elle, un dernier homme. Elle balança le tranchant de sa main de toutes ses forces en direction de la pomme d'adam de l'inconnu. Ce dernier recula sous le choc, cherchant son souffle. L'ouverture était suffisante pour la jeune femme qui prit ses jambes à son cou.
Elle avait presque atteint le bout de la ruelle, lorsqu'elle entendit un cri:
_ La corde! Servez vous de la corde!
Devant elle, elle vit de petites ombres remuer sous les arcades d'une facade decrépie. Avant même qu'elle ne comprenne ce qui se passait, elle s'étala de tout son long, se cognant la tête sur les pavés.
Elle eut encore la force de relever la tête. Elle essaya de crier, mais aucun son ne sortit de sa gorge. Elle vit la lumière diminuait d'intensité. Puis s'ecroula sur le sol. Tout devint noir...



Rhys se réveilla trempé de sueur. Il venait de faire un horrible cauchemar. Mais pour une fois, il ne se souvenait de rien. Après tous les rêves et souvenirs sur sa vie antérieure, il était surpris de ne pas se souvenir de celui-ci. Peut être était-ce mieux ainsi... Il était encore très tôt: 4h59 à la pendule qu'il avait réussi à obtenir d'Arline.
La veille au soir, l'infirmière lui avait annoncé que le docteur Swensson avait décidé de venir le voir ce matin, assez tôt. Ne sachant pas quand exactement, Rhys se questionna encore longtemps sur les raisons de cette visite annoncée. Il ne se rendormit pas avant 8h30. Mais il ne tint pas plus longtemps, éreinté par la nuit mouvementée qu'il venait de vivre.
A peine endormi, il aperçut le visage si doux, si calme de Satyia. Mais avant qu'il ne perçoive quoi que ce soit, il se sentit tirer de son rêve par une poigne énergique. Une voix appelait son frère avec insistance:
_ Will! Will! Reveillez vous, bon sang. Je ne suis pas venu ici pour vous voir dormir.
Swensson le secouait de plus en plus fortement. Rhys finit par ouvrir les yeux. Son instinct reprenant rapidement le dessus, il s'assit dans son lit, parfaitement réveillé.
_ Désolé de vous avoir fait attendre. Mais la nuit n'a pas été terrible, commença-t-il en songeant qu'il dormait un peu trop bien. Il y a peu, le bruit de la porte l'aurait réveillé. Mais depuis cet accident, il n'était plus le même.
_ Peut m'importe votre nuit. Je ne suis pas vraiment d'humeur à discuter avec vous de la pluie et du beau temps. Alors dites moi pourquoi vous vouliez me voir! répliqua le docteur Swensson sur un ton aigre.
_ Pour deux raisons. La première me concerne mais ce n'est pas la plus importante. Ce qui m'inquiete vraiment, c'est l'état de Krolm, le jeune homme quivous avez accompagné lors de votre dernière visite.
_ De quoi voulez vous parler? Je l'ai vu tout à l'heure et il va très bien. Je ne vois pas où est le poblème.
Rhys lui raconta alors ce qui s'était produit quelques jours plutôt. Il insista sur l'étrange comportement de Krolm, sa façon de tenir sa main droite, sa voix qui avait changé l'espace d'un instant. Mais la réaction du docteur Swensson ne fut pas celle à laquelle il s'attendait.
_ Vous voulez dire que le problème viendrait de la main que je lui ai greffé. Vous m'accusez d'avoir fait ça n'importe comment. Vous me prenez pour un abruti qui ne sait pas faire son boulot. Je sais très bien ce que j'ai fait. Je ne joue pas à l'apprenti-sorcier. Je connais très bien les conséquences de mes actes et ce n'est pas un rigolo dans votre genre qui va m'apprendre mon métier. Alors vous serez gentil d'éviter de me prendre pour un idiot! Et à l'avenir ne demander pas à me voir pour me dire de telles stupidités!
Puis il sortit en fermant la porte sans trop de douceur.
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MessageSujet: Re: Brouillon   Lun 18 Déc - 19:08

Satyia reprit connaissance dans un lit. Une compresse chaude sur le front, elle perçut une présence à ses cotés. Voulant regarder qui s'occupait d'elle, elle tenta de tourner la tête. La douleur fulgurante qui lui traversa le cou et le crâne en un instant la contraignit à rester immobile. Mais sa tentative de mouvement avait attiré l'attention de la vieille femme qui la gardait. Son visage ridé, éclairé par deux petits yeux rieurs, resplendissait de bonté.
_ Excusez les sales gosses qui vous ont fait ça. Ils ne recommenceront plus. Vous savez la vie n'est pas très facile par ici. Nous sommes pris à notre propre piège, et dans ces conditions on devient rapidement méchant, sans même s'en apercevoir. Ni le vouloir... Mais reposez vous encore un peu. Ca ne vous fera pas de mal. Je vais vous changez votre compresse.
La vieille femme réinstalla Satyia convenablement, puis s'installa à coté, sur une chaise, tricotant un petit pull tout en surveillant le sommeil de la jeune femme.

Un long sommeil lui avait fait du bien. Mais elle ne savait pas quelle heure il pouvait être. Il devait faire nuit, car la petite salle était très peu eclairé. Seule la lueur des braises dans la cheminée lui permettait de distinguer la pièce. Allongée sur un lit en bois vermoulu, sur un matelas et des draps qui semblaient avoir déjà beaucoup servis, elle pouvait observer le plafond tout son saoûl. Il était en bois. Avec de vulgaires poutres du mêmes matériau. Réussissant à tourner un peu la tête, Satyia constata que les murs étaient de briques, comme à l'extérieur. Une armoire et une chaise étaient les autres meubles de la pièce. Une fenêtre étroite, aux carreaux crasseux, lui faisait face. La cheminée était sur sa gauche, à coté de la porte entrebaillée. Son lit était collé au mur du fond.
Se levant sur un coude, elle remarqua que le plancher n'avait pas dû être souvent nettoyé. Un tapis usé jusqu'à la trame servait de descente de lit. Elle aperçue ses vêtements posés au pied du lit, un chat gris confortablement installé dessus. Elle se recoucha et tenta de capter un bruit quelconque, un signe de vie. Des voix étouffées et des rires gras montaient du bas. Au dessus d'elle, elle entendit un lit craquer, puis un rire, des murmures... Un éclat de rire général venu du bas lui rappela les circonstances de sa présence dans cette rue maudite. Mais elle n'avait aucune idée de pourquoi elle se trouvait couchée dans un lit, à l'intérieur de l'un de ces immeubles croulants.
Elle ne ressentait aucune douleur autre que son mal de crâne qui allait en déclinant. Elle n'avait donc pas eut à subir les assauts de ce troupeau bestial. La vieille femme qui s'était occupée d'elle ne ressemblait en rien aux brutasses qui l'avaient coincé dans la rue. Satyia ne comprenait pas ce qui se passait. Sa vie si calme s'était transformée en une bien drole d'aventure... Un peu comme celle de sa mère...
Lorsqu'elle était enfant, sa maman lui racontait des histoires de princesses et de prince charmant. Satyia avait été protégé de tout le mal du monde extérieur. Elle vivait dans un cocon de douceur, de bien-être et d'amour. Le jour où, alors qu'elle avait 13 ans, sa pauvre mère lui avait raconté l'histoire de sa conception, Satyia avait cru que tout son petit monde s'ecroulait sur elle. Puis petit à petit, la blessure avait cicatrisé, jusqu'à devenir une preuve d'amour supplémentaire de la part d'une mère si merveilleuse. Satyia entendait encore la voix chérie de sa mère lui parlait de ce drame.
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MessageSujet: Re: Brouillon   Lun 18 Déc - 19:09

