Les histoires de Charlie

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 Héroïsme

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Charlie
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Nombre de messages : 226
Date d'inscription : 07/11/2006

MessageSujet: Héroïsme   Mer 23 Sep - 23:20

- De l’héroïsme ? Mon cul, ouais ! Il nous a laissé comme des cons, dans la merde jusqu’au cou. Pire que ça, il nous a enfoncés dans la merde avec son putain d’héroïsme.
- Tu ne peux pas dire ça, Andy. Il nous a sauvés la vie. Il s’est jeté entre eux et nous pour nous sauver la vie. Et il en est mort.
- Il aurait mieux fait de ne rien faire alors. Parce que dans l’histoire il a quand même pris la meilleure part, rétorque le dénommé Andy, un jeune garçon d’à peine 14 ans mais qui en parait déjà 16 ou 17.

Sale, les cheveux crasseux et en bataille, vêtu de chiffons troués et délavés, il a les pieds entravés par une chaine qui lui scie les chevilles depuis bientôt 3 mois. Debout au milieu d’une immense plantation souterraine de coca il répond à sa sœur, d’un an son ainé et à laquelle on donnerait à peine 12 ans. Celle-ci est chétive et pâle, presque transparente. Son corps est marqué de traces de coups et de coupures. Ses yeux cernés de noir semblent ceux d’une femme de 90 ans, tellement différent de ceux de son frère dans lesquels brillent une sombre lueur de colère, une lueur qui sait disparaitre lorsqu’un garde s’approche d’eux.
Autour d’eux trois nouveaux venus, trois nouveaux esclaves du cartel, qui ont demandé comment Andy et Gia se sont retrouvés ici. Et une nouvelle fois, lorsque Gia a parlé de leur père, la querelle a éclaté.

- Tu ne peux pas lui reprocher d’avoir donné sa vie pour nous, Andy. Il nous a protégés. Il s’est battu pour nous permettre de fuir. Il a lutté jusqu’au bout de ses forces et ..
- Et grâce à son superbe héroïsme nous avons eut la chance d’être battu à mort, puis jeté dans un trou comme des chiens. Après ça ces enfoirés ont été suffisamment gentils pour nous soigner, surtout toi. Ils ont adorés te soigner … pour pouvoir mieux te violer tous les soirs. C’est vrai, on en a de la chance. Pouvoir vivre en enfer avant même d’être mort, c’est chouette. Passer nos journées dans cette chaleur à trimer comme des bêtes. Dormir dehors, dans le froid, attachés à un piquet comme un chien enragé avec tout juste une gamelle d’une eau boueuse. Tout ça par la faute de … sa faute à lui. Putain de merde ! Personne ne lui a demandé de jouer au héros. Ca a servi à quoi ? Tu peux me le dire à quoi ça a servi ? On se retrouve exactement là où le cartel voulait nous emmener. Tout ce que ça a changé c’est que notre vie est encore plus abominable. Les gardes nous surveillent de plus près. Et dehors il n’y a plus personne pour s’inquiéter de notre sort, puisque les seules personnes concernées se sont si généreusement sacrifiées !
- Il voulait qu’on s’enfuit, sanglote Gia. Quand il a sauté sur le premier tueur il nous a crié de partir dans la jungle, que là bas ils ne nous retrouveraient pas. Il savait qu’il ne pourrait pas s’en sortir vivant, mais il a fait ça pour que nous deux … pour qu’on puisse s’échapper et vivre. Il fallait qu’on parte très loin, loin du village, loin du cartel…
- Mais c’est raté, remarque cyniquement Andy, avec un regard glacé pour sa sœur.
- Oui, c’est raté ! Mais ce n’est pas à cause de Papa. Il a agit en héros et tu le sais. Il aurait très bien pu nous laisser partir, faire comme si nous n’existions plus, comme si nous étions morts. Il aurait même touché un peu d’argent pour son silence et pour faire d’autres enfants, comme on fait nos voisins. Mais il s’est sacrifié pour nous.
- Génial. Comme ça il est devenu saint, il n’a aucun remord à avoir. Et surtout il n’a plus besoin de se soucier de nous. Ben non, puisqu’il est mort. Il a finit de vivre ; finit de souffrir ; finit de s’inquiéter pour nous. C’est bien ce que je disais. Il a eut la meilleure part. Il a peut être pris quelques coups, mais il en a pris tellement moins que nous. Ca n’a même pas duré 3 minutes avant qu’il ne l’achève d’une balle dans la tête. Nous ça fait 3 mois … 3 mois qu’ils nous battent ; 3 mois que j’attends qu’il me loge une balle en pleine tête, comme lui, pour enfin arrêter de souffrir. Est-ce qu’il faut que je joue au héros, comme lui, pour mériter ça ? Est-ce qu’il faut que je me jette sur celui qui viendra te chercher ce soir, celui qui viendra prendre son pied avec ton corps pendant que tu deviendras encore un peu plus folle ? Est-ce que comme ça je deviendrai un héros moi aussi ?

Gia ne répond pas cette fois. Ses larmes l’étouffent, l’empêchent de parler, de voir. La froideur de son frère la rend un peu plus folle chaque fois qu’ils parlent du sacrifice de leur père. Comment peut-il être aussi abominable ? Comment peut-il ne pas voir l’héroïsme de leur père, son amour immense ? Et que dire face à une telle rage ? Andrew est sourd à tout ce qu’elle pourrait dire. Il refuse d’écouter ses arguments. Sa colère est si grande…

- Ou alors peut-être que je devrai me jeter sur celui qui arrive pour nous empêcher de parler ? reprend son frère en voyant un garde s’approcher en criant. Mais c’est con, je ne me sens pas l’âme d’un héros… C’est tellement lâche un héros !
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