Satyia se remémora l'histoire que sa mère lui avait alors conté. Alors qu'elle était encore jeune fille, sa mère était sortie un soir avec un jeune homme. Il s'était promené dans les jardins de la ville, trainant tard le soir. La soirée avait été très calme. Ils n'avaient pas entendu de bruit de fusillade, d'explosion ou d'autre horreur rythmant la vie des habitants d'Everquyist. Ils rentraient main dans la main, lorsque soudain une deflagration les avait projeté au sol. De l'autre coté de la rue, une maison était en feu. Mais avant même que la mère de Satyia n'ait le temps de réaliser ce qui se passait, le jeune homme l'avait prises par la main et s'était mis à courir. Il craignait d'être arreté par les Protecteurs qui les auraient dénoncé comme étant les criminels. Son propre frère avait été arreté une semaine plus tôt.
Mais ce soir là, la chance n'était pas de son coté. Au détour d'une rue, ils s'étaient retrouvés face à face avec une patrouille de Protecteurs. Le jeune homme, d'abord immobile de stupeur, traversa la rue, toujours trainant la mère de Satyia. Courant encore sur une trentaine de mètres, il avait poussé la jeune fille dans une ruelle ténebreuse en lui commandant de fuir. Il avait alors obstrué le passage de son corps afin de retarder leurs poursuivants... Il n'avait pas résisté longtemps et la mère de Satyia, se retournant, l'avait regardé tomber sous leurs coups.
Stupéfaite, elle était restée là, prostrée, n'osant pas se rapprocher du corps. Les Protecteurs, après quelques hésitations, avaient continué leur route, emmenant le corps dans l'un de leurs véhicules.
Soudain, une main s'était posée sur l'épaule de la jeune fille. Elle s'était sentie relevée par une main calleuse. Elle ne faisait pas attention à ce qui se passait à ses cotés. Elle n'écoutait pas ce que disaient les hommes qui l'entouraient. Elle avait suivi, sans poser de question, trop abattue pour reflechir. Entrée sous l'un des porches qui ornaient les tristes façades, elle avait été s'asseoir au près d'un feu. Au bout d'un long moment d'attente, un homme l'avait emmenée dans une piece petite et sombre. Un lit occupait le centre de la piece. Près du lit, un tabouret avec une chandelle à moitié consommée. Dans un coin une chaise sur laquelle l'homme posa ses vêtements après l'avoir dévêtue. Puis il l'avait couché sur le lit, s'allongeant sur elle...
Une quinzaine d'hommes était passée dans la chambre, prenant leur plaisir à ses dépens. La mère de Satyia avait subi leurs assauts toute la nuit. Quand elle avait compris ce qui arrivait, elle avait essayé de se libérer, mais en vain. Au petit matin elle avait été rejettée au bout de la rue, ses vêtements à la main, souillée à jamais.
En repensant à cette histoire, Satyia se sentit soudain très faible. Les rires gras résonnèrent de plus belle en bas. Satyia tremblait, s'attendant au pire...
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MessageSujet: Re: Brouillon   Lun 18 Déc - 19:15

Le docteur Swensson était assis à son bureau, l'esprit ailleurs. Il pensait aux évenements de ces dernieres semaines. L'arrivée de l'étranger lui avait semblé être une bénédiction. Et maintenant il ne savait comment faire pour s'en débarasser. Comment un homme seul pourrait-il sauver toute une planète? Comment avait-il pû être aussi stupide? Croire que cet étranger à moitié mort pouvait l'aider relevait de la folie furieuse. D'ailleurs il n'avait aucune envie de l'aider. Ni lui, ni personne d'autre. Il ne pensait qu'à lui, passait son temps à gémir sur son sort. Pourquoi ne pas l'avoir laissé à ses collègues qui l'avaient trouvé en même temps que lui? Certes Will serait surement déjà mort, mais qu'importe. De plus Will n'était surement pas son vrai nom. C'est à peine s'il réagissait lorsqu'on l'appelait ainsi.
Se prenant la tête à deux mains, Onrik Swensson, se demanda encore pourquoi il avait chassé Satyia. Sans elle tout était morne et triste. Elle était la lumière de son existence. Sa jeunesse et son insouciance l'aidait à surmonter toutes les tourments infligés par le gouvernement tyrranique du Bazileus. Elle reflétait l'espoir des jours meilleurs. Elle était l'étincelle de sa vie. Elle pourrait être sa fille, mais ces considérations ne changeaient rien à ses sentiments. Il l'avait écarté par jalousie. Satyia était trop proche de l'étranger. Pourtant elle avait réussit à le faire parler. Pas beaucoup, certes. Mais son charme agissait sur le blessé aussi surement que les potions qu'elle lui administrait... C'est justement ce que Swensson n'avait pas supporté.
Il l'avait mis en congés pour un mois. Il s'était condamné à vivre un mois dans l'obscurité. Un mois de pénitence. Un mois d'attente et de tourments... Pensant à la rappeler plus tôt que prévu, il réalisa qu'il faudrait d'abord nouer des liens plus etroits avec Will. Satyia s'occuperait moins du blessé et tout irait mieux. Il pourrait aussi l'accompagner dans la chambre lorsqu'elle s'y rendrait. Le reste du temps, Arline ferait l'affaire.
Ayant pris sa décision, il se leva et sortit de son bureau, revigoré par cette décision. Il était enfin de bonne humeur.


Satyia n'arrivait pas à s'endormir de nouveau. Ses souvenirs l'effrayaient trop. Elle tentait de se rassurer en se disant que ce n'était pas la même rue, mais cela ne servait pas à grand chose. En effet sa mère lui avait toujours parlé de la rue de l'Enfer, hors celle-ci était la rue des pendus selon les panneaux.
Peu à peu l'obscurité se dissipa. Un peu de lumière traversait les carreaux sales. Dehors le soleil était apparu depuis quelques heures déjà. Il réchauffait déjà ceux qui avaient la chance de pouvoir s'attarder impunément sur un banc, un balcon ou à la terasse d'un café. La saison chaude était courte et il fallait en profiter.
La porte de la chambre grinça. Tournant la tête, Satyia vit entrer la vieille femme qui s'était occupée d'elle. Mais elle fit un mouvement trop brusque et sa douleur se réveilla.
_ Attention... He bien! Ca n'a pas l'air d'aller très fort. Vous tremblez encore. Avez-vous froid? ... Allons, je vous ai apporté de quoi vous restaurer un peu. Mangez donc tant que c'est encore chaud.
_ Je voudrai bien, mais... pourrai-je savoir avant... ce que... ce que... vous... ce qu'ils vont me faire?
Le visage de Satyia s'était défait. Toute sa peur se lisait sur son visage. La vieille femme fut émue. Approchant la chaise du lit, elle s'assit à coté de Satyia, lui prit la main et lui caressant le visage elle la rassura:
_ Ne vous inquietez pas. Il ne vous arrivera rien. Je les empecherai de vous faire du mal. Je ne suis pas très forte, mais ils ont quelques restes de respect. Ils écoutent encore les vieux. Vous savez, lorsqu'ils vous ont amené à moi, ils n'étaient pas fiers. Je me suis même permis de leur passer un savon. Mais ne vous tracassez plus mademoiselle. Ils ne vous toucheront plus.
Satyia se détendit et finit par accepter de manger. Malgré qu'elle n'ait pas très faim, elle avala le pauvre repas que lui avait apporté la vieille femme. Elle se sentait un peu plus en sécurité maintenant.
Alors qu'elle finissait son repas, Satyia vit entrer un jeune homme qui devait avoir sensiblement le même âge qu'elle. Son visage fin était éclairé par deux grands yeux verts. Ses cheveux blonds étaient coupés très courts, sauf une crête qu'il portait fièrement. Habillé pauvrement d'une chemise noire délavée et d'un pantalon beige élimé, Satyia remarqua qu'il prenait soin à ce que sa tenue reste correcte.
_ Bonjour! Je peux entrer?
_ Bien sûr Toryon. Mademoiselle, je vous présente votre sauveur! C'est lui qui s'est interposé afin que les autres abrutis ne vous fassent aucun mal. Il vous a ensuite amené jusqu'ici et m'a demandé de vous soigner. C'est mon petit fils, dit elle joyeusement.
Satyia se sentit rougir. Toryon l'observait avec intensité, mais elle n'osait le regardait dans les yeux. Sa timidité prenait le dessus. Elle réussit pourtant à balbutier:
_ Bon... jour... Je... Merci... Merci...
Faisant semblant de ne pas remarquer l'embarras de Satyia, le jeune homme continua:
_ J'espere que vous vous remettrez vite. Je suis vraiment désolé qu'il vous soit arrivé malheur dans cette maudite rue de l'Enfer!
Réagissant soudain au nom donné à la rue, Satyia redressa la tête d'un coup, réveillant au passage sa douleur.
_ Quoi? Comment avez vous appelé cette rue?
_ ... La... la rue de l'Enfer! C'est parce que la vie ici y est tellement horrible que nous avons pris l'habitude de la nommer ainsi. Mais qu'y a-t-il? Cela semble vous avoir interpellé.
Satyia n'en revenait pas. Mais par précaution elle demanda tout de même s'ils connaissaient une rue qui porte réellement ce nom. Leur réponse négative la laissa pensive.
_ Que se passe-t-il? Cela vous rappelle quelque chose?
_ Oui! ... Ma pauvre mère m'a toujours dit qu'elle avait été violée dans la rue de l'Enfer!... et moi qui croyait que c'était un véritable nom de rue...
_ Je comprends votre surprise et cela doit vous rappeler de... des souvenirs!
_ Cela veut dire que mon père a vécu ici... Peut être est-il toujours ici?
_ Peut être vaudrait-il mieux que vous oubliez tout ça mademoiselle. Vous savez, très peu doivent se souvenir de ce qu'ils ont fait cette nuit là. C'était une nuit routinière pour ces monstres, rien de plus.
Voyant les yeux de Satyia s'emplirent de larmes, Toryon préféra battre en retraite. Lorsque la porte fut refermée, la vieille femme prit Satyyia dans ses bras, comme une enfant. Celle-ci ne pût contenir ses larmes plus longtemps et éclata en sanglots.
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MessageSujet: Re: Brouillon   Ven 22 Déc - 19:45

Rhys essayait encore une fois de se servir de ses nouvelles jambes, lorsque le docteur Swensson entra dans la chambre. Surpris, le blessé perdit son équilibre et se retrouva par terre dans une posture ridicule. Honteux d'être tombé devant le visiteur, Rhys tenta de se relever seul à la force de son seul bras valide.
Swensson l'aida doucement à se relever en réprimant difficilement un sourire.
_ Will, excusez moi d'être entré ainsi sans frapper, ni prévenir. Je vous ai déconcentré. J'en suis désolé.
Détournant le regard, Rhys fit comme si tout cela était normal et habituel:
_ Ne vous inquietez pas pour moi! ... Que me vaut l'honneur de votre visite? Je croyais que vous ne vouliez plus me voir?
_ Ecoutez Will, j'ai beaucoup reflechi et je crois que je me suis un peu... emporté?! ... enfin, je... je m'excuse pour ce que j'ai pû vous dire. Je pourrai essayer de vous convaincre des circonstances atténuantes, mais je crois que ce n'est pas la peine.
_ Ce qui veut dire? ... Vous avez quelque chose à me demander? Vousvoulez que je vous renseigne sur quelque chose? Qu'attendez vous de moi?
_ Je suis prêt à vous écouter sur tout ce que vous voulez! Je pense que nous pourrions discuter, si vous le souhaitez bien sûr. Je suis certain que vous n'avez pas oublié ce que vous vouliez me dire. J'espere que vous accepterez de m'en reparler. Si vous préferez, je peux revenir plus tard!
_ Non! Maintenant ça ira, étant donné que je trouve cela relativement important! Autant pour vous que pour moi!
Swensson hésita, puis commença aussitôt:
_ Pour Krolm, j'aimerai que vous m'en disiez plus! Vous m'avez déjà compté les faits, maintenant j'aimerai avoir votre opinion.
Rhys sourit en constatant que son interlocuteur attaquait directement le sujet qui l'avait fait fuir. Prenant son temps, il pensa à la meilleure façon d'alerter le docteur sans le vexer. Lorsqu'il parla ce fut d'une voix légerement altérée:
_ Je pense que ce jeune homme est en danger, mais qu'ildoit être possible de négocier avec l'entité qui prend possession de lui. Je sais que vous n'appréciez pas le fait que la greffe soit à l'origine du problème, mais je suis persuadé que c'est le cas! Je ne vois pas d'autre solution.
Onrik Swensson se leva, le visage froid. Rhys crut un instant qu'il allait s'emporter encore une fois, mais il réussit à se contenir. Non sans mal, certes. Il bouillonait interieurement. Il n'acceptait pas que l'erreur vienne de lui, qu'il ait raté son travail. Toutes ses expériences avaient réussi jusqu'à présent. Et pourtant il en avait menées de plus dangereuses, comme de faire l'échange entre un cerveau humain et une copie électronique. Même la greffe mécanique opérée sur Will lui avait semblée plus difficile. D'ailleurs ce dernier le suivait du regard. Il n'exprimait aucun sentiment et Swensson ne savait pas comment lui répondre.
_ Ecoutez Will, pour être franc avec vous, je ne comprends pas comment cette main de liche peut contenir un pouvoir, une force capable de briser les protections que j'avais moi-même mises en place. Le membre de la liche n'avait absolument aucun contact avec Krolm. Entre chaque os, chaque muscle, chaque nerf, chaque cellule j'ai personnelement mis en place des barrières, des intermédiaires infranchissables. J'ai utilisé du pratiome, le meilleur alliage que je connaisse. Il est impossible qu'un membre mort se soit réveillé pour tout détruire...
Le pauvre homme était inquiet... Rhys l'observait toujours. Il voyait les rides se former et se déformer sur le visage du chercheur, qui se tenait la tête à deux mains.
_ Ecoutez! Je sais ce que vous pouvez ressentir face à cet échec, mais je crois que l'essentiel n'est pas là. Vous comptez toujours vous enfuir de cet enfer qu'est devenu votre monde? Vous êtes toujours prêt à tout pour fuir?
_ Oui! Bien sûr!... Mais je ne vois pas le rapport!
_ Ne croyez vous pas qu'une liche pourrait nous aider? Dois-je vous rappeler tout le savoir, tout le pouvoir que peux représenter cet être?... Je crois que nous devrions essayer de lui parler et négocier. Et le fait que vos protections aient été détruites ou contournées montre bien que nous avons là une intelligence et une force extraordinaire. Nous pourrions surement nous en servir.
_ Et Krolm dans tout ça?... C'est quand même lui qui abrite cette puissance, cette bête capable de prendre possession d'un homme aussi résistant qu'il l'est! Nous devrions peut être penser à lui, lui demander son avis?
_ Lui parler de nos projets seraient une erreur! La liche le saurait aussi! Quant à penser à lui... oui, j'y pense. Nous pourrons demander à notre interlocuteur, qui occupe le corps de Krolm, qu'il l'utilise sans y faire de dégât, qu'ils cohabitent de façon pacifique.
Swensson pesait le pour et le contre. Avoir l'aide d'une liche serait certainement bénefique, bien sûr. Mais l'idée d'abandonner Krolm à ce qu'il considérer comme un monstre lui faisait froid dans le dos. De plus ils n'auraient aucune garantie que la liche dise la vérité...
_ Je pense qu'il va falloir que je reflechisse au probleme davantage et à tête reposée. Je prefere ne pas faire de bêtise. Les dégats sont déjà assez importants comme ça!
_ Bien sûr. Je comprends. De plus nous avons le temps... à moins que Krolm commence déjà à en souffrir, mais je ne crois pas que ce soit le cas. Il a seulement quelques trous de mémoires pour l'instant, donc ce n'est pas très grave.
_ Bon! De quoi vouliez vous me parler encore, Will. Je crois qu'il y avait autre chose, non?
_ Hum... oui! Il y avait autre chose. Mais avant j'aimerai vous présenter mes excuses et rectifié quelque chose, afin de vous prouver ma confiance: je ne m'appelle pas Will, mais Rhys!
_ Il me semblait bien que ce n'était pas votre vrai prénom, mais cela n'a pas beaucoup d'importance. En tous cas, merci de me faire confiance!
_ Pardonner moi de vous cacher encore mon nom complet, mais je pense que vous comprendrez mes raisons... Quant à l'autre sujet que je voulez aborder avec vous, il s'agit de mon bras. Ou plusexactement de l'amputation de mon bras. Il ne me sert plus à rien. Il me gene. Il est la source de quelques douleurs. Et vous m'aviez parler d'une possible amputation, donc je voudrai savoir si cela pouvait se faire prochainement.
_ Bien sûr! Je peux vous faire ça bientôt! Disons... trois jours. Le temps que je prépare convenablement l'opération et que... enfin vous verrez!
La dernière phrase du savant laissa Rhys perplexe. Il dut faire un effort pour ne pas demander plus d'explication et conserver son calme. Sentant que le docteur Swensson attendait qu'il pose la question, il prefera le laisser parler de lui-même. Sinon, il attendrait quelques jours de plus pour avoir la réponse!
L'opération étant maintenant prévue, Rhys décida d'accélerer sa réeducation. Il devait apprendre rapidement à se servir de ses jambes, car ensuite il y aurait également le bras droit. Du travail en perspective, songeat-il.
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MessageSujet: Re: Brouillon   Ven 22 Déc - 19:46

Satyia se réveilla en sursaut. Le grincement de la porte l'avait sorti de son sommeil troublé. Cela faisait maintenant cinq jours qu'elle était ici et elle ne s'habituait pas à cette bâtisse lugubre.
Elle ne voyait pas grand monde. La vieille femme, Taliee, et son petit fils, Toryon, étaient ses principaux visiteurs. Bien que Toryon soit moins souvent présent elle appréciait de le voir à ses cotés. La veille, deux enfants étaient entrés par erreur dans sa chambre pendant qu'elle déjeunait et Satyia avait été amusée de voir leur surprise et de contenter une partie de leur curiosité. Mais sinon, personne n'était vraiment entré dans la chambre qu'elle occupait. Plusieurs fois elle avait aperçu des hommes qui l'observaient dans l'entrebaillement de la porte... comme maintenant...
Réalisant avec stupeur qu'il s'agissait de son agresseur, Satyia pensa que la surveillance de Taliee avait été prise en défaut. Pourtant celle-ci lui avait promis que plus personne ne viendrait l'importuner. Le visage de l'homme disparut rapidement, mais Satyia se forçat à rester éveillée. La peur qui l'avait assailli le premier jour revint en force. Il fallait qu'elle quitte cet endroit très vite...
Sortant de son lit, Satyia prit une couverture et s'en couvrit. Puis, à pas de velours, elle se dirigea vers la porte pour la fermer. Atteignant la poignée, elle jetta un coup d'oeil dans le couloir en priant pour qu'il soit vide. Ainsi rassurée, elle ferma la porte.
S'habillant en hâte, elle pensa au différents moyens de quitter le quartier. S'enfuir tranquillement était hors de question, elle n'aurait aucune chance. Elle alla ouvrir la fenêtre avec précaution et se sentit réconfortée par la lueur du soleil naissant. Elle décida finalement d'attendre que Taliee ou son petit fils vienne lui apporter son repas. Elle leur demanderait de l'aide. Eux, au moins, accepteraient de la laisser quitter la rue vivante et indemne.
Elle s'assit alors dans le fauteuil et attendit que l'on vienne la voir.
Taliee entra quelques instants après, portant le repas de Satyia. Mais avant même que la vieille femme n'ait déposé sa charge, Satyia l'interrogea:
_ Bonjour Taliee! Excusez moi d'être aussi directe, mais y a t il une possibilité pour que je quitte bientôt cet endroit? Ou alors suis-je prisonniere?
_ Bonjour, bonjour Satyia! Avez vous bien dormi?
_ Non pas vraiment! Je... Pourriez vous me répondre, s'impatienta la jeune fille.
_ Bien sûr. Mais avant j'aimerai savoir ce qui vous a mis dans cet état. D'habitude vous êtes plutôt calme, mais là vous frisez l'impolitesse.
_ Excusez moi! C'est que je suis assez inquiete. Je sens que l'on m'épie; je ne suis pas en sécurité ici!
_ Rassurez vous ma petite. Il ne vous arrivera rien. C'est vrai que plusieurs... personnes s'amusent à vous épier, mais ils n'oseront jamais vous faire quoi que ce soit. Je vous en donne ma parole.
Cependant Satyia, le visage toujours crispé, ne semblait pas rassurée.
_ Ce matin, lorsque je me suis réveillé, quelqu'un me surveillait depuis le pas de la porte. Et je suis certaine d'avoir reconnu l'homme qui me retenait de force dans la rue, lors de ma première soirée ici. Et son regard n'avait rien d'amicale. Alors comprenez que je ne souhaite pas rester trop longtemps parmi vous.
_ Je comprends mon petit, je comprends... Quand voulez vous partir?
Un instant surprise par cette question si soudaine et si franche, Satyia hésita. Finalement elle osa livrer le fond de sa pensée:
_ Tout de suite... Si c'est possible.
_ Bon... Tres bien!... Vous êtes libre. Vous pouvez partir d'ici quand vous voulez. Mais je crois que Toryon aimerait vous dire "adieu". Voulez vous bien attendre avant de partir? Je crois que cela lui ferait vraiment plaisir.
_ Je veux bien attendre, mais pouriez vous lui dire de faire vite? Je suis vraiment ... pressée de rentrer chez moi. Cela fait longtemps que je suis sans nouvelles de... de mon travail et cela pourrait m'en couter. J'aimerai partir d'ici avant midi.
_ Bien sûr! Je peux comprendre vos motivations! Je vais essayer de le trouver rapidement.
Sur ces mots, la vieille femme s'en alla doucement.
Dès qu'elle eut fermé la porte, Satyia s'en approcha et, collant l'oreille au battant, tenta de percevoir un bruit suspect. Lorsqu'elle fut sûre et certaine que personne ne la surveillait, retourna à la fenetre et regarda dans la ruelle crasseuse. Dehors des gamins en haillons jouaient. Un groupe d'hommes discutait en fumant, une bouteille circulant entre eux. La plupart d'entre eux était assis à même le sol, un sol sordide et irrégulier. Il restait encore quelques pavés, vagues souvenir de temps oubliés, que la terre noire recouvrait peu à peu.
Soudain, l'un de ces hommes leva la tête et aperçu Satyia. Avant qu'elle ne réagisse, ils s'étaient tous tournés vers elle. Reculant instinctivement, elle entendit néanmoins leurs cris et leurs rires. Se remémorant sa première nuit dans le quartier, elle frissonna malgré la chaleur montante.
Elle retourna s'asseoir sur le lit, plus inquiete qu'elle ne voulait se l'admettre; il était temps que ce cauchemar finisse. Elle essaya de prier, comme sa mère le lui avait appris. Mais les mots lui paraissaient vide de sens. Tiera, la déesse suprême, et ses deux frères, Colui et Ashui ne semblaient pas s'interesser à son sort. Pourtant elle priait souvent depuis une semaine, mais ce n'était peut être pas suffisant...
Le bruit du sol qui craque la fit se retouner. La porte était toujours close, mais quelqu'un approchait. Souhaitant que ce soit Toryon, Satyia réalisa qu'ilne faisait jamais de bruit lorsqu'il arrivait. De plus, des voix lui parvenaient maintenant. Des voix d'hommes qui n'avaient pas l'air très amicales. Dans la discussion, dont le ton montait, elle entendit son nom revenir plusieurs fois de suite... Craignant qu'on ne vienne la chercher pour lui faire du mal, avant qu'elle ne s'en aille, Satyia chercha un moyen de fuir.
Seule la fenetre lui offrait une possibilité de fuite. Observant la rue avec précaution, elle remarqua que le groupe avait disparu. Les enfants s'étaient déplacés et se trouvaient à présent à l'autre bout de la rue. Enjambant le rebord de la fenetre, elle s'accrocha aux volets. Puis, cherchant une prise sûre pour ses pieds elle commença à descendre. Alors qu'elle descendait, son regard se posa une dernière fois dans la piece...
Réalisant soudain que la fenêtre ouverte indiquerait très vite une fuite par l'extérieur, elle remonta un peu pour tenter de la fermer de l'extérieur. Après quelques instants, elle réussit à rabattre les deux battants. Puis elle tira un dernier coup, pour s'assurer que la fenêtre soit bien fermée. Elle sentit alors son pied droit se dérober, le mur s'effriter... Le vide s'ouvrait sous ses pieds... Elle réalisa que ses forces l'abandonnaient... La chute était inévitable...
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MessageSujet: Re: Brouillon   Ven 22 Déc - 19:47

Krolm était penché sur la combinaison de Rhys depuis plusieurs heures déjà. Mais pour lui le temps n'avait pas d'importance lorsqu'il travaillait. Passionné par ses recherches il lui arrivait souvent d'oublier le présent. Pourtant, depuis quelques temps, ses recherches n'avançaient plus. Bien qu'il ne l'ai dit à personne, il était sujet à des absences de plus en plus longues... et quand il reprenait connaissance il constatait avec stupeur qu'il n'était plus au même endroit.
Pensant d'abord à du somnambulisme, il s'était procuré en cachette des médicaments. Mais cela avait eu l'effet inverse et il avait de plus en plus de trous de mémoires.
C'est alors qu'il sentit une onde monter de son bras gauche jusqu'au crâne. Il s'assit afin de ne pas tomber, puis tenta de resister à cet élan de fatigue soudaine. Se forcant à garder les yeux ouverts, il crut que son cerveau explosait. Sa vue se brouilla, des lueurs s'allumèrent dans tout son champs de vision. Puis soudain, une forme vague sembla se former devant lui... Etendant le bras pour dissiper ce brouillard étrange, il constata que cela ne changeait rien.
La forme ressemblait maintenant à un être vaguement humain, mais surtout il avait deux yeux rouge vifs, comme des charbons ardents! Et ces yeux regardaient Krolm, le fixaient.
_ Arretez! Arretez! Je brûle.....
_ Tu n'as que ce que tu mérites! Personne n'a jamais osé me résister comme tu l'as fait. Maintenant tu dois payer.
_ Non... noon... pitié... Je... je... Que voulez vous?, parvint à articuler Krolm, le souffle court, suant comme s'il était plongé dans une chaleur étouffante.
_ Je veux que tu abandonnes la lutte! Je veux que tu reconnaisse ta défaite! Je veux que tu m'obéisse en tout, et que.... que... Que fais tu?... NooOOONN!
Krolm, un verre d'eau vide à la main, le visage trempé, se leva. Quel drôle de rêve... Il ne comprennait pas ce qui venait de se passer, sinon qu'il s'était lui-même renversait de l'eau sur le visage. Mais pourquoi?
Déjà le rêve s'estompait et il ne se souvennait pas de ce qui avait pu motiver ce geste. Pourtant il était sûr que cela était en rapport avec son rêve. Etrange, songeait-il en se remettant au travail.



Le vide s'ouvrait sous ses pieds... En un instant elle comprit qu'elle allait mourir. Satyia sentait ses forces l'abandonner. Dans un dernier effort, elle tenta de remonter son corps à la seule force de ses bras, mais en vain.
Ses muscles lui faisaient mal. Sa tête vibrait comme un bourdon. Ses épaules la faisaient souffrir autant que si on l'écartelait. Tentant une derniere fois de trouver une nouvelle prise pour son pied, elle glissa encore une fois...
Entrainée par son propre poids, elle glissait lentement. Retenue seulement par les doigts, elle entendit alors la fenetre s'ouvrir. Sa vision se troubla. Une forme vague se pencha vers elle. Alors qu'elle lachait prise, une main attrapa son bras fermement. Satyia s'évanouit, fatiguée mais sûre au fond d'elle de se reveiller.
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MessageSujet: Re: Brouillon   Ven 22 Déc - 19:49

Rhys passa sa journée à marcher du mieux possible. Epuisé par cet acharnement, il essayait de trouver le sommeil. Pourtant il n'arrivait pas à dormir. Pensant à sa journée, il en vint rapidement à se questionner sur sa vie antérieure. Il ne se souvenait plus de grand chose, sinon qu'il s'était battu contre sa propre famille. Il avait apparemment gagné et en retirait une grande fierté; il avit ainsi prouvé sa valeur! Mais son enfance demeurée obscure. Les quelques rêves qu'il avait fait lui avaient seulement appris qu'il venait d'une riche et importante famille. Le reste n'était que détails...
Il décida finalement de prendre un comprimé que le docteur Swensson lui avait laissé. Cela l'aiderait à dormir, lui avait il dit.
En effet, quelques minutes plus tard, Rhys ronflait doucement.

Il se vit, dans un grand salon. Il avait alors une douzaine d'années. Son jumeau, Will était assis à ses cotés, sur un canapé de velours vert. Ses parents leur faisaient face assis tout aussi confortablement. Une table basse les séparait, sur laquelle trônaient deux gateaux d'anniversaires. Des serviteurs tournaient autour d'eux en grand nombre.
_ Vous voilà en âge d'apprendre autre chose que le combat sur terre. Vous savez que les combats se font pricipalement dans l'espace maintenant. Aussi, le meilleur cadeau que je puisse vous offrir est de vous apprendre à piloter un vaisseau spatial. Nous commencerons dès demain, leur annonça leur père.
_ Et notre apprentissage des armes? questionna son frère.
_ Vous continurez à étudier les armes en tout genre. Comme avant! Dorénavant vous passerez moins de temps à jouer. Vous entrez dans un âge où il est nécessaire de travailler. Le jeu est bon pour les enfants! Et vous n'êtes plus des enfants! ... Enfin j'espere. Qu'en pense-tu Rhys?
Il attendit un moment avant de répondre, regarda sa mère. Celle-ci le réconforta d'un regard tendre.
_ He bien... peut être que... nous ne sommes pas tout à fait des adultes encore... mais... comme tu le dis, il faut que nous apprenions à le devenir! parvint-il à dire.
_ Mais bien sûr Rhys préfererai ne pas grandir! se moqua son frère.
_ C'est pas vrai! C'est pas ça!
_ Du calme! Cela ne sert à rien de s'énerver. Vous êtes différents et vous n'avez pas les mêmes envies, ce n'est pas une raison pour vous chamailler... S'il vous plait, calmez vous, les tempéra leur mère.
_ Enfin, cela n'est pas tres important. L'essentiel étant que vous obéissiez maintenant. Peut être Rhys comprendra-t-il plus tard que ce que je vous demande est nécessaire pour grandir.
Les premières heures d'apprentissage lui revinrent en mémoire en flash. Il se remémorait parfaitement l'habitacle des différents vaisseaux qu'il avait piloté aux cotés de son père. Bien que rétif à cet apprentissage, Rhys fit rapidement des progrets et finit par apprécier le maniement des vaisseaux. Cependant, son frère n'arretait pas de vouloir montrer sa supériorité, parfois appuyé par leur père.
Soudain, son rêve s'arreta sur un souvenir précis: Rhys entrait dans une salle chaude et agréable où se tenait sa mère et une servante. Toutes les deux tricotaient, en discutant.
_ Maman! J'ai réussit à maitriser un croiseur en perdition avec un seul réacteur à impulsion en état de marche. Je l'ai ensuite posé en douceur sur une planete inconnue. J'avais encore jamais essayé et j'ai réussit du premier coup! Même Will n'a pas réussit aussi bien.
_ De quoi parles tu, mon chéri? Sur quelle planète es tu allé?
Carl ap Gruffyd, son père, entra alors dans la salle, suivit de Will.
_ Il veut parler du simulateur que nous essayons actuellement, Dehna. Et de ce qu'il a eu la chance de réussir sans trop de casse.
_ Père! Vous avez même dit que vous n'en croyiez point vos yeux, que j'avais fait un atterissage parfait dans de telles circonstances.
_ Bah, tu as eu de la chance. Encore une fois! commenta son frère jumeau.
_ A t'écouter j'ai tout le temps de la chance! répliqua Rhys.
_ Rhys, voyons. Tu ne vas pas nous dire en plus que tu as parfaitement réalisé cet attérissage en catastrophe en pensant à tout. Tu as eu de la chance que certaines circonstances ne soient pas pires. Admets que tu as eu de la chance.
_ Oui! Bien sûr! Comme d'habitude, j'ai de la chance. J'ai toujours de la chance. Alors que Will, lui, est un héros qui n'a jamais de chance et quand il se rate il n'y est pour rien! Mais quand il réussit quelque chose on ouvre le champagne pour l'occasion! ... Tout le monde sait bien que je suis le fils raté, que je suis un incapable. Heureusement que Will est là pour relever le niveau...
_ Rhys, s'il te plait... commença Dehna.
_ Suffit! l'interrompit Carl ap Gruffyd Tes jérémiades commencent sérieusement à m'énerver! Tu n'es pas capable d'admettre ce qui est et en plus tu es jaloux de ton frère. Mais là tu dépasses les bornes. Oser ainsi remettre en cause mon propre jugement et te plaindre d'être défavorisé... Sors d'ici! Hors de ma vue avant que je ne m'emporte! Je reglerai ton cas plus tard. En attendant je ne veux plus te voir devant moi jusqu'à nouvel ordre.
D'abord interdit, Rhys sortit la tête basse, s'inclinant devant la volonté paternelle. Sous son toit, il n'avait d'autre choix que d'obéir à son père. Mais ce jour là, il promis de se venger... pour ça et pour tout le reste!
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MessageSujet: Re: Brouillon   Ven 22 Déc - 19:52

Le lendemain, Rhys se reveilla en pleine forme, la tête remplie de souvenir. Il décida de prendre plus souvent les médicaments proposés par Swensson; le résultat était parfait. Bien que ces souvenirs ne soient pas tous heureux, Rhys s'en satisaisait. Ayant perdu son identité, il recouvrait peu à peu des souvenirs qu'il croyait à jamais perdus... et cette histoire lui semblait tellement lointaine, qu'il ne savait comment réagir.
Il fut brusquement tiré de ses reflexions par le docteur Swensson qui entra en trombe dans la chambre. Il avait les traits tirés et ne cachait pas son anxiété.
_ Will... enfin Rhys! Satyia a disparue! Elle ne répond pas lorsque j'appelle chez elle. Je lui ai laissé plusieurs messages lui disant de me rappeler à n'importe quelle heure du jour et de la nuit, mais elle n'a toujours pas répondu. Pourtant elle ne sort jamais, sinon pour faire des courses. Cela fait bientôt 24 heures que j'essaie en vain de la contacter. Bordel... Qu'est-ce qui a bien pu lui arriver... Qu'est-ce que je peux faire... C'est de ma faute, je n'aurai jamais...
_ Il n'y a là rien d'alarmant! Calmez vous. Elle est en vacances non? Elle peut bien en profiter un peu, l'interrompit Rhys.
_ Mais non! Vous ne comprenez pas! Ce n'est pas Satyia ça. Vous ne la connaissez pas. Elle ne sort jamais. Ne connait personne. Elle répond dès que je l'appelle... Et là, elle a disparu! Il lui est arrivé quelque chose, c'est clair... Si seulement je ne l'avait pas forcé à prendre ces vacances...
Swensson marchait d'un coin à l'autre, agitant ses bras dans tous les sens. Il ne pouvait pas cacher son anxieté. Rhys ne l'avait jamais vu dans cet état. Ne connaissant pas ses rapports avec Satyia, il se posait de nombreuses questions...
_ Le pire c'est que je ne peut rien faire d'utile... Il faut que j'envois quelqu'un là-bas!
_ Pourquoi ne pas y aller vous même? demanda Rhys.
_ Je suis assigné à residence. Si je bouge, je dois prévenir, dire où je vais, pourquoi, dans quels interêts. Vous ne connaissez pas encore notre monde, vous ne pouvez pas comprendre.
_ Personne ne peut faire de recherches pour la retrouver? Il n'y a donc pas de police? Pas de détective privé capable de se debrouiller?
_ Non! Personne! Les seules enquêtes réalisées sont celles que mènent les Protecteurs... Qu'ils soient maudits! ... Toute concurrence est interdite! Et dans ce cas précis, soit ils n'en auront rien à foutre, soit ils voudront étouffer l'affaire. Ils sont capables de l'avoir enlevée pour savoir ce que je fais ici... Ah les salauds! Je suis sûr que ce sont les coupables.
_ Ecoutez. Nous ne savons rien encore, le tempéra Rhys. Avant de penser à quoi que ce soit, il faudrait envoyer quelqu'un chez Satyia. Quelqu'un en qui vous avez confiance. Pour voir s'il n'y a rien d'anormal. Cela ne prendra pas beaucoup de temps et peut s'averer utile.
_ Vous avez peut être raison... Mais cela ne change rien! Il est arrivé quelque chose à Satyia... Putain, je m'en voudrais toute ma vie... murmura-t-il, avant de sortir suivre les conseils de Rhys.
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MessageSujet: Re: Brouillon   Ven 22 Déc - 19:53

Satyia se reveilla encore une fois dans le lit qu'elle occupait depuis une semaine. Elle était seule. Il lui fallut plusieurs minutes avant de comprendre et de se souvenir de ce qui lui était arrivé.
Après s'être évanouie, elle s'était éveillé dans ce même lit, entourée par Taliee et Toryon, ainsi que deux fillettes d'une douzaine d'années. Lorsqu'elle avait ouvert les yeux, Toryon, penché sur elle, s'était reculé. Puis elle avait demandé ce qui s'était passé et Taliee lui avait répondu que Toryon lui avait une seconde fois sauvée la vie. Elle l'avait remercié, mais le garçon n'avait pas répondu et était sorti.
Les deux fillettes n'avaient pas tardé à prendre le même chemin, non sans s'être présentées avant: "Evy et Eva, à votre service." Taliee lui avait ensuite posé un plateau sur les genoux et était sortie en la laissant manger.
En y repensant, Satyia se dit que ces braves gens semblaient tristes. Mais elle ne comprennait pas pourquoi. Ils étaient devenus distants, comme si elle était une mauvaise fille.
S'habillant en hâte, elle ouvrit le fenêtre... sans regarder dehors. Puis elle aéra le lit, le secoua et le refit à la perfection. Après quoi elle sortit dans le couloir. L'une des deux fillettes de la veille l'attendait, assise à même le sol.
_ Bonjour. Je peux vous aider? lui demanda-t-elle d'une voie fraiche et joyeuse.
_ Oui. Je voudrais voir Taliee, si c'est possible. J'aimerai lui parler à propos de... de quelque chose, lâcha Satyia avec un clin d'oeil.
La gamine la regarda droit dans les yeux. Puis se dirigeant vers l'escalier elle lui demanda:
_ Vous ne voulez pas manger? Eva pourrait vous apporter votre repas si vous voulez!
_ Oui, bonne idée! Je veux bien s'il te plait.
Evy partit alors en trotinant et Satyia rentra dans la chambre et s'assit. Il fallait qu'elle demande à Taliee de la sortir d'ici, elle n'en pouvait plus. Ils avaient tous l'air si charmants, puis soudain ils changeaient d'attitude. Si cela durait encore un peu, elle deviendrait folle.
Taliee apparut en compagnie d'Eva. Cette derniere déposa le repas et sortit après avoir salué Satyia de sa voix enfantine.
_ Bonjour mademoiselle. Vous vouliez me parler?
_ Pensez vous que je puisse partir aujourd'hui? Comme je vous l'ai dit hier, je suis vraiment pressée de quitter cet endroit et j'aimerai vraiment rentrer chez moi dans la journée.
_ Pourquoi me demandez vous ça après avoir essayé de vous enfuir hier? Pourquoi faites vous ça? Vous ne me faites pas confiance? Nous ne sommes pas tous mauvais et méchants. Et si nous le sommes c'est dû à notre isolement... Mais pourquoi, diable, avez vous essayé de fuir?
Hésitant un instant, Satyia tenta d'expliquer qu'elle ne voulait pas fuir, mais qu'elle était simplement tombé en se penchant un peu trop. Cependant, ses explications étaient si embrouillées qu'elle réalisa vite sa bêtise. De plus, le regard de Taliee lui rappelait sans cesse son mensonge.
Pour finir, Satyia se tut brusquement puis eclata en sanglots. Mais cette fois, Taliee n'essaya pas de la consoler. Elle regardait sans rien dire.
_ Je suis désolée; je n'aurais pas dû vous mentir, mais j'ai trop peur ici. Je deviens folle! ... Au moindre bruit je sursaute. Je n'ose même plus regarder en dehors de ma chambre... Je veux partir d'ici... Cet endroit est maudit...
_ Oui! Cet endroit est maudit. Et vous, vous êtes trop fragile pour decouvrir seule le monde et son horreur... Le jour où vous accorderez votre confiance à quelqu'un, alors vous pourrez peut être sortir de chez vous. En attendant, je crois effectivement qu'il faudrait que vous rentriez chez vous.
Le vieille femme hésita un instant avant de reprendre:
_ Toryon a proposé de vous racompagner... pour plus de sécurité.
_ Merci! Merci beaucoup! ... Je suis désolée... Pardonnez moi...
_ Adieu! Je pense que nous ne nous reverrons jamais plus... Toryon viendra bientôt. Attendez le sagement ici! N'essayez pas de sortir! ... Adieu.
Taliee sortit doucement, une tristesse infinie dans le regard. Satyia pleura encore un moment avant de réaliser qu'elle était seule.
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MessageSujet: Re: Brouillon   Ven 22 Déc - 19:54

Une heure plus tard, elle suivait Toryon dans la ruelle étroite. Tous les regards étaient tournaient sur elle. Elle ne put réprimer un frisson en reconnaissant deux de ses agresseurs d'un soir. Cependant personne ne s'approchait, certains s'écartaient même, au passage de son guide.
Lorsqu'ils arrivèrent au bout de la rue Toryon n'avait pas encore prononcé un mot. Aucun son n'était sorti de sa bouche. C'est à peine s'il l'avait regardé. Regardant de tous les cotés, il finit par entrainer Satyia à sa suite dans de petites rues. Il semblait connaitre la ville comme sa poche. Satyia craignait de rompre le silence qui s'était instalé entre eux; elle suivait docilement, sans reflechir, calquant son pas sur celui du jeune homme, s'arretant toujours deriere lui à un mètre environ.
Arrivé au bout d'une rue identique aux précédentes, Toryon se retourna et regarda Satyia un instant avant de parler:
_ Cette rue est la votre! Vous avez 500 metres à faire sur votre droit pour arriver devant votre immeuble. Je reste ici jusqu'à ce que vous soyez entrée. Au revoir. Puis il se détourna et fit face à la rue.
_ Merci... Mais...comment savez vous où j'habite? Je ne crois pas vous en avoir jamais parlé.
...
Devant le silence qui s'installait, Satyia n'eut pas la force d'insister:
_ Excusez moi! Je suis désolée de vous avoir dérangé si souvent. Adieu!
Toryon dut se faire violence pour observer la ligne de conduite qu'il s'était fixée. Il ne fallait pas qu'il tourne la tête, ni qu'il lui parle. Il resta immobile, tel une statue. Seul ses yeux étaient mobiles, guettant toutes les allées et venues des passants. Il l'entendit s'éloigner de son pas léger. Quand il fut sûr qu'elle s'était bien éloigné, il la regarda, surveillant ses moindres mouvements. Il la vit tourner la tête vers lui alors qu'elle entrait chez elle. Il attendit encore un instant avant de se reculer dans un coin sombre de la rue. Las, il se laissa glisser au sol et se permit de laisser couler ses larmes.

En entrant chez elle, Satyia repera la lumière rouge clignotante de son récepteur. Elle appuya sur le bouton et aussitôt l'image du docteur Swensson s'afficha sur le mur. Il était de bonne humeur, même si une pointe de nervosité apparaissait dans sa voix:
_ Bonjour Satyia. Je voulais vous parler de votre mois de vacances. Je... comment dire... j'aimerai que vous revenniez plus tôt que prévu. J'espere que cela ne vous dérange pas. Rappelez moi!
Le deuxième message suivit aussitôt:
_ Pourquoi ne m'avez vous pas rappelé? Vous n'êtes pas là? Vous savez que je n'aime pas trop rester sans nouvelle de vous, alors rappelez vite. C'est important. J'ai vraiment besoin de vous...
Suivirent une dizaine de messages identiques. A chaque fois, Swensson était un peu plus énervé, anxieux même. Le premier datait de l'avant veille au matin. La majorité était de la veille. Satyia décida de rappeler l'hôpital sans attendre. Swensson paraissait vraiment inquiet et le connaissant, elle voulait le rassurer rapidement.
Le visage du docteur apparut bientôt sur le petit écran du visiophone. Sa voix trahissait ses craintes:
_ Satyia? Qu'est ce que vous faisiez? Vous allez bien?
_ Oui ça va, je vous remercie... répondit-elle d'une voix faible.
_ Que vous est il arrivé Satyia? Dites moi! Dites moi tout!
_ Une petite mésaventure, mais tout va bien maintenant. Je pourrai être là demain si vous voulez.
_ Mais vous semblez fatiguée! Etes vous sûre de vouloir travailler demain?
_ C'est bien pour ça que vous m'avez appelé, non?
_ Oui, c'est exact, mais...
_ Je vais bien! C'est bon. Je serai à l'hopital demain. Son impatience transparaissait à travers sa voix aigue et elle dut détourner le regard pour ne pas pleurer devant Swensson.
Celui-ci reprit d'une voix douce, pleine de bonté:
_ Satyia, mon petit, vous n'êtes pas obligée de faire ce que je vous demande. Je m'inquietais pour vous, mais si vous voulez vous reposer encore un peu, ne vous gênez pas!
_ Non! Je prefere passer ma vie à travailler plutôt que de revivre ces derniers jours! cria t elle en raccrochant.
Puis elle s'avachit dans un fauteuil et éclata en sanglot.
_ Pourquoi? ... Pourquoi moi? ... Je ne voulais pas lui dire ça... Qu'est ce que j'ai fait... Je n'aurai pas dû passer dans cette rue...
Elle pleura encore longtemps, avant de s'assoupir. Ele avait ramené ses genoux sous son menton et, penchée sur le coté, elle dormit d'un sommeil profond et réparateur.
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MessageSujet: Re: Brouillon   Ven 22 Déc - 19:55

En sueur, Rhys atteignit la porte de la chambre. Pour la première fois depuis son arrivée, il s'était déplacé jusqu'à la porte. Il avait atteint un premier objectif. Il pouvait marcher de nouveau! Certes sa démarche n'était pas des plus assurées, mais il pouvait se déplacer tout seul. Il allait faire demi-tour, lorsque sa curiosité le fit s'accrocher à la porte...
Tournant doucement la poignée, Rhys tira doucement vers lui. Une lumière forte l'aveugla. Une lumière qui se répercutée sur tous les murs blancs...
Une lumière semblable à celle de l'explosion... Une lumière comme celle de sa délivrance... L'explosion aveuglante du vaisseau de son frère...
Rhys vit les murs tanguer, le plafond onduler, le sol bouger... Il sentit ses jambes de fer se dérober. Par reflexe, sa main aggrippa fortement le chambranle, lui permettant de garder son équilibre.
Il rouvrit les yeux. Le couloir était vide. Des portes apparaissaient ça et là, mais rien d'autre. Pas de décoration. Pas de meubles. Pas de fenêtre. Pas de couleur non plus. "Le couloir de la mort" pensa-t-il avant de refermer la porte.
Il retourna s'asseoir sur son lit, tentant d'analyser et de comprendre l'eblouissement qui l'avait surpris. Il avait pensé à son frère, à sa mort, mais il ne se souvenait pas des circonstances exactes. Pourtant il devait être responsable de cette mort. Dans certains souvenirs, des hommes le félicitaient pour "ce geste héroique".
_ Comment ai-je pu tuer mon propre frère? Suis-je donc une bête? Une machine de guerre? Quel sorte de monstre ai-je été?
_ Pardon? Que dites vous? questionna l'infirmière surprise par la dureté du ton.
_ Que faites vous ici, Arline? Je ne vous ai même pas entendu entrer! Ni frapper d'ailleurs! s'insurgea l'amnésique.
_ Pourtant j'ai frappé trois fois, monsieur. Et quand je suis entrée, je vous ai entendu parler d'une voix si dure... J'ai cru que quelqu'un d'autre était dans la chambre... Dites moi, vous êtes sûr d'aller bien? Vous ne faites pas comme ce pauvre Krolm au moins.
_ Non! Non! Rassurez vous, je suis encore moi même.
_ J'espere bien. Ce serait drolement embetant d'avoir deux personnages inconnus à l'intérieur de deux corps amis... Enfin, vous me comprenez... rougit elle.
_ Quand je pense que je n'ai rien entendu... Je deviens bon à foutre à la poubelle... Un raté! Je suis un raté! grommela Rhys.
_ Décidemment je dois devenir sourde. Je ne comprends pas ce que vous dites.
_ C'est pas grave. Cela n'a aucune importance... J'aimerez me reposer.
_ Hoo bien sûr! Excusez moi...
Ouvrant la porte, l'infirmière se retourna: J'allais oublier! Je voulais vous dire que la petite Satyia va bientôt revenir. Elle devrait être là demain, normalement. Au revoir monsieur Rhys.


Le lendemain, Satyia arriva comme elle avait l'habitude de le faire après quelques jours de repos. Refusant de parler de sa disparition au docteur Swensson, elle demanda l'autorisation d'aller voir Rhys. Après avoir appris ce qui s'était passé en son absence, elle fila donc vers la chambre de l'amnésique.
Là, elle entra précipitemment, sans frapper. Rhys était tose nu. Son bras pendant offrait un drôle de contraste avec sa poitrine musclée couverte de sueur... Egalement surpris, ils restèrent tous deux sans parler pendant quelques instants. Le premier, Rhys réagit:
_ Vous devriez fermer la porte. Je ne tiens pas à ce que tout le monde me voit ainsi... ou m'admire, dit il en souriant. Je suis content de vous revoir. Je crois que je m'était habitué à vous voir au pied de mon lit tous les matins... Vous allez bien?
_ Oui, très bien. Merci... Mais vous... vous êtes debout. Quand je suis partie vous ne cessiez de râler contre vos jambes et maintenant, vous vous en servez normalement.
_ Normalement... C'est vite dit! Je n'ai fait que me relever. Il m'est encore très difficile de marcher, alors dire que je peux m'en servir normalement... Je ne cours pas encore!
_ Ho! Excusez moi. Je suis désolée. Je devrai faire plus attention à mes paroles... Mes vous paraissez en meilleure santé et vous avez enfin décidé de sortir de votre lit.
_ C'est surement la cause de votre départ. Je n'avais pas trop envie de me laver avec une autre infirmière, aussi gentille soit-elle, plaisanta Rhys.
Satyia rougit et répondit en bégayant:
_ Merci... merci... mais... je crois que... le docteur Swensson prefere qu'Arline s'occupe de vous... Vous pourriez peut être... enfin... vous pourriez lui en parler... si vous voulez.
_ Bah, maintenant ce n'est plus si important. Mais j'espere vous revoir plus souvent; j'en parlerai avec Swensson... En attendant je vous remercie d'être passée me voir! Ca me fait vraiment plaisir.
_ Bon... je... je vais vous laisser. J'imagine que vous alliez vous laver, alors...
_ ... comme je n'ai plus besin d'aide, vous allez m'abandonner. C'est dommage.
_ Excusez moi... je sors...
La main sur la poignée, Satyia se retourna soudain et fixant Rhys dans les yeux lacha:
_ Je ne devrai peut être pas le dire, mais je vous aime Rhys.
Puis elle sortit précipitemment.
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MessageSujet: Re: Brouillon   Lun 8 Jan - 4:10

Rhys ne revit pas Satyia avant le jour de l'opération. Swensson, en revanche, n'arretait pas de lui rendre visite. Il lui faisait absorber de nombreuses drogues "pour le préparer" à l'amputation et à la mise en place de la prothèse. La surprise de Swensson devait résider dans cette prothèse, car il n'arretait pas d'en parler. Il semblait ravi et inquiet à la fois, mais ne parlait jamais trop.

Le jour venu, Arline vint chercher Rhys et l'amena jusqu'à la salle d'opération sur un lit roulant. Les yeux grands ouverts, Rhys essayait de voir ce qui se cachait dans les différentes salles qu'ils longeaient. La seule chose qu'il aperçut le fit frissoner. Un être à la peau et aux cheveux verts étendu sur le sol, un drap blanc le recouvrant jusqu'au visage. Cette créature avait un regard vide, semblable à celui d'un mort.
Rhys n'eut pas le temps de poser de questions, il était déjà dans la salle d'opération.
_ Bienvenue Rhys! Installez vous sur cette table... Alors comment vous sentez vous? lui demanda Onrik Swensson.
_ On peut dire que ça va, répondit Rhys en dévisageant Satyia, assise dans un coin.
_ Bonjour! réussit-elle à articuler en le fixant.
_ Bon. Je vais vous expliquer brievement ce qui va ce passer... Arline, je crois que votre présence ici n'est pas nécessaire. Vous trouverez aisément de quoi faire, je pense.
_ Bien sûr! Je vous laisse.
L'infirmière sortie, Swensson continua son discours:
_ Les médicaments que je vous ai donné ces derniers jours vous ont préparé à subir des intrusions de corps étrangers. Certains d'entre eux avaient également pour but d'aider votre organisme à assimiler et à conserver ces corps étrangers. Car aujourd'hui il va falloir que votre corps ingère certains composants afin de...
_ Vous ne pouvez pas faire simple? l'interrompit Rhys. Je ne comprends rien à ce que vous me dites et à la rigueur j'en ai rien à foutre. Alors par pitié, épargnez moi vos salades et faites votre boulot! Vous allez m'enlevez le bras et le remplacer par une prothèse d'un genre spécial. Voilà, j'ai bien résumé le sujet? Alors maintenant au boulot.
Rhys s'allongea sous les yeux stupéfaits de Swensson qui ne s'attendait pas à être rabroué de la sorte. Satyia, un sourire en coin, attendait la réaction du chercheur, reconverti en chirurgien pour l'occasion.
_ Très bien! Mais enlevez votre chemise avant, s'il vous plaît... Merci. Satyia va vous administrer une dose du somnifère que vous connaissez. Après quoi je m'occuperez de vous...
Alors que Satyia enfoncait la seringue dans le bras musclé de Rhys, Swensson continua: _ Et ne vous étonnez pas des changements à votre réveil!
Rhys sourit et vit Swensson préparer ses "instruments de torture". La main douce de Satyia sur son torse lui rappela les derniers mots qu'elle lui avait lancé avant de quitter sa chambre. Il la regarda et vit son sourire craintif. Il remarqua alors pour la première fois un soupçon de maquillage sur son visage, qui faisait resortir ses yeux verts et ses levres frêles. De sa main valide il frôla ses cheveux auburns et lui prit la main. Le visage de la jeune fille s'illumina, tandis que Rhys s'endormit paisiblement.
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